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DISPOSITIF POUR L'AMELIORATION DES QUALITES SONORES DES INSTRUMENTS A
CORDES.
La présente invention a pour objet l'amélioration des qualités sonores des instruments à cordes qui sont employés actuellement, tels que le violon, la basse de violon, le violoncelle, la contrebasse.
Le type original de ces instruments est demeuré inchangé depuis 400 ans environ alors que la pression des cordes sur le chevalet et sur la table de l'instrument est allée toujours croissant (par exemple, en raison de la prolongation de la mesure, de l'augmentation de la hauteur du chevalet, du passage aux cordes en acier, de l'élévation permanente de l'accord de l'orchestre, etc.).
La surpression qui a pris ainsi naissance a eu pour effet de rendre mauvaises lélasticité de la table ainsi que son aptitude à vibrer. Il s'ensuit que les amplitudes des sons fondamentaux graves obtenus par une touche légère ainsi que des harmoniques correspondants, inférieurs et moyens se trouvent raccourcis, tandis que les harmoniques supérieurs à ondes courtes, se trouvent moins gênés dans leurs vibrations de sorte qu'ils prennent une importance indésirable dans l'ensemble sonore formé par les sons partiels. Le son musical perd ainsi une partie de sa plénitude, de sa portée, de sa légèreté d'expression et il peut devenir aigu et pergant en particulier sur les cordes supérieures, plat et vitreux dans un jeu vif et se transformer en un murmure sans expression dans un jeu piano.
Les mesures connues prises jusqu'à présent pour remédier à ces inconvénients ont consisté dans l'augmentation de l'angle des cordes sur le chevalet par élévation du point de suspension d'une corde ou l'autre sur le cordier de l'instrument, ou bien dans une augmentation identique de l'angle pour toutes les cordes. Ces mesures apportent bien une diminution de la pression totale des cordes, mais le déchargement de la table de l'instrument demeure irrégulier et imparfait.
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L'invention repose sur le fait reconnu que la formation du son musical dans le corps de résonance doit rester imparfaite tant que la table de l'instrument ne peut pas vibrer librement dans toutes ses parties. Pour cela,il est premièrement nécessaire d'éliminer toute la pression que le cordier de l'instrument exerce directement sur le sillet inférieur et par suite sur la table inférieure. La table inférieure et la selle inférieure sont assemblées de la même manière, par collage, avec le même tasseau inférieur, de sorte que toute pression directe s'exerçant sur le sillet inférieur a pour conséquence une formation de noeuds et une suppression correspondante de la liberté de vibration de la table inférieure.
En conséquence, il faut que le dispositif de support de cordes suivant l'invention élimine toute pression des cordes agissant à l'extérieur, directement ou indirectement, sur l'éclisse inférieure, le sillet inférieur et par suite, sur la table inférieure.
Il y a deuxièmement un autre fait reconnu, c'est que la décharge des tables et par conséquent l'augmentation de l'angle, doit avoir pour les quatre cordes des valeurs inégales. Il faut que l'augmentation de l'angle soit la plus grande pour la corde appuyant le plus fort, de manière que la décharge de pression obtenue pour cette corde soit la plus forte. Il faut par contre que, pour la corde appuyant le plus faiblement, l'augmentation de l'angle soit plus petite de manière qu'on obtienne pour cette corde la décharge de pression la plus faible.
La présente invention a pour objet d'abaisser la pression totale de toutes les cordes en agissant sur chacune d'elles individuellement en proportion de leur effort de pression, et par conséquent de modifier, c'est-à-dire d'augmenter l'angle de chacune des cordes sur le chevalet de telle manière que chaque corde exerce la même pression sur le chevalet et que de cette fagon la table soit chargée de façon entièrement uniforme.
On peut déterminer facilement la charge de pression en se basant sur la force de traction, mesurable, correspondant à chaque corde et l'on peut par conséquent déterminer aussi les différences entre les angles des différen- tes cordes sur le chevalet, différences qui sont nécessaires pour l'équilibrage de la pression.
Il y a troisièmement un autre fait reconnu qui est à la base de l'invention, c'est que l'équilibrage de la pression pour les quatre cordes ne peut être obtenue que s'il est possible de procéder au réglage des angles des cordes, nécessaire à cet effet., sans qu'il y ait pratiquement une dépendance importante des différentes cordes entre elleso On obtient ce résultat au moyen d'un cordier qui est rigide et non gauchissable, à l'inverse de la suspension ordinaire des cordes, non stable, au moyen d'une corde composite ou, comme on le sait aussi, à l'inverse de la liaison rigide du mandrin avec une lame de cordier élastique.
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Ces trois conditions fondamentales de l'invention sont satisfaites par un dispositif support de cordes ou cordier dans lequel le tirage des cordes est regu exclusivement, avec le mandrin de cordier, dans le trou d'as- semblage, par --'Intermédiaire d'un cordier rigide et non gauchissable, pour être transmis au chevalet, sans qu'il y ait contact direct ou indirect ni charge de l'éclisse inférieure, du sillet inférieur et de la table. En outre, les quatre points d'appui des ccrdes sur le listel du sillet de la lame de cordier se trouvent à des hauteurs différentes, proportionnées aux effets de pression différents qu'elles exercent.
Une autre caractéristique du dispositif de support de cordes ou cordier, suivant l'invention réside en ce que pour lui donner malgré sa rigidité, une certaine souplesse et une certaine élasticité vis-à-vis des charges de pression soudaines des cordes et dans le but notamment de protéger les instruments sensibles et en particulier, les instruments anciens il est prévu, intercalés entre les points de suspension des différentes cordes et le cordier proprement dit, des éléments élastiques en acier, en caoutchouc, etc. tels que ressorts à lame ou organes élastiques d'une autre forme agissant d'une manière identique, qui peuvent être également un élément constitutif des dispositifs d'accordage de précision.
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L'invention peut être réalisée dans la pratique sous diverses formes d'exécution dont quelques unes ont été décrites ci-dessous.
La figure 1 représente un modèle simple, réglable, de disposi- tif de cordier pour instruments à cordes.
La figure 2 est une coupe transversale d'un listel de cordier dont les points d'appui pour les cordes se trouvent à des hauteurs différentes qui correspondent aux pressions différentes des cordes.
La figure 3 correspond au support suivant la figure 1 mais ce support est muni d'un dispositif d'accordage de précision.
La figure 4 représente un dispositif de cordier pouvant être réglé en hauteur d'une manière continue et comportant un mouvement de basculage pouvant être réglé latéralement d'une manière continue et destiné à l'équilibrage de la pression des différentes cordes.
La figure 5 représente la vue en plan d'un dispositif de cordier suivant la figure 4, mais comportant une lame de cordier en deux pièces.
Le dispositif de cordier suivant la figure 1 est un organe en une seule pièce, en forme de crochet, dont la branche courte présente la forme d'un bouton b, fermant bien, reposant dans le trou du tasseau inférieur a, tandis que sa branche longue, qui est la feuille support de cordes c proprement dite, transmet le tirage des cordes, par l'intermédiaire de la pièce de liaison b, jusque dans le voisinage du chevalet e. Le dispositif n'a aucun contact avec l'éclisse inférieure f, le sillet inférieur g, et la table h. Pour ce qui concerne la décharge de pression pour la table moyenne, la décharge totale du chevalet jusqu'à la valeur désirée est obtenue, dans le dispositif suivant la figure 1, au moyen de la courbure i, dirigée plus ou moins fortement vers le haut, de la lame de support de cordes c.
Suivant que l'on veut décharger plus ou moins la table, il est nécessaire d'avoir une courbure plus ou moins grande, c'est-à-dire un,autre modèle.
On obtient la charge complètement identique du chevalet par chacune des quatre cordes (qui provoquent normalement, en raison de leur tension inégale, des charges différentes) de la manière suivante : le listel de selle 1 comportant les points d'appui pour les cordes, présente une forme en gradin.
Les hauteurs différentes des gradins il à i4 sur les figures 1 et 2 correspondent aux différences de pression des quatre cordes qui forment en conséquence les angles différents #1 à #4. La corde appuyant le plus fort repose sur le gradin 14 le plus haut et forme l'angle #4 le plus grand.
La figure 3 représente un dispositif d'accordage de précision qui se compose du levier .!1 et de l'organe de manoeuvre w1 fixé à un support suivant la figure 1, équipé avec un ressort à lame v constituant l'organe élastique,qui peut aussi être remplacé par tout autre organe élastique agissant d'une manière identique. Pour que l'angle fixé pour chaque corde sur le chevalet ne soit pas modifié par l'utilisation du dispositif d'accordage de précision, la fixation de l'élément élastique v au levier de réglage de précision w est assurée de telle manière que le point de fixation z se trouve devant l'axe A A, tracé perpendiculairement à la direction des cordes. Il s'ensuit que lorsqu'on tourne la vis de réglage de précision w1, le point se déplace symétriquement, dans la direction des cordes., au-delà de l'axe A,A.
Quand on emploie de tels éléments élastiques, l'équilibrage de la pression, entre les différentes cordes, sur la table de l'instrument, est obtenu au moyen de points de fixation x des cordes se trouvant à des hauteurs différentes, qui correspondent aux pressions différentes des cordes.
La figure 4 représente un dispositif de support de cordes dans lequel la décharge totale du chevalet et aussi l'équilibrage des cordes entre elles peut être réglé sans gradin. Le dispositif se compose de deux parties c et 1. La lame de support de cordes c repose, de manière à pouvoir tourner de toutes parts, par son extrémité k de forme sphérique la plus éloignée du chevalet, dans le coussinet sphérique de la partie restante 1 du dispositif, et disposée au moyen de filetages m à une même distance de l'axe longitudinal de
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la lame support de cordes c , elle s'appuie contre une plaque de base n.
La lame support de cordes est appliquée par les cordes tendues,au moyen des vis m contre la plaque de base n. de la partie rigide 1 du support de cordes fixé seulement dans le trou d'assemblage, de sorte qu'on obtient un ensemble rigide. On procède à la modification de la pression totale des cordes sur le chevalet en serrant de manière identique les deux vis. On peut obtenir ainsi toute position en hauteur de toutes les cordes et par suite tout degré de décharge totale de la table.
Si l'on serre plus fortement l'une des vis, par exemple celle qui correspond aux cordes supérieures de l'instrument, l'angle de ces cordes augmente en raison du basculage de la lame c du support de cordes et par suite la décharge de pression pour les cordes supérieures devient plus grande que pour les cordes inférieures. C'est l'inverse qui se produit quand on serre la vis inférieureo Si la lame c de support de cordes comporte un listel du sillet à quatre gradins ou un autre échelonnement quelconque de la hauteur d'appui des cordes, le mouvement de basculage se limite à n'être qu'un moyen auxiliaire pour une correction contrôlée par voie accoustique.
Par contre, si le listel du sillet a une hauteur unique, un mouvement de basculage d'une plus grande ampleur peut équilibrer sensiblement la différence entre les pressions des cordes, La combinaison du réglage de la hauteur et du réglage du basculage permet le réglage continu des différentes variations de charge pendant qu'on essaie l'instrument jusqu'à obtention du son désiré.
Dans une autre réalisation, suivant la figure 5, l'équilibrage des cordes peut être obtenu de la manière suivante. Les deux cordes supérieures chargeant l'un des pieds du chevalet et rassemblées pour former un ensem- ble au point de vue de la pression exercée, peuvent être séparées des deux cordes inférieures, rassemblées d'une manière analogue : on dédouble à cet effet la lame c du support de cordes suivant le sens longitudinal. Chacune des moitiés Cl et C2 peut être réglée au moyen de sa vis m indépendamment de l'autre. Si l'on munit chaque moitié de lame d'une manière identique, de deux vis, chacune de ces moitiés peut basculer indépendamment de l'autre.