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"PROCEDE DE FABRICATION D'UN TRICOT PELUCHEUX EN SOIE OU RAYONNE ET APPLICATION DE CE TRICOT
A LA CHAPELLERIE!!
La présente invention concerne un procédé de fabrication d'un tricot pelucheux en soie ou rayonne, susceptible de recevoir de nombreuses applications, mais plus particulièrement avantageux pour la chapellerie.
Actuellement, la fabrication de certaines formes de chapellerie, telles que les cônes, les bérets, les capelines, etc... est réalisée sur des métiers à tricoter rectilignes qui donnent, par un jeu de diminutions approprié, bien connu, et variable suivant la forme à obtenir, un tricot dont il suffit de joindre et de coudre les deux bords pour obtenir la forme désirée. On soumet ensuite cet article à un foulage destiné à faire disparaître les mailles de
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formation du tricot, qui nuiraient à l'aspect du dit article.
On obtient ainsi notamment des formes en tricot de laine, qui présentent l'avantage d'être d'une seule pièce avec une seule couture. Cependant, cette façon de procéder ne peut pas être appliquée avec tous les fils, avec les fils de soie ou de rayonne en particulier, car ceux-ci ne se prêtent pas au foulage. Dès lors on ne peut obtenir, suivant cette méthode, que des formes dans lesquelles les mailles du tricot; apparaissent, ce qui est contraire au but cherché.
On a bien déjà fabriqué des formes de chapellerie, au moyen de tissus de soie pelucheux, mais c'est alors en partant de bandes de tissus obtenues, sur des métiers à tisser ; mais, dans ce cas, on n'obtient pas, comme dans le cas précédent, des formes en une seule pièce avec une seule couture ; il faut, en effet, que la modiste drape ces bandes et les couse suivant les besoins.
Le procédé, selon l'invention, permet au contraire, d'obtenir des tricots pelucheux en soie ou rayonne convenant parfaitement, entre autres applications, à l'obtention de formes de chapellerie en une seule pièce avec une seule couture.
Suivant ce procédé, on part d'un fil de soie ou de rayonne dont la contexture permet son effilochage et on tricote ce fil à la façon habituelle, en suite de quoi, on le soumet à des grattages successifs, de vigueur décroissante, qui ont pour but d'effilocher le fil du tricot et d'en détacher des poils qui recouvrent les mailles et les
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dissimulent à la vue.
Pour l'application particulière de l'invention à la fabrication des formes de chapellerie, on réalise, à l'aide d'un métier à tricoter rectiligne, et en partant du fil de soie susmentionné, une forme identique à celle qu'on réalise actuellement en partant de fils de laine ou similaires, et on soumet ensuite cette forme, en tricot de soie, à un premier grattage assez énergique et donnant un premier effilochage grossier, suivi d'un deuxième grattage moins violent qui achève l'effilochage.
On soumet ensuite la forme en tricot de soie pelucheux ainsi obtenue, aux opérations de décreusage et de teinture, suivant les méthodes actuellement employées pour les tissus de soie ou tricots ordinaires. Si besoin est, on fait enfin suivre cette opération de teinture d'une nouvelle opération de grattée, très doux, pour obtenir l'effilochage définitif désiré.
Pour mieux faire comprendre l'invention, on va la décrire maintenant en regard des dessins annexés qui représentent, schématiquement et simplement à titre d'exemple, différentes formes de chapellerie qui peuvent être obtenues conformément à l'invention. Sur ce dessin :
La figure 1 représente un cône de chapellerie.
La figure 2 représente un béret basque.
La figure 3 représente une capeline.
Pour obtenir, conformément à l'invention, un cône conforme à celui de la figure 1, en tricot de soie pelucheux, on part d'un fil de soie dont la contexture a été choisie pour qu'il puisse être facilement et régulière-
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ment effiloché. On tricote ce fil sur un métier à tricoter rectiligne en procédant exactement dans les mêmes conditions que celles suivant lesquelles on procède actuellement pour l'obtention des cônes en fil de laine, c'est-à-dire qu'on fait effectuer par ce métier les diminutions nécessaires pour obtenir un tricot dont il suffit de coudre les deux bords pour réaliser un cône affectant la forme représentée sur la figure 1.
Dans le cône ainsi obtenu, les mailles du tricot apparaissent de façon très visible. Conformément à l'invention, on soumet alors ce cône à un premier grattage métallique assez énergique, obtenu, par exemple, au moyen des machines à gratter actuellement utilisées pour le grattage des formes de chapellerie en laine (machines type Scholaert). Ce premier grattage métallique énergique est suivi d'un deuxième grattage moins violent obtenu, par exemple, au moyen d'une meule à poils de laiton ou à poils de crin, analogues à celles utilisées actuellement pour le lissage des chapeaux. Ces deux grattages doivent donner un effilochage du fil de soie formant les mailles, suffisant pour que les poils effilochés recouvrent complètement les mailles et les dissimulent totalement à la vue.
Suivant les besoins, la forme pourra être traitée sur une face seulement ou sur les deux.
On soumet ensuite l'article obtenu aux opérations de creusage et de teinture, suivant les procédés connus.
Si besoin est, on fait suivre ces opérations d'un dernier grattage, assez doux, au moyen par exemple des meules à poils de laiton ou de crin dont il a été question précédem-
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Lorsque l'on voudra fabriquer, suivant l'invention, soit des bérets, conformes à celui de la figure 2, soit des capelines, conformes à celle de la figure 3, on procédera de la même façon, la seule différence résidant dans le réglage du métier à tricoter rectiligne qui devra donner un article en tricot, de forme correspondante.
On peut ainsi obtenir, conformément à l'invention, par des procédés industriels, des formes de chapellerie, en tricot de soie ou de rayonne pelucheux dont les mailles sont cachées, et que les modistes pourront travailler pour leur donner la forme définitive désirée ou les agrémenter de toute façon appropriée.
On remarquera que la couture nécessaire à l'obtention de la forme à partir de l'article en tricot obtenue sur le métier est complètement dissimulée par les poils d'effilochage.
Il va d'ailleurs de soi que l'invention n'a été représentée qu'à titre explicatif et non limitatif et qu'elle peut comporter toute variante ou modification de détail sans altérer son esprit.