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La mise en oeuvre du béton coulé sous l'eau par des goulottes est de pratique couranteo
Ramenée à l'essentiel, une installation comprend (figo 1) une goulotte de coulée composée d'un tube vertical a, surmonté d'une trémie ou entonnoir .±0
En fonctionnement, le niveau e du béton à l'intérieur est né- cessairement compris entre deux niveaux : - le premier d correspondant à l'arasement supérieur de la tré- mie ou entonnoir.
- le seeond e étant celui pour lequel la charge d'eau H qui s'exerce sur la masse de béton déjà coulée est équilibrée par la colonne de béton en hauteur h qui est située à l'intérieur de la goulotte et au- dessus du niveau général de cette Niasse ;
ce qui s'exprime, si $ est la densité du béton considéré, par la relation h = Ho 5
A tout niveau compris entre les deux limites ci-dessus, il¯¯¯ peut y avoir, sous l'effet de la pesapteur, un régime stable d'écoulement pour un béton de caractéristiques bieh définies, à la condition que les pertes de charge par frottement .dans la goulotte, par effet d'ajutage ou d'étranglement à la base de celle-ci, enfin, par résistance au déplacement de la masse de béton déjà coulée, équilibrent cet effet de la pesanteur.
Mais de tous les régimes d'écoulement qui sont possibles du seul point de vue exprimé ci-deasus, les plus stables sont ceux qui font le moins intervenir les forces de frottement ou pertes de charge, car @des va- riations même légères dans les caractéristiques essentielles du béton en cours de Coulée, et notamment dans la teneur en eau, apportent des varia- tions importantes et brusques dans ces forces antagonistes, ce qui est sus- ceptible de perturber profondément le régime d'écoulement.
Si on considère, au contraire, dans le béton en mouvement, l'eau qui y est contenue, le régime le plus stable n'est pas celui qui vient d'être défini, mais celui qui correspond à l'équililree hydrostatique de l'eau prise isolément, tout niveau c u béton dans la goulotte qui est inférieur a celui du plan d'eau extérieur! étant susceptible de provoquer, sous certaines conditions, un mouvement de l'eau en sens inverse de celui qui correspond à la coulée du béton, jet par conséquent un délavage ou une dissociation de celui-ci.
Pendant longtemps, et sans doute en raison de cette dernière préoccupation, considérée comme majeure, la technique d'emploi des goulottes a consisté à faire fonctionner celles-ci non seulement pleines, mais avec une réserve importante de béton dans )la trémie, et faute de disposer d9un dispositif sûr d'étranglement de la veine de béton au bas de la goulotte, le fonctionnement était obtenu par levée ou abaissement de celle-ci, ce qui donnait un régime d'écoulement du béton essentiellement instable et intermittent.
On sait les mécomptes auxquels cette technique conduit et la prévention qui en résulte sur les bétons coulés sous l'eau en général.
.Pourtant, compte-tenu de progrès réalisés dans;la composition des bétons, dans les moyens de contrôle de leur qualité et de leur teneur en eau, il est acquis que, sous certaines conditions, les régimes d'écoule- ment les plus stables, c'est-à-dire ceux pour lesquels la colonne de béton dans la goulotte est la plus faible, sont possibles sans risque de délava- ge ou de dissociation du béton. :
Ces conditions, qui ont n caractère impératif pour aboutir à une exécution parfaite, sont d'obtenir :
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- d'abord, un amorçage correct de la goulotte µ la mise- en route du bétonnage, c'est-à-dire la substitution d'une colonne homogène de béton à la colonne d'eau qui emplitinitialement la goulotte ;
- ensuite, la formation régulière d'une certaine masse de béton, appelée communément "bulbe", qui, tout en conservant ses qualités d'homogénéité, entoure le pied de la goulotte sur une hauteur progressivement croissante - enfin, en laissant la goulotte pénétrer sur une hauteur sensiblement constante dans la masse, le développement régulier et continu de ce bulbe jusqu'à ce qu'il occupe soit seul, soit en conjonction avec le bulbe d'autres goulottes, l'ensemble du volume à bétonner.
L'emploi des dispositifs décrits'ci-après, qui font l'objet de l'invention, permet d'obtenir d'une façon constante et certaine un béton homogène dans toutes ses parties, dont les qualités sont au moins celles d'un béton hors d'eau, et cela sans surdosage et sans avoir recours. à l'emploi de ciments spéciaux.
Tout l'intérét des dispositifs mis au point réside dans le fait qu'avec eux l'amorçage d'une goulotte, la formation du bulbe, sont toujours réussis et qu'ensuite le bulbe peut être nourri d'une façon régulière jusqu'à la fin du bétonnage en régime continu et stable d'écoulement dans la goulotte.
En application, les résultats se sont révélés absolument sûrs, sans contrôle ni surveillance excessifs, et moyennant certaines dispositions qui font également l'objet de l'invention, le fonctionnement des dispositifs décrits peut être rendu automatique et à l'abri de toute fausse manoeuvre.
Une première caractéristique de l'invention, qui concerne plus particulièrement l'exécution des bétons en grande masse et sur une hauteur importante, est de disposer de goulottes de coulée qui permettent, sans toucher à leur alimentation, de modifier à tout instant la plongée de celles-ci en fonction du régime d'écoulement désiré et de la hauteur de béton déjà coulé, tout en assurant en permancence cet écoulement et l'étanchéité de l'ensemble, même pendant le démontage de certains éléments.
Cette conception consiste essentiellement à disposer de goulot- - tes composées chacune d'une partie fixe avec entonnoir de chargement, et d'une partie télescopique en éléments démontables dont la remontée est assurée de manière très progressive et dont chaque élément, sauf le plus bas, est constitué par deux demi-coquilles facilement dissociables.
La plongée de la partie fixe de chaque goulotte dans la partie télescopique qui lui correspond est telle que, successivement, les éléments de cette dernière peuvent être dissociés au fur et à mesure de sa remontée, en écartant les demi-coquilles dans que la continuité ni l'étanchéité de la goulotte en soient affectées et, par conséquent, sans causer aucune perturbation dans le régime d'alimentation et d'écoulement du béton dans cette goulotte.
Pour faciliter les bétonnages suivant ce principe, l'échafaudage de service comporte deux planchers superposés situés au-dessus du niveau des plus hautes eaux, dont le plus haut constitue un plancher de travail où sont les entonnoirs de chargement et les treuils de manoeuvre progressive des parties télescopiques des goulottes, et dont l'autre plancher., dit plancher auxiliaire, sert aux opérations de démontage des demi-coquilles.
Une autre caractéristique, .qui concerne aussi bien les bétons en grande masse que les autres, est de pourvoir le bas de l'élément inférieur de chaque goulotte télescopique de moyens d'écoulement latéraux du béton, en forme par exemple de créneaux, festons, dentelures, lumières, etc. de telle sorte qu'en combinaison avec un tampon d'amorçage approprié, on réalise un obturateur à orifices latéraux variables commandé soit par la des-
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cente du tamponsoit par la levée de la goulotte ; cet ensemble permet d'assurer d'une façon absolument sûre l'amorçage de la goulotte et la for- mation du bulbe.
Pour cela, le tampon d'amorçage qui comporte un dispositif d'é- tanchéité et des guidages appropriés pour éviter tout coincement, est morité au-dessous de la partie fixe de la goulotte et suspendu par un point con- venablement choisi au câble d'un treuil auxiliaire qui en assure la manoeu- vre.
Au fur et à mesure de la mise en place d'une quantité convena- ble de béton dans la goulotte, ce tampon est descendu progressivement jus- qu'à atteindre le bas de l'élément inférieur de telle sorte qu'en fin de courte tampon et goulotte reposent sur le fond.
Sur la fin de la descente du tampon, la coulée du béton commen- ce par la partie des moyens d'écoulement latéraux non obturés par celui-ci.
Au fur et à mesure de la formation du buble,la section offerte par ces moyens d'écoulement latéraux est augmentée par une remontée progres- sive de la goulotte télescopique, le tampon restant en place sur le fonde
Pour rendre la formation du bulbe automatique et,par conséquent, pour mettre celle-ci à l'abri de toute fausse manoeuvre, la remontée de la goulotte mobile peut être assurée par un vérin dont la course soit en rapport avec la course maxima désirée pour le fonctionnement de la goulotte comme obturateur, et notamment au début, pour que le tampon n'échappe pas.
Le vérin en question est fixé à 1'extrémité du câble de levée de goulotte opposée à celle qui est 'enroulée sur le treuil de manoeuvreet il est commandé par une ou plusieurs cellules disposées contre la paroi de la goulotte à hauteur convenable et contrôlant le niveau du bétono
En déhors de la phase de formation du bulbe,de dispositif automatique peut servir à contrôler la régularité de la coulée jusque la fin de celle-cio
Pour accélérer la formation du,bulbe, on peut placer le pied de goulotte dans un avant-trou creusé dans le fond du volume à bétonner.
Lorsque les conditions locales ne s'y prêtent pas, une autre caractéristique de l'invention est de réaliser artificiellement les conditions de fonctionnement fournies par l'avant-trou en plaçant au pied de la goulotte un anneau, préférablement en béton, avec ou sans fond, de forme intérieure appropriée à ce but, et dont la forme extérieure évite la dissociation du béton au moment où celui-ci la recouvre.
Dans certains cas, et plus généralement pour couler des ouvrages .en béton'sous l'eau de dimensions restreintes, notamment lorsqu'il s'agit de pièces en béton armé, on peut avoir intérêt à ne pas laisser dans l'oeuvre le tampon d'amorçage afin de ne pas affaiblir leur résistance par la présence de corps étrangerso
L'invention prévoit également un dispositif d'arrêt à la partie inférieure de la goulotte de coulée (télescopique ou non suivant les cas), permettant d'extraire à la fin d'un bétonnage le tampon d'amorçage en même temps que la goulotte.
Pour obtenir ce résultat, une caractéristique consiste à donner aux moyens latéraux d'écoulement la forme de lumières dont la'hauteur soit sensiblement plus grande que ce qui est strictement nécessaire afin de découvrirmalgré le maintien du tampon au bas de la goulotte,une section d'écoulement du béton suffisante.
Cette augmentation de hauteur est indispendable pour obtenir un écoulement régulier et lent des premières coulées qui forment au pied de la goulotte le "bulbe" de béton9 ce qui permet ensuite un fonctionnement stable, sous alimentation continue, sans délavage ni remontée d'eau dans
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la goulotte ; est d'autant plus importante, toutes proportions gardées, que le diamètre de la goulotte est plus petit.
Pour réduire cette hauteur au minimum, on est conduit à donner aux lumières @,s proportions qui ajourent au maximum compatible avec la résistance la surface périphérique du pied de goulotte. Néanmoins, la hauteur reste telle que, selon les dispositifs de l'invention déjà mentionnés, deux inconvénients se produisent.
Le premier inconvénient tient au fait que, dans la traversée des lumières, le tampon d'amorçage n'est plus guidé que par des éléments très minces de la surface périphérique de la goulotte et que, de ce fait, il risque de se coincer. Pour y remédier, le tampon est centré par des ailettes de forme appropriée, qui offrent le minimum de résistance à la coulée du béton, et qui sont solidaires du tampon par un tube axial de longueur telle qu'au plus bas de la course du tampon les ailettes soient encore au-dessus des lumières.
Accessoirement, ce tube laisse passer le câble de descente du tampon de telle sorte que son attache soit logée dans le tampon, ce qui ne cause aucune gêne dans la colonne de béton.
Un second inconvénient réside dans le fait que, si les lumières ont une hauteur importante, la descente du tampon, en découvrant progressivement ces lumières, provoque l'écoulement du béton à l'extérieur de la goulotte, à une hauteur qui n'est pas négligeable au début, ce qui est susceptible, tout au moins pour une petite quantité de'béton, de provoquer un certain délavage. Pour l'éviter, il convient d'assurer, d'une part, la descente du tampon d'amorçage jusqu'à, sa position la plus basse, sans écoulement de béton, d'autre part, d'avoir la possibilité d'ouvrir progressivement et de bas en haut les lumières.
A cet effet, la partie basse de la goulotte est complétée par un fourreau coulissant soit manuellement, soit automatiquement par un dispositif analogue à celui qui est prévu pour le relevage des goulottes, et susceptible de couvrir ou découvrir entièrement, progressivement ou non, les lumières d'écoulement.
Ce fourreau coulissant peut être soit intérieur, soit extérieur à la goulotte. @
Subsidiairement, la combinaison de ces perfectionnements permet à tout moment, et en particulier à la fin d'une coulée, d'arrêter l'écoulement du* béton, alors qu'il reste encore une certaine quantité de celui-ci à l'intérieur.
Lorsqu'il s'agit de couler en béton sous l'eau des ouvrages'dont la hauteur est relativement faible, le dispositif avec goulottes télescbpiques est superflu.
Un perfectionnement dans ce-cas consiste à réaliser en haut de la goulotte, équipée avec cache, une tête de goulotte qui groupe en un ensemble la trémie de-remplissage, le treuil de commande du tampon d'amorçage, le treuil de manoeuvre dû cache inférieur, la suspension du tout à un point fixe, par l'intermédiaire d'un treuil auxiliaire ou palan, ou au crochet d'un appareil de levage, enfin dans certains cas, le départ des tubes-guides, dont il va être fait mention ci-après.
On observe, en effet, dans la mise en oeuvre des bétons coulés sous l'eau par goulottes, que le champ d'action d'une goulotte est fonction d'un certain nombre de considérations, parmi lesquelles interviennent notamment l'épaisseur de la couche de béton à couler sous l'eau, l'enfoncement de la goulotte dans cette couche, et la pente admissible pour la surface séparative du béton et de l'eau.
Lorsque l'épaisseur du béton coulé est relativement faible par rapport au champ d'action désiré, lorsqu'il s'agit d'un béton armé, lorsqu'on désire une surface séparative pratiquement horizontale, pour ne retenir que
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ces cas, il convient de procéder à une pervibration de laçasse du béton coulé sous l'eau. L'expérience montre que cette opération doit être condui- te avec un certain nombre de précautions pour éviter la ségrégation du béton, mais qu'elle est particulièrement bien résolue par des pervibrations de courte durée, exercées verticalement., à l'aplomb d'emplacements assez régulièrement espacés et judicieusement choisis.
Un perfectionnement consistes, pour réaliser cette pervibration, à disposer concentriquement autour de la goulotte', ou de part et d'autre de celle-ci, une ou plusieurs séries de tubes-guides verticaux, d'un diamè- tre suffisant pour permettre le passage d'un pervibrateur, et dont la par- tie basse ouverts soit en principe constamment au-dessus du niveau sépara- tif du béton et de l'eau. Ces tubes-guides peuvent être;, soit solidaires de la goulotte et dans ce cas leur base est par rapport au bas de la goulotte à une hauteur appropriée au cas à résoudre, soit indépendante de celle-ci.
Ces tubes-guides peuvent être plus ou moins proches de la goulotte selon le cas. Ils permettent de faire descendre à volonté dans le béton, ou de remonter quand il y a lieu;, des pervibrateurs sans le concours de scaphan- driers en des points convenablement choisis, et notamment dans le cas du béton armé, entre les armatures sans risque d'accrochage ou de coincement.
Enfin, toute coulée de béton sous l'eau à 1?intérieur d'une enceinte ou de coffrages suppose une certaine étanchéité de ceux-ci. Les dispositifs sont nombreux et variés en ce qui concerne les étanchéités ver- ticales ou obliques, et les étanchéités horizontales entre éléments de l'en- ceinte ou de coffrages.
Lorsque l'enceinte ou les coffrages ne peuvent être encastrés, ou scellés au fond, l'étanchéité inférieurepose un problème, qui se résoud, mais généralement au prix de 1'intervention, de scaphandriers.
Un perfectionnement consiste à réaliser dans la partie basse et à l'extérieur du coffrage, une ou plusieurs enceintes de faible hauteur, solidaires de coffrage, dans lesquelles on descend depuis la surface, soit par des tubes, soit par tout autre moyen approprié, des matériaux de composition telle qu'en prenant leur talus naturel au-dessous du plan inférieur du coffrage, ils épousent les irrégularités du fond, et réalisent un écran d'étanchéité suffisante pour que le béton coulé sous l'eau ne puisse s'échapper du coffrage par le fond.
Ces matériaux peuvent être, pour partie, les mêmes (enrochements, gravier, sable, etc...) que ceux qu'on peut être conduit à disposer sur le fond dans différents cas au-dessus du terrain naturel, pour égaliser celui-ci.
On décrira plus en détail ici-après une installation suivant l'invention en référence au dessin annexé sur lequel
La figure 2 est une vue en élévation.
La figure 3 est une vue en,plan d'une passerelle pour la coulée de massifs importants.
La figure 4 est une vue en élévationo
La figure 5 est une vue en plan d'une goulotte fixe avec entonnoir de chargement.
Les figures 6, 7 et 8 sont des vues en élévation, plan et détail en coupe d'un élément télescopique de goulotte. '
La figure 9 est une vue schématique montrant l'écartement des demi-coquilles d'un élément de goulotte télescopiqueo
La figure 10 est une vue en plan.
Les figures 11 et 12 senties vues en élévation et par coté.
La figure 13 est un plan coupe d'un dispositif de relevage des goulottes.
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La figure 14 est une vue d'un tampon d'amorçage.
La figure 15 est une vue montrant le montage d'un tampon sur la goulotte.
La figure 16 concerne plus particulièrement la partie inférieure d'une goulotte télescopique.
La figure 17 est une coupe verticale d'une partie inférieure de goulotte.
La figure 18 est une élévation d'une tête de goulotte pour hauteur réduite.
La figure 19 représente en 'coupe verticale, et la figure 20 en plan, une installation de bétonnage sous l'eau d'une'pièce longue et peu épaisse.
La figure 21 est une vue de détail d'une variante.
Les figures 22 et 23 sont des vues en coupe et plan coupe d'une installation de coulée dans un caisson de fondation descendu par havage.
La figure 24 représente une coupe verticale, et la figure 25 en plan coupe, un exemple d'installation de coulée dans un caisson foncé à l'air comprimé.
La figure 26 représente un dispositif d'étanchéité des pieds de coffrage.
L'ensemble de l'installation donnée à titre d'exemple pour une coulée en grande masse (fig. 2 et 3), est placé sur une passerelle 28 qui roule sur une partie de l'ouvrage adaptée à cet usage. Dans le cas d'un béton coulé entre deux rideaux de palplanches 26, 27, la passerelle peut circuler, par exemple, sur des chemins de roulement 31 fixés en tête de rideaux, comme il est figuré au dessin.
Cette passerelle 28 peut être en charpente métallique et comprend notamment deux organes essentiels, un plancher de travail 1, et un plancher auxiliaire 2.
Les dimensions de cette passerelle sont fonction de celles de l'ouvrage et des conditions d'exécution. Pour un travail dans un port à marée, par exemple, sa hauteur peut être telle que les planchers soient toujours au-dessus des hautes mers, permettant ainsi un bétonnage continu. -
Sur cette.passerelle sont montées des goulottes dont le nombre est fonction des dimensions de l'ouvrage à exécuter. ces goulottes se composent d'une partie fixe 4 comportant un entonnoir de chargement 3, et d'une partie télescopique 33 en éléments démontables. Chaque goulotte comporte un treuil 6 assurant le relevage de la partie télescopique au fur et à mesure de la montée du niveau du béton.
La passerelle est enfin munie de tous les accessoires nécessaires, tels que garde-corps, échelles d'accès, etc..
La goulotte fixe 4 (figs. 4 et 5) comporte tout d'abord un entonnoir de chargement 3, soit cylindrique, soit parallèlépipédique, raccordé à la goulotte proprement dite.
Pour assurer l'étanchéité avec la. partie mobile, cette goulotte fixe est munie à sa base d'un joint constitué par une couronne de caoutchouc 8 maintenue entre deux épaulements 9. Enfin, un reniflard 10, constitué par un tube soudé à l'intérieur de la goulotte, assure dans certains cas, et s'il y a lieu, l'évacuation de l'air,
La partie mobile d'une goulotte (figs. 6,7, 8) se compose d'éléments raccordés par brides. Chacun de ces éléments se démonte en deux demicoquilles, jointes suivant 2 génératrices diamétralement opposées.
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La fermeture et l'étanchéité sont assurées par exemple par deux fers T 11 auxquels sont rivées des garnitures en caoutchouc 12 ; à ces fers sont soudées des cerces 13 en fer plat, munies de nervures 14 assurant la raideur au droit de serrages. La fermeture est réalisée par bpulons ou cla- vettes en 15. Pour augmenter l'étanchéité, les joints sont décalés, de 90 par exemple, d'un élément au suivant.
Les diamètres des éléments de goulotte sont tels que le joint en caoutchouc de la partie fixe entre:, à frottement plus ou moins serré, dans la partie télescopique.
En outre, les longueurs des éléments sont calculées de façon qu'il soit possible de démonter- les éléments de;la partie télescopique, comme le montre la figure 9, au fur et à mesure de la montée du béton, sans interrompre la couléeo Par cela, la goulotte 4 restant fixe, la goulotte suivante 5 est écartée en deux moitiés et enlevée dès qu'elle arrive au ni- veau de l'entonnoir 3, tandis que la goulotte suivante 7 continue à monter.
C'est pour ces démontages de goulottes qu'a été prévu le plancher auxiliaire
2 de la passerelle.
Pendant cette remontée progressive des goulottes télescopiques, on continue à couler le béton dans l'entonnoir 3, en veillant à ce qu'il se maintienne dans les goulottes au-dessous du niveau de l'eau, à son ni- veau d'écoulement stable, par exemple au niveau 34 (figo 2).
On observe ainsi que l'on peut travailler en alimentation con- tinue, sans arrêter la coulée du béton dans les goulottes et même pendant leur remontée au fur et à mesure qu'augmente l'épaisseur de la couche de béton en place sous l'eau.
Il n'y a,dans ces conditions,aucun engorgement dans les gou- lottes, contrairement à ce qui se passe dans les dispositifs actuels ; il n'y a pas non plus de circulation d'eau dans la couche en formation, du fait notamment de la remontée progressive et sans a-coups des goulottes, et de la régularité de l'alimentation.
Enfin, sur une longueur calculée, la partie terminale de chaque goulotte n'est pas démontable et ne comportepas de brides. C'est cette extrémité qui, en cours de bétonnage, demeure plongée dans le béton.
Un treuil 95 (figso 10 à 13), qui peut être par exemple à air comprimé, assure le relevage de chaque goulotte. Par un jeu de poulies 16, fixées sur les charpentes du plancher supérieur, le câble de ce treuil va jusque des poulies 17 fixées sur le tronçon terminal de la goulotte, puis revient s'amarrer à un point fixe 18.
Pour l'amorçage de chaque goulotte, l'étanchéité est réalisée au moyen d'un tampon dont un type est représenté figo 14. Ce tampon se compose, dans ce cas, d'une pièce de bois cylindrique 19, traversée par une tige filetée 20. Cette tige filetée est bloquée par un écrou 21, et est munie, à l'autre extrémité, d'un oeil 22 auquel vient s'amarrer un petit câble de retenue 25 ; l'étanchéité est suffisamment assurée par une rondelle en caoutchouc 23, débordant la pièce de bois. De plus, la partie supérieure du tampon comporte des guidages 37 qui permettent d'obtenir un bon centrage du tampon dans le tube télescopique et d'éviter ainsi tout coincement.
Dans une goulotte à amorcer., on place le tampon en 24, comme il est représenté à la fige 15. Ce tampon 24 est relié par un câble 25 à un treuil 62 auxiliaire de commande, et il peut coulisser tout le long des goulottes télescopiques. '
La goulotte d'extrémité 35 (Figo 16) qui n'est pas démontable en deux demi-coquilles, a son bord inférieur crénelé, dentelé, ou pourvu de lumières d'écoulement 36, de sorte que, lorsque le tampon est au sol, les premières coulées passent par interstices existant entre ce tampom d'étanchéité et le bores. ou les lumières 36 de la goulotte 35.
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Au moyen de cette disposition l'écoulement régulier et lent des premières coulées forme immédiatement au pied de la goulotte un "bulbe" de béton 77, ainsi appelé du fait de sa forme, ce qui permet ensuite un fonctionnement stable sous alimentation continue, sans.délavage et sans aucune remoniée d'eau dans la goulotte.
Pour accélérer la formation du bulbe, on peut effectuer celle-ci dans une cavité 32 creusée dans le sol au pied de la goulotte 35. Le cas échéant, suivant la nature et la consistance du sol, cette cavité peut être formée par un anneau circulaire qui peut être par exemple en béton, moulé à l'avance, et immergé au pied de goulotte. Cet anneau, de profil étudié et formant accélérateur d'amorçage, peut s'employer sur un fond dur où il n'est pas possible de creuser. Sur fond très meuble, où l'on ne peut pas non plus établir une cavité, cet anneau muni d'un fond devient une cuvette jouant le même rôle et ne s'enfonçant pas dans le sol.
Au fur et à mesure de la formation du bulbe, la goulotte est remontée, et la coulée s'accentue, par l'augmentation de section, des orifices d'écoulement, le tampon restant centré par rapport au tube grâce à son guidage 37 jusqu'à ce qu'il,devienne possible de l'abandonner.
On pourrait prévoir sur cette goulotte d'extrémité d'autres moyens de distribution progressive du béton que celui résultant d'un bord crénelé ou dentelé ou de lumières sur la goulotte, par exemple'avec un fourreau concentrique extérieurement au bas, de goulotte qui ait lui-même des lumières et dont le fonctionnement serait analogue à celui des fourreaux quicommandentl admission et l'échappement dans les moteurs sans soupape.
Suivant une particularité de l'invention, on peut insérer sur le brin du câble de levage des goulottes qui aboutit au point fixe 18, ,un vérin pneumatique 29, à course réglable, et commandé automatiquement par une ou plusieurs cellules 30 pneumatiques ou électriques par exemple. Ces cellules, logées sur la goulotte mobile sois le niveau des eaux, forment contrôleur de niveau du béton dans la goulotte, et leur action sur le vérin 29, judicieusement déterminée, constitue une régulation automatique du débit de béton à l'amorçage. Cette régulation permet-une action précise, instantanée et évite toute commande intempestive du relevage des goulottes.
La figure 17donne, sous la forme d'une coupe verticale, un mode de réalisation d'une partie inférieure de goulotte conçue plus particulièrement pour le cas où l'on coule en béton sous l'eau des pièces de peu d'épaisseur ou en béton armé et qui tient compte d'un certain nombre de perfectionnements complémentaires nécessaires dans ce cas.,
Le tube 41delagoulotte suspendue et mobile comporte des lumières découlement 42 qui laissent entre elles des parties aussi réduites que possible de paroi du tube, raidies par des renforts 43. Le bas du tube 41 est terminé par une embase 44, qui limite la course du tampon d'amorçage.
Ce tampon comprend une partie cylindrique 45 surmontée d'une partie conique facilitant l'écoulement du béton et montée sur un tube axial 46, dans lequel passe le câble du tampm 25, fixé sous ce dernier par une attache 47 et commandé par l'intermédiaire d'un treuil 62 (fig. 16). Près de l'extrémité supérieure du tube 46, des ailettes 49 au nombre minimum de trois, centrent ce tube 46 et, par conséquent, le tampon. Pour améliorer son étan- chéité, ce tampon peut être équipé avec une garniture souple 50.
Le fourreau coulissant cylindrique 51 représenté ici extérieurement, comporte une double étanchéité 52-qui,peut être constituée, par exemple, par une garniture souple 53 comprise entre deux anneaux filetés 54 qui en permettent le serrage, ou par tout autre dispositif.
Deux anneaux 55 (ou plus de deux anneaux), servent à fixer les câbles ou leviers de manoeuvre du fourreau depuis la surface. Enfin, les renforts 43 qui servent également à maintenir centré le fourreau sont retournés à la base pour former un talon 56 qui limite la course du fourreau
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vers le bas.
La figure 18 représente,en coupe verticale,une tête de gou- lotte avec son équipement pour la coulée sous l'eau d'éléments en béton armé ou non de hauteur relativement réduite.
Selon cet équipement, la goulotte 33 est surmontée d'une trémie de chargement 58, dont elle est solidaire. Une ferrure 59 en forme d'U ren- versé est fixée aux côtés de la trémie 58 et sa partie supérieure reçoit, d'une part, un anneau 60 de suspension au crochet d'une grue 61 ou à point fixe par l'intermédiaire d'un moyen de relevage quelconque, ''et d'autre part, un treuil de manoeuvre 62 du tampon d'amorçage (non figuré).. La position de la ferrure 59 et celle du treuil 62 sont telles que le câble 63 de commande du tampon d'amorçage est centré par rapport à la goulotte 57.
Sur la même trémie 58, et dans une position telle que le char- gement du béton dans la trémie ne soit pas gêné;,se trouve un second treuil
64 ;ce treuil commande le fourreau 51 inférieur de la goulotte.
Enfin, dans certains cas, l'ensemble reçoit, en outre, un ou plusieurs départs de tubes-guides de pervibrateurs,par exemple deux tubes- guides 65 dans le cas de la figure, réunis à la goulotte 33 par des entre- toises 66.
La position de l'anneau de suspension 60 est telle qu'en ordre de marche la goulotte, ainsi équipée, se maintient d'elle-même verticale- ment.
La figure 19 représente en coupe verticale, et la figure 20 en plan, une installation de bétonnage sous l'eau, dans le cas d'une pièce lon- gue et peu épaisse, par exemple dans le cas d'une semelle armée.
Cette installation comprend deux goulottes 33 (ce nombre n'étant nullement limitatif mais approprié au cas considéré), qui plongent à l'in- térieur de coffrage 68, et un certain nombre de tubes verticaux de pervi- bration 69, 70, 71 dont le bas ouvert est arrêté légèrement au-dessus de l'arase du coffrage.
Les tubes verticaux 69 sont voisins de la goulotte, et soudés en quelques points à celle-ci ; les tubes verticaux 70 donnent un autre exemple de tubes voisins de la goulotte, mais indépendants de celle-ci. Les tubes 71 sont judicieusement répartis pour assurer le cheminement correct du béton à partir du pied des goulottes, une Meilleure compacité de celui-ci et en fin de bétonnage, une surface séparative avec l'eau pratiquement ho- rizontale.
La figure 21 représente la même installation que oi-dessus dans le cas où la densité des armatures ne permet pas de placer les goulottes dans le coffrage. Dans le cas de cette figure, le coffrage 68 comporte deux bossages 72 qui permettent d'assurer une alimentation latérale du béton, le bossage betonné étant ou non maintenu après coulée et prise du béton.
La figure 22 représerte, en coupe verticale, et la figure 23 en plan coupe, un exemple d'installation de coulée à l'intérieur d'un caisson de fondation descendu par havage,
L'installation cnmprend essentiellement une ou plusieurs gou- lottes 33, une seule dans le cas de la figure, placée au centre du cylin- dre 74 formant le caisson (s'il s9agit d'un caisson de former cylindrique).
Concentriquement, des tubes de pervittrabion 70 sont disposés convenablement de manière a former avec l'adjonction d'entretoises 76 un ensemble manoeu- vrable facilement. Cet ensemble peut monter et descendre en même temps que la goulotte en étant par exemple solidaire de celle-ci, ou être complètement indépendant.
L'installation fonctionne pour la coulée du béton 77 dans les mêmes conditions que celle précédemment décrite.
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La figure 24 représente en coupe verticale, et la'figure 25 en plan coupe, un exemple d'installation pour bétonner sous l'eau la chambre de travail d'un caisson foncé à l'air comprimé,
Dans cet exemple, la chambre de travail 78, comme il est usuel, comprend deux cheminées de descente 79 pour le passage des tubistes et la montée des déblais.
Mais le plafond de la chambre de travail 80 est traversé, en outre, en un certain nombre de points convenablement choisis (six dans le cas de la figure) par des tubes 81 qui montent jusqu'à. la surface ; ces tubes sont obturés en haut par un tampon 82 et en bas par un tampon complémentaire de sécurité 83.,Sur la fin du tangage, les tampons 83 sont enlevés et, après mise à l'air libre de la chambre de travail, les tampons 82 sont enlevés à leur tour.
Les tubes 81 sont alors prêts à servir de passage à des goulottes 33 de coulée de béton sous l'eau.
Les cheminées de descente 79 laissent passer des tubes 85 pour la pervibration de la coulée du béton 77, de manière à faciliter le cheminement du béton vers cellesci;etenparticulier le rassemblement des laitances au pied des cheminées lorsque la chambre de travail se trouve entièrement bétonnée.
Si les dimensions de la chambre de travail l'exigent, des tubes complémentaires de pervibration peuvent être ajoutés, par exemple en 71.
La figure 26 représente enfin un dispositif d'étanchéité au pied de coffrages qui constitue un perfectionnement sur les méthodes usuelles.
Le coffrage 87 repose, après réglage, plus ou moins inégalement sur le fond 88. Au centre, dans le cas présent, se trouve l'une des goulottes de coulée 33 déjà décrites. A la périphérie, et solidaires des coffrages sont disposées une ou plusieurs enceintes de faible hauteur : deux dans le cas présent, 90 et 91, qui délimitent deux écrans 92 et 93 réalisés en produits convenablement choisis, pour s'opposer à l'écoulement du béton, et qui sont mis en place depuis la surface.
Les caractéristiques et l'importance des installations utilisant les dispositifs décrits dépendent du problème à résoudre et en particulier l'installation peut comprendre une ou plusieurs goulottes dont les différents éléments doivent avoir eux-mêmes des dimensions appropriées. Le système d'alimentation en béton peut également différer d'un cas à l'autre.'
REVENDICATIONS.
1.- Procédé de mise en oeuvre de béton sous l'eau en régime d'écoulement continu et stable depuis la phase initiale jusqu'à la fin de la coulée, caractérisé par le maintien systematique, dès l'amorçage, du béton dans la goulotte au niveau minimum compatible avec ce régime d'écoulement, c'est-à-dire à un niveau voisin de celui pour lequel la colonne de béton dans la goulotte située au-dessus, du niveau général du béton à l'ex- térieur, équilibre la charge d'eau qui s'exerce sur ce dernier.