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Perfectionnements à la construction des routes.
La présente invention se rapporte à la construction des routes, en particulier sur mauvais sol, par exemple un sol sans résistance suffisante ou sujet à la fissuration, et elle a pour objet un système de construction qui permet d'établir rapidement et assez économiquement une route durable dont le revêtement résiste au défoncèrent par les lourds charrois et au crevassement par les mouvements de terrain, comme il s'en produit notamment dans les terrains d'exploitations minières.
A cet effet, suivant l'invention, au lieu d'établir la route directement sur le sol, ou bien sur une simple fonda- tion de sable ou un radier renforcé ou entre des bordures ancrées au sol, etc. comme cela s'est fait jusqu'ici, on cons- truit la route dans ou sur une caisse remplie dont le fond et les côtés forment un ensemble suffisamment rigide pour maintenir @
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contre tout déplacement les matériaux de la route logés dans la caisse ou reposant sur elle directement ou non. Ainsi maintenus, ces matériaux tels que terre, tourbe, sable, gravier, pierrailles, béton de ciment ou de trass, etc. constituent pour le revêtement de la .route une assise immuable, qui ne peut se déformer ou s'affaisser sous les plus fortes charges et est à l'abri des mouvements de terrain.
Ceci per-net de poser d'emblée le revêtement définitif de la route et dispense des rechargements et réparations qui causent des frais considérables et sont un embarras pour la circulation.
Un important avantage de la caisse est qu'elle répartit uniformément sur le sous-sol qui forme la surface d'appui la charge constituée par le propre poids de la caisse, celui de son remplissage et celui du revêtement avec les véhicules qu'il supporte. Dans le cas, par exemple, d'une -route ayant 8 m. de largeur et dont le revêtement est à 0,50m. au-dessus de la surface d'appui de la caisse, avec deux files de camions de 20 Tonnes placés à 10 m. de distance l'un de l'autre, la pression du fond de la caisse sur le sous-sol est d'environ la moitié de celle qui se produit dans le cas où la fondation de la route est constituée par une couche de sable de 0,50 m. d'épaisseur.
La caisse dans ou sur laquelle est construite la route peut être faite en fer, en béton, en bois ou autres matériaux appropriés,, employés seuls ou en combinaison. Elle est avantageusement renforcée par des entretoises reliant ses côtés entre eux et/ou au fond pour la rendre indéformable, et des moyens de drainage peuvent être prévus en vue d'éviter l'accumulation d'eau dans le fond de la caisse.
Il peut être intéressant dans certains cas, de ne
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construire dans une caisse suivant l'invention qu'une partie de la route, par exemple une partie réservée aux camions ou occupée par une voie de tramway, etc. Dans ce cas, la caisse aura une largeur moindre que la route et son contenu ne supportera qu'une bande de largeur correspondante du revêtement de la route. Evidemment, le mot route doit être pris ici dans son sens large de voie de communication et l'invention est applicable aussi à la construction de l'infrastructure de voies ferrées, par exemple.
Quelques formes d'exécution seront décrites ci-après avec référence aux dessins annexés, dans lesquels:
Fig. 1 est une vue en coupe longitudinale d'une route à caisse métallique et revêtement monobloc et
Fig. 2 une vue en coupe transversale de cette route; Fig. 3 montre en coupe transversale une large route à double caisse en béton et fer, et
Fig. 4 représente, également en coupe transversale, une partie de route avec voie ferrée construite sur fondation . en caisse.
Dans l'exemple des Figs. 1 et 2, la caisse dans laquelle est construite la route est faite en palplanches d'acier, avantageusement des palplanches Larssen, dont celles qui constituent les côtés 1 de la caisse sont enfoncés verticalement dans le sol, et celles qui forment le fond 2 de la caisse sont couchées sur le sol transversalement entre les côtés 1..La caisse ainsi obtenue, ayant la largeur de la route et une profondeur de, par exemple, 50 cm. est remplie entièrement de sable, pierrailles ou autres matériaux 3. Sur ce remplissage repose le revêtement 4 de la route qui peut être du béton, du pavé, du macadam etc.
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Les palplanches horizontales 2 du fond do la caisse peuvent s'arrêter contre les palplanches verticales 1 des côtés, comme c'est montré à gauche sur la Fig. 2, ou bien s'é- tendre au-delà des côtés 1 comme c'est montré en 2' à droite sur la Fig. 2 afin de former des ancrages latéraux évitant le basculement de la caisse. Avantageusement, une sur deux des palplanches 2 du fond est ainsi prolongée hors de la caisse, et une sur deux des palplanches verticales 1 des côtés est enfoncée profondément dans le sol comme c'est montré en l', par exemple d'un mètre en dessous du fond de la caisse.
L'espace sous le fond de la caisse, compris entre les parties l' profondément enfoncées des palplanches 1 des côtés, constitue une sorte de coffre 5 qui contribue à assurer la stabilité de la route grâce à la masse de terre qu'il con- tient. En terrain mou, co coffre 5 formé par les côtes prolon- gés de la caisse a l'avantage d'assurer que la caisse et, par conséquent, la route, demeurent horizontales en s'enfonçant dans le sol. D'autre part, les côtés prolongés de la caisse agissant comme des couteaux dans le sol, l'enfoncement de la caisse atteint son maximum en quelques mois, tandis que l'enfoncement d'une route construite sur fondation sans caisse dure parfois des années.
Les joints 6 des palplanches, Convenable¯lent enboî- tés, et des cornières 7 placées dans les angles inférieurs assurent que la caisse soit complètement fermée et qu'il ne puisse s'en échapper aucune partie du remplissage 3. Les joints du fond de la caisse sont laissés ouverts pour servir d'ouver- tures de drainage, les angles de la caisse et, au besoin, tout le fond de celle-ci, étant avantageusement garnis de grasses pierrailles laissant passer l'eau sans être entrainés par @
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elle. Eventuellement, des ouvertures de drainage spéciales 8 seront percées dans les palplanches du fond 2 de la caisse.
Dans le cas où la caisse baigne de temps en temps ou de façon permanente dans l'eau souterraine, on la remplit de préférence avec de gros matériaux, gravier ou concassé, qui ont l'avantage d'être insensibles à l'eau et de bien tenir en place ; dans l'eau, ces matériaux perdent environ la moitié de leur poids de sorte que le poids de l'ensemble reposant sur le sous-sol est considérablement réduit, ce qui est avantageux.
Afin que la caisse puisse résister aux poussées internes du remplissage 3 et aux mouvements du terrain environnant, on la renforce de préférence au moyen de brides obliques 9 reliant les côtés 1 au fond 2 et d'entretoises 10 traversant horizontalement la caisse et fixées aux côtés 1 par exemple à l'aide d'écrous 11 prenant appui sur des poutrelles longitudinales 12. Ces entretoises sont particulièrement utiles dans les courbes de la route où le revêtement 4 est sou- mis des efforts considérables de la part des véhicules.
Sur la Fig. 2, les côtés de la caisse, au lieu d'être en métal, sont formés d'éléments de béton armé 13 juxtaposés en files. Ces éléments 13, avantageusement en forme de L (à gauche sur la Fig. 2) ou de T (à droite sur la Fig. 2, où 13' indique une variante de pose de l'élément en T), sont placés de façon à constituer à la fois le côté de la caisse et une partie du fond de celle-ci. Le restant du fond de la caisse est fait, dans cet exemple, en tôles d'acier 14 assemblées en 15 aux éléments de béton 13. Bien entendu, le fond de la caisse peut être fait aussi entièrement en béton.
Comme c'est représenté, quand il s'agit d'une route très large, une file d'éléments de béton 1311 semblables aux autres ou de forme dif-
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férente, peut être disposée suivant l'axe longitudinal médian de la caisse pour supporter les tôles 14 du fond. On obtient ainsi deux caisses juxtaposées.
Dans le cas de la Fig. 4, la route comporte une voie ferrée 16 telle qu'une voie de tramway incorporée dans le revêtement de pavés 17, et seule la partie de la route portant cette voie ferrée est construite dans ou sur une caisse conformément à l'invention, afin de rendre cette partie de route plus stable et de la protéger, par exemple, contre les enfonce:nents et mouvements du terrain dans lequel la caisse est incorporée.
Faits en tôle d'acier, par exemple, les côtés 18 et le fond 19 de la caisse sont convenablement entretoisés, et le fond 19 peut être prolongé latéralement par des ailes 20 qui servent d'ancrages. Le remplissage 22 de la caisse supporte les traverses 23 de la voie ferrée 16 et la partie du pavement 17 comprise entre les rails de la voie. Il est clair que le même procédé de construction conviendrait aussi pour l'établissement d'une partie de route réservée au gros charroi ou d'une voie ferrée simple sans route.
En forêt et dans les colonies, notamment, ainsi que pour des buts militaires, il peut y avoir avantage à faire en bois la caisse servant à construire la route, et d'employer pour le remplissage de la caisse les déblais de la tranchée que l'on aura creusée dans le sol en vue d'y loger la caisse.
Le bois pouvant être pris à pied d'oeuvre au fur et à mesure de la construction de la route, on évite ainsi le transport onéreux de matériaux.
Bien entendu, l'invention n'est pas limitée aux formes et détails d'exécution décrits et représentés à titre d'exemple, et on ne sortirait pas de son cadre en y apportant des modifications.