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Les coeurs pour croisement de voie ferrée sont constitués par une "pointe" formée par deux fils de rails convergeant avant le croisement et par deux "pattes de lièvre" encadrant cette "pointe" dans leurs parties convergentes l'une vers l'autre pour diverger ensuite sur une certaine lon- gueur en prolongeant les rails de la "pointe" après la réunion de ceux-ci.
Ces pièces de voie subissent de grands efforts de chocs du fait de la discontinuité inévitable des champignons des rails entre la "pointe" et les parties en prolongement des "pattes de lièvre".
On a donc cherché à faire des pièces constituant le "coeur" un ensemble monobloc.
Pour cela, on utilise plusieurs dispositifs : a) des coeurs monoblocs dans lesquels la "pointe" et les "pattes de lièvre" sont en un seul bloc par coulée de fonderie. b) des coeurs dans lesquels la pointe et les pattes de lièvres sont assemblés aussi solidement que possible par des éléments d'entretoises et fixation sur des platines.
Les coeurs monoblocs de fonderie sont très robustes et répondent bien aux services qu'on demande sur les voies à trafic lourd et rapide, mais ils sont lourds, difficiles à réaliser et partant onéreux d'achat et d'ins- tallation.
Les coeurs assemblés sont moins coûteux mais l'assemblage entre les rails, les entretoises et les platines, est généralement fait par des boulons qui, sujets aux dévissages, par suite des efforts et des trépidations qu'ils subissent, demandent une surveillance et un entretien pour éviter les accidents pouvant en résulter. On a envisagé des fixations par cordons de sou- dure qui, extérieurs aux contours des pièces en contact, ne peuvent donner sa- tisfaction. L'objet de la présente invention est un mode de réalisation des coeurs en question qui obvie à ces inconvénients en étant moins lourd et moins onéreux à fabriquer que les coeurs entièrement coulés et dont la résis- tance est aussi élevée tout en étant obtenus à partir d'éléments qui sont assemblés d'une façon définitive.
Le coeur objet de l'invention est obtenu par l'assemblage en un seul bloc d'une pointe et de deux pattes de lièvre préalablement préparées à partir de rails d'usage courant, comme dans les coeurs assemblés par boulon- nage, ces pièces étant maintenues chacune dans les positions respectives, qu'elles doivent occuper dans le coeur terminé, et assemblées alors défini- tivement par coulée en place d'un métal très chaud, élaboré sur place par aluminothermie et qui constitue au moins les parties de fixation de chaque entretoise reliée avec ces rails par fusion locale due à la chaleur du mé- tal coulé qui rend l'entretoise solidaire, sans aucune discontinuité dans toute sa section, des pièces assemblées.
Cette méthode de fabrication d'un coeur peut être réalisée de diverses façons, par exemple en établissant, par des moyens connus, des mou- les creux aux emplacements des entretoises, moules dont les rails à assembler constituent les extrémités de chacun et dans lesquels le métal coulé, aussi- tôt élaboré par aluminothermie, constituera entièrement les entretoises sou- dées aux rails par fusion.
On peut également disposer des éléments d'entretoises préétablis et disposés avec des intervalles suffisants à leurs extrémités, entre celles- ci et les rails, pour que la masse du métal de la coulée aluminothermique soit suffisante pour porter à la fusion et le rail et la partie correspondan- te d'entretoise pour les unir en un seul bloc.
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Une méthode préférentielle consistera à utiliser pour constituer la cavité du moule de chaque entre toise, conformément à la demande n PV 674. 167 du 4 Août 1954, pour : Procédé de moulage et dispositif pour sa mise en oeuvre, du demandeur, des coquilles creuses tubulaires, en tôle mince, ayant chacune la forme de l'entrétoise à obtenir et aboutée entre les rails à réunir, qui ferment les extrémités de ces coquilles qui, une fois le sable tassé en place autour d'elles ménageront le vide pour le métal et se- ront intégrées à celui-ci par fusion en même temps que les extrémités de l'en- tretoise obtenue seront intimement soudées aux rails par fusion locale de ceux-ci.
Ce procédé d'assemblage peut n'être appliqué qu'entre la pointe et les pattes de lièvre, la "pointe" pouvant être préfabriquée monobloc par tout moyen, avant d'être reliée aux "pattes de lièvre",pour constituer le "coeur" suivant l'invention.
Les figures annexées permettent de mieux préciser l'invention en montrant en plan, fig, 1 et par diverses coupes transversales, figures 2, 3, et 4, un coeur suivant l'invention.
Dans ces figures : 1 est la "pointe" constituée par la réunion de deux éléments de rails 2a et 2b.
L'écartement de ces rails est maintenu très solidement par une "traverse" 3 coulée "in situ" et soudée par fusion locale du rail en contact, dans toute la section de l'entretoise.
Les pattes de lièvre 4 et 4b, prises dans des éléments de rail, mises en forme par les moyens ordinaires, disposées aux emplacements voulus par rapport à la pointe, sont assemblés par coulées aluminothermiques des "traverses", 5a, 5b, 6 , 6b et 7 qui font un seul bloc de coeur ainsi consti- tué.
Sur la fig. 1, pour simplifier le schéma, on m'a figuré que les champignons des rails et non les rails entiers avec leurs âmes 8 et semelles 9.
Les entretoises peuvent, sans sortir de l'invention, être diffé- rentes, en nombre, en grandeur, en forme et en emplacement de celles schéma- tisées dans les figures données comme exemple non limitatif.
Le procédé et le mode de réalisation en découlant sont applicables à tous les profils de rails.
Le métal des entretoises peut être le même que celui des rails ou être d'un acier différent en soudant intimement à celui des rails par fusion commune.
Il est évident que ce procédé de fabrication des coeurs de croise- ment peut être appliqué également aux parties fixes d'aiguillages.