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BREVET D'IMPORTATION au nom de Monsieur Léonard GUTKIND ÉTOFFES COMPLEXES
La présente invention se réfère aux étoffes comportant deux ou plusieurs couches superposées, tissées en même temps.
Dans les étoffes de ce genre, les diverses couches de tissus sont liées entre elles par des fils de chaîne ou des fils de trame de l'une ou de l'autre, par une chaîne ou une trame spéciale de liage, ou par une combinaison de ces quatre moyens, mais toujours par de simples fils.
Suivant l'invention, les diverses couches superposées tissées de l'étoffe complexe sont liées entre elles par des parties égalementtissées, c'est-à-dire'comportant chaîne et trame, et/ constituant des plans de liage.
Ces plans de liage peuvent être verticaux ou obliques vis à vis des couches qu'ils lient, parallèles entre eux, ou bien former des chevrons, des croisillons, ou présenter toutes autres dispositions. Ils peuvent être orientés longitudinalement (dans le
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sens de la chaîne) ou bien transversalement (dans le sens de la trame) ou encore, simultanément en long et en large.
Quoiqu'il en soit, les étoffes selon l'invention ont l'avantage d'être très légères comparativement à leur épaisseur.
Celle-ci est en effet augmentée du fait que les plans de liage maintiennent les couches successives de tissu à une certaine distance l'une de l'autre. Il en résulte d'autre part que l'air peut circuler dans les intervalles entre les diverses couches de l'étoffe. Dans le cas où celle-ci est utilisée pour la confection de vêtements, cette circulation d'air donne à l'usager une sensation de fraîcheur. La constitution de l'étoffe suivant l'invention évite en outre dans de grandes proportions le glissement entre fils et duites.
Les divers éléments d'une étoffe suivant l'invention peuventêtre d'une armure quelconque, y compris les armures gaze. La contexture peut être la même pour les diverses couches et les plans de liage, où chacun des éléments de l'étoffe peut avoir une contexture différente. La densité des fils peut être la même dans les plans de liage et dans les diverses couches de tissu ou bien varier pour chaque élément. On peut utiliser toute matière se prêtant au tissage, tous les éléments de l'étoffe étant constitués d'une même matière ou de matières différentes. Les fils utilisés peuvent être de même grosseur et de même torsion ou différer, soit par leur grosseur, soit par leur torsion, ou bien par l'une et l'autre.
Les étoffes suivant l'invention peuvent être tissées sur des métiers courants, avec excentrique, mécanique d'armure ou mécanique Jacquard, suivant le cas .
Le dessin annexé représente, à titre d'exemple, sous forme de schémas, quelques étoffes conformes à l'invention. Dans ces schémas, chaque trait représente un tissu, ayant sa chaîne et sa trame ,
D'après la fig.l, des plans de liage a, parallèles entre eux, relient deux couches b, c de tissu. Suivant la fig.2, les plans de liage a forment des zig-zags ou chevrons entre les cou- ches b, c.
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L'exécution de ces deux types d'étoffe nécessite l'emploi de trois chaînes: une pour la couche supérieure b, une pour la couche inférieure c, une pour les plans de liage a.
Pour l'étoffe de la fig.l, les fils de chaîne de b et de c sont répartis en une nappe régulière, tandis que les fils de la chaîne des plans de liage a n'existent qu'à l'emplacement des plans de liage. Les fils de chaîne de chaque plan de liage sontengagés dans le même passage du rôt. On utilise deux trames. Chaque trame est insérée successivement sur une couche de l'étoffe, puis sur le premier plan de liage rencontré, ensuite sur l'autre couche de l'étoffe, et ainsi de suite. De telles trames seront désignées par la suite sous le nom de "trames voyageuses". Les plans de liage comportent ainsi deux fois plus de duites .que les couches supérieure et inférieure de l'étoffe.
Pour l'étoffe suivant la fig.2, les trois chaînes forment une seule nappe régulière, et l'on utilise trois trames. Chacune des trois trames peut être réservée à l'un des éléments de l'étoffe. Le tissu formant les plans a se lie alors aux couches b et c de l'étoffe, à ses points de rencontre avec ces couches. De préférence, la trame des plans a est moins tendue que celles de b et de c. La fig. 3 montre la carte correspondant à cette fabrication, qui comporte deux zones de tissage A,B. Le tissu du dessus est formé par les fils et duites marqués par un gros trait' plein; le tissu du dessous est formé par les fils et duites marqués d'une suite de croix; le tissu des plans de liage est formé par les fils et duites marqués d'un trait fin.
Les deux gros points, figurant au niveau des références A et B, indiquent les points de rencontre des plans de liage avec le tissu du dessus et le tissu du dessous. Le tissu des plans de liage comporte deux fois plus de fils que le tissu du dessus et le tissu du dessous. Tous les éléments de l'étoffe sont traités en armure toile.
Les trames peuvent aussi entrer à tour de rôle dans la constitution des divers éléments de l'étoffe. Ainsi, la trame utilisée d'abord pour tisser la couche supérieure de.l'étoffe (fig. 4)
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coopèrera à la formation du plan de liage suivant,puis de la couche inférieure, jusqu'au prochain plan de liage, qu'elle servira à tisser et ainsi de suite. Ce sont des "trames voyageuses".
La fig. 5 est le schéma d'une étoffe du même genre, mais dans laquelle l'obliquité des plans de liage est alternativement plus grande ot plus faible.
La fig. 6 montre la carte correspondant à ce genre de fabrication. Selon cette carte, le nombre des fils de chaîne est plus grand dans les plans de liage que dans les couches superposées de tissu, afin de tenir compte de l'obliquité des plans. Il y a dans ce cas six zones de tissage, désignées respectivement par les références A, B, C, D, E, F. Tous les éléments de l'étoffe sont traitées en armure toile.
La fig. 7 indique une variante de la fig.2, suivant laquelle l'étoffe comporte une couche tissée supplémentaire d, entre b et c, Cette couche intermédiaire a sa chaîne et sa trame individuelle. Quant aux couches b et c et aux plans de liage a, ils peuvent être obtenus soit avec des trames individuelles, soit avec des trames voyageuses, comme dans lesfig. 2 et 4.
D'après la fig.8, l'étoffe comporte deux séries de plans de liage en chevrons, formant des croisillons, avec une trame individuelle pour chaque série de plans de liage en chevrons. Cette même étoffe peut également être obtenue par trames voyageuses, comme l'indique la fig . 9.
D'après la fig.10, les deux couches tissées b et c sont liées par deux séries a, a1 de plans de liage en chevrons, qui constituent chacun une moitié de la hauteur du liage et s'accrochent l'une à l'autre aux points e,
La fig. 11 montre encore une disposition dans laquelle les plans de liage forment entre eux des croisillons, mais ces croisillons sont séparés l'un de l'autre par des bandes f,à nombre de duites double, des couches supérieure et inférieure de l'étoffe.
On peut, comme indiqué par la fig.12, insérer des fils ou duites de remplissage g dans les canalisations formées à l'intérieur de
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de l'étoffe. Ces fils ou duites peuvent, soit' rester dans l'étoffe, soit en être enlevés en cours de tissage ou après avoir été tissés et avoir concouru au gonflant de l'étoffe. Ils peuvent également être détruits chimiquement par la suite.
Le principe de liage par plans peut être utilisé dans une même étoffe, en combinaison avec toutes autres contextures, pour former des dessins variés. On réalise ainsi des effets originaux, dus, tant aux différences de contexture qu'aux différences de relief.
La fig. 13 montre en plan l'exemple d'une rayure,, où le hachuré représente l'étoffe complexe et les parties blanches, un tissu de contexture courante. La fig. 14 montre, également en plan, l'exemple d'une fleur, où le hachuré représente 1-'étoffe complexe,- ------- et les parties blanches,- un tissu de contexture couran'te.
En outre, au lieu de deux ou trois couches superposées, l'étoffe pourrait en comporter un plus grand nombre.
Bien entendu, l'invention n'est nullement limitée à ce qui est décrit et représenté, simplement à titre d'exemple, mais peut donner lieu à toutes variantes basées sur les mêmes principes.
REVENDICATIONS
1) Etoffes complexes, caractérisées en ce que les diverses couches tissées qu'elles comportent sont liées entre elles par des parties, également tissées, constituant des plans de liage.
2) Procédé pour l'obtention d'étoffes suivant 1), caractérisé en ce qu'on utilise une trame individuelle pour chaque élément.
3) Procédé pour l'obtention d'étoffes suivant 1, caractérisé par des trames "voyageuses", coopérant à tour de rôle, à la formation des divers éléments.
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