<Desc/Clms Page number 1>
PROCEDE ET APPAREIL POUR LE TRAITEMENT DE TISSUS.
Cette invention a pour objet un procédé et un appareil pour le traitement contirnz de tissus ou autres matières en feuilles. L'appli- cation de ce système est tout-à-fait générale et donne des résultats positifs avec toutes matières. L'application au champ textile est cependant proéminente et on s'y référera ici en particulier sans toutefois que cela représente une limitation à l'utilisation de cette invention
On sait que les tissus, de quelque fibre qu'ils soient, doivent être soumis à l'action de fluides appropriés, liquides ou gazeux, pour leur faire subir les traitements physiques et chimiques nécessaires pour leur manipulation.
On sait également que le tissu est introduit, pour le soumettre à certains traitements dénommés continus, dans des récipients ou appareils déterminés et accomplit dans ces derniers des parcours dont la longueur totale est normalement proportionnelle à la durée requise par chaque traitement. On dénomme en général "trajet" du tissu, le parcours qu'il accomplit dans l'appareil et "permanence" le temps nécessaire pour accomplir ce parcours.
Il est évident qu'il est essentiel, au point de vue soit du constructeur soit de l'expert textile, que les appareils utilisés dans la manipulation des tissus soient de dimensions aussi réduites que possible, cela entraînant une diminution du coût des installations et de leur entretien, des ingrédients ainsi que de la consommation d'énergie pour leur fonctionnement, et que, d'ailleurs, ces appareils soient tels qu'ils assurent des vitesses de fonctionnement aussi élevées que possible, pour obtenir une production plus élevée de chaque installation, l'amélioration de la production grâce à la meilleure possibilité de contrôle et 1' uniformité de la qualité du produit.
<Desc/Clms Page number 2>
Cependant, soit la réduction des dimensions des appareils, soit 1'élé@@@@@ de la vitesse du passage par ces appareils, tendent à réduire le trajet du tissu et la durée de son traitement.
Cette invention prévoit un procédé et un appareil aptes, grâce à un trajet, appropriée du tissu et à des mesures particulières de carac- @ère paysico-te@@nique, à exploiter le mieux possible les dimensions des appareils utilisés et à augmenter considérablement l'efficacité des traitements, de facon à réduire sensiblement leur durée.
On sait en effet que presque tous les traitements envisagés ont pour but de faire pénétrer dans un tissu un fluide (liquide ou gazeux) servant de véhicule soit de substances nouvelles à incorporer à la fibre, soit de vieilles su::stances à éliminer. Il suffit de mentionner la teinture, le lavage, l'essorage et l'ensimage des tissus pour y reconnaitre le genre de procès décrit.
La pénétration du fluide dans le tissu et l'expulsion de celuici est un phénomène physique, chimique et électrochimique complexe.
On sait que ce procès a, comme obstacle et cause de retard, la formation sur les faces du tissu d'une couche limite, pouvant être définie comme l'ensemble de couches de fluide qui, étant à contact immédiat des faces du tissu, tendent à établir avec celui-ci un équilibre d' échange. On sait également que l'élimination ou, de toute façon, la réduction de la perturbation due à cette couche limite, accélère considéralement le phénomène et, ainsi, le trai tement .
Il s'agit donc d'amener le phénomène du régime laminaire (filets fluides parallèles au tissu) au régime turbulent (particules du flui- de à composantes de vitesse normales aux faces du tissu, ainsi qu'en toutes directions; formation de tourbillons). On sait que le passage du régime laminaire au régime turtulent - et, dans ce dernier, l'efficacité de l'échange entre le fluide et le tissu - sont étroitement liés, à parité d' autres variables telles que qualité du tissu, du fluide, etc., à la vitesse du tissu par rapport à la couche fluide et aux dimensions de cette couche. On rappelle ici l'analyse dimensionnelle des numéros de Reynolds Prandt, Péclet, etc..
En définitive, qu'il s'agisse d'un échange purement mécanique entre le fluide et le tissu, ou bien d'un échange thermique, ou même élec trochimique, on a généralement à disposition des variables sur lesquelles on peut influer en vue d'augmenter le frottement du fluide et d'engendrer une turbulence très efficace dans les buts du traitement.
Pratiquement, la variable entrant surtout en ligne de compte, est la vitese, car c'est avec la vitesse que les composantes radiales ou normales des filets fluides augmentent jusqu'à la valeur critique engendrant les tourbillons. Le frottement du fluide est donc fonction de la vitesse et, à ce propos, on distingue deux régimes, l'un au-dessous et 1' autre au-dessus de la vitesse critique.
Au-dessous de la vitesse critique l'allure des filets fluides est continue et lèche les surfaces des corps; la résultante des tensions de frottement est prépondérante, la résultante des résistances de pression (composantes normales aux surfaces) étant nulle. Tout se réduit ainsi à un glissement de couches successives de fluide l'une sur l'autre, le mouvement étant laminaire (voir figure 3A).
Au-dessus de la vitesse critique, le fluide, entraîné par les surfaces en mouvement, tend à s'écarter de celles-ci, en formart des tourbillons. La résultante des résistances de pression devient alors prépondérante à cause des composantes de vitesse des filets fluides, frappant perpendiculairement les surfaces en mouvement, la résultante des tensions de frottement (parallèles aux surfaces en mouvement) étant désormais négligeable.
Dans ces conditions, la résistance du fluide, toutes autres choses égales,
<Desc/Clms Page number 3>
est proportionnelle environ au carré de la vitesse relative entre surface et fluide. Ces conditions seront dénommées "régime turbulent" (voir fi gure 38). Une analyse plus approfondie du régime turbulent (on rappelle ici l'hypothèse de Prandt) a permis de déterminer qu'en réalité le mouvement n'est pas turbulent sur toute la section du conduit, mais ne l'est que dans la zone qui ne se trouve pas à proximité directe des surfaces en mou- vement, où se crée vraisemblablement une couche fluide dans laquelle le mouvement est, avec grande approximation, laminaire. L'épaisseur de cette "couche limite" qui tend à réduire l'efficacité de l'échange entre fluide et tissu, est fonction du numéro de Reynolds.
Il en résulte que la manipulation du tissu est d'autant plus intense que la turbulence du fluide dans lequel il se meut est plus grande, donc que la couche de fluide entourant le tissu est plus faible et que la vitesse du tissu est plus élevée.
On a fait plusieurs tentatives dans ce sens, soit en adoptant dans les récipients de traitement des cloisons intérieures trs proches du tissu, en vue de diminuer autant que possible la quantité de fluide à met- tre en agitation, soit en imprimant au fluide des mouvements en tourbillons soit en le refoulant en contre--courant au tissu en vue d'augmenter la vitesse relative entre le tissu et le fluide.
Toutefois, il est évident que l'utilisation de cloisons inté rieures dans les récipients de traitement est une solution très coûteuse, qui complique sensiblement la machine utilisée. De plus, la vitesse rela- tive entre le tissu et le fluide dépend des vitesses absolues respectives, qui ne peuvent dépasser certaines limites, la première pour ne pas diminuer la durée du traitement- (la longueur du trajet dans la machine étant con stante, si la vitesse du tissu augmente, la présence dans l'appareil!, diminue) la deuxième (vitesse du fluide) pour éviter l'installation de pompes ou ventilateurs de puissances excessives au point de vue de l'économie du traitement.
On connaît également plusieurs systèmes de "trajets" dont quelques uns ont été réalisés pratiquement, où le tissu, qui entre et sort parfois du même côté de l'appareil, accomplit un parcours en forme de spirale polygonale, ou bien à sections disposées de différentes manières et s'inter calant, en vue d'exploiter plus efficacement l'espace disponible dans l'appareil. Le liquide de traitement est parfois maintenu en agitation soit par des moyens et des machines appropriés, soit en le renouvelant continuellement par une alimentation permanente.
La présente invention prévoit un procédé et un appareil assu- rant, sans adopter des cloisons intérieures et sans imprimer au fluide des mouvements particuliers à l'aide de machines accessoires, un "traiet" avantageux beaucoup plus long et plus efficace, à parité de dimensions générales de l'appareil, que ceux réalisés habituellement.
L'invention se caractérise en ce qu'on imprime un mouvement de translation en sens contraire à des sections de tissu ou de matière en regard, espacés dans une mesure telle qu'elle crée et maintient entre ces sections un "régime turbulent"; en général, dans le traitement avec des liquides cet espacement est inférieur à 25 mm. La conséquence est une vitesse rela tive double, qui induit des effets de pénétration et, ainsi une efficacité de traitement considératles, la proximité de ces sections assurant dans le fluide le régime turbulent et permettant de réduire énormément les dimensions d'encombrement de l'appareil et la quantité de fluide utilisée, le fluide étant réduit à des couches d'épaisseur inférieure à 25 mm comprises entre ces sections en regard de tissu ou matière en feuille.
Une vitesse absolue faible d'entraînement de la matière donne déjà une vitesse relative fluide-matière, qui est, au point de vue de la turbulence, considérable, du fait que la vitesse relative entre deux sections de tissu ou autre matière en regard et mobiles en sens opposé est deux fois la vitesse de translation de la matière.
<Desc/Clms Page number 4>
La matière parcourt le récipient contenant le fluide de traitement en présentant une succession de sections presque parallèles et mobiles en sens oppose, l'espacement entre ces sections devant être très fai'le, en général inférieur à 25 mm. Ces dispositions permettent un appareil de dimensions réduites, dans lequel le parcours de la matière est trés long et l'exploitation du fluide est considéra', le, la vitesse relative, utile auxtuts du traitement, étant deux fois la vitesse d'en- traïnement de la matière.
De plus, les appareils accessoires, ne sont pas, comme dans les systèmes connus à ce jour, nécessaires pour imprimer la turbulence au fluide, celle-ci est engendrée directement par le mouvement en sens apposé des surfaces en regard de la matière.
On vient de rappeler à propos du régime turbulent, que la résistance du fluide, à parité d'autres variables, est proportionnelle en viron au carré de la vitesse relative entre la surface et le fluide. D' ailleurs la turbulence croit, avec la vitesse et la résistance dans le fluide, selon des fonctions exponentielles (les exposants étant toujours supérieurs à l'unité) . On en conclut facilement que le présent procédé, consistant dans l'entraînement de sections de tissu en regard et très proches l'une de l'autre, en sens contraire, induit des effets de pénétration très considérables, ainsi une efficacité de traitement bien supérieure à celle réalisée jusqu'alors (voir figure 3B).
L'appareil suivant l'invention est caractérisé par deux groupes au moins de rouleaux rotatifs, sur lesquels sont entraînés les tissus ou matières, de façon à présenter des sections en regard,motiles en sens opposé et espacées de moins de 25 mm, ce qui assure l'induction d'un régime turbulent dans le fluide compris entre deux sections adjacentes.
Cet appareil est de dimensions réduites par rapport aux appareils connus et exige une quantité de fluide de traitement inférieure.
Puisque la proximité des sections de matières en regard et mobiles en sens opposé assure une course considérable de la matière, il y a lieu de prévoir, en plus des moyens d'entraînement usuels de la matière, des dispositifs de transmission à vitesse variable, en vue de réaliser des écarts de vitesse entre les rouleaux et la matière traitée, tels qu'ils compensent le retrait ou l'allongement de celle-ci.
Des avantages et des caractéristiques ultérieures de cette invention seront mieux compris de la description qui suit se référant au dessin ci-joint, qui n'est doné qu'à titre indicatif, et où;
La figure 1 est une vue en coupe d'une réalisation de l'ap- pareil suivant l'invention.
La figure 2 est la même vue latérale en élévation de l'appareil avec ses organes de commande.
Les figures 3A et 36 sont des diagrammes explicatifs illus- trant des conditions de traitement en régime laminaire, et, respective-ment, en régime turbulent.
La figure 4 est une vue en coupe schématique d'une deuxième réalisation de l'appareil suivant l'invention.
La figure 5 est une vue en coupe d'une réalisation ultérieure de l'appareil suivant l'invention, sur un plan vertical parallèle aux axes des rouleaux.
La figure est une vue en coupe de l'appareil suivant la figure 5, sur un plan vertical normal aux axes des rouleaux.
La figure 7 est une vue schématique frontale de l'appareil selon les figures 5 et .
<Desc/Clms Page number 5>
La figure 3 en est une vue schématique latérale.
La figure 9 montre schématiquement la formation d'un coussi net liquide autour d'un des rouleaux supérieurs.
La figure 10 montre une disposition servant pour régler auto - matiquement le "mou".
La figure 11 montre schématiquement une disposition mécanique permettant la dilatation thermique longitudinale des rouleaux.
Il est évident que le principe décrit ci dessus peut être réalisé dans les formes les plus variées, en changeant les proportions, les dimensions et le nombre des parties, ainsi que la direction, le sens et la forme des éléments constitutifs Quelle que soit la réalisation de l'appareil, il est cependant nécessaire de satisfaire les conditions indispensables visées par l'invention, savoir la proximité et l'entraîne ment en sens contraires des sections en regard de tissu, de manière que le fluide de traitement, réduit à des épaisseurs non supérieures à 25 mm entre lesdites sections de tissu, soit mis en turbulence, sensible même si la vitesse du tissu n'excède pas 20 m/min. La proximité des sections de tissu entraîne des "trajets " de la matière très longs et ainsi des permanences prolongées de la matière dans les appareils.
Le diagramme des figures 3A et 3B montre deux sections adja centes de tissu Tl et T2, se mouvant dans le fluide de traitement en sens contraires, indiqués par les flèches, l'espacement de ces sections étant indiqué par D. Lorsque la différence algébrique des vitesses V de chaque section de tissu (figure 3A), soit leur vitesse relative, est inférieure à une certaine valeur critique, la couche fluide entre les deux sections se trouve au régime laminaire, où la distribution des vitesses des filets fluides dans la couche est approximativement celle indiquée à la figure 3A. Dans ces conditions, la pénétration du fluide dans le tissu est minimum.
En augmentant convenablement la vitesse des deux sections de tissu adjacentes jusqu'à une valeur VI telle que 2V1 soit supérieur à la vitesse critique, la couche fluide entre les deux sections Tl et T2 entre et se maintient au régime turbulent, indiqué à la figure 3B. Il en dérive que, pour entrer au régime turbulent, il n'est pas nécessaire que la vitesse de déplacement V1 du tissu dans le récipient de traitement excède la valeur critique, en parvenant en même temps à des valeurs hors des règles de cette technique, mais il suffit que le tissu soit disposé dans le récipient par des sections adjacentes se mouvant en sens opposé, de manière que la vitesse relative résultante soit supérieure à la vitesse critique.
On a trouvé qu'en maintenant la distance D inférieure à 25 mm, la disposition susdite assure la réalisation du régime turbulent sans que la vitesse Vl du tissu excède les valeurs habituelles dans cette branche.
L'appareil représenté schématiquement aux figures 1 et 2 représente, pour ainsi dire, la solution idéale de l'invention par la sim plicité de construction, alors que les appareils montrés aux figures 4 à 8 tout en maintenant les caractéristiques de l'invention, démontrent la possibilité de variété de réalisations du principe suivant l'invention, qui ne peuvent naturellement être toutes représentées ni décrites.
L'appareil montré aux figures 1 et 2 consiste essentiellement en un récipient 81 contenant le fluide pour le traitement, et en deux rangs de rouleaux rotatifs, désignés par des numéros impairs de 1 à 19 agencés à la partie supérieure de l'appareil, et deux rangs à nunéros de référence pairs de 2 à 20 dans le récipient 81 à proximité de son fond.
Les rouleaux 2-20 des rangs inférieurs sont agencés aux verticales des in- tervalles compris entre les cylindres 1-19 des rangs supérieurs. Les dia-mètres des rangs de rouleaux à numéros pairs de 2 à la et impairs de 13 à 19 excèdent de 50 mm au maximum les diamètres des rangs de rouleaux à numé ro impair de 1 à 11 et pair de 12 à 20.
<Desc/Clms Page number 6>
Le tissu ou matière en feuille entre d'un côte de l'appareil et passe alternatirement d'un rouleau, du rang inférieur du groupe supérieur 1 à l'un du rang inférieur du groupe inférieur 2, ainsi, successivement 3,4, 5, 6,7,8,9,10,11, ensuite d'un rouleau du rang supérieur du groupe inférieur 12 à 1'un du rang supérieur du groupe supérieur 13, ainsi, successivement, jusqu'an rouleau 20 duquel il est extrait de l'appareil et est entraîné sur les rouleaux 21 à 25. Le schéma de la figure 1 montre clairement; que les sectjos de tissu en regard se meuvent en sens contraire, comme le montrent les floches, et que le liquide contenu dans le récipient 81 est exploité au plus haut degré.
Evidemment, la course pourrait être invertie en faisant passer le tissu en sens contraire à celui décrit ci-dessus. A sa sortie de l'appareil, le tissu, entraîné par deux rouleaux rotatifs superposés 24 et 25 ou par tout autre système approprié apte à imprimer à la matière traitée son 'mouvement de translation, peut être envoyé par un mouvement soit continu, soit intermittent, à des traitements successifs dans des appareils égaux ou différents de celui décrit ci-dessus.
Comme le montre la figure 1, chaque section de tissu dans 1' appareil est en regard, des deux côtés, d'autres sections se mouvant en direction presque parallèle mais en sens contraire. Le fluide remplissant le récipient se dispose entre les différentes sections de tissu, en formant des couches d'une épaisseur très réduite (en tous cas inférieure à 25 mm).
Ces couches de fluide sont mises en turbulence par les deux sections de tissu se mouvant en sens contraire et, en définitive, par des lanes de tissu ayant une vitesse relative qui est deux fois la vitesse absolue du tissu.
La figure 1 montre également qu'en raison du mouvement du tissu alternativement entre quatre rangs de rouleaux, superposés par paires, le contenu en tissu de l'appareil, à parité de ses dimensions globales, est environ deux fois le contenu réalisable par un trajet simple d'après les. procédés usuels bien connus.
Les parcours aussi longs du tissu, bien que dans un fluide et autour de rouleaux tournant facilement, donneraient lieu dans le tissu, ou. autre matière en feuille traitée, à des tensions si élevées qu'elles ne pourraient être supportées par le tissu sans se détériorer.
Pour réaliser un "mou", les rouleaux des deux rangs supérieurs comme le montre la figure 2, sont mus par une transmission extérieure au récipient et actionnée par le même dispositif d'entraînement imprimant la vitesse de translation à la matiòre traitée.
L'entraïnement des deux rangs de rouleaux de renvoi inférieurs de l'appareil est opéré par la transmission selon la figure 2 entre deux roues ou poulies 29 et 30 qui, par effet de leur diamètre variable ou de tout autre dispositif approprié, automatique ou non, ont un rapport de vi tesse variable.
Par ce dispositif, les deux rangs inférieurs de rouleaux tourrient ' des vitesses périphériques variables, dans les limites covenables d'écart en plus ou en moins de la vitesse de translation que le tissu subit par effet du dispositif d'entraînement à la sortie de l'appareil.
Ces écarts de vitesse entre le tissu et les cylindres de renvoi dépendent, selon des relations assez uniformes, de la vitesse et de la
<Desc/Clms Page number 7>
qualité du tissu, et, s'ils sont opérés d'une manière et dans une mesure appropriées., ils suffisent très bien à compenser le retrait ou l'allonge- ment du tissu pendant son traitement et à éliminer complètement la ten- sion de la matière pendant son trajet dans le récipient. On peut obtenir de bons résultats, surtout sur des matières autres que les textiles et de consistance relativement rigide, en actionnant, dans les appareils con- struits selon ce principe, aussi les rouleaux supérieurs, soit tous les rouleaux de renvoi de la matière.
¯Une circulation de fluide, avec le rechange constant qui en dérive, ayant donné des résultats excellents a été obtenue en envoyant le fluide de la partie inférieure du récipient et le faisant sortir à la par- tie supérieure simplement par flux naturel.
On obtient ainsi un flux général de bas en haut accompagné des innombrables flux en tourbillons à l'intérieur de l'appareil, comme décrit ci-dessus.
Il y a lieu enfin de remarquer que dans les appareils réali- sés de différentes manières suivant le principe de l'invention le trajet très long de la matière qui en dérive réalise des rapports très élevés entre la longueur de matière traitée et la quantité de fluide contenu dans le récipient. Dans les appareils déjà réalisés on a obtenu des rapports de 1 mètre de matière à 15 16 litres de fluide, ce qui apparaît comme très avantageux.
Le système suivant l'invention, tout en contenant et étant avantageux pour des appareils et des traitements opérés à des faibles vitesses de translation de la matière, est encore plus intéressant pour des applications et des traitements à vitesse élevée.
En effet, la vitesse relative des sections de tissu ou de matière se mouvant en sens contraires, qui est double de la vitesse absolue d'entraînement, comporte des valeurs très différentes aux vitesses faibles et élevées. Si, par exemple, le tissu est entraîné à une vitesse de 10 m/min., la vitesse relative sera de 20 m/min, valeur à laquelle doivent se référer les effets de turbulence et d'action réciproque entre fluide et tissu.
Cependant, si la vitesse augmente jusqu'à 100 m/min, par exemple, avec une vitesse par rapport au cas précédent de 90 m/min, la vitesse relative devient désormais 200 m/min, avec une différence de 130 m/min.
Si l'on considère que la turbulence et les actions réciproques entre le fluide et le tissu ne sont pas directement proportionnelles à la vitesse relative, mais sont croissantes, par rapport à celle-ci, selon une loi exponentielle, on voit que les effets des traitements opérés par ce procédé sont considérablement augmentés. Au point de vue de la construc- tion il convient d'agencer les rouleaux de renvoi dans les appareils de différentes manières d'après l'invention, sur des cadres facilement amovibles du récipient destiné à contenir le fluide. Ce récipient peut être avantageusement muni d'ouvertures latérales, telles que des fenêtres ou des portes étanches, assurant une accessibilité facile et aisée à l'intérieur de l'appareil, soit pour contrôler son fonctionnement, soit pour son entretien.
Dans la variante (figure 4), les sections en regard du tissu, au lieu d'être verticales, peuvent être situées dans des plans sensiblement horizontaux. On utilise toujours la caractéristique essentielle de deux sections de tissu sensitlement parallèles l'une à l'autre, se trouvant à une distance réciproque D non excédant 25 mm.
L'appareil montré aux figures 5 à 8 présente la même disposition des rouleaux et le même trajet de tissu que les figures 1 et 2.
Cependant, les parois du tac 101 sont plus hautes, de manière que les cylin-
<Desc/Clms Page number 8>
dres supérieurs 102 sonttotalement immergés dans le tain, et leurs pi vots 103, passant par des trous percés dans les parois du bac, sont por tés par des supports appropriés 104 et reliés par une transmission 105- 10 qui leur imprime ur. mouvement rotatoire.
Des deux côtés du bac, à l'intérieur des supports des cylin dres, sont prévus deux bacs 10 collecteurs duain débordant des trous dans les parois du bac autour des pivots des rouleaux 102 et de la partie supérieure 107 du bac. L'alimentation dU fluide en quantité suffi- sante s'opère à la partie inférieure du bac, au -dessous des rangs inférieurs de rouleaux, par un tube adducteur 10@. La transmission du mouvementà 1'appareil s'effectue en même temps au rouleau 109 entraînant le tissu et aux rouleaux supérieurs 102 attirant le tissu pendant son trajet dans le fluide.
Quelle que soit cette transmission, il est toujours es- sentîel que l'on puisse faire varier en plus ou en moins par rapport à la vitesse périphérique du rouleau 109 qui imprime la vitesse de translation au tissu, la vitesse périphérique des rouleaux 102. Cette variation de vitesse des rouleaux 102 est nécessaire pour compenser le retrait et l'allongement du tissu pendant le traitement et pour lui imprimer un "mou" en utilisant l'effet de frottement fluide engendré entre les rouleaux immergés et le tissu.
Cet effet de frottement fluide est engendré par l'intermédiaire d'un coussinet fluide formé par le bain de traitement autour des rouleaux 102 en vertu de leur vitesse de rotation.
La figure 9 montre un des rouleaux supérieurs 102 enveloppé par le tissu b par l'intermédiaire de l'épaisseur fluide c. Les flèches indiquent les directions de mouvement.
La force d'entraînement sur la boucle ascendante de tissu et, en définitive, la force de rappel exercée par le rouleau sur le tissu est fonction, à parité d'autres variables, de l'épaisseur du coussinet fluide c et est la résultante d'une succession d'états d'équilibre.
En effet, si la vitesse du tissu est faible, la boucle descendant du rouleau 102, par effet du rappel des rouleaux qui le suivent dans le sens du mouvement, entre en tension, l'épaisseur du coussinet g diminue et le frottement entre le cylindre 102 et le tissu ': augmente, en rappelant celui-ci de la boucle ascendante à une vitesse plus élevée. Par contre, si la vitesse du tissu est excessive, une quantité plus importante de fluide se place en petits tourbillons entre le cylindre et le tissu, ce qui réduit le coefficient de frottement.
Il y a lieu de noter que, les rouleaux supérieurs étant commandés, le poids du tissu qui bien que faible, n'estpas négligeable en raison de son immersion dans le bain, tend à faire adhérer le tissu au cylindre et ainsi à régulariser son rappel sur la boucle ascendante, en accordant une certaine flexion à la boucle descendante.
En conclusion, chaque rouleau supérieur 102 rappelle le tissu, qui descend et remonte du rouleau supérieur qui le précède, avec une intensité variable indirectement par rapport à l'épaisseur du coussinet c, et ainsi variable directement avec la tension du tissu.
L'intensité du rappel augmente avec la tension du tissu il s'établit ainsi un équilibre entre la vitesse du tissu et la vitesse périphérique de chaque rouleau. Dans l'ensemble il est nécessaire, pour engendrer le frottement fluide, que la vitesse périphérique des rouleaux soit supérieure à celle d'entraînement du tissu, l'importance de cette différence étant variable avec la vitesse et la qualité du tissu, ainsi qu'avec la qualité du bain de traitement. Cependant, si le tissu subit un retrait ou un allongement pendant le traitement, la vitesse des rouleaux 102 doit être réglée en proportion, pour éviter toute modification de l'état d'équi- libre décrit.
Il peut arriver que, si le tissu s'allonge dans une mesure
<Desc/Clms Page number 9>
supérieure à la diminution de la vitesse tissu-rouleau, la vitesse péri- phérique totale des rouleaux 102 soit inférieure à la vitesse de trans- lation du tissu.
De plus, comme les rouleaux supérieurs sont plongés dans le liquide, le tissu ne parvient pas à s'enrouler sur eux, car au point "d" de la figure 9 les filets fluides par force centrifuge et le poids et la vitesse du tissu tendent à écarter le tissu du rouleau vers le bas. La figure 8 montre, à titre d'exemple, un des systèmes possibles pour réali- ser la transmission du mouvement décrite ci-dessus.
La poulie motrice 110 actionne un contre-arbre 111, qui ac- tionne, par des réductions de vitesse appropriées, les rouleaux 109, 112 et 113 entraînant le tissu avec ou sans le rouleau de pression 114. Le contre-arbre 111 actionne les rouleaux 102 à vitesse variable par l'intermédiaire d'un variateur de vitesse 115 et d'une chaîne continue 116.
Le variateur peut être actionné à la main ou automatiquement en vue de modifier la vitesse des rouleaux 102 et ainsi l'effet de rappel 'sur le tissu dans le bain. Il est prévu dans ce but d'asservir le varia- teur de vitesse 115 à l'aide d'un servo-moteur, à la translation du rouleau 117 qui, pouvant coulisser sur des guides horizontaux par effet de la tension dans le tissu, peut corriger, allongement ou tension excessive.
Un exemple de cet asservissement pour réaliser le réglage automatique du "mou" est représenté à la figure 10.
Le cylindre 117 tend à l'aide d'un contrepoids "p" à assurer une tension appropriée du tissu. Toute variation de cette tension opère une translation du cylindre 117 et ainsi, par l'entremise d'une transmission à chaïne ou à chenille se terminant par le contrepoids "P", fait tourner laroue 123 à droite ou à gauche. La roue 123 est munie d'un appendice 126 pour insérer, alternativement selon le sens de rotation, deux contacts électriques 124 et 125 qui, par l'entremise d'un moteur pilote, qui par l'intermédiaire du variateur de vitesse 115 produit une élévation ou bien une diminution de la vitesse des rouleaux supérieurs 102.
Les rouleaux supérieurs, actionnés par la transmission extérieure, et les rouleaux inférieurs 118 tournant librement sur des supports 119 à l'intérieur du bac, ont la possibilité de se dilater par effet de la température pouvant être requise par le bain de traitement.
La figure 11 montre schématiquement une solution mécanique apte à assurer cette dilatation thermique longitudinale des rouleaux et de leurs pivots. Les pivots tournent dans des supports en matière métallique ou synthétique, convenant pour le bain de traitement, ces supports étant portés entre des guides métalliques fixes, laissant à ces pivots la possibilité de se déplacer librement en direction horizontale. Toute dilatation thermique horizontale peut donc se produire librement, en rendant en outre très simple le montage et la substitution des parties usées.
Le bain de traitement peut être chauffé, soit directement, par exemple par de la vapeur directe admise à la partie inférieure par le tube adducteur 120, soit indirectement grâce à la double paroi 121 entourant le bac de trois côtés.
L'appareil est également muni d'une pompe 127 pour faire circuler le bain sortant des bacs collecteurs 106 et le refoulant dans le tube adducteur 108. Cela engendre à l'intérieur du bac un flux fluide de bas en haut et du centre vers l'extérieur (figure 5) qui facilite largement l'élimination de plis dans le tissu.
Les parois latérales du bac sont enfin munies de larges portes ayant des fenêtres 122 qui facilitent l'inspection pendant le fonctionnement et le nettoyage intérieur lorsque le bac est vide.
Il est évident que le procédé suivant l'invention peut être exécuté de toutes manières autres que celles décrites, et que les appareils dé-
<Desc/Clms Page number 10>
crits et représentés peuvent subir de nombreuses modifications et des perfectionnements sans sortir du cadre de cette invention tel qu'il est défini par les revendications qui suivent.
REVENPICATIONS.
1.) Procédé pour le traitement continu de tissus ou de toute autre matière en feuille, caractérisé en ce que l'on meten translation des sections de tissu ou matière en feuille continue en regard et espacés de moins de 25 millimètres.