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Procédé et dispositifs de réalisation de constructions creuses précontraintes radialement applicables en parti- culier aux travaux souterrains.
On sait par les travaux antérieurs du demandeur qu'une précontrainte radiale centripète exercée sur un corps creux est susceptible d'assurer son étanchéité aux fluides sous pression, tant vers l'intérieur que vers l'extérieur.
Un exemple bien connu de ce genre de réalisa- tion est fourni par les tuyaux ou les réservoirs en béton dans lesquels la précontrainte est obtenue au moyen
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d'armatures périphériques mises en tension.
La présente invention a pour objet un procédé et des dispositifs permettant la réalisation de constructions creuses précontraintes radialement sans utilisation d'ar- matures mises en tension. Elle s'applique en particulier aux travaux souterrains pour lesquels elle permet la réa- lisation sur place de galeries, de tuyaux de canalisation et plus généralement de cavités souterraines étanches.
Le procédé selon l'invention consiste à injecter sous pression, entre la surface extérieure d'un coffrage perdu, délimitant la cavité à créer et une surface enve- loppante, un liquide susceptible de durcir en conservant la pression sous laquelle il a été injecté.
Parmi les liquides susceptibles d'être utilisés dans ce procédé, on donnera la préférence à une émulsion ou solution colloïdale de béton contenant en suspension un agrégat de fine granulométrie, solutions ou émulsions dont on sait qu'elles sont stables, c'est-à-dire capables de subir, les manipulations usuelles des liquides sans ségrégation.
De telles solutions ou émulsions sont connues.
Elles ont déjà été proposées à cause de leur fluidité et de leur pouvoir mouillant pour combler par injection les vides des constructions.
Le demandeur a constaté que de tels produits, quoique d'une certaine viscosité, possèdent toutes les propriétés d'un liquide, et en particulier sont capables de transmettre uniformément des pressions puis, en durcis- sant, de conserver la pression qui leur a été impartie.
On sait, toutefois, que dans les solutions col- loïdales de ce genre.- l'eau est largement en excès, si bien que la résistance finale d'un béton obtenu en utilisant ces solutions comme mortier est assez faible.
Afin de permettre l'évacuation d'une partie de l'eau de l'émulsion, l'une des surfaces entre lesquelles
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l'injection est réalisée constitue avantageusement un filtre colmatable laissant passer l'eau, tout en rete- nant les produits solides de l'émulsion. Un tel filtre peut être constitué simplement par les joints du coffrage perdu délimitant la cavité intérieure.
Dans le cas des travaux souterrains, la surface extérieure enveloppante est, en principe, la surface du forage pratiqué dans le terrain pour l'établissement de la construction. La pression d'injection permet donc à la fois de précontraindre simultanément et en sens opposés l'ouvra- ge à réaliser et le terrain.
On peut ainsi rétablir le terrain dans son état de compression primitif antérieur au forage d'établissement.
Par le durcissement du liquide injecté, cet état de compres- sion sera stabilisé et rendu définitif.
On pourra même réaliser une pression supérieure à la pression antérieure au forage et pousser cette pression jusqu'à une valeur égale au produit de la densité des ter- rains par leur épaisseur au-dessus de l'ouvrage. Toutefois, on devra s'attendre, en ce cas, à une relaxation due à la déformation lente des terrains soumis à une pression non encore supportée.
Il pourra arriver que l'on ne puisse réaliser par appui sur le sol une pression suffisante pour demeurer, après relaxation, supérieure à la pression intérieure en service prévue pour l'ouvrage souterrain, une canalisation forcée par exemple*
Le procédé demeure applicable à condition d'exé- cuter autour du coffrage perdu délimitant l'intérieur de l'ouvrage, une construction intermédiaire entre la surface extérieure du coffrage perdu et le terrain, construction susceptible de résister de préférence élastiquement à une pression intérieure.
Dans ce cas, le procédé s'applique de préférence
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en deux stades successifs. Tout d'abord on met en pression l'intervalle compris entre la surface extérieure du coffrage perdu et la construction intermédiaire, puis l'intervalle compris entre cette construction intermédiaire et le terrain.
On peut aussi réaliser la construction intermédiaire en parement du terrain et se contenter d'injecter l'intervalle compris entre cette construction et la surface extérieure du coffrage.
Dans tous les cas, afin de rester maître de l'essorage du produit injecté, on garnira avantageusement le terrain d'un revêtement étanche, de manière à éviter que le terrain lui-même n'agisse comme filtre pour l'eau de la solution* 3n variante, on peut, avant de procéder à l'injection de la solution, saturer le terrain enveloppant d'eau, par exemple par une injection préalable d'eau seu- lement.
Pour obtenir un remplissage complet des inter- valles puis la mise en pression du liquide injecté avant que celui-ci n'ait fait prise, il convient que l'opération d'injection soit menée rapidement. A cette fin, on utili- sera avantageusement pour opérer l'injection, une chasse d'air obtenue avec un accumulateur susceptible d'un assez gros débit instantané, plutôt que les moyens usuels de pompage.
Les joints entre éléments du coffrage destinés à servir de filtre pour l'excédent d'eau de l'émulsion peu- vent être orientés de telle sorte que la pression du liquide injecté agissant sur deux éléments séparés par un joint tende à fermer ledit joint; dans le cas d'une construction souterraine cylindrique, c'est le cas'des joints orientés longitudinalement. Or, quel que soit le soin apporté à l'a- justement des bords en contact des éléments, la largeur de ce joint ne peut être rigoureusement constante.. En consé- quence, les contraintes locales sur les éléments sont fortes
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là où les éléments sont étroitement en contact et s'an- nulent là où un léger intervalle sépare les éléments.
De plus, la pression du liquide injecté peut subir une forte perte de charge aux endroits où le joint est ouvert, ce qui vient encore accroître la différence de contrainte entre deux sections voisines transversales des éléments.
En conséquence, les joints sont de préférence organisés entre éléments dont les bords ne sont pas appli- qués l'un contre l'autre par la pression du liquide in- jecté; dans le cas particulier d'une construction cylin- drique, ceci revient à disposer ces joints dans des plans perpendiculaires aux génératrices du cylindre.
Il y a. intérêt à éviter un essorage trop ra- pide de l'émulsion injectée afin de permettre à celle-ci de remplir la totalité des vides et accroître le délai pendant lequel la pression est suffisamment active pour assurer la mise en charge du terrain dont les déplacements sont lents.
Dans le cas de joints ne tendant pas à se fer- mer sous la pression du liquide, on y parviendra en ré- duisant le nombre des joints et en prévoyant une obtura- tion au moins partielle de ceux-ci. Cette obturation peut être obtenue au moyen de couvre-joints appliqués de l'in- térieur sur les parois du coffrage.
Dans-une forme de réalisation avantageuse de coffrage intérieur pour construction cylindrique, ce cof- frage est formé par tronçons successifs au moyen de sec- teurs en nombre réduit, assemblés par des joints longitu- dinaux pratiquement étanches. Outre la réduction du nom- bre des joints, on obtient ainsi un coffrage pouvant être mis en place sans soutènement et de plus, ce coffrage est isostatique, c'est-à-dire que les réactions entre secteurs au droit des joints peuvent facilement être évaluées.
On peut prévoir dans l'intervalle entré le cof-
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frage et la cavité enveloppante, un remplissage en matériaux pierreux présentant l'avantage de caler ce coffrage avant l'injection. Néanmoins, la mise en place du remplissage nécessite un intervalle suffisamment large (deux à trois fois la plus grande dimension des matériaux). Comme ces matériaux n'occupent finalement qu'une assez faible portion du volume de l'intervalle, on a intérêt à ce que celui-ci soit le plus petit possi- ble et à l'injecter en totalité avec le liquide durcis- sable.
Il devient alors difficile de caler le cof- frage en prenant appui sur les parois de la cavité, si bien que ce coffrage subissant la poussée d'Archimède du liquide qui l'enveloppe tend à se déplacer de bas en haut:
Pour éviter cet inconvénient, le coffrage in- térieur est maintenu par serrage contre un appui résis- tant avantageusement constitué en cas de construction à l'avancement par la partie de celle-ci déjà en place.
A la précontrainte radiale obtenue par la pression du liquide, on associe ainsi une précontrainte longitudi- nale du coffrage qui contribue à son étanchéité.
La description qui va suivre en regard du dessin annexé donné à titre d'exemple non limitatif, fera bien comprendre comment l'invention peut être réa- lisée, les particularités qui ressortent tant du dessin que du texte faisant, bien entendu, partie de ladite invention.
La fig.l montre en coupe transversale un premier exemple de galerie ou canalisation de section circulaire.
La fig. 2 est la coupe agrandie suivant II-II de cette figure 1.
Les fig. 3 et 4 montrent deux variantes de réalisation de joints entre deux éléments de coffrage.
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La fig. 5 montre en coupe transversale analo- gue à la fig. 1 le cas d'une canalisation ou d'une ga- lerie circulaire édifiée dans un terrain de résistance insuffisante.
La fig. 6 est la coupe suivant VI-VI de la fig.5.
La fig. 7 est une coupe transversale d'une va- riante de galerie ou de canalisation de section circu- lai re.
La fig. 8 est une coupe par VIII-VIII de la fig. 7.
La fig. 9 montre en coupe transversale analogue à la fig.7, le cas d'une canalisation ou d'une galerie circulaire édifiée dans un terrain de résistance insuf- fisante.
La fig. 10 est une coupe par X-X de la fig. 9.
La fig. 11 est une coupe longitudinale d'une autre variante de galerie dont le revêtement est réalisé au moyen de secteurs.
La fig. 12 montre en coupe transversale agrandie un joint longitudinal.
La fig. 13 représente schématiquement un dis- positif de moulage pour l'obtention des secteurs d'un revêtement.
La fig. 14 est une coupe par l'axe d'une galerie.
La fig. 15 est une coupe suivant XV-XV de la fig.
14.
Comme le montre la fig. 1 on creuse au préalable dans le sol une galerie dont le contour 1 enveloppe d'aus- si près que possible le coffrage décrit dans la suite, de la construction à réaliser.
Sur le fond de ce forage, est établi un radier 2 de béton par exemple, sur lequel viennent prendre place les cintres 3 entretoisés à leur base par des pièces transversales 4. Ces cintres, dont la distance est fonc- tion de la longueur des éléments 5 de coffrage utilisés,
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peuvent affecter en section la forme d'un U comme il est montré sur la fige 2.
Dans l'exemple montré sur cette figure, les éléments 5 sont des planches de béton d'une certaine lon- gueur dont les extrémités s'appuient chacune sur un cintre.
Les planches, telles que 5a situées au-dessous du diamètre horizontal des cintres, sont accrochées à ceux-ci par un moyen quelconque par exemple à l'aide de ressorts 6 dont une extrémité est en prise avec un oeillet 7 formé par une boucle de fil noyée dans la planche, tan- dis que l'autre est fixée à une traverse 8 reposant sur les extrémités des ailes du cintre* Ces ressorts peuvent également être accrochés directement aux ailes du fer U.
Les planches sont raccordées entre elles tant dans le sens longitudinal que bout à bout par des joints tels que ceux montrés sur les fig. 3 et 4. Ces joints comportent une partie 9 suivant laquelle les éléments 5 sont pratiquement en contact, et une partie 10 dans la- quelle l'intervalle entre deux éléments 5 est relative- ment grande Cet intervalle, rempli pendant l'injection, canalise l'eau devant être évacuée par le joint ; de plus le mélange qui le garnit s'y appauvrit en eau, ce qui assure le colmatage du joint et, après prise, une liaison spécialement résistante entre les éléments 5.
Dans l'exemple de la fig. 4 qui représente plus particulièrement un joint de coffrage formé par des voussoirs susceptibles d'une certaine stabilité propre, la partie 9 suivant laquelle deux éléments 5 sont en contact est obtenue par une rectification à la meule des faces en contact de ces éléments et les angles extérieurs des éléments 5 sont abattus pour fournir la partie élargie 10.
Les différents éléments juxtaposés le long d'un cintre sont serrés les uns contre les autres par des joints de bourrage 11 réalisés entre le radier 2
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et l'élément 5a le plus voisin de ce radier.
Afin de diminuer le volume du liquide à in- jecter entre le contour 1 et la surface extérieure du coffrage, on peut remplir l'intervalle 12 entre ces deux surfaces par des matériaux pierreux.
Les extrémités de cet intervalle sont obturées soit par appui sur la partie de galerie déjà construite, soit par un artifice quelconque dont la fig.2 montre un exemple de réalisation.
Vers la tête de la galerie, on a édifié entre le sol et l'extrémité du coffrage une murette 14 circulai- re présentant un redan 14a, dans lequel peut être logée une chambre annulaire 15 en matière extensible suscepti- ble d'être gonflée par un fluide. Au préalable, la partie 10 des joints des éléments 5 voisine de ces extrémités a été bouchée en mortier, sensiblement sur la surface indiquée par les pointillés 10a (fig.2).
La clôture du volume occupé par la chambre 15 est achevée par un cercle aplati 16 qui est appuyé au terrain ou accroché à la murette 14 ou encore au coffrage formé par les éléments 5.
Il est facile de voir qu'en mettant en pression la chambre à air 15, on clôt rigoureusement l'espace an- nulaire 12, à l'exception des joints prévus dans le cof- frage. On injecte alors le liquide sous pression par un certain nombre d'orifices 17, de préférence filetés, pré- vus dans les planches 5. En principe, le liquide d'injec- tion est un simple mélange de ciment, de sable et d'eau* Dans les conditions ordinaires, ce mélange donne des pressions irrégulières car l'eau tend à se séparer, mais on sait que si l'on brasse très énergiquement un mélange d'eau, de sable et de ciment, par exemple au moyen d'un agitateur à palettes à grande vitesse, ce mélange acquiert une consistance visqueuse et une stabilité suffisante pour pouvoir être injecté régulièrement.
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Un tel mélange injecté dans l'intervalle entre le sol et le coffrage y remplit tous les vides et peut être soumis à une pression aussi élevée qu'on- le désire.
Sous l'effet de la pression, une partie de l'eau s'échappe par les joints du coffrage, si bien que la teneur en eau du béton ainsi obtenue diminue, que sa prise est plus rapide et que sa résistance finale est accrue. Ceci est vrai en particulier dans la région 10 des joints du coffrage.
Par l'effet de cette pression, le coffrage est soumis à une compression tangentielle directement propor- tionnelle à ladite pression et au icayon de courbure, qui se répartit sur l'épaisseur du joint. La connaissance de ces éléments permet donc de déterminer le taux de travail des éléments du coffrage et de leurs joints.
Dans le cas d'ouvrage à courbure variable sur la périphérie, l'épaisseur des éléments et celle des joints doit, pour une pression donnée, être adaptée à ce rayon de courbure.
Il convient de remarquer que, lors de la mise en pression, les cintres 3 travaillent peu, car les planches résistent par l'aro-boutement de leurs joints.
On constate, toutefois, des déformations dues aux prises de contact des surfaces non ajustées des joints' déformations entraînant la fissuration des planches de béton entre appuis sur les cintres: On peut éviter cette fissuration en établissant avant l'injection, dans les intervalles entre les cintres 3, des faux cintres 18 calés de préférence un peu plus fortement que les cintres 3.
Cette précaution peut suffire à empêcher l'apparition de fissures à la face interne. Les fissures 19 susceptibles d'apparaître à la face externe sont partielles, invisibles et tendent à se fermer par l'injection même,
On peut supprimer tous les cintres de pose et
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de renforcement pendant l'injection en utilisant un cof- frage formé de voussoirs en forme de briques d'assez courte longueur dont les faces au contact sont rectifiées de ma- nière à s'appliquer aussi parfaitement que possible l'une contre l'autre. On pourra, dans ce cas, favoriser l'assise des briques les unes par rapport aux autres pendant l'ap- plication de la pression en graissant légèrement les fa- ces en contact, par exemple au moyen d'une mince couche de mortier interposée.
Si le terrain est très perméable, on pourra le revêtir d'un parement étanche présentant, de préférence, une certaine souplesse. Ce revêtement pourra, par exemple, être obtenu avec des produits bitumineux.On peut aussi, préalablement à l'injection, saturer la paroi du terrain d'eau, de manière que l'essorage du mortier injecté se produise uniquement par la face intérieure du coffrage.
Dans le cas de terrain présentant une ré- sistance insuffisante, on procédera avantageusement comme le montrent les fig. 5 et 6.
Dans le radier 2 sont noyées des armatures 20 enveloppant le contour extérieur du coffrage perdu. Sur ces armatures sont appliquées des planches de béton 21 dont les joints 22, analogues à ceux qui séparent les éléments 5, sont orientés en sens inverse. Les planches 21 sont maintenues par des cintres légers 23 ou par accrochage direct aux armatures 20.
De son côté, le terrain est revêtu d'une cou- che de garnissage 24 assurant son étanchéité. On délimite ainsi deux intervalles parallèles, l'un 25 compris entre la surface extérieure du coffrage perdu et la surface intérieure des planches 21, l'autre 26 compris entre la surface extérieure de ces dernières planches et le terrain.
Par les orifices 17, on injecte d'abord le mortier liquide dans l'intervalle 25, puis, par les canaux
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27 traversant simultanément les planches 5 et 21, on remplit l'intervalle 26 et on le met en pression, ce qui met en charge le terrain.
Par le réglage des pressions dans les inter- valles 25 et 26 et le choix des aciers 20, on peut régler les pressions exercées à la face interne de la galerie sur le terrain.
Comme dans le cas de la fig. 2 l'étanchéité des intervalles où sont pratiquées les injections, au moins en direction de la tête de forage, peut être obtenue par des moyens faisant intervenir des chambres annulaires ex- tensibles, susceptibles d'être gonflées par un fluide et emprisonnées dans des logements à parois résistante@,
Ainsi, sur la fig.6, l'étanchéité de l'extré- mité de l'intervalle 25 est obtenue au moyen d'une chambre gonflable 28 placée dans la partie rentrante d'un fer à U 29 appliqué à la manière d'un cintre contre les planches 21, par l'intermédiaire d'un joint élastique 30. L'étan- chéité de l'extrémité de l'intervalle 26 peut être obtenue par des moyens analogues.
Dans les dispositions montrées par les figl et 5, le radier 2 n'est pas,directement soumis à la pres- sion du liquide injecté* Il peut, par suite; se produire des décollements entre les bords de ce radier et le cof- frage.
Pour éviter cet inconvénient, il y a intérêt à réaliser un coffrage perdu entièrement séparé de la cavité enveloppante, par exemple de la manière montrée sur les fig. 7 et 9.
Le coffrage perdu de la partie supérieure de la galerie montrée sur la fig. 7 est -analogue à celui qui est montré sur les fig. 1 et 2.
A leur partie inférieure, au lieu de reposer sur un radier, les cintres prennent appui sur deux cours
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de pièces de béton ou longrines 31 s'appuyant directe- ment sur le terrain à la partie inférieure de la cavité 1 ; ces longrines peuvent être constituées soit d'éléments de béton fabriqués à l'avance, soit être confectionnées sur plac e.
Elles sont pourvues de larges évidements 32 permettant le libre passage du liquide injecté. De préfé- rence, comme il est représenté sur le dessin, ces évide- ments forment de petites arches successives pour le passa- ge du liquide, autrement dit les longrines 31 reposent sur le sol par l'intermédiaire d'appuis discontinus.
La partie inférieure du coffrage est constituée par des planches 5b dont un des bords s'appuie (éventuelle- ment par l'intermédiaire d'un joint) sur les longrines 31 et qui sont soutenues par les entretoises incurvées 4 qui complètent les cintres 3 et, éventuellement aussi, les cintres 18.
Les planches 5a et 5b peuvent être accrochées aux cintres ou calées par des matériaux de remplissage pierreux disposés dans l'intervalle 12.
Grâce à la disposition qui vient d'être dé- crite; on conçoit facilement que le liquide injecté par les orifices 17 s'introduise dans tout l'intervalle an- nulaire compris entre le coffrage perdu et le contour du terrain, comprimant ainsi également tant le terrain lui-même que ce coffrage. Grâce aux évidements 32 les longrines sont elles-mêmes soumises à une partie de la pression, ce qui peut provoquer leur décollement du sol, si bien que finalement la pression du liquide injecté vient agir entre le sol et ces longrines qui se comportent alors comme .le reste du coffrage perdu:
On réalise ainsi une galerie de construction parfaitement homogène.
Cette disposition est également applicable
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aux galeries établies en mauvais terrain, c'est-à-dire aux terrains incapables de supporter sans relaxations importantes la pression du liquide injecté.
Dans l'ensemble montré sur la fig. 9, la struc- ture auxiliaire est comme sur la fig. 5 constituée par des planches 21 soutenues vers l'intérieur par des cintres légers 23 et maintenues vers l'extérieur par des armatu- res de fer rond 20 destinées à supporter l'effort de pression du liquide injecté dans l'intervalle annulaire compris entre les planches5et 21.
Dans ce cas également, on utilise deux cours de longrines 33 appuyées sur le sol, longrines comportant d'une part, à leur partie inférieure, des évidements 34 dans lesquels passent librement les armatures 20 et, d'au- tre part, des canaux 35 permettant le libre passage du liquide dans l'intervalle annulaire 25 compris entre les deux coure de planches 5 et 21.
La partie inférieure de la construction comprend les planches 5b assurant la continuité du coffrage formé par les planches 5 et les planches 21a qui prolongent le coffrage extérieur formé par les planches 21.
Dans une première étape, au moyen des orifices
17, on injecte l'intervalle annulaire 25 qui, dans ce cas, intéresse la totalité de la périphérie de la construction, puis l'intervalle annulaire 26 qui, grâce aux passages 34, intéresse également la totalité de la périphérie.
Au moment de la première injection,' la tension des armatures 20 (formées par exemple par un fil enroulé en hélice) s'égalise dans toutes les spires grâce au libre passage de ces armatures dans les évidements 34.
Dans les exemples représentés sur les fig. 7 et
9, on a montré l'utilisation de deux cours de longrines disposées symétriquement par rapport au plan vertical de la construction; ce qui présente l'avantage; au cours du
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travail, de permettre l'utilisation d'une voie de ser- vice fermement appuyée sur le sol pour l'évacuation des déblais et l'amenée des matériaux*
On pourrait cependant concevoir l'utilisation d'un nombre différent de longrines, de répartition arbi- traire et même la limite d'une seule longrine dans le plan vertical axial, mais pour les raisons indiquées plus haut il reste cependant avantageux d'assurer à cette lon- grine un appui discontinu sur le sol.
Dans ce cas, cette longrine pourrait être traitée comme un radier étroit dans lequel seraietménagés , par exemple au moyen d'élé- ments en forme de demi-tubes, de larges passages de communication.
Les coffrages montrés sur les figures de 1 à
10 présentent de nombreux joints longitudinaux entraînant un essorage assez rapide du béton, de plus il est diffi- cile, pour les raisons exposées au préambule, d'éviter les fissurations de ce co ffrage.
On peut remédier à ces inconvénients de la manière montrée sur la fig. 11.
Le coffrage perdu de la galerie montrée sur la fig. 11 est obtenu au moyen d'anneaux d'assez courte longueur dont chacun est composé, dans l'exemple repré- senté, de trois secteurs 61 de préférence égaux et assem- blés entre eux par des joints 37 le long de leurs bords en contact.
La mise en place de ce revêtement et sa tenue en position montée ne nécessitent pas de cintres. Une longrine de réglage 44 en béton armé est coulée sur toute la longueur de la galerie ou de la canalisation à exécutera
Les deux secteurs inférieurs sont assemblés au droit de cette longrine,maintenus au moyen de matériaux pierreux ou de cales 63 et, sur ces secteurs vient s'assembler le secteur supérieure
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Les joints longitudinaux 37 entre deux secteurs consécutifs doivent être aussi réguliers que possible, ne permettre qu'une filtration négligeable et, de pré- férence, fonctionner comme articulation.
Dans ce triple but, on pourra leur donner la dis- position représentée sur la figure 12. Au lieu d'avoir un profil rectiligne suivant un rayon qui serait la dis- position la plus simple, on donne aux joints un profil en ligne brisée. Au voisinage des surfaces interne et exter- ne des secteurs, sont prévues deux parties radiales 38a et 38b, tandis que la partie médiane du joint est formée pour l'un des éléments par une nervure 39a sensiblement trapézoïdale et, pour l'autre, par une rainure 39b de forme correspondante.
Les secteurs sont en contact en 40 par le fond de la rainure et le sommet de la nervure; ce qui assure l'étanchéité désirée et une légère possibilité de rota- tion relative entre secteurs voisins tandis qu'un jeu est ménagé en 38a et 38b afin d'éviter l'épaufrement des bords internes ou externes des secteurs en cas de rotation relative.
Les secteurs, une fois assemblés en anneaux, sont soumis par des calages, au besoin mis en place à l'aide de vérins,à une pression radiale qui, provoquant une légère précontrainte préalable desdits anneaux, assure la stabilité de ceux-ci et une meilleure étanchéité des joints avant l'injection.
Chacun des anneaux est susceptible de légères déformations indépendantes et le flambage des secteurs qui le constituentpeut être empêché par le calage contre le terrain* Il y a intérêt à donner à ces anneaux une épaisseur aussi faible que possible, en améliorant corré- lativement la qualité du béton; de façon à accroître leur élasticité et à diminuer la perte de précontrainte due
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au retrait ultérieur du liquide injecté durci. A cette fin également, on provoquera le plus grand retrait pos- sible des secteurs avant leur mise en place par passage de ceux-ci dans une étuve sèche.
Dans les conditions qui viennent d'être indi- quées, la filtration de l'émulsion colloïdale injectée dans l'intervalle entre le coffrage et le terrain sera obtenue par les joints ménagés entre anneaux consécu- tifs.
Le nombre de ces joints transversaux dépend de la longueur des anneaux qui est déterminée en outre par des considérations de facilité de manipulation des secteurs qui les constituent*
Etant donné que la pression radiale de l'é- mulsion injectée ne tend pas à refermer ces joints trans- versaux et que d'autre part; ceux-ci sont susceptibles d'avoir une largeur variable à cause des inévitables imperfections de fabrication, il est nécessaire de pré- voir une obturation partielle de ces joints qui limite la vitesse de filtration.
Dans l'exemple représenté, cette obturation est obtenue au moyen de couvre-joints annulaires formés chacun d'un certain nombre de secteurs 65 qui sont appli- qués contre la paroi interne du coffrage circulaire au moyen de vérins 64, tendant à augmenter la circonférence de ces couvre-joints. four favoriser cette application, le glissement des secteurs 65 contre la paroi peut être facilité de toute manière appropriée, par exemple par une lubrification des surfaces en contact. La stabilité des couvre-joints annulaires peut être obtenue en reliant les secteurs 65 de plusieurs couvre-joints consécutifs à l'aide d'entretoises longitudinales légères 36 qui ont en outre l'avantage d'assurer un espacement régulier de ces couvre-joints.
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Afin de réduire le volume injecté, on peut diminuer autant que faire se peut, l'intervalle compris entre la surface extérieure du coffrage perdu et la paroi de la cavité enveloppante. Dans ces conditions, il est difficile d'assurer le calage des anneaux consécutifs contre la paroi de la cavité, si bien que la poussée d'Archimède qui agit sur le coffrage au moment de l'injection, tend à soulever celui-ci. On peut remédier à cet inconvénient de la manière montrée sur les fig.
14 et 15.
On supposera la galerie montrée en coupe sur la fig. 14 édifiée et terminée vers la droite jusqurà l'anneau indiqué par 47. On met alors en place un certain nombre d'anneaux consécutifs 47a, 47b...... correspondant à une longueur L de galerie. Au delà du dernier anneau; 47c, on établit contre la paroi de la cavité 18, un an- neau de maçonnerie 49 dont la paroi intérieure de forme légèrement tronconique est de plus grand diamètre que le diamètre extérieur des anneaux 47.
Sur cet anneau de maçonnerie vient s'appliquer une structure annulaire 50 présentant une face plane 50a orientée vers la tranche extrême du dernier anneau 47c grâce à un dispositif extenseur 51 d'un modèle quelconque, on peut faire va- rier la longueur de la périphérie de la structure 50,' de manière que cette structure s'applique avec une cer- taine pression contre l'anneau 49 et qu'elle puisse être dégagée de la surface d'appui tronconique de ce dernier.
Enfin, entre la face 50a et la tranche extrême de l'anneau 47c est placé un tube souple annulaire 52 que l'on peut gonfler au moyen d'un fluide sous pression par un raccord 53.
Cet ensemble étant en place; la mise en pression du tube annulaire 52 prenant appui sur la structure 50 exerce un effort longitudinal sur les anneaux 47a, 47b, 47c et ferme aux deux extrémités l'intervalle annulaire
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compris entre ces anneaux et la cavité 18. On peut alors injecter cet intervalle par des orifices tels que 54.
Outre la précontrainte radiale centripète ob- tenue par l'injection, on obtient ainsi une précontrainte longitudinale de la construction qui est conservée après dégonflage et enlèvement du tube annulaire 22 par l'adhé- rence du produit injecté; après sa prise, contre la sur- face externe desdits anneaux.
Après démontage de la structure annulaire 50, la construction se poursuit de la manière indiquée, les anneaux 49 se trouvant au fur et à mesure de l'avance- ment, noyés dans le produit injectée Comme dans le cas de la fig.ll, on peut prévoir éventuellement, une obtura- tion partielle et réglable des joints entre anneaux succes- sifs.
Le moulage des secteurs constitutifs de chauun des anneaux peut être obtenu en une seule opération de la manière illustrée par la figure 13.
Le coffrage des surfaces interne et externe est constitué par un mandrin 45 et une coquille 46, tous deux cylindriques et démontables* Sntre ce mandrin et cette co- quille on fixe, aux emplacements prévus pour les joints,' à l'aide d'un dispositif quelconque 41, une cloison mince 42 en tôle par exemple ayant la forme générale du joint.
Vers les extrémités de cette tôle sont disposées des suré- paisseurs 43 destinées à fournir les parties élargies 38a et 38b du joint. Entre le mandrin et la coquille, on coule le béton destiné à fournir les secteurs et; après prise, démoulage et séchage à l'étuve, ceux-ci sont prêts à être utilisés de la manière indiquée précédemment.
Il va de soi, que des modifications peuvent être apportées aux procédé et dispositifs qui viennent d'être décrits, notamment par substitution de moyens techniques équivalents, sans sortir pour cela du cadre de 1' invention. r