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Procédé pour la fabrication de fils comportant des brins continus et discontinus
On oonnait déjà divers procédés pour la fabrication de fils . artificiels comportant à la fois des brins continus et des brins dis- continus. Un des procédés les plus couramment employés semble être celui qui consiste à partir de fils multibrins et à en amener certains de manière continue au contact d'organes mécaniques convenables, de façon à provoquer la rupture de ces brins. Cette manière de faire a l'inconvénient de nécessiter un réglage délicat dans les positions relatives des fils et' des organes frottants.
Si, en effet-, , l'action est trop peu sensible, elle entraîne un nombre de ruptures trop fai- ble, c'est-à-dire donne des fils insuffisamment "poilus"; au contraire si l'action est trop énergique, elle altère profondément les carac- téristiques dynmometriques des fils résultants. Un autre procédé également connu@consiste à soumettre à un certain étirage,, pendant ou après la filature, un faisceau de filaments', à l'état ramolli, de fa- çon à rompre la continuité de un ou plusieurs filaments, mais'non du faisceau tout entier.
Un tel procédé présente l'inconvénient que, les filaments, ayant sensiblement le même pouvoir d'étirage, lorsque der- tains se rompent, les autres sont tout près de la rupture et l'on ob- ti,ent des fils irréguliers et ne possédant plus aucun allongement 'sensible.
La présente invention a pour but, notamment, de permettre d'obtenir des fils du genre en question dénués des inconvénients venant d'être signalés.
Elle consiste à assembler deux sortes au moins de fils con- tinus dont les uns possèdent un pouvoir' d'étirage nettement différent de''celui des autres, et à étirer l'ensemble de manière telle que les brins des fils présentànt le plus faible pouvoir d'étirage se rompent, tandis que les seconds gardent leur continuité. On obtient ainsi des fils qui possèdent encore d'excellentes propriétés dynamométriques, notamment de résistance et d'allongement.
Les brins des deux sortes de fils constituantspeuvent être
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de même nature ou de natures différentes. Ils peuvent aussi être d'o- rigine naturelle, notamment en soie, ou bien d'origine artificielle ou synthétique, par exemple à base de caséine, de cellulose régénérée ou de dérivés cellulosiques (esters ou éthers) ou mieux, à base de polycondensats (polyamides en particulier), de polyéthénoïdes (chlorn- @re de polyvinyle normal ou surchloré, acétate de polyvinyle, copolymè re, chlorure/acétate de polyvinyle, acétal de polyvinyle, polydi- chloréthylène as., etc..)
On doit signaler toutefois un mode de réali- sation de l'invention particulièrement avantageux qui consiste à uti- liser des fils susceptibles d'acquérir au cours de l'étirage une struo- ture cristalline orientée.
Le mode d'assemblage préalable des deux sortes de fils cons- tituants dépend de divers facteurs, notamment de la nature, du titre et de la torsion primaire d'assemblage de ces fils, de la finesse de brins, du numéro métrique à obtenir, du degré d'étirage final. De toute façon, tout technicien sera facilement à même, tenant compte de toutes les conditions intervenant, de choisir le mode d'assemblage optimum.
Aucune règle, a priori, ne peut non plus être fixée quant à la nature et l'importance de l'étirage final à réaliser. On conçoit sans peine qu'il dépend avant tout de la nature des fils constituante.
Il sera avantageusement réalisé à température ordinaire pour des fila- ments s'étirant à froid, et à température plus élevée pour des fila- monte dont les propriétés les plus intéressantes interviennent pour un étirage effectué à chaud. retirage final peut être réalisé à sec, c'sst à dire en l'absence de tout véhicule ou agent modificateur; il peut au contrai- re être réalisé au sein ou en présence d'un liquide, d'un gaz ou d'une vapeur convenable, par exemple d'une substance à action gonflante, protectrice, etc... L'étirage final peut être accompagné d'opérations mécaniques appropriées, en particulier d'opérations de torsion et de bobinage.
Si les deux fils sont de natures différentes, ils présentent en général des pouvoirs d'étirage différents; il suffira donc de les assembler sans traitement préalable et de les étirer pour faire se rompre les brins les moins étirables; cela se présente par exemple avec des fils mixtes à base, d'une part, de soie, decellulose régéné- rée ou d'acétate de cellulose et, d'autre part, de fils polyamidiques non étirés; cela intervient aussi avec des fils mixtes polyamides/ chlorure de polyvinyle, tous deux non étirés, les filaments en chlo- rure de polyvinyle dans les conditions convenables étant susceptibles de s'étirer davantage que les filaments polyamidiques.
Mais il y a lien de noter que, mime dans le cas où. lton étire des fils de natures différentes à pouvoir d'étirage non identique, rien n'empêche de fai- re subir à ces fils un préétirage convenable.
Dans le cas, par contre, où l'on a affaire à des fils de même nature présentant à l'origine même pouvoir d'étirage, un moyen commode de disposer de deux fils ayant, après assemblage, des pouvoirs d'étirage différents, consiste à préétirer certains de ces fils ; on peut aussi préétirer les deux fils à assembler, mais les uns à un
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degré différent de celui: des autres. De toutes façons, lors de l'étirage final, les fils préétirés le plus fortement se rompront, tandis que les autres'conserveront leur continuité.
',bans certains cas, deux fils de même nature peuvent pré- senter des pouvoirs d'étirage différents; cela intervient en par- ticulier quand ces deux fils ont des titres au brin différents dans ce cas, les brins les plus'gros, en général, s'étirent, sans rupture, davantage que les brins plus fins et il n'est alors pas besoin de préétirage.
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les opérations à+étirage final et d tétirage préalable éventuel ayant pour but essentiel damener certains fils à se rompre
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et les autres à rester continus,, ces opérations peuvent atre aecom- pagnées, comme mentionné oi"dessus, de tout traitement auxiliaire approprié, et être décomposées en deux ou plusieurs phases, par exem- ple en une succession détirages effectués , mêmetempératnie ou à des températures différentes, etc...
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Tour réaliser ces opérations cl'étirage, on peut avoir re- cours à. tout appareillage du genre de celui utilisé pour l'étirage des filaments artificiels ou synthétiques étirables.
En particulier, on peut utiliser des couples de cylindres tangents, entre lesquels circulent des fils, les cylindres !$aval possédant une vitesse cir-
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conférantlelle supérieure à celle des cylindres damont; la distan- ce entre les points de contact de deux couples à9e cylindres oonsécu- tifs, ou distance dtdtirage, joue un rsle important; c'est elle no- tamment qui conditionne l'homogénéité et la régularité du fil traité; cette distance dépend de nombreux facteurs, mais tout technicien sera facilement à même de la choisir convenablement;
De toutes façons, on obtient des fils possédant des brins à la fois continus et discontinus et qui sont caractérisés par leur aspect bien régulier, leur grande souplesse, leur pouvoir thermique élevé, etc .. -
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les exemples ei-aprés, donnés à titre d'inàiaàtion, illus- trent certains modes de réalisation de l'invention.
EXEMPLE 1
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On étire, à température ordinaire, de 300 % (etest-à-dire à 4 fois leur longueur initiale) des filaments non étirés et non pré- tordus en polyhexaméthylèneadipamide, de 155 deniers/88 brins. Le titre, après étirage, est d'environ 40 deniers.
On assemble ce fil, à 650 tours à gauche, avec trois autres fils de même nature et de même titre non étirés et non prétordus, et obtient ainsi un assemblé de 112 brins que l'on étire de 300 %
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(c'est-à-dire à 4 fois sa longueur initiale) entre des galets déli- vreurs et des galets étireurs, la distance dtétirage étant d'au plus 4 cm. Les 88 brins du fil préétiré se rompent et on obtient un assem- blé poilu très homogène, de titre 122 daniars et dont les caractéris-
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tique sdypamométriques sont: résistance à la rupture: 3,65 gr/den.
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allongement à la rupture: 9 %.
EXEMPLE 2
On étire, à température de 96-97', de 50 % (c'est-à-dire à
1,5 fois sa longueur initiale), un fil non étiré et non prétordu er chlorure de polyvinyle non surchloré, de 600 deniers 36 brins, le titre après étirage étant alors de 400 deniers environ.
On assemble ce fil, sans torsion, avec un fil de même na- ture et de même titre, non étiré et non prétordu et obtient un as- semblé de 1000 deniers environ.
On étire ce dernier, à température de 96-97 C. de 400 % (c'està-dire à 5 fois sa longueur initiale), sur un dispositif ana. logue à celui utilisé dans 1'exemple précédent.
Les brins du fil préétiré se rompent et on dispose d'un assemblé de 200 deniers, d'aspect poilu et de propriétés techni- ques intéressantes.
EXEMPLE 3
On étire, à température ordinaire, de 150 % (c'est-à-dire à 2.5 fois sa longueur initiale), un fil non étiré et non prétordu en Polyhexaméthylèneadipamide, de 1500 den., 280 filaments. Le titre après étirage est d'environ 600 den.
Ce fil est assemblé avec un fil d'acétate de cellulose de Nm 75/38 filaments, également non prétordu. On obtient ainsi un assemblé que l'on étire de 100 % (c'est-à-dire 2 fois la longueur initiale), sur un dispositif analogue à celui utilisé dams l'exem- ple 1.
Les 32 filaments en acétate de cellulose se rompent et on obtient un assemblé poilu titrant environ 360 den., de qualité par- ticulièrement intéressante.
EXEMPLE 4
On assemble, par une torsion de 60 tours au mètre, un fil d'acétate de cellulose à structure cristalline orientée,obtenu se- lon l'exemple 8 du brevet français 689. 481 du 5 février 1930, ayant un Nm de 90 et composé de 300 filaments, et un fil normal d'acéta- te de cellulose de Nm 45/36 filaments.
Cet assemblé est soumis à un étirage de 90 % à la tempéra- ture de 250 C. selon le procédé décrit dans le brevet français 681.429 du 6 septembre 1929.
On obtient ainsi un fil poilu tout acétate qui permet la préparation d'articles tricotés dont l'apparence et le toucher sont extrêmement remarquables..11,