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La présente invention est relative aux arts graphiques. Elle a plus particulièrement pour objet des matrices perfectionnées destinées à servir en impression stéréotypique.
Lorsqu'on utilise des matrices cellulosiques à partir desquelles il s'agit de couler une planche métallique d'impression, il est important que la matrice terminée ait une solidité suffisante, sur les parties en relief de sa face, pour résister aux pressions normales de coulée; autrement, les pressions de coulée pourraient avoir pour effet que les parties en relief de la face de la matrice (qui correspondent aux parties en creux du dos de la matrice) s'écrasent.
Si ces parties en relief s'écrasent, la planche d'impression donne une impression "de fond"; ce qui veut dire que des parties de la planche d'impression qui ne devraient pas s'imprimer s'impriment parce que certaines parties en creux de la planche d'impression sont trop élevées relativement aux surfaces d'impression désirées, L'impression de fond est gênante aussi bien dans l'impression en noir et blanc, où l'on utilise généralement une matrice à forte contraction, que dans l'impression multicolore, où l'on utilise une matrice séparée à "faible contraction" pour chaque couleur de l'ouvrage.
Afin d'éviter ou de réduire l'impression de fond, il est usuel de renforcer les parties en creux des matrices moulée , qu'elles soient du type à forte ou à faible contraction, en appliquant de façon adhésive, à différents points en creux ou points bas du dos de la matrice, des bandes de soutien en cellulose ou en carton relativement raide, avant l'opération de coulée. Cette opération de renforcement ou de "garnissage" se fait à la main et elle est très coûteuse puisqu'elle nécessite les services de techniciens qualifiés, et amène aussi un retard dans une opération qui nécessite souvent de la vitesse. En outre, il se produit des variations et différences indésirables dans cette opération de garnissage à la main, par suite de différences dans l'habileté relative de divers techniciens.
On utilise plusieurs procédés de moulage pour faire des matrices à partir d'un flan cellulosique, suivant que l'on cherche une matrice à contraction forte ou contraction faible. Une pratique courante, dans la confection des matrices à contraction élevée, consiste à soumettre le flan à une haute pression à la température ordinaire pendant que le flan est mis en place entre le moule et une couverture souple et absorbante. Ensuite, on garnit à la main, comme décrit plus haut, la matrice façonnée qui contient les impressions du moule sur sa face, et les contours correspondants sur sa surface de dos, puis on la cuit, ou on la "grill" dans un four,pour la sécher; il se produit alors une contraction considérable de la matrice. Ensuite, on coule, à partir de la matrice cuite et contractée, une planche d'impression métallique.
Quand on fait des matrices à faible contraction une pratique générale est de placer le flan contenant environ 10 à 20 % d'humidité entre le moule et une couverture absorbante et souple, en laine, feutre, etc, dans une presse chauffée. La tête mobile de la presse appuie alors le flan contre le moule, à une pression d'environ 105 Kg/om2, transmise par la couverture souple; on maintient, pendant environ 5 à 15 minutes, cette pression ainsi qu'une température d'environ 149 à 177 C; pendant ce temps de contact à haute température et de haute pression, il s'évapore une quantité considérable de l'humidité présente dans le flan. La matrice obtenue, qui est alors assez sèche, est ensuite garnie à la main et finalement cuite pour éliminer l'humidité résiduelle et/ou absorbée avant de couler la planche métallique.
Le Demandeur a découvert que les opérations de garnissage à la main peuvent être évitées, aussi bien pour les matrices à contraction forte qu'à contraction faible, et que l'on peut faire des matrices supérieures, "prégarnies". Dans l'un des'aspects larges de la présente inven-
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tion, on fait une matrice comprimée dont le côté dos est à peu près plat et ne nécessite pas de bandes séparées pour renforcer les surfaces en relief de la face de la matrice.
Pour former une telle matrice prégarnie, on comprime un flan compressible, ou un flan ordinaire un peu plus épais, tandis que l'on maintient le flan entre le moule et une plaque de matière poreuse, à peu près plate, relativement rigide, matière à travers laquelle la force de compression et de tassement est transmise, et à travers laquelle peut passer l'humidité libérée du flan. Par l'expression "relativement rigide", utilisée ici, on veut dire à peu près incompressible, que la matière soit, ou non , plus ou moins flexible.
Les caractéristiques de l'invention pourront peut -être être mieux comprises si l'on se réfère aux dessins ci-joints, sur lesquels :
Fig. 1 est une vue latérale d'une presse à vide chauffée contenant une planche ou moule gravé, une matrice et une plaque poreuse placée par dessus.
Fig. 2 est une élévation d'une plaque métallique poreuse, utile dans la mise en pratique de l'invention, une portion centrale ayant été agrandie pour souligner la structure de la plaque.
Fig. 3 est une vue en coupe transversale d'une matrice prégarnie faite conformément à l'invention.
Plus particulièrement, sur les dessins, on voit sur la fig. 1 une presse à chaud 11 comportant une table inférieure ou enclume, 12, sur laquelle sont montées la planche gravée 14, la matrice 15 et la plaque métallique poreuse 16. La tête ou platine fendue 18 est maintenue contre la plaque métallique 16 par le piston 20, qui est poussé hydrauliquement depuis la partie supérieure 22 de lapresse. La pompe à vide 24 est reliée activement à la platine 18 par un conduit flexible 26, et sert à enlever l'humidité évaporée qui traverse les portes de la plaque 16 et les fentes 28 de la platine 18.
Dans une forme de réalisation, actuellement jugée plus intéressante, de l'invention, on utilise une plaque de bronze poreuse qui est composée d'un grand nombre de petites boules ou sphères, frittées ensemble par une technique de métallurgie des poudres. On voit une vue agrandie d'un fragment d'une plaque de ce genre sur le fig. 2, où la porosité de la matière, due à la position des diverses particules ou sphères 30, se trouve soulignée. Un bronze poreux de ce type se trouve actuellement sous la désignation de "Porox Grade 1" chez le fabricant, la société dite Général Motors Corporation (Moraine Products Division), de Dayton, Ohio (EtatsUnis). Cette matière poreuse particulièrement intéressante est dure, relativement rigide et lisse, et aussi résistante à la corrosion et aux contraintes de choc.
Il est entendu que l'on peut aussi utiliser, dans la pratique de la présente invention, d'autres matières à peu près équivalentes. Par exemple, on peut utiliser des qualités moins grossières de "Porox", des plaques métalliques finement perforées, de la céramique poreuse telle que la porcelaine non émaillée, des mélanges poreux de ciment et d'amiante, et même des plaques relativement plates de gel de silice.
Sur la Fig. 3, on voit une vue en coupe transversale d'une matrice "prégarnie" faite conformément à l'invention. On voit que le recto ou côté face 31 de la matrice 15 présente des reliefs 34 et des creux 36, qui s'imprimeront sur le métal de cliché, tandis que le côté dos, 38, est à peu près plat ou présente des irrégularités moindres, en un dessin assez régulier.
Pour faire des matrices prégarnies du type décrit, on peut utiliser soit des presses à froid, soit des presses chauffées, ces dernières étant, soit simples, soit du type à vide. De plus, avec les presses chauffées, on peut maintenir une couverture absorbante souple sur celui des cô-
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tés de la plaque poreuse qui n'est pas en contact avec la matrice, ou bien on peut supprimer la couverture absorbante. Il est avantageux aussi d'a- voir une toile ou écran poreux dur entre la matrice et la plaque poreuse, pour diminuer l'obstruction des pores ou fines ouvertures de la plaque par de la filasse.
Il y a lieu de noter que l'on peut utiliser diverses composi- tions de flan. On peut former des matrices prégarnies à partir de flans ordinaires, plutôt denses ou tassés, quand l'épaisseur de flan avant com- pression est plus grande que d'ordinaire.
Par exemple, on peut avantageusement utiliser des flancs qui sont environ 50 à 200 % plus épais que de coutume. Quand on utilise ces flancs plus épais, de composition relativement tassée, on accroît leur te- eur en humidité avant compression, jusqu'à une valeur supérieure à 20 %, pour accroître la compressibilité du flan.
D'autres flans que l'on peut utiliser sont des flans souples compressibles, assez épais pour donner une surface de dos plate à la compression. On peut faire ces flans compressibles en réglant les conditions de fabrication, soit par la méthode d'accroissement ou procédé à machine humide, pour donner un flan moins dense, soit encore, en ajoutant, à une composition de flan ordinaire, environ 10 à 30 % de matière souple, telle que laine minérale ou animale, coton, poil fin, etc., dans laquelle sa souplesse est une caractéristique inhérente de la matière ajoutée, ou est due à sa forme physique.
On règle ces flans compressibles, quant à la densité, de façon qu'à la compression, ils se compriment à une densité suffisante - tant pour les portions épaisses obtenues que pour les portions minces - pour résister au déplacement relatif de reliefs et des creux de la matrice dûs aux pressions normales de coulée, tout en gardant encore une porosité suffisante pour permettre l'évacuation.de l'humidité de la matrice. La présente invention embrasse aussi les flans composites dont la partie face est relativement dure et dense tandis que la partie dos est moins dense, plus souple et compressible. On peut aussi utiliser des flans dimentionnellement stables, contenant des fibres de verre.
Quand on fait des matrices à faible contraction, on maintient de préférence la température de la presse à chaud, entre 140 et 177 C environ, la pression à 105 - 140 Kg/cm2, et le temps de compression à 5 - 15 minutes. On peut apporter des modifications à ces conditions, tout en restant dans l'esprit de l'invention. Il est bien entendu que la description de formes de réalisation particulières, donnée ici, a seulement pour but d'illustrer l'invention, mais sans la limiter de façon injustifiée.
REVENDICATIONS.
1. - Un procédé de fabrication d'une matrice prégarnie, pour impression stéréotypique, à partir d'un flan en matière cellulosique, ledit procédé consistant essentiellement à comprimer le flan entre le moule et une plaque de matière poreuse, à peu près plate, relativement rigide, à travers laquelle est transmise la force de tassement et de compression et peut être évacuée l'humidité libérée du flan.