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Procédé pour éliminer des phosphates bruts les éléments rédui- sant leur solubilité.
Dans les phosphates bruts, lesphosphorites, les craies phosphatées et analogues, l'acide phosphorique se trouve sous la forme de combinaisons du groupe apatite. Par apatite, on entend un groupe de combinaisons du phosphate de chaux qui, au point de vue de 1 eur basicité, sont intermédiairesentre le phosphate de chaux tribasique et le phosphate de chaux tétrabasique et dont la formation est déterminée par de faibles teneurs en fluor, chlore, hydroxyle;, carbonate etc. ues combinaisons possèdent une très faible solubilité et occasionnent ainsi les mauvaises qua lités des phosphates bruts comme engrais.
Des expériences récentes ont démontré que la présence du fluor, de l'hydroxyle etc, n'est manifestement pas déterminée par desimpuretés desminéraux existant à l'état naturel, mais que le fluor, en particulier, semble plutôt constituer un élément essentiel de l'apatite existant à l'état naturel, élément
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auquel on peut même, dans le sens des formules de structure de Werner, attribuer le rôle d'un atome central. D'après cette conception de la formule de structure de l'apatite, il devient compréhensible que, d'une part, l'élimination du fluor doive modifier (à savoir :
améliorer) la solubilité des produits d'une manière fondamentale, mais que, d'autre part, l'élimination du fluor présente des difficultés particulières,
La transformation des phosphates naturels en descombinaisons du phosphore dans lesquelles le phosphore existe sous une forme sous laquelle il peut être assimilé comme engrais par les plantes a été essayée, jusqu'ici, de deux manières essentielle ment différentes, le fluor étant obtenu en partie comme sous-produit.
On a, d'une part, désagrégé le minéral brut par desacides et, d'autre part, on a, par chauffage ou fusion en présence d'additions convenables, tenté de transformer le minéral en des composés plus facilement solubles, Parmi les essais faits pour désagréger le minéral par l'action de la chaleur, il n'y a, jusqu'ici, qu'un seul procédé produisant un résultat technique, c'est la fabrication connue du phosphate Rhénania, dans laquelle le phosphate minéral est désagrégé avec des additions fort considérables de composés alcalins ou magnésiques.
Dans le but d'éviter les alcalis, dont l'emploi est très onéreux, il a déjà été proposé de désagréger les phosphates bruts par chauffage à des températures supérieures à 1000 , éventuellement avec utilisation de l'action favorable de courants de gaz de flamme et avec des additions contenant de l'acide silicique, afin d'éliminer complètement le fluor transformé en gaz et obtenir ainsi un engraissoluble dans les citrate s. Mais on a trouvé que la désagrégation des phosphates bruts n'était techniquement pas possible de cette manière.
L'invention part de ce fait reconnu qu'il s' agit, dans une désagrégation par chauffage, de phénomènes d' équil ibre, Au commencement du chauffage du phosphate naturel, il s'établit un
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équilibre entre le fluor se trouvant dans la phase sol ide ou de fusion et le fluor se trouvant dans la phase gazeuse. Le chauffage du phosphate brut en présence d'acide silicique dans un espace clos ne peut donc, comme on l'a encore constaté par des essais, opérer pratiquement aucune modification de l'apatite. Le déplacement de l'équilibre dans 1 e sens voulu ne réussit que si 1 a phase gazeuse en équil ibre avec la phase sol ide ou liquide est constamment évacuée.
Si l'on conduit un courant de gaz au-dessus du mélange pendant le chauffage, il y a constamment passage de nouvel lesquantités de fluor à la phase gazeuse jusqu' à ce que, après quelque temps qui dépend naturellement de 1 'intensité du balayage, le mélange soit pratiquement exempt de fluor, Ce fluor peut être retiré des gaz d'échappement de la manière connue en soi, par introduction dans de l'H2O.
Les gaz de balayage entrant en ligne de compte comme étant les moins coûteux sont l'air, qui subit avantageusement un réchauffage préalable convenable, ou des gaz perdus de four correspondants.
On emploiera utilement pour cela des gaz qui ne peuvent provoquer une réduction du phosphate. On ajoute utilement au gaz de balayage des quanti tés plus ou moins grandesde vapeur d'eau, car on a trouvé que l'emploi de vapeur d'eau accél ère la réaction dans une mesure non négligeable, on connaît bien déjà l'emploi de gaz à teneur de vapeur d'eau dans la désagrégation des phosphates par chauffage en présence d'alcalis. Mais il s'est révélé que cet empl oi de gaz à teneur de vapeur d'eau dans la désagrégation par chauffage sans addition d'alcalis, telle qu'elle est utilisée d'aprèsl'invention, provoque une accélération particulière de l'expulsion du fluor, on ne pouvait nullement compter sur ce ré- sultat dans l'emploi d'alcalis, eu égard à la marche essentiellement différente de la réaction.
Les gaz contenant du fluor, qui se forment lors de la désagrégation, sont, toutefois, réabsorbés déjà à des températures relativement élevées par la matière à désagréger ou en voie de
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désagrégation, Cette réabsorption devient de plus en plus intense au fur et à, mesure que descend la température.
Dans cette réabsorption du fluor des gaz de désagrégation à teneur de fluor par la charge du four, il ne s'agit pas seulement d'un simple déplacement en arrière de l'équilibre dans un sens tel que le fluor expulsé à. des températures élevées soit réab sor bé dans la même combinaison chimique à des températures plus basses, mais on a plutôt trouvé que les gaz à teneur de fluor naissant lors de la désagrégation, en particulier le tétrafluorure de si- licium, réagissent sur la chaux de la matière à désagréger dans le sens de la formation de fluorure de calcium et d'acide silicique.
Il se forme donc une sorte d'émail, dont le point de fusion eet considérablement plus bas que les températures qui sont nécessaires pour la réalisation de la présente réaction de désagré- gation. Cet émail, qui se forme naturellement surtout à la surface des morceaux à désagréger, occasionne un frittage (concrétion) et la fermeture des pores de chaque grain, de sorte que la matière à désagréger est empêchée de céder sa teneur de fluor primitive dans la mesure qui est nécessaire pour obtenir de bonnes solubilités.
A l'effet de supprimer ces inconvénients et d'obtenir une désagrégation parfaite du phosphate, l'invention propose d'empé- cher, en'travail continu, que le fluor des gaz à teneur de fluor provenant de la désagrégation soit réabsorbé par la matière à désagréger ou en voie de désagrégation, et ce par exemple en faisant avoir lieu le chauffage en courant de même sens que le mouvement de la matière à désagréger.
La rapidité de la réaction croit d'abord rapidement à mesure que s'élève la température, n est donc avantageux d'exécuter le chauffage d'après 1 invention à des températures supérieures à 1000 . Lorsqu'on augmente la température à environ 1400 , la rapidité de la réaction diminue sans doute de nouveau, ce qui semble
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et qui réduit les surfacesdes éléments de la réaction et par suite la porosité de la matière. Mais la conversion ne cesse pas du tout complètement même à ces températures, et sa vitesse de vient de nouveau fort considérable, principalement à des températures supérieures après la fusion complète du mélange, donc à environ 1600 .
Selon les matières initiales auxquelles on a affaire, il peut donc être recommandable de n'exécuter la réaction qu' à destempératures de chauffage ou d'élever la température de la réaction au-dessusdu point de fusion du mélange. Dans la pratique, il s'est révélé avantageux de décomposer le procédé en un chauffage préalable à des températures comprises entre 1000 et 1200 et un chauffage final à 1300 -1450 .
Dans ces conditions, il a suffi, pour un mélange qui ne laissait pas de résidu sur le tamis à 2500 mailles, d'une réaction d'une heure pour le chauffage préalable et d'une demi-heure pour le chauffage final pour réduire la teneur en fluor d'une matière contenant environ 4 % de fluor à des proportions si minimes qu' il ne peut plus y avoir formation d'apatite, Pour cela, la teneur en fluor doit être inférieure à environ 0,1 %. Au lieu du chauffage final à 1300 -1450 , on peut aussi appl iquer la fusion à 1600 -1650 .
La rapidité de la transformation dépend encore dans une grande me sure de 1 a grandeur de s surface s en contact et de la vitesse de diffusion réciproque des participants à la réaction.
Pour agrandir les surfaces, il est utile d' empl oyer les matières initiales avec une grosseur de grains aussi minime que possible.
On peut avantageusement broyer le phosphate brut conjointement avec la matière d'addition ; plus la finesse de broyage est grande, meilleur sera le résultat. On a trouvé util e d'employer des mélanges d'une finesse telle qu'il ne reste pas de résidu impor.. tant sur un tamis à 2500 mailles, Mais on peut éventuellement augmenter la finesse à tel point qu' il ne reste qu'un résidu d' en- viron 10 % sur un tamis à 10.000 mailles.
Il est naturellement aussi possible d'employer des mélanges notablement plus grossiers,
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ayant une grosseur de grain d'environ 0, 3 mm. ou plus. mais on doit alors, éventuellement, accepter aussi une augmentation assez importante de la durée de la réaction,
Au lieu du broyage à sec, on peut aussi employer un procède de décantation ou un autre procédé de préparation humide. Ce procédé convient particulièrement lorsqu'on utilise, comme matière d'addition, non du sable ou du quarz finement broyé, mais de l'acide silicique fraîchement précipité ou des matières telles que l'argile, le kaolin, le laitier de hauts-fourneaux etc.
Certes, l'acide silicique ,n'est pas présent dans l'argile tel quel, mais essentiellement sous la forme de silicate d'aluminium. Ainsi qu'on le sait à la suite des expériences sur la fabrication de la porcelaine et du ciment, l'argile est déjà transforméeà des températures d'environ 7000 de telle manière qu'il y a probabl ement de l'acide silicique libre à côté d'oxyde d'aluminium, la grosseur des diverses cristallites d'aoide silicique étant particulièrement minime. Cette grosseur minime des particules rend les matières précitées particulièrement appropriées à l'exécution de la présente réaction.
Si l' on emploie de l'acide sil icique comme matière d'addi - tion, les quantités nécessaires peuvent varier dans de larges limites. pour un phosphate minéral présentant une teneur naturelle de 7-8 % d'acide silicique, il suffit d'une quantité d'environ 15 % de sable comme matière d'addition pour donner des résultats satisfaisants, Cependant, on peut aussi se contenter de quantités plus petites d'acide silicique. En tout cas, la teneur en acide silicique, prise dans son entièreté, sera utilement d'au moins 15 % du phosphate existant.
Les quantités d'acide silicique peuvent, d'autre part, être considérablement augmentées, et ce jusqu'à environ un tiers du phosphate employé. Les quantités de silicate qu'on veut employer dépendent principalement de la teneur en acide phosphorique voulue dans le produit final.
Une autre possibilité pour l'accélération de la réaction
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consiste à ajouter au mélange, avant le chauffage ou la fusion, de faibles quantités d'acides tels que de l'acide sulfurique, de l'acide nitrique ou de l'acide muriatique. Les quantités employées peuvent aller jusqu' à environ 15 % et seront en tous cas de beaucoup inférieures à ce qu'elles doivent être pour une désagrégation par des acides comme dans la désagrégation du super phosphate. Pour cette addition, il peut être employé aussi de l'acide phosphorique ou un phosphate de chaux acide. Naturelle ment, on peut utiliser aussi, pour des usages particuliers, par exemple lorsque le résultat final doit correspondre, par sa composition, au composé 5 Ca O.P2O5. SiO2, d'autres matières d'addi- tion connues, en particulier de la chaux.
Dans la pratique, il est recommandable d'exécuter la réaction dans des fours tubulaires rotatifs dans lesquels on peut facilement régLer des zones de chauffage avec une température correspondante, Comme revêtement réfractaire pour de tels fours, on emploiera, fort utilement, éventuellement, 1 e phosphate brut soumis à la réaction ou un phosphate analogue, qui est de préférence, pour l'obtention d'une porosité aussi faible que possible, préalablement cuit jusqu'à la température de frittage.
Si l'on veut traiter le phosphate principalement à l'état fondu, on peut effectuer utilement la fusion de telle manière que le mélange soumisà la réaction soit chauffé dans une flamme de gaz et que les gouttelettes provenant de la fusion soient captées par exemple dans une chambre spéciale, par suite du fort refroidissement des gouttelettes par l'air lors de leur chute, la ma tière de la chambre n'est pas du tout attaquée. On peut donc éventuellement employer une chambre quel conque en tôle de fer.
Lorsqu' on emploie une telle flamme de gaz, le gaz en combustion agit lui-même comme agent de balayage dans le sens de l'invention.
La flamme peut être produite par un foyer à poussier de charbon, par du gaz oxhydrique, un chalumeau à acétylène ou analogue. En cas d'emploi d'une flamme de poussier de charbon, il est recom -
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mandabie de mélanger déjà avec du poussier de charbon le mélange à soumettre à la réaction et de le souffler sous cette forme à travers la flamme. Le guidage de la flamme est alors utilement réglé de manière qu'une réduction du phosphate ne soit. pas possi- ble.
Le progrès particulier que représente la présente invention vis-à-vis des procédés connus consiste en ce qu'on est parvenu pour la première fois, sans devoir employer les alcalis très coûteux, et par le simple chauffage du phosphate minéral brut avec du sable ou autres matières ayant une action similaire dans un courant de gaz, un phosphate dans lequel l'acide phosphorique est mis de manière parfaite sous une forme assimilable par les plantes, L'acide phosphorique du produit obtenu par le nouveau procédé est à peu près complètement soluble tant dans l'acide citrique que dans une dissolution de citrate d'ammonium. La teneur en fluor, chlore et autres substancesanalogues peut être réduite à des proportions si minimes qu'il ne peut plus y avoir formation d'apatite.
La réalisation du procédé n'exige nullement, pour cela, des réactions d'une longueur extraordinaire. Le procédé permet de traiter précisément aussi les phosphates qui sont particulièrement riches en acide silicique et fluor et ont donc été considérés jusqu'ici comme étant de qualité particulièrement inférieure. En employant cesmatières initiales de qualité inférieure, on obtient donc d'après l'invention, par des moyens peu coûteux et en un temps extrêmement court, un engrais de qualité supérieure.
Pour la réalisation du procédé d'après l'invention, il est encore proposé des constructions de fours dont l'effet est tel que les gaz à teneur de fluor qui proviennent de la désagrégation sont évacués de la zone chaude sans qu' ilpuissent entrer en contact avec la matière qui n'est pas à la température de réac tion.
D'après l'invention, on peut tout d'abord employer un four
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de désagrégation, dont les températures des gaz d'échappement sont si élevées qu'il ne peut se produire une réabsorption des gaz à teneur de fluor par la matière soumise à la désagrégation, parce que la température desgaz d'échappement se trouve audessus du point de retour de la réaction d'équilibre. Dans ce cas, une utilisation des gaz d'échappement est nécessaire pour des raisons d'économie de chaleur : ces gaz sont, d'après l'invention, employés au préréchauffage de la matière à soumettre à la réaction, après qu'ils ont été débarrassés des combinaisons de fluor.
L'élimination des combinaisons de fluor, en particulier du tétrafluorure de silicium, peut avoir lieu, d'après l'invention, en amenant les gaz en contact avec des substances basiques utilement préréchauffée s, par exemple en 1 e s aspirant, refoulant etc. à travers de telles substances. Comme substances basiques entrent en considération des composés tels que la chaux calcinée, l'hydroxyde de sodium, l'alumine et autres analogues. Les combiraisons de fluor qui se forment, comme le fluorure de calcium, le fluorure de sodium etc., peuvent être employés à divers usages industriel s, par exemple dans la métallurgie, dans l'industrie des masses céramiques.
Le phosphate brut qui a été préréchauffé par les gaz d'échappement débarrassés des combinaisons de fluor entre alors dans le four de désagrégation mentionné plus haut. On obtient ainsi cet avantage que la matière à désagréger possède, dès son entrée dans le four de réaction, une température qui empêche dans une large mesure l'absorption des gaz d'échappement à teneur de fluor.
Il est naturellement aussi possible d'effectuer le préréchauffage, indépendamment desgaz d'échappement du four de désagrégation, dans une installation de chauffage spéciale ou de combiner lesdeux modesde travail.
Le dessin ci-joint représente un certain nombre d'autres constructions de fours.
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La fig.l montre un four tubulaire rotatif m dans lequel la matière à désagréger i est introduite à l'extrémité froide a du four par l'ouverture e et est évacuée à l'extrémité opposée en f. Le four m est monté obliquement par rapport à l'horizontale sur des rouleaux g, qui opèrent la rotation du four autour de son axe longitudinal. La matière 1 chemine, par suite de l'in - clinaison du four et du mouvement de rotation, de gauche à droite dans le sens de la flèche. A l'extrémité b est disposé un foyer à poussier, à huil e, à gaz ou analogue, dont la flamme k se meut de droite à gauche dans le sens de la flèche.
Un tube e en une matière stabl e à. la chaleur e st fixé sur la paroi du f our m par l'intermédiaire dtentretoises d. ue tube c sert à aspirer lesgaz de chauffage. La flamme chaude k enlève le fluor, à l'endroit h, à la matière à désagréger i qui, dans son cheminement de gauche à droite, est déjà réchauffée et chauffée par les parois du tube c, de sorte que cette matière s'échappe en f à l'état complètement désagrégé. Le tube .2. empêche la matière à désagréger ou en voie de désagrégation de réabsorber du fluor contenu dans lesgaz d'échappement.
On peut aussi faire servir l'intérieur du tube e à l'amenée de la matière à désagréger, tandisque les gaz d'échappement du foyer lèchent le tube e sur sa surface extérieure. pour obtenir un bon tirage, on peut disposer, à l'extrémité a du four m, des ventilateurs ou appareils analogues améliorant le tirage .
En vue d'une utilisation complète de 'la chaleur des gaz d'échappement, il est recommandable de placer des chicanes, afin d'obliger les gaz à suivre un trajet aussi long que possible.
La fige 2 montre un f our dans lequel les gaz de désagréga - tion contenant du fluor sont aspirés, à l'extrémité chaude du four rotatif, à l'aide d'une buse d'aspiration futilement refroi- die. Le dessin fait voir que la buse 1. est utilement disposée en dessous de la flamme k, afin de capter immédiatement au-dessus
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de la matière à désagréger i le fluor fraîchement éliminé.
La fig. 3 montre un four dans lequel la partie inférieure de la flamme de chauffage, qui entre de préférence en contact avec la matière à désagréger, est aspirée en arrière dans la zone chaude. Le gaz ou le poussier de charbon n et l'air frais en trant en o forment la flamme k, qui est divisée au-dessus de la matière à désagréger, de telle sorte que la partie p s'écoule seul e à travers le four par-dessus la matière à désagréger, tandis que l'autre partie % de la flamme retourne en arrière à travers une ouverture r disposée à la partie inférieure de la tête du four, L'ouverture peut utilement être pourvue d'un ventilateur ou analogue pour renforcer le tirage, Ici aussi, il s'agit, en ce qui concerne la partie de la fl amme qui retourne en arrière,
de celle qui entraîne le fluor fraîchement échappé de la matière à désagréger.
La fig. 4 montre, enfin, comment la désagrégation peut aussi être effectuée dans une installation de four composée de deux fours séparés 1 un de 1 'autre, La matière à traiter i entre ici dans le premier four m' , de la manière habituelle, en e' à l' ex- trémité opposée à celle où se trouve la flamme k' et chemine jusque dans la zone de la fl amme, dans laquelle la température est réglée par une addition convenable d'air frais ou par d'autres mesures anal ogues, de manière qu'il ne se produise pas de frittage de la matière. De cette manière, on obtient déjà un abaissement de la teneur en fluor dans la mesure où cela est possible euégard à la réabsorption inévitable du fluor dans les parties les plus froides du four, mais sans qu'on obtienne de bonnes solubilités.
La matière 3:. qui quitte le premier four m' tombe maintenant, par un canal s fait aussi court que possible, dans le second four m", qui est chauffé par la flamme k" et dans lequel le fluor est expulsé dans la mesure qui est nécessaire pour obtenir de bonnes solubilités, l'avantage de cette disposition réside dans le fait que, d'une part, la matière entrant
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dans le second four m" possède une température qui ne permet plus ou seulement dans une très faible mesure une réabsorption de fluor, et que, d'autre part, la concentration du fluor dans les gaz de ce four m" est réduite par la volatilisation partielle dans le premier four m' . Les gaz chauds à teneur de fluor qui s'échappent des fours peuvent être mis à profit comme dans le premier des exemples citée.
Au 1 ieu d'un f our tubulaire rotatif - comme cela e st représenté sur la figure - on peut aussi utiliser, pour le chauffage préalable de la matière, une grille mobile ou analogue, par exemple d'une manière analogue à ce qui se fait dans le procédé Dwight-Lloyd. L'emploi d'une telle grille mobile, sur laquelle la matière est chauffée par aspiration ou refoulement des gaz de chauffage à travers cette matière, peut offrir des avantages particulierspour le transfert rapide de la matière dans le second four.
La réaction du fluor ou des gaz à teneur de fluor sur la matière brute à soumettre à la désagrégation peut aussi être rendue impossible en abaissant convenablement la concentration du fluor ou des combinaisons de fluor dans les gaz d'échappement entrant en contact avec la matière à désagréger. Ceci peut par exemple se faire en diluant lesgaz d'échappement par de s gaz indifférents, ou encore en enlevant aux gaz d'échappement le fluor ou les combinaisons de fluor qui y sont contenues par des moyens d'absorption convenables, en particulier des substances basiques.
Dans la réalisation du procédé d'après l'invention, il a encore été trouvé que le fluor présent dans la phosphorite brute, dont la présence est cause de l'insolubilité de ces composés, peut aussi être éliminée, sous la forme de combinaisons volatiles du fluor, par chauffage en présence de matières d'addition autres que l'acide silicique ou que des matières contenant de l'acide silicique. On obtient alors aussi une désagrégation complète
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de la phosphorite.
Comme matières convenant pour former des fluorures volatils entrent en considération, de la manière connue, un grand nombre de composés chimiques. qu'il soit cité, en ordre principal, des combinaisons du fer et de l'aluminium, également le titane, le bore, le molybdène, le chrome, la vanadine, le nickel etc. La. condition nécessaire pour que les dites matières soient utilisablesdans le sens de l'invention est uniquement que, d'une part, la formation d'un fluorure soit possible aux températures de la désagrégation par chauffage, c'est-àdire à 1200 - 1500 , et, d'autre part, que le fluorure formé soit volatil dans cesconditions de température.
Comme le fer et l'aluminium représentent en eux-mêmes une impureté souvent présente dans les phosphates bruts naturels, la littérature contient des indications sur la mesure dans laquelle la désagrégation par chauffage du phosphate brut est influencée par la présence de ces composés, Dans tous ces essais antérieurs, toutefois, il ne s'agissait que de phosphates contenant de l'acide silicique, de sorte que l'action du fer et de l'aluminium a seul ement été étudiée avec la présence simultanée d'acide silicique. A ce sujet, il a alors été prétendu que de faibles additions de fer et d'aluminium ont bien une action favorable sur la désagrégation, mais que des quantités plus grandes, en particulier de plus de 10 %, gênent la désagréga tion.
Cette affirmation peut être exacte en soi, car, dans le cas de la présence simultanée d'acide silicique., il se forme aisément, dans la réaction du phosphate de chaux en présence d'oxyde de fer et éventuellement encore d'oxyde d'aluminium, des mélanges eutectiques qui se concrétionnent déjà à des températures inférieures à la température de désagrégation et contrarient ainsi considérablement l'échappement du fluor.
Mais les conditions sont tout autres en cas d'absence d'acide silicique. Dans ces circonstances, des additions croissantes de matières telles que l'oxyde de fer et l'oxyde d'aluminium opè-
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rent, d'une manière qui surprend, une élimination de plus en plus parfaite du fluor contenu dans le phosphate brut.
Le présent procédé offre des avantages particuliers dans la désagrégation des phosphorites qui, comme le phosphate du Maroc ou les phosphates des îles, ne contiennent que des proportions tout à fait minimes d'acide silicique. Dans ce cas, on peut, par un choix convenable des matières d'addition, transformer le fluor du phosphate brut en des combinaisons déterminées dont les propriétés sont d'une sérieuse importance, soit pour l'opération de désagrégation elle-méme, soit pour la récupération du fluor contenu dans lesgaz d'échappement. Ainsi, par exemple, on peut, en cas d'emploi d'oxyde d'aluminium comme moyen de désagrégation, obtenir le fluor sous une forme sous laquelle il peut être utilisé directement.
Le fluorure d'aluminium se sublimant lors de la désagrégation peut par exemple être em ployé directement pour l'industrie céramique, la fabrication de la cryolithe artificielle etc.
REVENDICATIONS.
1. Procédé en travail continu et par balayage par des gaz pour éliminer des phosphates bruts les éléments réduisant leur solubilité, à des températures supérieures à 1000 et en présence de substances telles que l'acide silicique expulsant le fluor en cas de chauffage, caractérisé en ce que la réabsorption du fluor des gaz à teneur de fluor provenant de la désagrégation par la matière à désagréger ou en voie de désagrégation est em péchée, par exemple par ce que le chauffage est réalisé en courant de même sens que le mouvement de la matière à désagréger.