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" Procédé de traitement, avec un halogène, de matières entièrement ou partiellement constituées par de la laine ".
Priorité d'une demande de brevet déposée en Grande-Breta- gne le 29 septembre 1948 au nom de Robinson Percy FOULDS @
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La présente invention concerne des perfectionnements au traitement, par des halogènes, de matières constituées entièrement ou partiellement par de la laine.
Par "laine" , on entend dans la présente description toutes les fibres animales se prêtant au feutrage.
Le terme "feutrage" utilisé dans le présent mémoire désigne cette propriété de la laine ordinaire qani produit un rapprochement ou une agrégation des différentes fibres, lors du lavage ou d'un autre traitement en liqueur aqueuse dans laquelle la matière à base de laine est soumise à des compressions et des frottements répétés, de sorte que cette matière devient plus dense et plus compacte. Le feutra- ge est cause du rétrécissement que subissent les fils et tissus de laine lorsqu'ils sont lavés, de sorte que, lorsque la laine est rendue moins apte au feutrage, elle risque également moins de rétrécir.
On sait que le traitement de la laine par des halogènes sous forme gazeuse ou en dissolution est capable de donner à la laine une affinité plus grande pour les colorants, et une tendance réduite au feutrage.
La demanderesse a trouvé que le traitement de la laine par des halogènes peut être effectué en mettant la laine en contact avec une substance solide qui dégage, ou peut être amenée à dégager un halogène lorsqu'elle est en contact avec la laine . Le temps nécessaire au traite- ment dépend de la nature de la substance solide utilisée et de l'effet désiré.
En conséquence, et suivant l'invention, les matières formées entièrement ou partiellement par de la laine sont traitées par un halogène qui est libéré d'une substance
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solide mise en contact avec la matière.
Les matières traitées suivant la présente invention peuvent se présenter sous la forme de fibres en vrac ou d'articles confectionnés, par exemple sous la forme de fils, de tissus, de tricots, ou de produits intermé- diaires. Les matières peuvent être préalablement soumises à certains traitements tels que le dégraissage, le blan- chiment, la teinture, le calandrage et le foulage -Le procédé suivant la présente invention convient également au traitement d'articles tissés ou tricotés, tels que les vêtements. La laine peut être mélangée avec d'autres matières telles que le coton.
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Par rapport aux procédés connus utilisant des halo- gènes gazeux ou dissous, le procédé suivant l'invention présente l'avantage d'être plus simple à mettre en oeuvre et plus facile à contrôler. Il offre également le grand avan tage de pouvoir être appliqué aux vêtements façonnés qui ont moins tendance à se déformer que lorsqu'ils sont traités avec des réactifs liquides ou gazeux.
La substance solide, qui est de préférence utilisée sous la forme d'une poudre finement divisée, peut être un composé d'un halogène fluide qui libère ou peut être amené à libérer l'halogène loésqu'il est en contact avec la laine à la température ambiante ou à une température plus élevée, ou encore un corps solide ayant absorbé l'halogène ou sur lequel l'halogène est fixé par absorption.
Les halogènes préférés sont le chlore ou les vapeurs de brome, le premier étant moins coûteux et plus commode à utiliser- Un composé convenant bien est la poudre à blan- chir qui est un produit industriel bien connu obtenu en faisant passer du chlore gazeux sur de la chaux. Le brome où le fluor peuvent être utilisés au mieux lorsqu'ils sont absorbés par une substance solide telle que la terre à foulon, et le chlore peut également être utilisé de @
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cette manière.
Si, après avoir été déjà utilisé suivant le procédé de la présente invention, la substance solide est encore capable de libérer de l'halogène , elle peut être réuti- lisée .
Le procédé suivant la présente invention peut être appliqué de telle manière que le traitement de la laine soit insuffisant pour réduire d'une manière appré- ciable ea tendance au feutrage , mais soit suffisant pour augmenter son affinité pour les colorants. Si on le désire, ce traitement peut-être suivi d'un autre traitement par un agent oxydant ou réducteur, tel que l'eau oxygénée, qui est un agent connu atténuant la tendance au feutrage de la laine . On peut modifier le degré du traitement et sa durée, en utilisant la substance solide en mélange avec un diluant solide, inerte vis-à-vis de l'halogène, et de préférence utilisé sous la forme d'une poudre finement divisée .
L'effet de l'halogène augmente au fur et à mesure qu'on prolonge le traitement, et on le réduit en diluant la substance solide avec le diluant solide .Le temps nécessaire au traitement dépend de la nature de la substan- ce solide utilisée et de l'effet désiré. Le temps nécessai- re pour produire un effet déterminé, en l'espèce un degré de résistance au feutrage , dépend également de l'acidité ou de l'alcalinité de la laine . En général, la durée du traitement est plus longue lorsque la laine a une réaction alcaline , et plus courte lorsqu'elle est acide De même, la durée dépend de l'humidité de la laine. Dans les limi- tes ordinaires, la teneur en eau de la laine ne semble pas être d'une grande importance, mais si la laine est plus sèche qu'il n'est usuel, la durée du traitement peut être plus longue .
La substance solide avec laquelle
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on traite la laine peut être sèche ou humide.
Le traitement est de préférence mis en oeuvre à la température ambiante , quoiqu'on puisse également utiliser des températures plus élevées et des pressions réduites.
De préférence, la matière à base de laine peut être noyée dans la substance solide finement divisée, capable de libérer l'halogène lorsqu'elle est en contact avec la laine, ou dans la substance solide mélangée avec le diluant solide . Dans un autre mode de mise en oeuvre, on peut recouvrir une face d'un tissu avec une couche de la substance solide, et enrouler ensuite ce tissu de façon que la substance solide soit amenée en contact avec ses deux faces .Lorsque le temps de contact désiré s'est écoulé, on peut éliminer la substance solide en déroulant le tissu et en le secouant et (ou) en le brossant puis en le lavant ensuite . Le lavage comprend de préférence un traitement avec un "anti-chlore" tel que le bisulfite de sodium, qui peut lui-même réduire la tendance au feutrage de la laine.
Si on répand de la poudre à blanchir/sur un tissu de laine, ou si on noie ce tissu de laine dans cette poudre à blanchir et qu'on laisse ensuite les deux ma- tières en contact pendant un certain nombre d'heures, on augmente la résistance de la laine au feutrage. Le dé- placement du tissu pendant/qu'il est en contactavec la pou- dre à blanchir améliore l'uniformité du résultat, ce qui est particulièrement désirable lorsque le tissu doit être soumis à un traitement complémentaire après le traite- ment destiné à augmenter sa résistance au feutrage.
L'ac- tion de la poudre à blanchir sur la laine peut être retar- dée par dilution de cette poudre avec un corps solide iner-
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te, tel que le kaolin, le carbonate de sodium et le sable fin, de préférence sous la forme d'une poudre finement divisée, le taux de réaction par unité de temps étant déterminé par les proportions de la poudre inerte . Par exemple, avec deux parties en poids de poudre inerte et une partie de poudre à blanchir, le temps nécessaire pour obtenir un anti-feutrage réel est d'environ 17 à 18 heures à la température ambiante.Les diluants inertes solubles dans l'eau, tels que le carbo- nate de sodium précité, sont avantageux étant donné qu'ils peuvent être éliminés de la laine par un simple lavage.
Les exemples non limitatifs ci-après montreront bien comment l'invention peut être miseen oeuvre .
Exemple 1 :
On recouvre entièrement une face d'un tricot tout laine non dégraissé renfermant 14 à 18 % d'humidité, avec une poudre fine à blanchir, en saupoudrant le tri- cot avec une fois 1/2 son poids de poudre . La composi- tion exacte de la poudre à blanchir est incertaine, mais on admet généralement qu'elle contient de la chaux Ca(OH)2 et de l'hypochlorite de calcium Ca(OC1)2.
On :roule le tricot et on le laisse dans cet état pendant 6 à 8 heures à la température ambiante. On élimine ensuite la poudre en secouant et en brossant le tricot et en l'exposant ensuite à des courants d'air.On fait passer le tricot dans un bain d'eau contenant un agent mouillant, et on le lave à fond dans un deuxième bain d'eau froide . On le fait passer ensuite dans un bain contenant 1% de bisulfite de sodium, on le soumet à un lavage final pour le débarrasser de tous les sels, et on le sèche.
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Le tricot traité possède une plus grande résistance au feutrage que le tissu non traité.
Exemple 2:.
On utilise un mélange de 1 partie en volume de fine poudre à blanchir et de 2 parties de carbonate de sodium anhydre qu'on saupoudre uniformément sur une face d'un tissu mixte dégraissé, composé de 50 % de coton et de 50 % de laine, la laine ayant une teneur en humidité de 18 %. Le rapport entre le poids du mélange de poudre et celui du tissu est de 2 à 1. Sans retirer la poudre solide du tissu, on enroule celui-ci sur un rouleau, de façon que les deux faces du tissu soient en contact avec la poudre, et on abandonne le tissu dans cet état pendant 18 à 20 heures à la température ambiante . On déroule alors le tissu, on enlève la poudre, on lave et on sèche le tissu de la manière décrite dans l'exemple 1.
Le tissu ainsi préparé, lavé avec du savon, présente une plus grande résistance au feutrage que le tissu non traité.
Exemple 3:
On conditionne à l'air des chaussettes de laine tricotées et on les p lace au sein d'un mélange de silice finement divisée et de poudre à blanchir contenu dans un récipient approprié, les proportions des 2 produits étant de 2 à 1 1/2 en volume Après 24 heures, on débarrasse les chaussettes de la poudre en les secouant, en les exposant à un courant d'air et en les lavant de la ma- nière décrite dans les exemples précédents . Les chausset- tes traitées résistent mieux au feutrage que les chausset- tes non traitées.
Exemple 4:
On couvre d'une fine poudhe à blanchir une face
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d'un tissu tout laine contenant 210 % en poids d'eau. On roule le tissu et on l'abandonne dans cet état pendant 4 heures. A la fin de cette période, on enlève la poudre du tissu en le secouant, et on lave celui-ci dans une eau contenant un agent mouillant.
On trempe ensuite ce tissu dans une solution diluée de bisulfite de sodium et finalement on le lave.
Le tissu non traité- lavé et foulé dans une solution de savon, rétrécit de 42 % par rapport à sa surface initiale , tandis que le tissu traité¯,lavé dans les mêmes conditions, ne rétrécit pas.
Exemple 5:
On couvre le tissu mouillé de l'exemple 4 avec un mélange composé de 2 parties en volume de carbonate de sodium anhydre et de 1 partie de poudre à blanchir.
On roule le tissu et on l'abandonne ainsi pendant heures. Après avoir enlevé le mélange de poudre ,on finit le tissu et on le lave de la manière indiquée dans l'exemple 4.
Le tissu non traité, lavé et foulé dans une solution de savon, rétrécit de 42 %, tandis que le tissu traité ne présente qu'un rétrécissement de 0,3 %.