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"PERFECTIONNEMENTS AUX TOILES METALLIQUES POUR MACHINES
A PAPIER"
L'invention a trait aux courroies en toile métallique et, en particulier, aux toiles métalliques destinées aux machines à papier du type Fourdrinier, et concerne spécialement les toiles à armure "croisée" dans lesquelles les chaînes en fil métallique passent alternativement au-dessous de deux trames et au-dessus d'une trame en fil métallique pour constituer des coudes longs et une plus grande surface d'usure sur la face de dessous. Ainsi qu'il est bien connu, ces courroies ou toiles ont la forme d'une bande continue à fine maille qui se meut sur des rouleaux le support; espacés et au contact de caisses et rouleaux de succion.
Dans les machines modernes, 1'accroissement du nombre de rouleau;=, l'augmentation de largeur des machines et l'accroissement de la vitesse à laquelle les machines travaillent ont été
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tels que des toiles qui auraient duré une période normale sur des types de machines plus anciens sont rapidement ises hors d'usage dans les machines modernes en raison de la fatigue provoquée par le passage de la toile autour du grand nombre de rouleaux à une vitesse considériablemeng augmentée.
Pour donner aux toiles une résistance mécanique et une souplesse qui leur permettent de s'adapter à ces conditions modernes, des toiles à armure croisée ont été tissées avec des fils métalliques plus gros dans lesquelles le duitage était diminué en raison de l'impossibilité d'obtenir, avec ces fils plus gros, un bon serrage des duites, d'où il résulte que les mailles devenaient de plus en plus grandes dans la direction longitudinale de la toile. Dans une construction de toile Fourdrinier ordinaire, les toiles normales sont établies avec 560 à 1550 mailles par centimètre carré, la toile à 560 mailles comportant usuellement 24 chaînes et 16 trames par centimètre linéaire et la toile à 1550 mailles comportant usuellement 40 chaînes et 34 trames par centimètre linéaire, les dimensions intermédiaires étant proportionnelles.
Quoiqu'on ait ainsi obtenu des toiles plus robustes, ces toiles présentent certains inconvénients parmi lesquels on mentionnera la rugosité de la surface de formation du papier, qui crée dans celui-ci de profondes dépressions, et la tendance des fibres à se rabattre dans l'ouverture des mailles. Cet état de choses est encore plus prononcé dans le cas du croisé usuel, en raison du fait ue les coudes des chaînes sont espacés toutes les quatre trames, au lieu de l'être toutes les deux trames comme dans l'armure toile régulière, de sorte que les toiles à armure croisée n'ont pas été désirables jusqu'à ce jour pour la fabrication d'un papier à surface fine.
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Il est extrêmement désirable d'établir une toile métallique qui, outre qu'elle possède de plus grandes sur- faces d'usure, qu'elle est plus flexible dans la direction longitudinale de la toile et que sa fatigue sous l'influence des flexions rapides est grandement réduite, permet la for- . nation d'un papier aussi plat que possible tout en assurant un drainage adéquat ; et la présente invention a pour objet une toile métallique à armure croisée possédant ces propriétés désirables.
A cet effet, on se propose particulièrement de prévoir des chaînes faites d'un fil métallique plat, c'est- à-dire ayant une section transversale sensiblement rectan- gulaire ou en forme de ruban, et de tisser ces chaînes avec des trames ou duites qui possèdent une section transversale circulaire et qui, en raison de la forme plate et de la minceur relative de la chaîne, peuvent être serrées dans la toile pour donner une maille beaucoup plus fine que cela avait jusqu'ici été possible avec des chaînes de section circulaire de la résistance mécanique et du diamètre nécessaires.
Alors que, dans la construction normale, il n'avait pas été possible de serrer les duites d'une toile à
560 mailles plus finement qu'à raison de 20 fils par centimè- tre linéaire en raison des dimensions des chaînes et des trames, il est possible, suivant l'invention., de serrer les duites entre les limites de 24 à 32 mailles par centimètre linéaire.
Jusqu'à ce jour, le pliage des trames métalliques, lorsque ces trames étaient tissées avec des chaînes métalli- ques,de section circulaire, surtout lorsque le compte de chaînes était élevé, n'était pas suffisant pour élever les coudes des trames jusqu'au ou près du plan des coudes des
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chaînes, de sorte qu'on obtenait sur la face de dessus des dépressions qui rendaient le papier rugueux et que, sur la face d'usure, les coudes des trames n'offraient pas une surface d'usure importante, l'usure étant presque entièrement limitée aux coudes des chaînes.
Suivant l'invention, en raison de la minceur relative des chaînes en comparaison avec le diamètre des trames, les trames subissent moins de déformation dans le pliage que les chaînes, plus flexibles, et, en même temps, les surfaces des coudes peuvent néanmoins être amenées dans le plan des coudes des chaînes.
En outre, étant donné que ces coudes des trames sont formés sur des chaînes plates, ils offrent au papier une surface de contact et des surfaces d'usure sensiblement plates, par opposition aux surfaces de contact à points qu'offraient les coudes des trames lorsque ces coudes étaient formés au-dessus de chaînes de section circulaire, de telle sorte que, près du plan des coudes projetés des chaînes, la surface constituée à l'aide des coudes des trames est plus grande que ce serait le cas si ces coudes étaient formés autour de chaînes de section circulaire.
En augmentant le nombre des coudes et, en même temps, en aplatissant ces coudes, on obtient une surface d'usure grandement augmentée et restant constante pendant une plus longue période de service.
Les fibres de la pâte à papier transportée par une toile métallique tendent à se replier ou se rabattre à l'intérieur des mailles, surtout lorsque l'ouverture est plus longue dans la direction longitudinale de la toile, ce qui rend la feuille inégale, fait obstacle au drainage et occasionne une perte de pâte. Ceci est encore accentué
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par la section transversale circulaire des fils, qui offre aux ouvertures des mailles une entrée divergente naturelle, et par le large espacement des coudes sur le côté de forma- 'tion du papier, dans le cas de l'armure croisée.
La disposition plus serrée des trames, permise suivant l'invention, et la surface plate tant des coudes des chaînes que des coudes des trames écartent ces inconvénients, étant donné que les fibres sont supportées de telle sorte qu'elles couvrent les ouvertures des mailles au lieu de se rabattre dans les dites ouvertures comme jusqu'à ce jour.
Un mode de réalisation de l'invention est représenté sur le dessin annexé et sera décrit ci-après plus en détail.
Sur ce dessin :
Fig. 1 est une vue en plan à grande échelle d'une partie d'une toile métallique à armure croisée établie suivant l'exemple de réalisation représenté de l'invention.
Fig. 2 est une coupe longitudinale par la ligne 2-2 de la fig. 1.
Fig. 3 est une coupe transversale par la ligne 3-3 de la fig. 1.
La toile métallique Fourdrinier à armure croisée établie selon le mode de réalisation représenté à titre d'exemple comprend des chaînes métalliques 10 de section plate ou en forme de ruban et des trames métalliques 11 de section transversale circulaire, les coudes supérieurs tant des chaînes que des trames constituant la surface supérieure, ou surface de formation du papier, et les coudes inférieurs constituant la surface d'usure inférieure. Les chaînes sont tissées alternativement au-dessous de deux trames et au-
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dessus d'une trame, de telle sorte qu'on obtient des coudes de grande longueur sur la face d'usure. Les chaînes sont de préférence en fil de bronze laminé ou étiré et recuit avant le tissage et les trames sont de préférence en laiton.
Le fil de oronze soumis à un allongement possède une plus grande résistance à la traction que le fil de laiton et ce facteur est important pour le tissage satisfaisant de la toile suivant l'invention. Pour tisser convenablement la toile, il importe que la chaîne commande la trame ou que son effet soit prédominant. Les chaînes, plus robustes, permettent de battre les duites avec un degré de serrage plus grand, étant donné que les chaînes aplaties sont extrêmement flexibles et supportent directement la fatigue et les efforts qu'entraîne cette opération. Les trames, qui reçoivent leur forme des chaînes et suivent l'action de celles-ci, ne supportent qu'indirectement la fatigue imposée par l'action .de serrage, et il convient qu'elles ne fassent pas obstacle à la prédominance ou action de commande des chaînes.
Lorsque les chaînes et les trames sont faites toutes deux de la même matière, par exemple lorsqu'elles sont toutes deux en laiton, cette commande se trouve perdue puisqu'aucun des composants (chaîne et trae) ne prédomine sur l'autre. Des matières autres que le bronze et le laiton pourraient être utilisées pour la chaîne et la trame. On pourrait par exemple utiliser l'acier inoxydable pour la chaîne et le bronze ou le laiton pour la trame.
Les dimensions de la chaîne sont proportionnées au diamètre des trames, la largeur étant'telle qu'elle assure une surface de formation de papier et d'usure relativement grande et l'épaisseur étant telle qu'elle permet une dispo-
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sition serrée des duites et, en même temps, avec une déformation moindre dans le pliage des trames que dans celui des chaînes, l'amenée des trames dans le plan ou très près du plan des coudes des chaînes. Par exemple, avec une trame de 0,23 mm de diamètre, la chaîne pourrait avoir 0,3 mm de largeur et 0,1 mm d'épaisseur. On voit que la minceur relative des chaînes plates permet le serrage d'un grand nombre de duites par centimètre, alors que leur largeur relative donne une surface équivalente ou supérieure à celle de la plus grosse chaîne ronde admissible.
Les bords des chaînes sont de préférence légèrement arrondis pour permettre le libre écoulement à travers l'ouverture des mailles.
Les coudes plats de la chaîne, de même que les coudes plats de la trame, donnent une surface de formation de papier dans laquelle les fibres sont supportées par un contact plat, par opposition au contact par points fourni par des fils métalliques composés de chaînes et trames rondes en section. En même temps, la disposition plus serrée des trames offre une surface lisse qui supporte la pâte à papier sans la tendance usuelle des fibres à se rabattre dans la maille et à l'obstruer. Sans diminuer ce support, on peut, tout en assurant un support satisfaisant, donner aux mailles des dimensions suffisantes pour assurer un drainage parfait.
La disposition plus serrée des trames assure en outre un plus grand nombre de coudes sur la face d'usure et, comme ces coudes ont des surfaces plates, la durée est non seulement très augmentée, mais l'usure est sensiblement la même pendant toute la durée de la toile. Les coudes constitués
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à l'aide de chaînes et de trames de section circulaire offrent un contact par points lorsque la toile est employée initialement, de sorte que l'usure est très rapide dans les premiers temps de service de la toile. La toile établie suivant un mode de réalisation préféré de l'invention comporte des coudes plats à la fois dans les chaînes et dans les traces, ceux des trames étant obtenus par le pliage des dites trames par-dessus les surfaces plates des chaînes.
En constituant les coudes des trames au-dessus des surfaces plates des chaînes, comme le pliage est effectué autour des coins espacés constitués entre les surfaces plates supérieure et inférieure et les surfaces latérales, on obtient des coudes de trame sensiblement plats dont la surface contiguë au plan des coudes projetés des chaînes est plus grande que ce serait le cas si les coudes des trames étaient formés autour de chaînes de section circulaire.
Tout en assurant une résistance de traction beaucoup plus grande, les chaînes plates sont plus flexi- bles que les chaînes circulaires, de sorte qu'on peut les faire passer à une vitesse élevée sur des rouleaux pendant un teps beaucoup plus long que jusqu'à ce jour avant que la fatigue du métal intervienne.
On a représenté des mailles approximativement carrées, mais il est bien entendu que, en raison de la disposition serrée des trames permise par l'invention, celle des dimensions de l'ouverture qui est comprise entre les crames peut être plus petite que l'autre séparant les chaînes.
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On a représenté et décrit un mode de réalisation préféré et satisfaisant de l'invention, mais il est bien entendu que celle-ci peut recevoir d'autres modes de réalisation et un grand nombre de modifications sans s'écarter de son esprit.