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"TISSUS A POILS 1- "
La présente invention est relative à la fabrication de tissus à poils ou velours.
Conformément à la présente invention, on a trouvé que l'on peut obtenir un nouvel effet en soumettant des tissus à poils dont le poil comporte des filaments plats fait d'un dérivé de/la cellulose à l'action de plissement ou de crêpage d'un agent aqueux bouillant. Lorsqu'il est traité de cette façon, le poil d'un tel tissu. est comprimé et, si l'on appli-
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que le traitement pondant que le tissu n'est sensiblement soumis à aucune tension, le poil peut prendre un aspect gra- nulé qui ressemble à celui des poils d'animaux, par exemple de la laine d'agneau. les filaments dont est fait le poil des tissus à traiter selon l'invention peuvent être obtenus par n'importe quel procédé donnant des filaments en forme d'os ou d'une autre section transversale relativement plate.
Par exemple, on peut faire des filaments appropries à base d'acétate de cellulose, à partir de solutions de filage dans lesquelles la proportion d'acétate de cellulose est relativement faible.
Ainsi, on peut filer une solution d'environ 21 à 22 % d'acé- tate de cellulose dans de l'acétone, dans les conditions ordinaires de filage à évaporation. A titre de variante, on peut filer des solutions, dans l'acétone, d'acétate de cellu- lose, plus concentrées, contenant une certaine proportion de paradichlorebenzène ou d'un autre plastifiant. On peut encore faire des filaments de section transversale plate en filant par refoulement, dans un milieu évaporant, des so- lutions, dans l'acétone, d'acétate de cellulose dont la con- centration en acétone est maintenue anormalement élevée au voisinage des orifices de filage.
On a indiqué ci-dessus l'acétate de cellulose comme étant la matière de base des filaments, mais il est bien entendu que l'invention est applicable à des tissus dont le poil est fait de fibres à base de tout autre dérivé de la cellulose sujet à se plisser ou crêper sous l'action de mi- lieux aqueux chauds, par exemple à des tissus dont le poil est fait de fibres d'acéto-butyrate ou d'acéto-propionate de cellulose .
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La longueur du poil peut'varier dans une grande mesure suivant l'application pour ,laquelle, le tissu est fait.
Par exemple, pour faire du velours utilisable dans des texti- les de faibles poids, là longueur du poil peut être de l'or- dre de 3 à 6,5 mm, tandis que, pour'des tapis, la longueur du. p,oil peut aller jusqu'à 2,5 cm ou jusqu'à 3,8 ou 4,5 cm ou même plus. On constate que le traitement selon l'invention peut réduire d'environ moitié la hauteur du poil.
Le support du tissu peut être 'en coton 'ou autre ma- tière textile naturelle ou en une matière textile synthéti- que, par exemple une matière à base de cellulose régénérée, faite, par'exemple, par le procédé à la viscose ou cupro- ammoniacal ou par saponification d'une matière à base d'ester de cellulose. Le support peut encore comporter une autre ma- tière enfeuille, par exemple une pellicule cellulosique fle- xible. Le support doit être tel qu'il ne soit pas affecté de façon nuisible par l'action de l'eau bouillante.
Pour ob- tenir des produits à l'épreuve de l'eau et des gaz, on peut imprégner le support d'une matière 'appropriée, par exemple de latex de caoutchouc, de préférence après avoir traité le 'tissu selon le procédé de la présente invention,
On peut faire des tissus à longs poils, destinés à être traités selon l'invention, enfixant, par couture, des faisceaux de fibres en mèches au tissu de support, grâce à quoi on peut éviter l'effet volumineux que l'on obtient lorsque des faisceaux des fibres en mèches sont noués-sur un support. Lorsque l'on désire des tissus à poil plus court, on peut les fabriquer par un ou plusieurs des procédés habi- tuels de fabrication de tissus à ppil , par exemple par tissa- ge et coupage ultérieur.
Le constituant poil de ces tissus peut être fait à l'aide de fils faits de filaments continus,
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de fils mis en mèches obtenue, par exemple, en soumettant à une action d'abrasion des,fils faits de filaments continus ou de fils faits de fibres en mèches de longueur appropriée.
Quel que soit le type de fil que l'on utilise pour faire les poils, la torsion doit être aussi faible que cela est compa- tible avec un traitement satisfaisant.
Le traitement du tissu à ppil peut se faire en le plongeant dans le bain du milieu aqueux bouillant pendant un temps suffisant pour donner le degré désiré de crêpage, de préférence pendant au moins deux heures et, de façon avantageuse, pendant quatre heures ou plus, en parti- culier lorsque l'on n'a pas effectué de traitement prélimi- naire servant à accélérer l'action de plissement. On peut obtenir un degré de plissement plus élevé, au cours d'une période de traitement correspondante, en faisant passer le liquide bouillant de l'arrière à l'avant à travers le tissu et, en conséquence, ce procédé doit être préféré dans le cas où le support le permet.
Toutes autres'choses étant égales, lorsqu'on traite, selon l'invention, un tissu dont le poil est à base d'ester de cellulose, on peut souvent obtenir un degré de plissement analogue, dans un temps d'é- bullition plus court, si, avant de traiter le tissu par le bain en ébullition, on le foularde avec une solution de soude caustique à environ 0,25%, la liqueur étant exprimée jusqu'à avoir une augmentation d'environ 75% du poids du tissu. Ce traitement par la soude caustique semble donner une légère saponification superficielle aux fibres des poils, et elle est particulièrement efficace lorsque le bain en ébullition contient des sels de Glauber ou un autre électrolyte.
Ce traitement préalable par la soude caustique donne un produit un peu délustré, mais on a constaté qu'en traitant le tissu
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par de l'acide chlorhydrique dilué, par exemple à raison 1,5 à 2 gr par litre, avant l'ébullition, on rétablit sensi- blement le' lustre primitif sans nuire à l'effet de plissement.
Lorsque les tissus à poil sont traités par de l'eau bouillante seule pendant deux heures ou plus, le plissement simple de la fibre en mèche s'accompagne d'un faible degré de délustrage. On peut obtenir un bon lustre mat par une ébullition dans une liqueur ayant un pH d'environ 11. Si l'on désire délustrer complètement les matières, on peut incorporer à l'agent de traitement une certaine proportion de savon; par exemple 2,5 à 5 gr par litre, ou un autre agent de mouillage, tandis-que si l'on désire s'opposer à la tendance au délustrage, on peut ajouter à l'eau, en petite proportion, des sels ou des sucres ; exemple, on peut utiliser'une solution contenant 20 gr de sels de Glauber par litre.
En modifiant de manière appropriée la composition de/.'1'agent de traitement aqueux de la façon indiquée, il est possible d'obtenir une gamme de degrés de lustrage ou de délustrage convenant pour différentes applications.
Comme on l'a dit plus haut, si l'on effectue le traitement par le milieu aqueux bouillant en l'absence de tension, la face poil du tissu prend un aspect granulé ou guilloché, en particulier si le traitement se fait en quatre heures,environ ou plus. Le degré d'effet granulé dépend de la longueur des poils; il est, en général, moins sensible avec des poils plus courts. Des poils,ayant environ 19 à 25 mm de longueur avant le traitement donnent des produits ,ayant l'aspect de la laine d'agneau sur la peau.
La granula- tion résiste à l'écrasement ou autre déformation et reste dans la matière après un lavage, ou d'autres traitements
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auxquels elle peut être ',Il service normal, Si on le désire, on peut plier ou chiffonner le tissu ou- bien on peut gaufrer sa face poil, avant le traitement par l'eau bouillante, pour préparer le poil en'vue de le plisser suivant un dessin particulier.
On peut traiter localement des tissus selon l'in- vention pour obtenir des effets de fantaisiePar exemple, à -l'aide de caches ou patrons appropriés, on peut empêcher l'eau bouillante d'agir sur des surfaces déterminées du tissu et les produits présenteront alors des zones où le poil est plissé, avec ou sans modification du lustre, alternant avec des zones où le poil n'est pas plissé et ayant le lustre de la matière primitive.
Après traitement par l'agent aqueux selon l'inven- tion, on peut soumettre les tissus à d'autres traitements modifiant leur aspect ou d'autres caractéristiques suivant qu'on le désire. Ainsi, on peut les traiter par un réactif propre à modifier la composition chimique des- matières dont sont faits les poils et/ou le support. Par exemple, un tissu comportant des fils à base de cellulose ou d'un dérivé de la cellulose contenant des groupes hydroxyles libres, par exemple de l'acétate de cellulose soluble dans l'acétone, peut être soumis à l'action d'un agent adipliant. On peut encore imprégner un tel tissu d'une solution aqueuse diluée d'un agent éthérifiant, par exemple du composé pyridinium du chlorure octadécyl-oxy-méthylique, puis le sécher et le cuire à environ 120 C.
Au moyen d'un traitement tel que celui que l'on vient d'indiquer en dernier lieu, le toucher légèrement rapeux ou "crissant" des tissus à longs poils dont le poil contient des fibres d'acétate de cellulose soluble dans l'a-
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cétone, et qui ont été traités selon l'invention, peut être amélioré et ces tissus ,peuvent acquérir un aspect jaunâtre, un lustre moindre et.un toucher un peu graisseux, comme cela est en général le cas d'une peau de mouton non traitée.
Les tissus.fabriqués selon l'invention conviennent pour un certain nombre d'applications, par exemple comme doublures, tissus de fantaisie, tapis, carpettes, et pour remplacer la laine d'agneau, par exemple comme garnitures de navettes et nettoyeurs de cylindres. Leur aptitude aux différentes applications est conditionnée par le denier du filament du poil ainsi que par sa-longueur. Par exemple, un poil fait d'un'filament de denier supérieur à 10 aura un tou- cher un peu rugueux, mais il sera très résistant à l'écrase- ment et conviendra pour des doublures, par exemple pour des doublures de vêtements.lourds destinés à être portés dans des climats froids.
Avec des poils dont le denier des ,fila- ments varie de 3 à 7, les tissus conviennent comme tissus d'habillement et comme tissus pour vêtements..en général, tandis que les deniers les plus fins, par exemple 1 ou 2, donnent des surfaces très souples et des tissus pouvant ser- vir à garnir des masques à oxygène. ou autres, qui doivent s'adapter exactement sur la figure. On peut faire usage des tissus à poils traités selon la présente invention.pour la , calorifuge.age, 'en particulier en. superposant deux tissus ou plus.
Les deux exemples ci-¯dessous donnent des modes par- ticuliers d'application de la présente invention : Exemple 1-- On a fabriqué un tissu à poil ayant une chaine de fond en fil de coton N 2/100 (54 bouts par cm), une chaîne de ppil en fil du denier 170, fait de 26.filaments d'acétate de cellulose de section transversale plate, avec une torsion de 0,2 tour par centimètre (27 bouts par cm) et
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une trame de fond en coton ? 60.(36 duites par cm), la longueur des poils étant de 9,5 mm. On a fait bouillir le tissu pendant quatre heures dans un bain aqueux contenant 2,5 gr de savon par litre, on l'a fait ensuite sécher et on l'a battu à l'aide d'un ventilateur.
Le fini du poil du tissu obtenu était doux et son aspect légèrement granuleux, le poil résistant fortement à l'écrasement.
Exemple 2 - On a fabriqué un t i.ssu à poil avec une chaîne de fond de fil de coton ? 2/60 (54 bouts par cm), une chaîne de poils de fils du denier 172 de 26, filaments -d'acétate de cellulose, de section transversale plate, ayant une torsion de 0,2 tour par cm (27 bouts pour 25 mm) et une trame de base de coton ? 27 (31 duites par cm), la lon- gueur des poils étant de 22,2 mm. On a foulardé ce tissu avec une ,solution aqueuse de 2,5 gr desoude caustique par litre, en réglant l'expression de façon à avoir une augmentation de poids de 75 %, et on l'a séché puis fait bouillir pendant deux heures dans un bain aqueux contenant 20 gr par libre de sels de Glauber.
On l'a ensuite séché, foulardé avec une liqueur
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contenant 40 gr de chlorure d'octadécyl-oxy-méthyl pyrieJiniuQ1 par litre et 8 gr d'acétate de sodium par litre, l'expression étant réglée de façon à avoir une augmentation de poids de 80%. On a séché le tissu à l'état tendu à 80 C et on l'a pas- sé à l'étuve pendant deux minutes à 140 C. Après lavage et reséchage, on a battu finalement le tissu à l'aide d'un ventilateur. On a alors constaté qu'il avait l'aspect de la laine d'agneau sur la peau et qu'on pouvait, par exemple, l'utiliser pour la fabrication des gants et le substituer à la laine d'agneau pour garnir des navettes.
Dans la fabri- cation de gants à partir d'un tissu de ce genre, on peut placer aos à dos deux morceaux de tissu de façon que l'ex- térieur et l'intérieur du. gant présentent une surface à poils.