Procédé pour l'exécution d'une construction souterraine creuse, précontrainte radialement, et construction souterraine creuse obtenue par ce procédé. La présente invention comprend un pro cédé pour l'exécution d'une construction sou terraine creuse, précontrainte radialement, consistant par exemple en une galerie, Lui conduit de canalisation ou, plus générale ment, en une cavité souterraine étanche. La présente invention comprend, en outre, une construction souterraine creuse obtenue par ce procédé.
Le procédé que comprend l'invention est caractérisé en ce qu'il consiste à injecter sous pression, entre la surface extérieure d'un coffrage délimitant la cavité intérieure de la construction à créer et une excavation du sol enveloppant ce coffrage, un mélange liquide susceptible de durcir en conservant la pression sous laquelle il a été injecté.
De préférence, le coffrage est un coffrage perdu qui reste en place et fait. partie de la construction terminée.
Le mélange liquide injecté est, de préfé rence, à l'état d'émulsion colloïdale, compre nant en suspension un agrégat de fine granu lométrie.
La pression d'injection permet, à. la fois, de précontraindre simultanément et en sens opposés la construction à réaliser et le terrain environnant. l'excavation.
On peut. ainsi rétablir le terrain autour de l'excavation dans son état de compression pri mitif antérieur à l'établissement de l'excava tion. Par le durcissement du liquide injecté, cet état de compression est stabilisé et rendu définitif.
On pourra même réaliser, dans le terrain autour de l'excavation, une pression supé rieure à la pression antérieure à la création de l'excavation et pousser cette pression jus qu'à une valeur égale au produit de la den sité du terrain par son volume au-dessus de la construction, par exemple. Toutefois, on devra s'attendre, en ce cas, à une relaxation due à la déformation lente du terrain soumis à une pression non encore supportée.
Lorsque le terrain situé autour de l'exca vation ne peut supporter la pression d'injec tion, on peut prévoir, entre ledit coffrage et le terrain, un coffrage perdu intermédiaire.
Des exemples d'application du procédé que comprend l'invention ainsi que des formes d'exécution particulières de la construction que comporte l'invention sont décrits, à titre d'exemple, en regard du dessin annexé, dans lequel La fig. 1 montre en coupe transversale une première forme d'exécution de la construction que comprend l'invention, consistant en un conduit de canalisation de section circulaire.
La fig. 2 est une coupe agrandie faite sui vant II-II de cette fig. 1.
Les fig. 3 et 4 montrent deux variantes d'exécution de joints entre deux éléments de coffrage de la construction de la fig. 1. La fie. 5 montre en coupe transversale une variante de la forme d'exécution de la lie. <B>1,</B> convenant à un terrain de faible résistance.
La fie. 6 est une coupe faite suivant VI-VI de la fie. 5.
La fie. 7 est une coupe transversale d'une autre variante de la. forme d'exécution de la fie. 1.
La fie. 8 est une coupe faite par VIII-VIII de la fie. 7.
La fie. 9 montre en coupe transversale une autre variante de la forme d'exécution de la fie. 1, convenant à. un terrain de résistance insuffisante.
La fie. 10 est une coupe faite par X-X de la fie. 9.
La fie. 11 est une coupe transversale d'une seconde forme d'exécution de la construction que comprend l'invention, consistant en un conduit de canalisation dont le coffrage perdu est réalisé au moyen de secteurs.
La fie. 12 montre en coupe transversale agrandie un joint longitudinal d'une partie du conduit de la fie. 11.
La fie. 13 représente schématiquement un dispositif de moulage pour l'obtention des secteurs du coffrage perdu du conduit de la fie. 11.
La fie. 14 est une coupe longitudinale par tielle d'une variante d'exécution du conduit de la fie. 11.
La fie. 15 est une coupe faite suivant XV-XV de la fie. 14.
Comme le montre chacune des différentes figures, on creuse au préalable dans le sol une excavation, dans les cas donnés à titre d'exemple une galerie 1 dont le contour enve loppe au moins un coffrage perdu correspon dant placé dans cette excavation.
Dans la forme d'exécution de la fie. 1, sur le fond de la galerie 1, est établi un radier 2 de béton par exemple, sur lequel viennent prendre place des cintres de pose 3 entre- toisés à leur base par des pièces transversales ou entretoises 4. Ces cintres, dont la distance est fonction de la longueur des éléments 5, respectivement 5a, de coffrage -utilisés pour faire le coffrage, peuvent affecter en section transversale la forme d'un<B>U,</B> comme il est montré sur la fie. 2.
Dans l'exemple montré sur cette figure, les éléments 5, respectivement 5a, sont des planches de béton d'une certaine longueur dont les extrémités s'appuient chacune sur un cintre de pose 3.
Les planches, telles que 5a, situées au- dessous du diamètre horizontal des cintres 3, sont accrochées à ceux-ci par un moyen quel conque, par exemple à l'aide de ressorts 6 dont. une extrémité de chacun est en prise, avec un oeillet 7 formé par une boucle de fil noyée dans la planche correspondante, tandis que l'autre extrémité de chacun est. fixée à une traverse 8 reposant. sur les extrémités des ailes du cintre correspondant. Ces ressorts peuvent également être accrochés directement aux ailes des fers<B>U</B> des cintres 3.
Les planches sont raccordées entre elles tant dans le sens longitudinal que transversal par des joints tels que celui montré sur la fie. 3. Ces joints comportent des parties 9 suivant lesquelles les éléments 5, respective ment 5a, sont pratiquement en contact, et une partie 10 formant un intervalle relativement grand entre deux éléments de coffrage adja cents. Cet intervalle, rempli pendant l'injec tion, canalise l'eau devant être évacuée par le joint; de plus, le mélange qui le garnit s'y appauvrit en eau, ce qui assure le colmatage du joint et, après prise, une liaison spéciale ment résistante entre les éléments de coffrage adjacents.
Dans la variante de la fie. 4, les parties 9 suivant lesquelles deux éléments 5, respec tivement 5a., sont en contact, sont obtenues par une rectification à la. meule des faces en contact de ces éléments, et les angles exté rieurs des éléments de coffrage sont. abattus pour fournir la partie élargie 10.
Les différents éléments de coffrage juxta posés le long d'in cintre sont serrés les uns contre les autres par des pièces de bourrage 11 disposées entre le radier 2 et. les éléments 5a les plus voisins de ce radiez.
Afin de diminuer le volume du mélange liquide à injecter sous pression entre le con- tour de la galerie 1 et la surface extérieure du coffrage délimitant la cavité intérieure du conduit, on peut remplir l'espace annulaire 12 entre ces deux surfaces par des matériaux pierreux.
Les extrémités de cet espace annulaire sont obturées soit par appui sur la partie de galerie déjà construite, soit par un artifice quelconque dont. la fig. 2 montre un exemple de réalisation.
Vers la tête de la galerie, on édifie entre le sol de l'excavation et l'extrémité des élé ments de coffrage une murette 14 circulaire présentant un redan 14a, dans lequel peut être logée une chambre annulaire 15 en ma tière extensible susceptible d'être gonflée par un fluide. Au préalable, les parties élargies 10 des joints des éléments de coffrage voisins de cette extrémité ont été bouchées par du mor tier, sensiblement sur chaque surface indiquée par les pointillés 10a (fig. 2).
La clôture du volume occupé par la chambre 15 est achevée par un cercle aplati <B>16</B> qui est appuyé au terrain ou accroché à la murette 14 ou encore aux éléments de coffrage 5, respectivement 5a.
Il est facile de voir qu'en mettant en pres sion la chambre à air 15, on clôt rigoureuse ment l'espace annulaire 12, à l'exception des joints prévus dans le coffrage. On injecte alors le mélange liquide sous pression par un certain nombre d'orifices 17, de préférence filetés, prévus dans les planches 5, respective ment 5a. Le mélange liquide d'injection peut consister en un simple mélange de ciment, de sable et d'eau ou de ciment et d'eau.
Mais, dans les conditions ordinaires, ce mélange donne des pressions irrégulières, car l'eau tend à se séparer, mais on sait que si fdn brasse très énergiquement ce mélange d'eau et de ciment, par exemple, au moyen d'un agita teur à palettes à grande vitesse, le mélange acquiert une consistance visqueuse et une stabilité suffisante pour pouvoir être injecté régulièrement. Ce mélange liquide est sus ceptible de durcir en conservant la pression sous laquelle il a été injecté.
Un tel mélange liquide injecté dans l'es pace entre le sol et le coffrage y remplit tous les vides et peut être soumis à une pres sion aussi élevée qu'on le désire.
Sous l'effet de la pression, une partie de l'eau s'échappe par les joints du coffrage, si bien que la teneur en eau du mélange di minue, que sa prise est plus rapide et que sa résistance finale est. accrue. Ceci est vrai en particulier dans les parties 10 des joints du coffrage.
Par l'effet de cette pression, le coffrage est soumis à une compression tangentielle di rectement proportionnelle à ladite pression et au rayon de courbure, qui se répartit sur l'épaisseur des joints. La connaissance de ces éléments permet donc de déterminer le taux de travail des éléments du coffrage et de leurs joints.
Dans le cas d'un conduit de canalisation à courbure variable sur la périphérie, l'épais seur des éléments de coffrage et celle des joints doit, pour une pression donnée, être adaptée à ce rayon de courbure.
Il .convient de remarquer que, lors de la mise en pression, les cintres 3 travaillent peu, car les planches 5, 5a résistent par l'arc- boutement de leurs joints.
On constate, toutefois, des déformations dues aux prises de contact des surfaces non ajustées des joints, déformations entraînant la fissuration des planches de béton entre appuis sur les cintres 3. On peut éviter cette fissuration en établissant avant. l'injection, dans les intervalles entre les cintres 3, des cintres de renforcement 18 calés de préfé rence un peu plus fortement que les cintres 3. Cette précaution peut suffire à empêcher l'ap parition de fissures à la surface intérieure du coffrage.
Les fissures 19 susceptibles d'appa raître à la surface extérieure du coffrage sont partielles, invisibles et tendent à se fer mer par l'injection même.
On peut supprimer tous les cintres de pose 3 et de renforcement 18 pendant l'in jection en utilisant des éléments ide coffrage formés par des voussoirs (fig. 4) .d'assez courte longueur dont les faces en contact sont rectifiées de manière à s'appliquer aussi parfaitement que possible l'une contre l'autre. On pourra., dans ce cas, favoriser l'as sise des éléments de coffrage les uns par rap port aux autres, pendant l'application de la pression, en graissant légèrement les faces en contact, par exemple au moyen d'une mince couche de mortier interposée.
Si la galerie 1 est prévue dans un terrain très perméable, on pourra la revêtir d'un parement. étanche présentant, de préférence, une certaine souplesse. Ce revêtement pourra, par exemple, être obtenu avec -des produits bitumineux. On peut aussi, préalablement à l'injection, saturer d'eau le terrain voisin de la galerie 1, de manière que l'essorage du mé lange liquide injecté se produise uniquement par la face intérieure du coffrage.
Dans le cas de terrain présentant une résistance insuffisante pour supporter la pression du mélange liquide injecté, on pro cédera avantageusement comme le montre la variante d'exécution des fig. 5 et 6. Dans ce cas, il est prévu un radier 2 dans lequel sont noyées des armatures 20 enveloppant le con tour extérieur d'iui second coffrage perdu. Sur ces armatures sont appliquées des planches de béton 21 dont les joints 22 sont analogues à .ceux qui séparent les éléments 5, respectivement 5a, mais sont orientés en sens inverse.
Les planches 21 de ce eoffrage perdu sont maintenues par des cintres légers 23 ou par accrochage direct aux armatures 20.
De son côté, le terrain est revêtu d'une couche de garnissage 24 assurant son étan chéité. On délimite ainsi deux espaces annu laires parallèles, l'un 25 compris entre la surface extérieure du .coffrage perdu inté rieur et la surface intérieure des planches 21 du second coffrage perdu, l'autre 26 compris entre la surface extérieure de ces dernières planches et le terrain.
Par les orifices 17, on injecte d'abord le mélange liquide sous pression dans l'espace 25 puis, par les canaux 27 traversant simultané ment les planches 5 et 21, on remplit l'espace 26 et on le met en pression, ce qui met en charge le terrain. Par le réglage des pressions dans les espaces 25 et 26 et le choix de l'acier des armatures 20, on peut régler la pression exer cée à la surface intérieure de la. galerie sur le terrain.
Comme montré dans la. fig. 2, l'étanchéité des espaces annulaires où sont pratiquées les injections, au moins en direction de la. tête de forage, peut être obtenue par des moyens fai sant intervenir des chambres annulaires .exten sibles, susceptibles d'être gonflées par Lin fluide et emprisonnées dans des logements à parois résistantes.
Ainsi, sur la. fig. 6, l'étanchéité de l'extré mité de l'espace 25 est obtenue au moyen d'une chambre annulaire gonflable 28 placée dans la. partie rentrante d'un fer à llr 29 ap pliqué à la manière d'un cintre contre les planches 21, par l'intermédiaire d'un joint. élastique 30. L'étanchéité de l'extrémité de L'espace 26 peut. être obtenue par des moyens analogues.
Dans la forme et la variante d'exécution montrées respectivement par les fig. 1 et 5, le radier 2 n'est pas directement soumis à la pression du mélange liquide injecté. Il peut, par suite, se produire des décollements entre les bords de ce radier et les coffrages.
Pour éviter cet inconvénient, il y a. intérêt à réaliser des coffrages perdus entièrement séparés de la cavité enveloppante, c'est-à-dire de la galerie 1, par exemple de la manière montrée aux variantes des fig. 7 et 9.
Le coffrage perdu de la partie supérieure du conduit montré sur la fig. 7 est analogae à celui qui est montré sur les fig. 1 et 2. Mais, dans cette variante, à leur partie inférieure, au lieu de reposer sur tin radier 2, les cintres de pose 3 prennent appui sur deux lignées de pièces de béton ou longrines 31 s'appuyant directement sur le sol de la galerie 1; ces lon- grines peuvent être constituées soit d'éléments de béton fabriqués à l'avance, soit être con fectionnées sur place.
Elles sont pourvues de larges évidements ou ouvertures latérales 32 permettant le libre passage du mélange liquide injecté. De pré férence, comme il est, représenté à la fig. 8 du dessin, ces évidements forment de petites arches successives pour le passage du mé lange liquide, autrement dit les longrines 31 reposent sur le sol par l'intermédiaire d'ap puis discontinus. Dans cette variante, la partie inférieure du coffrage est constituée par des planches 5b, dont un des bords s'ap puie (éventuellement par l'intermédiaire d'un joint)
sur les longrines 31, et qui sont soute nues par des entretoises incurvées 4a qui com plètent les cintres 3 et, éventuellement aussi, les cintres 18.
Les planches 5a et 5b peuvent être accro chées aux cintres ou calées par des matériaux de remplissage pierreux disposés dans l'es pace 12.
Grâce à la disposition qui vient d'être dé crite, on conçoit facilement que le mélange liquide injecté par les orifices 17 s'introduit dans tout l'espace annulaire compris entre le coffrage perdu et le contour de la galerie 1, comprimant ainsi également tant le terrain lui-même que ce coffrage. Grâce aux évide ments 32, les longrines sont elles-mêmes sou- mises à une partie de la pression, ce qui peut provoquer leur décollement du sol, si bien que, finalement, la pression du mélange liquide injecté vient agir entre le sol et ces longrines qui se comportent alors comme le reste du coffrage perdu.
On réalise ainsi un conduit de canalisa tion parfaitement homogène.
Cette variante d'exécution est également applicable aux galeries établies en mauvais terrain, c'est-à-dire aux terrains incapables de supporter sans relaxations importantes la pression du mélange liquide injecté.
Dans la variante d'exécution montrée sur la fig. 9, le second coffrage perdu est, comme sur la fig. 5, constitué par des planches 21 soutenues vers l'intérieur par des cintres lé gers 23 et maintenues vers l'extérieur par des armatures de fer rond. 20 destinées à suppor ter l'effort de pression du mélange liquide in jecté dans l'espace annulaire compris entre les planches 5 et 21.
Dans ce cas également, on utilise deux lignées de longrines 33 appuyées sur le sol, longrines comportant, d'une part, à leur partie inférieure, des évidements ou ouvertures 34 dans lesquels passent librement les armatures 20 et, d'autre part, des canaux 35 permettant le libre passage du mélange liquide dans l'espace annulaire 25 compris entre les planches 5 et 21.
La partie inférieure du coffrage perdu intérieur comprend les planches 5b assurant la continuité de ce coffrage formé aussi par les planches 5 et 5a. La partie inférieure du second coffrage perdu comprend des planches 21a qui assurent la continuité avec les plan ches 21.
Dans une première étape, au moyen des orifices 17, on injecte sous pression le mé lange liquide dans l'espace annulaire 25 qui, dans ce cas, intéresse la totalité de la péri phérie du conduit puis, grâce aux canaux 27, dans l'espace annulaire 26 qui, grâce aux pas sages 34, intéresse également la totalité de la périphérie du conduit.
Au moment de la première injection, la tension des armatures 20 (formées par exem ple par un fil enroulé en hélice) s'égalise dans toutes les spires grâce au libre passage de ces armatures dans les évidements 34.
Dans la variante d'exécution représentée aux fig. 7 et 9, on a montré l'utilisation de deux lignées de longrines disposées symé triquement par rapport au plan vertical du conduit, ce qui présente l'avantage, an cours du travail, de permettre l'utilisation d'une voie de service fermement appuyée sur le sol pour l'évacuation des déblais et l'amenée des matériaux.
On pourrait cependant concevoir l'utilisa tion d'un nombre différent de longrines, de répartition arbitraire et même prévoir une seule longrine dans le plan vertical axial, en assurant, pour les raisons indiquées plus haut., à cette longrine un appui discontinu sur le sol. Dans ce cas, cette longrine pour rait être traitée comme un radier étroit dans lequel seraient ménagés, par exemple au moyen d'éléments en forme de demi-tubes, de larges passages de communication.
Les coffrages perdus montrés sur les fig.1 à 10 présentent de nombreux joints longitu dinaux entraînant un essorage assez rapide du mélange liquide; de plus, il est difficile, pour les raisons déjà exposées, d'éviter les fissura tions de ces coffrages.
On peut remédier à ces inconvénients au moyen du coffrage perdu que comprend le conduit montré sur la fig. 11.
Le coffrage perdu du conduit montré sur la fig. 11 est obtenu au moyen d'anneaux d'assez courte longueur dont chacun est com posé, dans l'exemple représenté, de trois sec teurs 61 de préférence égaux et assemblés entre eux par des joints longitudinaux 37 le long de leurs bords en contact.
La mise en place de ce coffrage et sa tenue en position montée ne nécessitent pas de cintres. -Une longrine de réglage 44 en béton armé est coulée sur toute la longueur du conduit de la canalisation à exécuter. Les deux secteurs inférieurs sont assemblés au droit de .cette longrine, maintenus au moyen de matériaux pierreux ou de ,cales 63 et sur ces secteurs vient s'assembler le secteur supé rieur.
Les joints longitudinaux 37 entre deux sec teurs consécutifs -doivent être aussi réguliers que possible, ne permettre qu'une filtration négligeable et, de préférence, fonctionner comme articulation.
Dans ce triple but, on pourra leur donner la disposition représentée sur la fig. 12. Au lieu d'avoir un profil rectiligne suivant un rayon qui serait la disposition la plus simple, on donne aux joints 37 un profil en ligne bri sée. Les bords longitudinaux des secteurs 61 présentent deux parties radiales 38a et 38b, tandis que la partie médiane -de .chaque joint est formée, pour l'un des bords, par une ner vure 39a sensiblement trapézoïdale et, pour le bord coopérant, par une rainure 39b de forme correspondante.
Les secteurs sont en contact en 40 par le fond de la rainure et le sommet de la nervure, ce qui assure l'étanchéité désirée et une légère possibilité de rotation relative entre secteurs voisins, tandis qu'un jeu est ménagé entre les parties 38a et 38b afin d'éviter l'épaufrement des bords longitudinaux des secteurs en cas de rotation relative.
Les secteurs, une fois assemblés en an neaux, sont soumis par des calages, au besoin mis en place à l'aide de vérins, à une pres sion radiale qui, provoquant une légère pré contrainte préalable desdits anneaux, assure la stabilité de ceux-ci et une meilleure étan chéité des joints avant l'injection.
Chacun des anneaux est susceptible de légères déformations indépendantes et le flambage des secteurs qui le constituent peut être empêché par le calage contre le terrain. Il y a intérêt à donner à ces anneaux une épaisseur aussi faible que possible, en amélio rant corrélativement la. qualité du béton, de faon à accroître leur élasticité et à dimi nuer la perte de précontrainte due au retrait ultérieur du mélange liquide injecté durci. A cette fin également, on provoquera le plus grand retrait possible des secteurs avant leur mise en place par passage de ceux-ci dans une étuve sèche.
Dans les conditions qui viennent d'être indiquées, la filtration du mélange liquide à l'état d'émulsion colloïdale injecté dans l'es pace annulaire entre le coffrage et la galerie 1 sera obtenue par les joints transversaux mé nagés entre anneaux consécutifs.
Le nombre de ces joints transversaux dé pend de la longueur des anneaux qui est dé terminée, en outre, par des considérations de facilité de manipulation des secteurs qui les constituent.
Etant donné que la pression radiale du mélange liquide injecté ne tend pas à refer mer ces joints transversaux et que, d'autre part, ceux-ci sont susceptibles d'avoir une lar geur variable à cause des inévitables imper fections de fabrication, il est nécessaire de prévoir une obturation partielle de ces joints qui limite la vitesse de filtration.
Dans l'exemple représenté, cette obtura tion est obtenue au moyen de couvre-joint, annulaires formés chacun d'un certain nom bre de secteurs 65 qui sont appliqués contre la paroi intérieure du coffrage att moyen de vérins 64, tendant à augmenter la circonfé rence de .ces couvre-joints. Pour favoriser cette application, le glissement des secteurs 65 contre la paroi peut être facilité de toute manière appropriée, par exemple par une lubrification des surfaces en contact.
La sta bilité des couvre-joints annulaires peut être cbtenue en reliant les secteurs 65 de plu sieurs couvre-joints consécutifs à l'aide d'entretoises longitudinales légères 36 qui ont, en outre, l'avantage d'assurer un espace ment régulier de ces couvre-joints. Afin de réduire le volume du mélange li quide injecté, on peut diminuer autant que faire se peut l'espace annulaire compris entre la surface extérieure du coffrage perdu et la paroi de la cavité enveloppante.
Dans ces con ditions, il est difficile d'assurer le calage des anneaux consécutifs contre la paroi de la ca vité, si bien que la poussée d Archimède, qui agit sur le coffrage au moment de l'injection, tend à soulever celui-ci. On peut remédier à cet inconvénient en utilisant la variante d'exé cution montrée sur les fig. 14 et 15.
Dans cette variante, on supposera le con duit montré en coupe sur la fig. 14 édifié et terminé vers la droite jusqu'à l'anneau indi qué par 47. On met alors en place un certain nombre d'anneaux consécutifs 47a, 47b<B>...</B> correspondant à. une longueur L du conduit. Au-delà du dernier anneau 47c, on établit, contre la paroi de la galerie 1, un anneau de maçonnerie 49 .dont la paroi intérieure de forme légèrement tronconique est de plus grand diamètre que le diamètre extérieur des anneaux 47.
Sur cet. anneau de maçonnerie vient s'appliquer une structure annulaire 50 présentant une face plane 50a orientée vers la tranche extrême du dernier anneau 47c. Grâce à un dispositif extenseur 51 d'un mo dèle quelconque, on peut faire varier la lon gueur de la périphérie de la structure 50, de manière que cette structure s'applique avec une certaine pression contre l'anneau 49 et qu'elle puisse être dégagée de la surface d'ap pui tronconique de ce dernier.
Enfin, entre la face 50a et la tranche extrême de l'anneau 47e est placé un tube ou chambre souple annulaire 52 que l'on peut gonfler au moyen d'un fluide sous pression par un raccord 53.
Cet ensemble étant. en place, la mise en pression du tube annulaire 52 prenant appui sur la structure 50 exerce un effort longitu dinal sur les anneaux 47a, 47b, 47c et ferme aux deux extrémités l'espace annulaire com pris entre ces anneaux et la galerie 1. On peut alors injecter cet espace annulaire par des orifices tels que 54.
Outre la précontrainte radiale centripète obtenue par l'injection, on obtient ainsi une précontrainte longitudinale chi conduit qui est conservée après dégonflage et enlèvement du tube annulaire 52 par l'adhérence du pro duit injecté, après sa prise, contre la surface extérieure desdits anneaux.
Après démontage de la structure annulaire 50, l'exécution du conduit se poursuit de la manière indiquée, les anneaux 49 se trouvant, au fur et à mesure de l'avancement, noyés dans le produit, injecté. Comme dans. le cas de la fig. 11, on peut. prévoir éventuellement une obturation partielle et réglable des joints transversaux entre anneaux successifs. Le moulage des secteurs constitutifs de chacun des anneaux peut être obtenu en une seule opération à l'aide du dispositif de mou lage illustré par la fig. 13.
Ce dispositif de moulage comprend un mandrin 45 et une coquille 46, tous deux cylindriques et démontables. Entre ce man drin et cette coqu_lle, on fixe, aux emplace ments prévus pour les joints longitudinaux, à l'aide d'organes 41, une cloison mince 42, en tôle par exemple, ayant la forme générale du joint.
Vers les extrémités de cette tôle sont disposées des surépaisseurs 43 destinées à fournir les parties élargies 38a et<B>38b</B> du joint. Entre le mandrin et la. coquille, on coule le béton destiné à fournir les secteurs et, après prise, démoulage et séchage à l'étuve, ceux-ci sont prêts à être utilisés de la manière indiquée précédemment.