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NAVETTE A BASE DE RESÎNE POUR METIERS A TISSER.
La présente invention se rapporte à une navette nouvelle et perfectionnée pour les métiers à tisser, et à son procédé de fabrication.
On sait qu'une navette est soumise à des tensions et déformations considérables pendant le tissage. En outre, l'action abrasive des peignes peut rendre les surfaces de la navette exagérément rugueuses. Une navette doit donc être de construction robuste pour que sa durée de service permette d'en amortir le coût. Les navettes de bois fournissent généralement un service de cinq à six mois.
Vu la durée de vie réduite d'une navette de bois, il est désirable de construire une navette en une matière capable de résister pendant un ' temps plus long aux conditions créées par le fonctionnement du métier à tisser. On a trouvé que les résines phénoliques synthétiques thermodurcissables utilisées en combinaison avec des charges fibreuses en feuille présentent les caractéristiques voulues. La demanderesse n'ignore pas qu'on a déjà essayé de mouler des navettes en résine phénolique mais ces essais n'ont pas été heureux à sa connaissance.
Un but de l'invention consiste à fournir un corps de navette moulé en résine, susceptible de résister pendant un temps relativement long aux tensions, aux déformations et à l'action d'abrasion exercées sur une navette pendant le tissage.
L'invention comprend également un procédé de fabrication d'un corps de navette suivant lequel on entoure un mandrin de plusieurs tours de matière fibreuse en feuille imprégnée de résine pour former une chambre pour la canette, on place plusieurs bandes de matière fibreusq en feuille imprégnée de résine de chaque côté de la chambre pour former les faces latérales, on remplit les espaces entre les extrémités de la chambre et les faces laté-
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rales d'une matière fibreuse en feuille macérée et imprégnée de résine puis on soude le tout en un corps de navette d'un seul bloc, infusible, présentant une grande résistance, tant mécanique qu'à l'abrasion.
Plusieurs formes de réalisation de l'invention sont représentées à titre d'exemple dans le dessin annexé dans lequel :
Fig. 1 est une vue en perspective d'une navette achevée.
Fig. 2 est une vue en coupe à grande échelle suivant la ligne II-II de la fig. 1.
Fig. 3 est une vue de dessus, à grande échelle, d'une partie de la Fig. 1.
Fig. 4,est une vue en coupe à grande échelle suivant la ligne IV-IV de la Fig. 2.
Fig. 5 est une vue en coupe à grande échelle, analogue à la fig.
2 mais représentant une variante,et
Figo 6 est une vue en coupe à grande échelle analogue à la fig.
2 mais représentant une autre variante.
La Fig. 1 du dessin montre une navette achevée dont le corps 10 est muni d'un bloc d'enfilage standard 12 et d'un porte-canette 14.
Comme on le voit avec plus de détails sur la fig. 2 du dessin, le corps 10 de la navette comprend une pièce intérieure stratifiée 16, préformée et aplatie, de forme tubulaire et qui constitue la chambre de la bobine. La pièce intérieure 16 est obtenue en enroulant un certain nombre de couches de matière fibreuse en feuille imprégnées d'une résine phénolique amenée à l'état B sur un mandrin de forme et de taille déterminées. On peut traiter par la vapeur la feuille imprégnée, et l'enrouler immédiatement, chaque tour s'appliquant sur le précédent autour du mandrin jusqu'à ce que le nombre de couches voulu soit obtenu.
D'autres procédés peuvent être utilisés pour former la chambre de la bobine. La pièce intérieure tubulaire peut être formée par exemple à partir d'un tube obtenu par laminage ou étirage et coupé à la longueur vou- lue. La pièce intérieure 16 et les faces latérales 18 et 20, comprenant chacune une matière fibreuse en feuille imprégnée de résine à l'état B, et de longueur suffisante pour dépasser sensiblement les extrémités de la chambre sont placées dans un moule approprié, et les espaces compris entre les extrémités de la pièce intérieure aplatie 16 et les faces latérales 18 et 20 sont remplis d'une matière à mouler pour former la partie 22. Cette matière est constituée de feuilles fibreuses macérées préalablement imprégnées d'une résine phénolique à l'état B.
La pièce intérieure aplatie et allongée 16, les faces latérales 18 et 20 et la matière à mouler sont soudées dans le moule par application de chaleur et de pression de façon à obtenir un corps de navette infusible formant bloc.
Lors du placement de la pièce intérieure allongée 16 dans le moule, cette-pièce doit être placée sur une broche de la même forme et de la même taille que l'intérieur de la pièce, pour que les faces latérales 18 et 20 et la pièce intérieure 16 puissent supporter les fortes pressions appliquées de part et d'autre de l'assemblage pendant le moulage. Sans broche, la pièce intérieure s'écraserait.
La matière à mouler employée pour former la partie 22 peut être appliquée par le procédé dit "de transfert" dans lequel une charge est chassée dans l'espace à remplir, ou une charge de matière à mouler macérée, préa- lablement mise en forme ou en briquette peut être introduite dans cet espace.
Pendant le tissage, les tensions et les déformations auxquelles la navette est soumise se concentrent dans les régions situées aux angles de la chambre'a canette,c'est-à-dire dans la région indiquée sur la fig. 2 par le cercle "X". dans l'angle inférieur de la chambre. C'est généralement à l'un de ces angles que la rupture se produit dans les navettes ordinaires
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en bois. Grâce à la structure représentée sur la fig. 2, la pièce intérieure stratifiée et les faces latérales soudées en un bloc sont renforcées 'de fa- gon à assurer une grande résistance dans les régions "X". En outre, les fa- ces latérales stratifiées assurent une résistance supplémentaire sur toute la longueur de la chambre et du corps de la navette.
La combinaison d'une pièce intérieure tubulaire et de faces latérales stratifiées élimine les dé- fauts tels que régions en résine à la surface du stratifié ou bouclage de la structure stratifiée sur les côtés; ou, tout au moins, si de tels défauts se présentent, on les trouvera en un point soumis à un minimum d'efforts à savoir au centre ou près du centre de l'épaisseur de la face latérale.
Un taux de résine satisfaisant pour la pièce intérieure strati- fiée et les faces latérales 18, et 20 est compris entre 1,8 et 2,0 et pour la matière à mouler qu'on place en 22, de 2,0 à 2,5. Le taux de résine est le rapport de la somme du poids du tissu non traité et de la résine qui l'im- prègne, au poids du tissu non traité.
D'autres résines thermodurcissables présentant les propriétés voulues de dureté, robustesse et un caractère durable peuvent être utilisées en place des résines phénoliques et combinées avec une charge fibreuse appro- ' priée. Ces résines peuvent être par exemple des résines mélamine-aldéhydes, phénol-aniline-aldéhydes, polyépoxydes, et des résines alkydes et des poly- esters thermodurcissables.
La matière fibreuse en feuille utilisée pour la navette peut ê- tre du tissu de coton-cotton drill) de 185 gr/m2 de 227 g/m2, de 425 gr/m2 (duck), des nappes de fibres de coton, de la ramie ou d'autres matières fibreuses naturelles ou synthétiques, suivant la matière qu'on désire tisser sur le métier. Comme on peut le voir sur la fig. 3, lorsque les feuilles à utiliser pour les faces latérales sont tissées en carré ou à armure toile, les feuilles sont de préférence coupées en biais pour éviter que les peignes du métier entament la navette.
On a constaté que les peignes, disposés perpendiculairement à la longueur de la navette entament la résine tendre entre les fils verticaux du tissu, dans certains cas où l'on utilise un tissu à tissage rugueux, si le tissu n'est pas coupé en biais ou suivant un angle avec la longueur de la navette. Lorsqu'on emploie un coutil pour les faceslatérales, le tissage de cette étoffe dispose les fils de telle fagon qu'on ne trouve pas de lignes de résine tendre parallèle aux peignes et qu'il n'est pas nécessaire de couper le tissu en biais.
On peut voir sur la fig. 5 une variante de la navette représentée sur la fig. 2. La différence avec la fig. 2 est que les faces latérales sont formées en partie d'une bague allongée et aplatie superficielle 24 qui épouse , sensiblement l'extérieur de l'ébauche de navette achevée. On obtient ainsi une surface extérieure mieux renforcée que par la construction à faces latérales séparées 18 et 20 de la variante représentée sur la fig. 2, qui s'étendent à une certaine distance au delà des extrémités de la chambre mais pas jusqu'à la pointe de la navette. La bague allongée et aplatie superficielle 24 s'étend périphériquement sur toute la longueur du corps 10 de la navette.
Pour obtenir une navette renforcée par du tissu sur ses côtés tout entiers, plusieurs couches de tissu peuvent être placées de part et d'autre pour former des faces latérales 26 et 28-s'étendant sur toute la longueur du corps de la navette et se rejoignant à ses extrémités. Cette construction est représentée sur la fig. 6 du dessin.
Dans certains cas, il peut être utile d'écarter suffisamment les faces latérales de la navette du'tube 16 pour que la matière moulée 22 puisse se placer entre le tube 16 et les fades latérales.
Après la formation d'un corps de navette suivant l'une ou l'autre des variantes d'exécution décrites ci-dessus, le corps peut être usiné pour y tailler des rainures et des passages, puis muni d'un bloc d'enfilage 12 et d'un porte-canette 14 pour achever la navette.
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Les navettes en matière plastique perfectionnées décrites sont supérieures aux navettes habituelles en bois par leur durée de service; elles ont résisté de 15 à 18 mois en service continu, tandis que les navettes ha bituelles ne durent que 5 à 6 mois. En outre, les faces latérales stratifiess offrent une plus grande résistance à l'action abrasive des peignes du métier à tisser.
REVENDICATIONS. l.- Corps de navette à base de résine pour métiers à tisser; ea- ractérisé en ce qu'il comprend une pièce intérieure stratifiée préformée et aplatie constituée de plusieurs couches de matière fibreuse en feuille imprégnées d'une résine phénolique, des faces latérales stratifiées constituées de plusieurs couches de matière fibreuse en feuille imprégnées d'une résine synthétique thermodurcissable, les côtés allongés de la pièce intérieure stratifiée, préformée et aplatie formant une chambre allongée à l'intérieur de' la navette, les faces latérales stratifiées étant placées le long des côtés allongés de la pièce intérieure aplatie et très près de ces côtés, et s'étendant sensiblement plus loin que les extrémités de la pièce intérieure ;
et une matière à mouler macérée, -constituée d'une matière fibreuse en feuille, hâchée, préalablement imprégnée d'une résine synthétique thermodurcissable à l'état B, et en ce qu'on remplit les espaces compris entre les extrémités de la pièce intérieure aplatie et les faces latérales, la pièce intérieure préformée et stratifiée, les faces latérales stratifiées et la matière à mouler étant soudées en un corps de navette infusible formant bloc.