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LAQUE IGNIFUGEANTE.
La présente invention se rapporte à une laque ignifugeante du type contenant une matière de charge en suspension dans un liant incombustible, et donnant naissance, lorsqu'on la chauffes à un émail. Dans les laques de ce type jusqu'à présent connues il n'a été tiré qu'un faible parti des possibilités considérables résultant de 1-'application de la plaque dans son domaine d'utilisation. Cest ainsi ques dans la plupart des cas, on se con- tente de produire des laques dont la matière de charge forme émail à des tem= pératures inférieures à la températures d'inflammation du bois, par exemple.
La laque conforme à l'invention est essentiellement caractérisée par le fait qu'elle contient, comme matière de charge, un ou plusieurs sili- cates en suspension dans un liant de préférence incombustible et qu'elle con- tient en outre une autre matière de charge à point de fusion plus bas, cette dernière consistante par exemples en un borate aisément fusible.
Dans la plupart des cas, lorsqu'il s'agit de peindre des surfa= ces combustibles, il est imposé que la laque soit réfractaire dans une très large région de températures. De la sorte, la laque aura déjà eu le temps de donner naissance à un émail avant que la température d'inflammation de son support ait été atteinte, mais cet émail doit aussi être assez résistant pour ne pas couler aux températures plus élevées.Pour satisfaire à cette condition, la charge génératrice d'émail doit contenir au moins deux compo- sants différents une matière de charge à bas point de fusion qui, par sui- te, forme déjà émail avant que la température dinflammation du bois9 par exemple, soit atteinte,
et également une autre matière de charge à point de fusion plus élevé qui élève le point de fusion de la émail formée lorsque cet- te dernière charge est dissoute par la charge plus aisément fusible.
Parmi les charges difficilement fusibles, on a constaté que les silicates présentent de grands avantages par suite de leurs bonnes proprié- tés de protection contre la corrosion, et, également en raison de la dureté remarquable de l'émail obtenu. De plus, ce sont de bons isolants thermiques
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et, en outre, ces charges peuvent être produites à peu de frais. Parmi les silicates, ceux de sodium, de potassium, de calcium, de bore et de phospho- re, soit seuls, soit en mélange de deux ou davantage, sont à envisager en premier lieuo Comme matériau initial de charge, on peut utiliser avec avan- tage le verre du commerce, moulu ou broyé à une grosseur de grains convena- ble.
Comme les types de verres disponibles sur le marché sont, en règle gé- nérale, bien connus pour ce qui est de leurs températures de ramollissement ou de fusion, on peut choisir aisément le verre le plus approprié au champ d'application envisagé pour la laque. Ce faisant, on devra aussi tenir comp- te de la conductibilité thermique du verre qui, bien entendu, doit être fai- ble. On se rend compte immédiatement que, théoriquement, il est possible de réaliser un point de fusion de la charge susceptible d'être déterminé entre des limites étendues, le produit dénommé mousse de verre étant utilisé pour certaines températures de ramollissement, alors que le verre au silicate à 96% est utilisé pour des températures plus élevées et les charges de quartz pour les températures de ramollissement et de fusion les plus hautes.
En plus des charges de verre du type au silicate, la laque contient également, en quantités plus ou moins grandes, des charges plus aisément fusibles, tel- les que le verre au métaphosphate, les borates aisément fusibles, etc..
Pour éviter l'élimination de la charge aisément fusible, qui peut être solu- ble dans l'eau, on peut trouver opportun d'ajouter un agent hydrofuge, tel que l'acide oxysébacique, traité par le chlore ou l'acide phosphorique.
On sait que le verre a une conductibilité thermique très faible, c'est pourquoi la laque conforme à l'invention se comporte, sur son support, comme une couche isolante. Ceci contribue évidemment à réduire le danger d'inflammation dudit support, si celui-ci est combustible. D'autre part, étant donné que le liant utilisé, tel que le caoutchouc chloré ou les for- mals polyvinyliques, et également le verre, a un pouvoir d'isolement élec- trique très élevé, par son application sur des objets de fer, par exemple, la laque est susceptible d'éviter l'attaque par corrosion, phénomène qui peut être considéré comme de nature électrolytique.
La densité relativement faible du verre et, en particulier de la mousse de verre, ou du verre cellulaire constitué par les bulles de ver- re microscopiques, est évidemment avantageuse, entre autres, parce que cette charge peut être maintenue en dispersion sans difficulté,
L'expérience a montré que les charges de silicate de verre doi- vent avoir un faible coefficient de dilatation longitudinale, lequel, de pré- férence, ne doit pas dépasser 100. 10-7. Des résultats excellents ont été obtenus avec des charges de verre ayant un coefficient de dilatation'longi- tudinale de 5. 10-7 D'autre part, le pourcentage de manganèse doit être fai- ble et, pour cette raison, la teneur du mélange en MnO2 ne doit pas dépas- ser 0,5%.
Avant que le verre soit broyé pour former la charge, il doit être chauffé jusqu'à son point de transformation, dans le but d'éliminer les ten- sions internes, attendu que ces tensions pourraient amener l'éclatement des grains de la charge lorsque l'objet traité au moyen de la laque serait sou- mis à l'échauffement, ce qui causerait la rupture ou la désintégration de la pellicule protectrice, de sorte que la protection contre l'incendie en serait diminuée.
On a supposé jusqu'ici que le liant de la laque est incombusti- ble. Toutefois, au point de vue de l'application de la peinture, il pourrait être difficile d'obtenir, dans certains cas, par exemple au moyen d'un pin- ceau, l'aspect désiré pour la surface traitée, si le liant est constitué, par exemple, par du caoutchouc chloré. En tout cas, les frais de main-d'oeu- vre seraient plus élevés qu'avec la peinture ordinaire.
Conformément à une variante de l'invention, le liant de la peinture est combustible en soi, ou contient des constituants combustibles, en plus desquels la laque contient une ou plusieurs substances qui, à l'échauf- fement, libèrent des gaz susceptibles d'arrêter une combustion. Parmi ces gaz, l'acide carbonique est à envisager en premier lieu. Le but est d'éviter que le liant proprement dit s'enflamme pendant la première période du chauffage,
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avant que là distillation sèche dudit liant soit terminée. Un élément addi- tionnel convenable est constitue par 1-'acide salicylique qui, comme on le sait, a la propriété de se décomposer en acide carbonique lorsqu'il est chauffé.
On a également constaté que l'usage de l'acide salicylique diminue considérablement la durée-de la période de séchage de la peinture.
La substance génératrice de gaz doit, de préférence, être dissou- te dans la peinture. A ce sujet, il y a lieu d'envisager aussi bien les sol- vants-organiques que les solvants inorganiques tels que l'eau. Dans ce der- nier cas, la peinture, après applications et séchage, prend une surface ma- te. Le pourcentage de la substance génératrice de gaz varie suivant la na- ture et le prix de celle-ci. Ainsi, on a constaté de bons résultats avec une teneur en acide salicylique d'environ 5%, mais un effet sensible est égale- ment obtenu avec des pourcentages plus faibles, tels que 2%.
Pour des rai- sons économiques, la limite supérieure peut être approximativement fixée à 12%, car on pense qu'aucune amélioration appréciable ne serait obtenue avec des pourcentages plus élevés,
Une peinture préparée conformément à l'invention et contenant un liant combustible peut, par exemple., comporter 5% d'acide salicylique, 24 à 33% de liants combustibles, tels que l'huile de lin, éventuellement en mélange avec une laque, 10% de charge à point de fusion relativement bas, telle que le mataborate de sodium, l'anhydride borique, ou le métaphosphate de sodium, et- 5% de charge à point de fusion élevé,. sous forme de silicate de sodium, de potassium, de calcium, ou de bore. De plus, l'addition au ' mélange de, par exemple, 8% d'amiante peut être trouvée avantageuse et on y ajoute des charges ordinaires, telles que le blanc de zinc.
Si on le dé- sire, un agent hydrofuge peut être aussi ajouté.
Des modifications de détail peuvent, bien entendu, être appor- tées sans sortir de 1-'invention. Les charges mentionnées ne doivent être considérées que comme des exemples de silicates utilisables, de même que des liants incombustibles, autres que ceux mentionnés, peuvent être envisagés Les silicates peuvent être colorés par addition au mélange de composés mé- talliques connus en eux-mêmes dans la fabrication du verre.Parmi les subs- tances génératrices de gaz, on peut ne pas envisager uniquement celles qui libèrent de l'acide carbonique par chauffage. Aussi l'invention n'est-elle pas limitée à l'utilisation de l'acide salicylique pour la production du gaz extincteur, bien que cette substance ne soit révélée particulièrement avantageuse.
Au contraire, on envisage l'utilisation comme substance géné- ratrice de gaz, du nitrite d'ammonium, par exemple, ou de quelque autre subs- tance qui, par chauffage, libère de l'azote, ou tout autre gaz extincteur.