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GRIFFES OU CRAMPONS, NOTAMMENT POUR FERS A CHEVAL, EMPECHANT LE
GLISSEMENT.
Les griffes ou crampons qu'on adapte notamment aux fers à cheval' pour empêcher le glissement, doivent servir surtout à assurer aux bêtes de trait quelles que soient les conditions atmosphériques et l'état de la rou- te, une bonne stabilité et permettre à l'animal lorsqu'il doit développer un gros effort de traction de trouver une bonne prise sur le sol et de -ne pas glisser. Ces griffes ou crampons sont évidemment sujets à une grande usure et on a déjà proposé depuis longtemps de combattre cette usure en exécutant ces griffes ou crampons en acier dur ou du moins en les munissant d'une gar- niture en acier dur résistant à l'usure.
On a développé davantage cette idée en proposant d'insérer dans un crampon une tige en métal dur présen- tant une tête de préférence arrondie qui dépasse la partie environnante en acier ou en fer du crampon. Particulièrement dans ce dernier cas on est parti de cette idée que le métal extraordinairement dur de la tige attaque le pavage de la chaussée et assure ainsi à la bête de trait'une bonne sta- bilité. Le métal dur mord les pierres, telles que celles qui sont habituel- lement utilisées pour le pavage, néanmoins l'emploi des tiges en métal dur dans les crampons ne donne pas les résultats désirés, car on constaté qu'à l'usage le métal subit un véritable rodage.
Il en résulte une surface plus ou moins polie qui, bien querésistant à l'usure, ne donne pas toutes les ga- ranties contre le glissement, car la surface de contact avec le sol ne pos- sède pas la rugosité nécessaire.
Un système connu consiste à souder une éclisse en métal dur à arê- tés vives ou un petit nombre de ces éclisses directement dans le fer Che val ou les petites plaques de garniture du sabot. Le procédé de fabrication est excessivement compliqué et ne donne pas de résultat pratique. Les diffé- rentes éclisses de dimensions relativement' grandes n'assurent pas une surface d'appui uniforme et elles sont sujettes dans une forte mesure à des ruptures, particulièrement dans leur application à des fers'à cheval.
Suivant un procédé plus récent, on soude des grains de métal dur
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sur le crampon ou la griffe. Ce procédé est également compliqué et prend beaucoup de temps ; en outre, il exige une grande habileté pour donner par le soudage la forme exactement désirée aux crampons et griffes de dimensions comparativement petites. Les grains en métal dur se détachent facilement de la surface en se cassant et s'usent au point de devenir lisses, de telle sor- te qu'on obtient au bout d'un temps très court une surface sphérique lisse qui présente bien une certaine résistance à l'usure mais sans donner toute- fois à la bête de trait une protection suffisante contre le glissement.
La présente invention écarte les difficultés et les inconvénients des formes d'exécution connues où les crampons et griffes employés pour em- pêcher les glissades, particulièrement lorsqu'il s'agit de ferrures pour che- vaux, sont pourvus de garnitures en matière résistant à l'usure. Dans ce but, on munit les griffes ou crampons destinés à empêcher les glissades d'une garniture profilée encastrée, obtenue par frittage d'une certaine quantité de matière dure broyée et de fer ou d'acier pulvérisé. Comme matière dure on peut utiliser les substances qui sont connues ou utilisées dans la tech nique du frittage et qui peuvent être unies par frittage à de la poudre de fer ou d'acier en conservant leur forme.
Une garniture profilée frittée de ce genre possède la propriété de présenter, en outre d'une remarquable du- reté, une surface rugueuse qui est la conséquence de la formation des grains de la matière dure lors du frittage. Même lorsque l'usure se produit il res- te toujours des grains dans la surface ce qui assure l'adhérence ou la prise de la surface d'appui sur le sol.
On a reconnu qu'il était particulièrement avantageux d'exécuter suivant l'invention la garniture profilée frittée en utilisant à l'état broyé le métal dur habituellement employé pour le garnissage des outils. Ce métal dur est constitué par exemple de carbure de tungstène qui est'uni à un métal auxiliaire tel que le fer, le nickel ou le cobalt. Cette matière obtenue éga- lement par un procédé de frittage est broyée et pour des considérations de . prix de la griffe ou du crampon fini il est particulièrement avantageux d'em . ployer des déchets de métal dur. Le broyage est poussé jusqu'à l'obtention de grains menus.
Il est avantageux de composer cet état granulaire menu de particules de grandeurs différentes, car on a: constaté que dans ce cas l'ad- hérence de la surface d'appui sur le sol reste assurée dans une forte mesure.
Le métal dur broyé est agglutiné avec une poudre de fer ou d'acier et éventuel- lement avec addition de cuivre de manière à former une garniture profilée, comme il est connu dans la technique du frittage.
La pièce profilée ainsi exécutée présente dans une grande mesure les propriétés qu'on réclame de la surface d'appui d'un crampon ou d'une griffe sur le sol. Elle possède la résistance nécessaire pour supporter des efforts semblables à des chocs, et présente avant tout une grande dureté et une grande résistance à l'usure, mais reste contrairement aux matériaux em- ployés jusqu'ici rugueuse et agrippante, cette dernière qualité étant main- tenue même après usure.
La pièce profilée peut recevoir les formes les plus variées, par exemple la forme d'une étoile, d'une barre, d'une tige, etc... Toutefois on a trouvé qu'il était particulièrement avantageux de lui donner une forme an- nulaire.' Cette forme annulaire assure dans toutes les positions une plus grande surface d'appui que les autres formes à la bête de trait et spécia- lement au pied du cheval. Elle présente en outre l'avantage que l'épaisseur de la paroi de l'anneau peut être relativement faible sans qu'il y ait danger de rupture de la pièce profilée. La surface d'appui proprement dite est re- lativement petite par suite de cette disposition et il n'y a.par conséquent pas de danger que cette surface s'use jusqu'à devenir lisse comme cela pour- rait se produire pour des surfaces de grandes dimensions.
Pour augmenter l'agrippage on peut rendre la surface de la pièce profilée rugueuse artificiellement en y ménageant des cannelures, etc..., bien que ceci ne soit en général pas nécessaire.
L'anneau ou l'ovale est encastré à la presse dans le corps d'acier de la griffe ou du crampon. Pendant cette opération le corps du crampon ou
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de la griffe peut être maintenu froid'ou être chauffé. La pièce annulaire ' ou ovale est alors chassée dans une rainure appropriée du corps du crampon - ou de la griffe qui présente de préférence des parois coniques pour empêcher que la pièce profilée ne puisse se détacher à l'usage.
Les crampons et griffes de fer à cheval, qui sont pourvus, suivant l'invention d'une pièce profilée frittée résistant à l'usure et présentant un pouvoir d'agrippage, peuvent être munis comme cela se fait habituellement pour les ferrures interchangeables, d'une cheville ou broche filetée. Pour les crampons on emploie en général les chevilles'à section ronde, pour les griffes les chevilles à section oblongue.
On comprendra sans autres explica- tions que les crampons et les griffes suivant l'invention peuvent, abstraction faite de la garniture profilée encastrée, recevoir les formes habituelles qui ont été adoptées pour les ferrures interchangeables..Le dessin représente un crampon pourvu d'une bague frittée suivant l'invention qui a été reconnue par- ticulièrement efficace et à laquelle on se référera dans la description plus détaillée de l'invention donnée ci-après sans que celle-ci soit limitée à cet- te forme d'exécution, donnée uniquement à titre d'exemple. fig 1 est une coupe verticale du crampon, Fig. 2 en est une vue en élévation, et
Fig. 3 une vue en plan.
Le corps 1 du crampon est pourvu d'une cheville ordinaire 2 de sec- tion ronde. Le corps de crampon 1 présente une base de forme hexagonale pour s'adapter à une clef à écrou. Ceci offre l'avantage que le forgeron peut à l'aide d'une clef à écrou visser le crampon dans des trous taraudés appropriés du fer à cheval, lorsque la cheville 2 est pourvue d'un filetage. Même lorsque la cheville'-12.(,, est exécutée sans filetage c'est-à-dire sous forme de fiche, la forme hexagonale peut avoir son utilité lors de la mise en place du crampon Le corps 1 est légèrement conique de manière à former une surface d'appui ron- de. Ceci empêche efficacement que les chevaux se blessent lorsqu'ils ont'une tendance à marcher sur la pointe.
Cette surface est pourvue d'une rainure 3-qui présente des parois qui se resserrent vers l'extérieur sous une forme conique. Dans cette rainu- re 3 on chasse à la presse une bague frittée 4 également conique, le corps
1 étant alors amené à des températures élevées qui facilitent un certain mo- delage, ou étant laissé à la température ordinaire. Dans chaque cas on opère lors de l'enchâssement de telle façon que les zones en bordure du corps 1 soient serrées sur la bague frittée 4 pour assurer de cette manière une bon- ne prise à la bague.
Pour s'assurer que seul le bord supérieur de la bague de matière agglutinée 4 soit utilisé comme surface d'appui, on a constaté qu'il était avantageux de creuser la partie centrale dnccorps 1 dans le voisinage de la bague 4, comme c'est indiqué en 5. Comme le corps 1 est exécuté en un acier qui présente une résistance à l'usure plus faible que la bague 4, il s'usera toujours plus rapidement que celle-ci. De cette manière, la condition de ne permettre à la bête de trait, et notamment au cheval, que d'employer unique- ment l'arête supérieure de la bague 4 comme surface d'appui sur le sol, est réalisée automatiquement.
La surface d'agrippage toujours rugueuse de la faible paroi annulaire empêche la glissade et la perte d'équilibre, la for- me extérieure de la pièce profilée renforçant l'action résultant déjà de la nature de la matière employée.
Ainsi qu'on le voit immédiatement, les griffes qui présentent généralement une section de forme rectangulaire peuvent être exécutées dans la forme que l'on désire, deux ou plusieurs de ces bagues pouvant aussi être juxtaposées l'une à l'autre ou être décalées l'une par rapport à l'au- tre.
Les griffes et crampons anti-glissants suivant'l'invention peu- vent non seulement être employés pour les ferrures interchangeables des che- vaux, mais aussi si on le désire pour les ferrures de toutes les bêtes de trait. De même, les véhicules automobiles, tels que les véhicules à chenil-
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les,les tracteurs, etc..,. peuvent être pourvus d'une manière analogue de griffes ou crampons anti-dérapants, munis d'une pièce profilée en matières frittées du genre spécifié, pour empêcher le dérapage et le manque de stabilité sur des chaussées et des terrains de toute nature. Enfin l'invention peut aussi trouver son application, si on le désire au renforcement des chaus- ' sures d'homme, en combinaison avec des ferrures, des talons en caoutchouc et des talons en cuir.
REVENDICATIONS.
1. - Griffe ou crampon anti-glissant, notamment pour fers à cheval ou autres ferrures, avec garnitures encastrées en matière résistant à l'usu- re, caractérisé par une garniture profilée encastrée constituée par un mélan- ge fritté de substances dures broyées et de fer ou d'acier pulvérisé.