PROCEDE 'DE PROTECTION 'DE MATERIAUX ;-CONTRE LES CHAMPIGNONS ET MOISISSURES.
<EMI ID=1.1>
La présente invention concerne un procédé de protection des matériaux qui sont susceptibles d'être soumis à l'action des microorganismes; a titre indicatif mais non limitatif, elle s'applique aux matériaux utilisés dans les industries électrique et radioélectrique.
On sait que la protection des divers matériaux sous les climats chauds et humides pose des problèmes difficiles à résoudre, ces conditions climatiques favorisant la prolifération des champignons et moisissures qui se développent sur les supports les plus divers, organiques ou même minéraux grâce,dans ce dernier cas, aux poussières organiques toujours présentes sur la surface, qui peuvent suffire à assurer la nourriture des champignons, lorsqu'elles sont humidifées.
Pour protéger les différents matériaux contre l'action des microorganismes, on peut imaginer de les imprégner d'une substance fongicide ou de les recouvrir d'une substance les isolant du contact avec l'atmosphère ambiante et chargée elle-même de produits fongicides. De telles techniques, mettant en oeuvre des fongicides particulièrement actifs, ont été décrites
<EMI ID=2.1>
déposée le 22 septembre 1949 pour "Nouvelle classe de produits fongicides et leur application".
Il se présente cependant des cas où la mise en oeuvre de ces
<EMI ID=3.1>
Certains matériaux, tels que par exemple des pièces d'appareillage électrique (condensateurs variables, contacts, etc..) ne peuvent jouer leur rôle que s'ils sont nus; on sait en effet que toute addition d'un diélectrique, même en film mince, modifie les caractéristiques de tels appareils. On ne peut donc pas envisager de les recouvrir d'une matière plastique fongicide selon l'une des techniques décrites dans les brevets et demande précités. Quant à recouvrir la surface de ces matériaux d'un fongicide liquide pulvérisé par exemple en fines gouttelettes, c'est une solution qui présenterait les mêmes inconvénients et qui d'ailleurs, pour une autre raison, serait généralement inadmissible, car le fongicide risquerait de couler, de
se rassembler dans les parties basses, et de modifier de fagon intempestive les réglages et conditions de fonctionnement des appareils.
D'autre part, les pièces recouvertes de matières plastiques
sont fréquemment soumises à des conditions de travail ou de stockage qui exigent d'elles des qualités exceptionnelles. Certaines pièces doivent pouvoir supporter de rapides variations de température et de degré hygrométrique, telles par exemple que celles embarquées à bord des avions dans les
pays tropicaux; d'autres devront pouvoir supporter un séjour prolongé dans l'eau ou en atmosphère très humide. Tandis que certains plastiques devront être souples, on exigera de certains autres qu'ils soient au contraire rigides.
On sait qu'aucune formule de matière plastique ne permet de répondre à la fois à toutes ces exigences, souvent contradictoires. Aussi,
si les plastiques fongicides décrits dans les brevets belges n[deg.] 485.880 et
n[deg.] 500.105 constituent, grâce à la gamme de compositions qu'on peut préparer, des produits remarquables, tant par la protection contre les microorganismes qu'ils garantissent à leurs supports que par l'ensemble de leurs propriétés physiques et mécaniques, il peut être parfois gênant d'être lié, pour assurer la protection des supports, aux techniques précédemment décrites par la Demanderesse. De façon générale, on peut dire que les techniques précédemment décrites pour rendre fongicides des plastiques, ne s'appliquent qu'à la fabrication de ces plastiques, mais non à la protection des objets finis.
Or, on peut, par exemple, désirer protéger une substance plastique ayant déjà sa forme définitive et sans pouvoir la recouvrir d'une nouvelle couche plastique fongicide qui modifierait ses caractéristiques; on peut aussi, pour répondre à certaines exigences que l'on s'est imposées, vouloir donner au plastique que l'on veut protéger contre les moisissures une composition n'entrant pas dans la gamme de celles précédemment décrites par
la Demanderesse.
On a maintenant trouvé, et c'est ce qui fait l'objet de la présente invention, que l'on peut résoudre toutes les difficultés exposées ci-dessus, en disposant à proximité de l'objet à protéger un plastique dont tout ou partie du plastifiant est constitué par un corps fongicide volatil présent dans ce plastique en quantité telle que ses vapeurs se dégagent à une vitesse suffisante. Dans ce qui suit un tel plastique sera désigné par l'expression "plastique émetteur".
Il n'est bien entendu pas possible de fixer à priori un chiffre pour la proportion de fongicide à incorporer dans le plastique, car cette proportion varie selon différents facteurs, en particulier la nature du plastique et celle du fongicide, mais il sera facile à tout technicien de déterminer cette proportion par des essais simples dans chaque cas particulier.
Dans les conditions énoncées plus haut, et pourvu que le volume dans lequel se trouvent les objets à protéger ne soit ni trop vaste par rapport à la quantité de vapeurs émises, ni ventilé de façon trop énergique, les vapeurs exercent leur effet fongicide dans le milieu environnant. Tous les objets baignés dans la vapeur du fongicide se trouvent protégés par imprégnation par cette vapeur.
Mais il est particulièrement remarquable de noter que si les objets à protéger sont constitués ou recouverts par une matière plastique dont le fongicide volatil est plastifiant, ce fongicide migre progressivement et très régulièrement du plastique émetteur vers les autres plastiques environnants dans lesquels il est absorbé en quantité suffisante pour y jouer son rôle de fongicide, mais assez faible toutefois pour ne pas risquer de modifier de façon.défavorable les propriétés physiques, mécaniques ou diélectriques du plastique à protéger.
On pourra ainsi protéger des objets en les recouvrant d'un plastique ayant telle composition que l'on-désire (sous réserve de-la condition énoncée plus haut que le fongicide volatil doit être plastifiant du plastique considéré), la protection de ces plastiques contre les microorganismes étant simplement assurée par la migration progressive vers ce plastique des vapeurs fongicides provenant du plastique émetteur.
- Il est clair que l'emploi d'un fongicide volatil sous forme de liquide qu'on laisserait simplement s'évaporer d'un récipient ouvert ne peut .être envisagé d'une part, on n'est plus maître de la vitesse d'évaporation qui peut alors être inutilement élevée, rendant ainsi la protection fugace, d'autre part une telle technique serait évidemment inapplicable à la protection de tous les objets ou matériels dont les conditions de service ou de manutention peuvent amener un renversement du liquide (matériel en service sur des avions ou des bateaux, par exemple).
Comme fongicides volatils susceptibles d'être employés selon la présente invention, il est particulièrement avantageux d'utiliser les
<EMI ID=4.1>
constitués par des substances volatiles liposolubles et insolubles dans l'eau pouvant être extraites par distillation des huiles anthracéniques en-
<EMI ID=5.1>
Le plastique utilisé dans la préparation du plastique émetteur peut être constitué par toute substance à l'égard de laquelle le fongicide volatil peut jouer le rôle de plastifiant. Il est particulièrement commode d'utiliser du chlorure de polyvinyle plus ou moins plastifié et plus spécialement même une formule telle que l'une de celles décrites dans le brevet
<EMI ID=6.1>
L'absorption de grandes quantités de fongicide volatil par le plastique peut se faire de différentes manières. Un procédé recommandé consiste à tremper simplement le plastique dans le liquide fongicide ou dans la solution de ce fongicide dans un solvant convenable. La quantité de fongicide absorbée varie, entre autres facteurs, avec la durée d'immersion et la température, de sorte qu'il est possible de faire varier très simplement la teneur en fongicide en jouant sur l'un ou l'autre de ces facteurs ou simultanément sur les deux. Toutes conditions étant égales par ailleurs,
<EMI ID=7.1>
té du chlorure de polyvinyle ou de toute autre matière convenable employée est plus faible, que le temps d'immersion est plus prolongé et la température du bain d'immersion plus élevée. On peut ainsi faire absorber au plastique initial - qui peut contenir lui=même des proportions élevées de fongicide volatil à titre de plastifiant, comme l'indique le brevet belge
n[deg.] 500.105 précité - jusqu�à 30 % de son poids de fongicide volatil et même davantage. On considérera souvent comme avantageux de limiter le temps de trempage et la température du bain, donc la quantité de fongicide absorbée, de telle sorte qu'après égouttage et après peu de temps, la surface du plastique redevienne sèche par suite de l'homogénéisation du plastique obtenue grâce à la migration du plastifiant volatil vers les zones profondes. On obtient ainsi un plastique émetteur de meilleure présentation et de manipulation plus commode qu'un produit humide. Le choix des conditions permettant d'obtenir un tel résultat est facile à déterminer expérimentalement dans chaque cas particulier.
Les plastiques émetteurs ainsi préparés peuvent être obtenus sous les formes les plus variables telles que par exemple bandes, rubans, feuilles, plaques, etc.. Enfermés dans un emballage étanche, ils peuvent être conservés de façon pratiquement indéfinie. Au moment de l'emploi, ils doivent être disposés ou fixés dans l'enceinte à protéger, la quantité de plastique émetteur 'étant calculée de manière à apporter à l'espace à protéger une quantité de fongicide en rapport avec le volume de l'enceinte. Si cette enceinte comporte des organes eux-mêmes constitués ou recouverts par un plastique susceptible d'absorber le fongicide il est évidemment nécessaire de tenir compte également de ce facteur pour calculer la quantité de fongicide à fournir.
Il est à noter que les fongicides volatils dont il est fait mention ci-dessus sont extrêmement hydrophobes. En conséquence, tout revêtement plastique qui en absorbera par le processus décrit plus haut verra ses propriétés d'hydrophobie améliorées tout en étant protégé contre les moisissures.
Une telle propriété trouve une application d'un intérêt particulier dans l'emballage de matériaux pour les protéger simultanément contre l'action de l'eau et des moisissures. Elle complète donc les techniques décrites dans le brevet belge n[deg.] 500.105 de la Demanderesse.
Après épuisement, les plastiques émetteurs peuvent, si on le désire, être aisément régénérés par un nouveau trempage dans un bain de fongicide volatil, et ce, de façon pratiquement indéfinie.