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KURT KORBER & C* K.-G., résidant à HAMBURG Bergedorf (Allem agne).
INSTALLATION POUR L'HUMECTAGE DU TABAC.
La présente invention est relative à un procédé et à un appareil- lage pour l'humectage en continu de tabac ou produit arialogue.
Les conditions imposées actuellement pour l'humectage du tabac deviennent de plus en plus précises et les appareils utilisés jusqu'à pré- sent n'y satisfont plus. En pratique, les procédés mis en oeuvre jusqu'ici sont les suivants.
L'humectage du tabac décrient s'effectuait dans des paniers mé- talliques, c'est-à-dire que les parties constituant le mélange de tabac étaient dans le magasin de réserve des balles, introduites dans des paniers métalli- ques et transportées dans la salle de pré-humectage. Celle-ci était, en géné- ral, divisée en huit chambres, dont chacune est conditionnée différemment.Les paniers métalliques étaient placés par cinq, l'un au-dessus de l'autre, sur des châssis mobiles. Suivant la nature de la feuille, c'est-à-dire suivant qu'il s'agissait d'une feuille maigre ou grasse, nécessitant soit plus d'hu- midité, soit plus de chaleur pour devenir souple, les châssis étaient intro- duits avec leurs paniers dans la chambre correspondante et y séjournaient jusquà ce qu'ils soient terminés.
Cette opération durait 48 heures, ou mê- me davantage. Outre sa longue durée, ce procédé d'humectage présentait l'in- convénient que les feuilles de tabac, devant être prélevées sèches au magasin des balles pour être introduites dans les paniers d'humectage, étaient fré- quemment détériorées, d'où il résultait des chutes et un déchet importants.
Un procédé d'humectage connu, en corrélation avec le précédent, consiste à suspendre les paniers métalliques contenant le tabac à la partie inférieure d'une tour d'humectage et, après leur avoir fait traverser les zones d'humectage, à les retirer de la tour en un autre point. Cependant,dans ce procédé, les pertes de tabac lors du prélèvement des balles subsistent.
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Un autre procédé consiste à humecter les balles entières.Les feuilles de tabac ne sont pas retirées des balles, dont on retire seule= ment l'enveloppe supérieure et inférieure; la durée d'humectage peut ainsi être notablement réduite et son uniformité est assurée. En règle générale, l'air humide est introduit dans ce cas par le haut des balles, aspiré à travers celles=ci puis évacué. Dans une variante de réalisation, les bacs, qui jusqu'à présent étaient ouverts vers le haut , sont munis d'un grand cou- vercle amovible sous lequel l'humidité est injectée par des tuyères. Les bacs sont munis de portes latérales par lesquelles ils sont alimentés en tabac. Celui-ci, placé dans des paniers, est introduit dans le bac et l'hu- mectage est opéré à une température de 50 environ et une humidité relative d'environ 90%.
Ce procédé présente l'inconvénient de nécessiter de 8 à 12 heures pour sa mise en oeuvre, suivant la sorte de tabac traitée.
Les procédés connus jusqu'à présent ne conviennent pas à l'hu- mectage des tabacs lourds de Virginie et de Burley, eu égard,- en particu- lier, à l'humectage des côtés, le plus souvent très résistantes. De plus, ces tabacs sont fortement tassés dans des tonneaux et il n'est pas possible de les humecter simplement dans des bacs. Lors de l'ouverture des tonneaux, il se produit, comme précédemment, des détériorations de feuilles et des per- tes de tabac. C'est pourquoi il est fait le plus souvent usage , dans ces cas, d'un procédé d'humectage en réservoir, sous vide. Le tabac tassé dans le ton- neau peut ainsi être humecté en profondeur par admission de vapeur saturée, sous un vide convenable.
Cependant, lorsque le tabac a été retiré du réser- voir sous vide, il doit être refroidi et réhumecté dans un tambour dit tam- bour refroidisseur ou humecteur. La température du tabac demeure malgré tout trop élevée, car,dans la période qui s'étend jusqu'au traitement suivante une grande quantité d'humidité se perd par évaporation,en raison du refroidissement dans la salle. C'est ainsi que, pour réaliser un bon écotage, il faut prévoir, avant cette opération, le passage du tabac dans un tunnel d'humectage court.
Mais le traitement du tabac dans ce tunnel présente l'inconvénient de sou- mettre le produit à des efforts plus ou moins importants. De plus, les tabacs ne peuvent quitter alignés le tambour, inconvénient qui se fait surtout sen- tir pour des tabacs couverts, destinés à être ultérieurement capochés.
Dans un autre procédé, également connu, le tabac est suspendu sous forme de bottes à des crochets disposés sur un ou plusieurs tapis trans- porteurs, et est conduit de façon continue à travers plusieurs stades de trai- tement. Les bottes suspendues sont retournées pendant le trajet et reçoivent, de haut en bas ou de bas en haut,de l'air conditionné. Dane ce procédé, les écheveaux doivent être suspendus individuellement à l'entrée de l'appareil,et être retirés. individuellement ou sur des barres transversales, à la sortie, faute de quoi ils se replient et risquent de se briser.
En outre, les chambres sont, par construction même, ouvertes l'une par rapport à l'autre, de sorte que les divers stades de traitement du tabac se déroulent pratiquement dans une enceinte unique ; par contre les chambres de conditionnement disposées tout autour sont séparées l'une de l'autre.
Un autre procédé connu consiste à déplacer de façon continue, à travers une enceinte renfermant de l'air humide, les broquelines fixées par les extrémités de leurs tiges sur des chaînes dans des châssis métalli- ques en forme de godets, tout en les agitant pour améliorer l'humectage. Les broquelines sont soumises à des changements de position répétés, et mises alternativement la têteenhaut eten bas L'airhumide ast distribué par des tuyè- res dirigées vers les broquelines. Celles-ci doivent, dans ce procédé, traver- ser plusieurs fois celle des chambres qui est prévue à cet effet, ce qui né- cessite une assez longue durée pour le traitement. De plus, il ne peut être effectué chaque fois qu'une seule opération.
Il y a lieu de signaler encore deux autres procédés continus pour le traitement du tabac dans un système à une seule chambre, procédés qui consistent soit à véhiculer les bottes de tabac dans des tamis successifs et à les traiter par des agents d'affinage, soit à les poser dans les cellu-
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les d'une roue à augets multiples et à les traiter par de la vapeur d'eau provenant de l'intérieur de la roue. Ainsi qu'il vient d'être dit, ces deux procédés nécessitent chacun une chambre ; dans le premier cas on affi- ne le tabac ou on lui retire son amertume, tandis que, dans le deuxième cas, l'installation sert uniquement au pré-humectage et au ramollissement. Le procédé n'est pas ici exécuté en plusieurs phases.
L'invention a en vue la suppression de tous les inconvénients précités, par le fait que le produit à humecter, traversant une enceinte couverte, est soumis successivement, dans des chambres séparées l'une de l'au- tre, à un pré-humectage, à un humectage à chaud ou à la vapeur et enfin à un refroidissement, les agents utilisés étant, pour le pré-humectage, de préfé- rence de l'eau pulvérisée, pour l'humectage à chaud ou à la vapeur, de pré- férence de la vapeur saturée et de l'eau, et enfin, pour le refroidissement, de préférence de l'eau et/ou de l'air conditionné; ce procédé permet de réa- liser, en un temps très court, un humectage et une imprégnation poussés du tabac.
Le produit à traiter est véhiculé sur des tapis transporteurs à travers l'enceinte couverte, et il est prévu, entre les diverses chambres, des écluseurs rotatifs, qui les séparent l'une de l'autre. Cette disposition permet d'éviter que les températures de traitement ne s'équilibrent peu à peu d'une chambre à l'autre, et réalise une sorte d'effet de choc sur le ta- bac, qui conserve ainsi son humidité pour un temps assez long. Dans les é- cluseurs , le tabac est, en outre, retourné. Les tapis transporteurs sont relevés vers l'arrière et disposés en cascades, de manière, d'une part,à obtenir un retournement du tabac à l'extrémité de chacun des tapis, et d' autre part pour créer une plus grande surface de ruissellement.
Un autre avantage réside dans le fait que les vitesses des tapis transporteurs et des écluseurs rotatifs peuvent être modifiées à la demande, ce qui permet, dans chaque cas, un traitement intensif du tabac. Lorsqu'on désire accroî- tre la production, il peut être prévu plusieurs transporteurs disposés côte à côte.
Le procédé et l'appareillage selon l'invention sont décrits ci- après, en regard dea dessins annexés dans lesquels :
La Fig. 1 est une vue de profil,
La Fig. 2 est une vue en plan,
La Fig. 3 est une vue en coupe d'une forme de réalisation de 1' installation selon l'invention.
Les Figs. 4 et 5 représentent chacune, en vue de profil, une va- riante d'exécution de l'installation.
Les bottes de tabac 2, avec les extrémités des tiges placées, de préférence, toutes du même côté, sont amenées par le tapis transporteur 1, à gauche par exemple de la Fig. 1, et reprises par un tapis transporteur 3.
Ce dernier, de même d'ailleurs que les autres tapis faisant partie de l'ap- pareil à humecter, est, avantageusement, en toile métallique. Le tapis sans fin 1 s'enroule sur des rouleaux et 2. ; le rouleau 1 se trouve à l'inté- rieur de l'enceinte de l'appareil et plus haut que le rouleau ±., L'appareil 6 est constitué par un caisson allongé et a la forme d'un tunnel, comportant deux parois latérales 7- (fig. 2) et un toit 8. Du côté de l'entrée, il est entièrement clos, à l'exclusion de l'ouverture de passage pour le tapis 3.
Il en est de même du côté de la sortie, à l'exception du passage du tapis, 23. Le tunnel est divisé en trois compartiments par des cloisons 2,2'et 10. 10 Entre les cloisons 2 et.2' se trouve un écluseur rotatif 11 à quatre bras, et, entre les cloisons 10 et 10', un écluseur rotatif 12 de même type.
A l'intérieur de l'appareil 6, les bottes de tabac 2 sont dé- livrées par le tapis 1 à un deuxième transporteur 13, relevé également du
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côté de sa sortie. L'extrémité la plus basse du tapis 13 s'engage sous le ta- pis 3. A l'extrémitédu tapis 3, en oblique au-dessus du rouleau 5, est dis- posée une tôle de guidage 15 , mobile dans une boutonnière de réglage 14, et destinée à assurer la chute des bottes sur le transporteur 13. Les bottes sont délivrées par ce dernier à l'écluseur 11, qui tourne, de préférence, de façon continue. Au-dessous de l'écluseur 11 est disposée une goulotte 16, ré- glable grâce à une boutonnière 17, et qui a pour mission d'assurer le passage des bottes provenant de l'écluseur 11 au transporteur suivant 18.
Les bottes passent ensuite successivement sur les tapis 12 et 20, disposés, de préférence, en pente et en cascade. Aux points d'inversion des transporteurs 18 et 19, il peut également être prévu des tôles de guidage 15', 15" mobiles dans des bou- tonnières de réglage 14',14 " .Le transporteur 20 amène les bottes au deu- xième écluseur 12, qui se trouve, comme indiqué plus haut, entre les cloisons 10 et 10', et qui tourne lui aussi, de préférence, de manière continue. Au- dessous de l'écluseur 12 se trouve également une goulotte réglable 16'. Les bottes venant de l'écluseur 12, ou de la goulotte 16' arrivent sur un autre transporteur 21, puis sur un dernier transporteur 22, pour quitter l'appa- reil sur un tapis 23.
L'entraînement des transporteurs et des écluseurs se fait de maniè- re connue en coi. Leur vitesse peut être réglée, individuellement., par grou- pes, ou pour l'ensemble, au moyen d'organes de commande mécaniques ou électri- ques de type connu; non représentés, tels nue des variateurs de vitesse conti- nus. Pour l'humectage des bottes de tabac pendant leur cheminement, il est prévu, dans la première chambre, à gauche de la Fig. 1, et, de préférence, au- dessus des tapis transporteurs 2 et 13, des tuyères pivotantes ou réglables , par lesquelles de l'eau est pulvérisée dans la chambre, dite "de préhumec- tage".
La température de l'agent mouillant doit être maintenue à une valeur telle que le tabac prenne, dans cette chambre de préhumectage, une températu- re d'environ 25 C, pour taux relatif d'humidité d'environ 85%. Dans la chambre de traitement suivante, le tabac est réchauffé et humidifié ; réchauffé, afin qu'il absorbe plus facilement et plus rapidement l'humidité. Dans cette cham- bre sont disposées, au-dessus et au-dessous des transporteurs 18, 19 et 20, des tuyères 24', 24", analogues à celles de la chambre de pré-humectage, et destinées à l'injection d'eau, de vapeur, ou de vapeur saturée. Ces fluides doivent être maintenus à des températures telles que le tabac prenne une tem- pérature d'environ 60 C et ait une humidité relative de 85 à 90%.
Dans la troisième chambre, dite "de refroidissement", sont éga- lement disposées, u-dessus et au-dessous des transporteurs 21' et 22. des tuyères 24''', 24'''', analogues aux précédentes. La pulvérisation est effec- tuée ici, de préférence, à l'eau, à une température telle que le produit final soit refroidi à 25-30 C, pour une humidité relative de 85%. C'est,ce- pendant, l'air qui réalise, pour la plus grande part, le refroidissement.
Dans ce but, il est prévu, dans l'exemple représenté, au-dessus de l'appareil, un ventilateur 26 muni d'un registre à papillon 25, et, sur les parois latérales ¯7 du tunnel, des volets d'air réglables 27, ce qui per- met de maintenir une circulation permanente d'air dans la chambre de refroi- dissement. L'évacuation de l'air se fait par des trappes d'extraction conve- nables 28.
A la partie supérieure du tunnel 6 sont disposées, de manière connue en soi, des gouttières inclinées 29 (Fig. 2), ainsi que des tôles 29a sur les parois latérales, et, à la partie inférieure, des bacs 30, qui re- cueillent l'humidité. Pour plus de clarté, les tuyauteries d'eau et de va- peur ne sont pas représentées au dessin.
Dans l'exemple représenté, les tapis transporteurs sont simples.
Afin d'accroître la production, il peut être prévu plusieurs transporteurs, avec un nombre correspondant d'éclusue s rotatifs, disposés côte-à-côte comme décrit ci-dessus.
Dans cet exemple, il est prévu deux transporteurs 3 et 13 dans
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la chambre de pré-humectage, trois transporteurs 18 , 19 et 20 dans la chambre d'humidification principale à chaud et de vaporisation, et deux trans- porteurs 21 et 22 dans la chambre de refroidissement. La disposition in- clinée de ces transporteurs a pour but d'une part de réaliser aux extrémi- tés des tapis un retournement des bottes et, d'autre part, d'obtenir une surface réceptrice plus grande pour le produit à humecter.
Aux extrémités d'entrée et de sortie de l'appareil, il.peut être prévu des languettes de cuir, ou analogues, 31, formant volets d'entrée et de sortie, de manière à laisser échapper vers l'extérieur le moins possible d'humidité et de chaleur. Les parois sont avantageusement établies en un ma- tériau calorifuge.
L'installation comporte les appareils de mesure nécessaires pour surveiller en permanence et régler les températures, le degré d'humidité, ainsi que les vitesses des tapis transporteurs et des écluseurs rotatifs.
Il peut être apporté à l'appareillage décrit en regard des Figss.
1 à 3, des modifications diverses, sans sortir pour cela du cadre de l'inven- tion.
La Fig. 4 montre, par exemple, comment, pour des raisons de con- struction , les transporteurs inclinés 18, 19 et 20 de la chambre d'humi- dification principale et ceux 21, 22 et 22' de la chambre de refroidissement peuvent être disposés l'un au-dessous de l'autre, le tapis médian circulant dans les deux cas, en sens contraire des deux autres. Afin d'éviter un glis- sement des bottes de tabac, les tapis transporteurs peuvent être munis de ta- quets ou organes similaires.
Dans l'exemple de la réalisation de la Fig. 5, les transporteurs 18, 12 et 20 de la chambre d'humidification principale, sont disposés horizon- talement l'un au-dessous de l'autre, et les deux transporteurs 21 et 22 de la Fig. 1, ou les trois transporteurs 21,22 et 22' de la Fig. 4, sont remplacés par un transporteur unique, longueur correspondante.
Il est possible, en fonction des besoins, de combiner ensemble les dispositions indiquées ci-dessus des tapis transporteurs, ou de les rem- placer l'une par l'autre, sans sortir, pour cela, du cadre de l'invention.