<Desc/Clms Page number 1>
PERFECTIONNEMENTS AUX PROCEDES DE CONTRE-COLLAGE BIPLEXE ET MULTIPLEXE.
L'invention concerne la technique du contre-collage en général et plus spécialement du contre-collage biplexe et multiplexe en vue de produire des matières plus spécialement destinées au domaine de l'emballage.
On sait que, de pius, en plus, il est fait usage de feuilles ou bandes de papier solidarisées par un adhésif approprié à une ou plusieurs autres feuilles ou bandes en vue d'atteindre des qualités répondant aux exigences des applioations envisagées. Il en va notamment ainsi pour l'exécution des emballages imperméables à l'eau, imperméables à la graisse, imperméables à L'air ou aux emballages devant résister à des produits spéciaux ou à des conditions climatiques spéciales, notamment pour les expéditions dans les pays tro- picaux
Or, le contre-collage soulève des problèmes très spéciaux, car si solidariser deux feuilles ou bandes de papier par le moyen d'un adhésif constitue une opération simple et méme banale en soi,
réaliser un tel contrecollage assuré d'une constance de caractéristiques dans toutes les conditions rencontrées par l'emballage est sensiblement plus complexe.
Or, la quantité et la variété des marchandises emballées et envoyées dans les régions tropicales ou susceptibles d'être emmagasinées pendant des durées relativement longues dans des conditions climatiques essentiellement variables sont de plus en plus nombreuses.
Il en résulte que les matières contre-collées doivent être conditionnées d'une manière très spéciale, compte tenu de la nature des feuilles ou bandes juxtaposées, des conditions climatiques dans lesquelles les emballages devront séjourner et des caractéristiques chimiques des matières à emballer.
D'une manière générale, la Demanderesse a constaté que les plus graves défauts du contre-collage provenaient des conditions néfastes dans lesquelles l'adhésif était traité en présence du milieu hygroscopique constitué
<Desc/Clms Page number 2>
par la matière à enduire dont la teneur en milieu aqueux est toujours sensiblement inférieure à celle de l'adhésif. Or, les tensions superficielles qui se développent ou qui sont contrairées au moment de Inapplication de l'adhésif sont déterminantes des troubles ultérieurs dans le comportement de l'adhésif lui-même sous l'effet des variations des conditions physico-chimiques de l'atmosphère ambiante.
En fait, le comportement de l'adhésif par rapport à la matière enduite est tel qu'en premier lieu cette dernière aspire fortement le milieu aqueux de l'adhésif en sorte de produire un épaississement de celui-ci favorable au figement rapide. Or, ce figement n'est pas constant sur toute l'épaisseur de la couche d'adhésif,d'où il résulte, malgré une apparente solidarisation énergique entre les feuilles ou bandes superposées, une véritable interposition d'un corps étranger pratiquement non adhésif mais susceptible de réagir sous les variations des conditions climatiques ambiantes.
On obtient ainsi que, malgré une adhérence apparemment énergique au sortir de la contre-colleuse, le produit est en équilibre instable permanent et impropre pour assurer un emballage, respectivement une conservation adéquate des marchandises. Des sommes considérables ont été perdues en raison de ce défaut, lequel est toujours décelé tardivement et entraîne très souvent la destruction des marchandises emballées.
Suivant l'invention, on écarte ces inconvénients en réalisant l'encollage dans des conditions spéciales telles que, tout en donnant à l'adhésif le loisir d'abandonner partiellement ou totalement son milieu aqueux au support qu'il recouvre, la solidarisation proprement dite entre les feuilles ou bandes superposées ne s'effectue qu'ultérieurement dans des conditions telles -que le dit adhésif, au moment de l'application de l'effort mécanique nécessaire pour exprimer l'air occlu soit maintenu dans un état physique tel que sa plasticité soit pratiquement constante dans toute sa masse et qu'au moment du collage proprement dit, ledit adhésif se présente sous une forme pratiquement homogène afin de polymériser d'une manière- progressive et constante en tous ses points.
On a ainsi obtenu des contre-collages pratiquement inaltérables le complexe contre-collé se comportant à peu près comme une bande ou feuille simple mais dont les caractéristiques chimiques, physiques et mécaniques seraient celles du complexe.
Le procédé de l'invention consiste donc substantiellement à partir d'une bande, généralement ex-bobine, dont une face est enduite dé l'un des adhésifs traditionnels en matière de contre-collage, par exemple de la paraffine micro-cristalline. Cette application est effectuée par les moyens connus mais dans des conditions telles que la couche soit aussi régulière que possible et que la partie de l'adhésif en contact avec la feuille, en abandonnant à celle-ci son milieu aqueux, se fige quasi instantanément, ce qui est nécessaire pour empêcher un véritable feuillage de la matière grasse entre la contexture fibreuse de la feuille, ce qui, d'autre part, pourrait être préjudiciable à l'aspect ultérieur de la feuille ou bande.
L'adhésif ainsi figé dans sa couche pelliculaire en contact avec la bande ou feuille est alors traité en sorte de permettre à toute la couche de l'adhésif de perdre une quantité suffisante de son milieu aqueux telle qu'on ne doit plus craindre ledit fluage même au-travers de la couche pelliculaire directement avec le support en forme de feuille ou bande.
Cette première phase du procédé a pour effet d'empêcher systématiquement de produire la solidarisation entre les éléments participant au contre-collage avant que l'adhésif n'ait été figé, ledit figement étant tel qu'il se produise avant que se soit produit le fluage de l'adhésif ou d'une partie de l'adhésif entre la contexture fibreuse du support sous-jacent.
La deuxième phase du procédé consiste à amener la surface ainsi traitée et présentant un adhésif pratiquement neutralisé en contact avec un deuxième élément du contre-collage, par exemple une bande ou feuille dont la face adjacente aura ou non été traitée comme il vient d'être décrit pour le premier élément du complexe.
<Desc/Clms Page number 3>
Ces deux bandes ou feuilles ainsi juxtaposées dans un état péremptoire à la solidarisation proprement dite subissent un premier effet de laminage en vue d'extirper la plus grande partie possible d'air occlu et d'ame- ner la couche d'adhésif relativement plastique dans une répartition également aussi régulière que possiblettant en surface qu'en épaisseur.
Ces conditions, tout en apparaissant accessoires, sont essen- tielles et la Demanderesse a constaté que certaines négligences traditionnel- lement apportées dans ces conditions rendaient les complexes surcollés peu homogènes et inaptes à offrir, en tous leurs points, une égale réaction aux variations climatiques de l'air ambiant.
Enfin, la troisième phase du procédé consiste à soumettre le complexe ainsi conditionné à la fois à un effort mécanique de pression normale aux deux plans extérieurs du complexe et à une plastification régulière de l'ad. hésif par un appoint de calories suffisant pour assurer un certain rapprochement des feuilles ou bandes juxtaposées subséquent à une pénétration partielle de l'adhésif dans la texture fibreuse ou autre desdites feuilles ou bandes ainsi juxtaposées.
Enfin, le complexe surcollé est maintenu, pendant un certain temps, sous un effort régulier de tension afin d'éviter au maximum les déformations locales des feuilles ou bandes par suite des contractions dues à l'évaporation, c'est-à-dire l'évacuation du surplus de milieu aqueux par rapport au degré hygrométrique de l'air ambiant.
Par ce procédé, qui ne comprend que des phases simples mais dont chacune d'elles doit obligatoirement être assurée d'une très grande précision et d'une constance pratiquement totale, on obtient des contre-collés ex- cessivement stables et pouvant comporter des Juxtapositions de matières essentiellement différentes et, notamment, des papiers de grammage différent, des papiers contenant des charges mutuellement neutres mais également très différentes,des matières fibreuses jutaposées à des feuilles de métal, notamment de l'aluminium, des bandes ou feuilles de papier juxtaposées à des bandes de matière textile, etc..
Les conditions du procédé sont applicables pratiquement d'une manière indépendante des constituants du complexe surcollé mais, dans certains cas, il y aura lieu de juxtaposer aux conditions du procédé des phases complémentaires qu'il est superflu de citer car elles peuvent être puisées telles quelles dans les procédés usuels du collage des matières considérées dans les industries de transformation.
Le procédé, objet de l'invention, peut étre appliqué sur des machines diverses mais sans nécessiter de matériel spécial, ce qui constitue certainement un avantage appréciable à son bénéfice. Dans certains cas, on pourra adapter des contre-colleuses traditionnelles pour autant que les espacements entre certaines calendres soient suffisants.
En outre, les machines seront adaptées suivant le nombre d'éléments superposés constituant le complexe surcollé.
A simple titre indicatif, sans restriction d'aucune sorte, des modes d'exécutions sont décrits ci-après en se référant aux dessins annexés, dans lesquels les figures 1 et 2 représentent très schématiquement la partie principale d'une surcolleuse conditionnée pour appliquer le procédé de l'invention en vue de la fabrication de biplexe; la figure 3 représente très schématiquement la partie principale d'une surcolleuse conditionnée pour appliquer le procédé de l'invention en vue de la fabrication de triplexe.
Dans la figure 1, la partie principale de la surcolleuse conditionnée pour appliquer le procédé de l'invention consiste substantiellement en un rouleau-encolleur 1, des rouleaux-tendeurs 2-3-4, un rouleau de pression 5, un nouveau rouleau-tendeur 6, un rouleau-chauffeur 2 et tous les accessoires (non représentés) servant à supporter ces rouleaux. Une feuille A de papier, par exemple, doit étre surcollée sur une deuxième feuille B également en papier
<Desc/Clms Page number 4>
en papier, par exemple. La feuille A est amenée en contact avec le rouleauencolleur 1 de manière à enduire l'une de ses faces d'un adhésif formé, par exemple, de paraffine. Cette bande est tendue sur des rouleaux 2-3-4, lesquels sont conditionnés et espacés d'une telle manière que l'adhésif se fige sans fluer au-travers de la texture fibreuse de ladite bande A.
De plus, arrivé à la ligne de tangence entre les rouleaux 4-5, l'adhésif appliqué sur la bande A est pratiquement figé ou, en tout cas, dans un état plastique tel qu'il n'y a pratiquement plus aucune absorption de milieu aqueux par ladite bande A.
La face de la bande B venant en contact avec l'adhésif porté par la bande A est, en l'occurrence, vierge. Par l'action des rouleaux 4-5-6, les deux tronçons des bandes A-B juxtaposées subissent une pression normale entraînant l'exclusion pratiquement totale de l'air qui pourrait être occlu entre ces tronçons. Ensuite, l'adhésif est rapidement plastifié, tout en étani soumis à un effort de serrage régulier par pression radiale sur le tambourchauffeur 7. Les bandes ainsi solidarisées sont ensuite maintenues sous tension mais progressivement ramenées à la température ambiante par des moyens cor nus.
Dans l'exemple de la figure 2, on retrouve le tambour encolleur 1, des rouleaux-tendeurs 2-4, un rouleau-presseur 5, mais le système de chauffage par tambour unique est remplacé par un jeu de rouleaux 8-9-10, disposés légèrement en quinconce en aval du rouleau-tendeur 6. Le procédé s'y déroule comme exposé pour l'exécution de la figure 1.
On retrouve pratiquement les mêmes éléments dans l'exécution de la figure 3, car c'est une caractéristique du procédé qu'il peut être répéta pratiquement un nombre indéterminé de fois, l'une des bandes du surcollage pouvant elle-même être un surcollé. En effet, dans ladite figure 3, on retrouve la juxtaposition de deux exécutions exactement conformes à celle de la figure 1. En effet, un premier surcollage est effectué entre la bande A et la bande B. Ensuite, le sur collé A + B est contre-collé avec une troisième bande C par le même procédé qui a servi au contre-collage de la bande A + B.
On pourrait ainsi répéter le marne procédé et produire des contre collages en multiplexe de tout genre. Evidemment, ces moyens ne sont donnés qu'à titre d'exemple et l'on pourra, dans de nombreux cas même, adapter de nom. breuses contre-colleuses connues.
Il est également intéressant de noter que, si l'on a donné comme exemple, d'adhésif, la paraffine, le procédé n'est nullement lié à cet adhésif mais qu'il est applicable pour tout genre d'adhésif, cependant qu'il est plus aisément adaptable aux adhésifs thermo-plastiques, en raison de la facile avec laquelle on peut déterminer les zones de plastification et de figement des couches dudit adhésif.
REVENDICATIONS.
1. - Procédé pour le contre-collage, généralement à l'aide d'un adhésif thermoplastique et de bandes ex-bobine;, caractérisé en ce que l'adhésif appliqué sur une face de l'une des bandes est figé avant fluage dans la texture fibreuse de ladite bande, puis la face ainsi enduite est juxtaposée à une seconde bande, semblablement traitée ou non ; les deux supports ainsi juxtaposés sont soumis à un effort mécanique déterminant une tension suffisante pour l'expulsion de l'air occlu et, enfin, les supports ainsi juxtaposés et préparés sont soumis à un effort de pression concomitamment à une élévation de température de manière à plastifier opportunément l'adhésif et à produire ainsi le contre-collage desdits supports.