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La présente invention a pour objet un procédé de triage densimé- trique et/ou granulométrique de produits solides.
Un procédé selon l'invention est notamment caractérisé en ce que l'on introduit les produits à trier dans une conduite où l'on fait circuler un liquide avec une vitesse comprise entre les vitesses limites respectives de dépôt de chacun des constituants à séparer. Par vitesse limite de dépôt d'un matériau dans une conduite parcourue par un liquide, on entend la vi- tesse dudit liquide au delà de laquelle ledit matériau est positivement en- traîné par ce liquide et en deçà de laquelle le matériau se dépose sous for- ne de dunes à cheminement lent, Avec le procédé selon l'invention où la vi- tesse du liquide est choisie intermédiaire, le constituant qui se dépose le moins facilement,est emporté par l'écoulement tandis que le constituant qui se dépose le plus facilement forme une ou plusieurs dunes.
Un tel compor- tement différent des deux constituants offre ainsi la possibilité de les re- cueillir séparément, et, selon l'invention, des agencements appropriés sont prévus à cet effet et seront plus amplement décrits dans ce qui suit.
Avec le procédé selon l'invention, on peut séparer des produits solides aussi bien en deux groupes qu'en plus de deux groupes si on le dé- sire. Il suffit dans ce dernier cas de diminuer par paliers la vitesse de l'écoulement en l'adaptant à chaque constituant à séparer, c'est-à-dire en lui donnant chaque fois une valeur inférieure à la vitesse limite de dépôt dudit constituant mais supérieure à celles de tous les autres constituants encore mélangés avec lui. On peut commodément prévoir à cet effet des aug- mentations successives du diamètre de la conduite.
Le procédé selon l'invention supplique tant au triage densimé- trique qu'au triage granulométrique de produits solides.
En vue d'un triage densimétrique, les produits à séparer sont choisis susceptibles d'être entraînés par saltation, c'est-à-dire en faisant des bonds successifs pendant leur parcours, propriété que possèdent en fait tous les produits dont le diamètre de grain dépasse quelques dixièmes de mil- limètres. Comme ,en saltation, la vitesse limite de dépôt dépend seulement de la densité, le procédé selon l'invention permet de séparer des consti- tuants de densités différentes dans une gamme étendue de grosseurs de grains.
En vue d'un triage granulométrique, les produits à séparer sont choisis susceptibles d'être entraînés par suspension, c'est-à-dire en faisant corps avec la veine liquide qui les entoure, propriété que possèdent en fait tous les produits dont le diamètre de grain est inférieur à quelques dixièmes de millimètres. Comme, en suspension, la vitesse limite de dépôt est tribu- taire de la grosseur des grains, le procédé selon l'invention permet de sé- parer les constituants d'un mélange en fonction de leurs diamètres.
Qu'il s'agisse d'un triage densimétrique ou granulométrique, di- vers agencements peuvent être prévus pour recueillir les constituants sépa- rément .
Avec une alimentation discontinue des produits bruts, il est pré- vu de diriger l'écoulement successivement dans deus bassins différents. Le constituant, qui dépose le moins facilement et qui est donc entraîné rapide- ment, sort le premier et est dirigé dans un premier bassin. L'autre consti- tuant sort quelque temps après, groupé en paquets ou dunes que l'on envoie dans l'autre bassin.
Dans une variante qui concerne aussi plus particulièrement une alimentation discontinue des produits bruts, on extrait le constituant qui se dépose le plus facilement au moyen d'une trappe ménagée dans le fond de la conduite et s'ouvrant automatiquement sous le poids de ce constituant.
Cette trappe peut pivoter autour d'un axe horizontal et a une légère tendan-
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ce à fermer destinée à être vaincue par une surcharge appropriée de la dune.
La trappe peut également être remplacée par une fente.
Par une distribution appropriée de l'alimentation dans plusieurs conduites en parallèle, on peut obtenir un fonctionnement approprié avec une alimentation continue. Mais des moyens peuvent, en variante, être pré- vus pour permettre une alimentation continue dans une même conduite, sans que le fond de celle-ci ne se tapisse d'une couche ininterrompue de maté- riaux, ce qui détruirait l'effet recherché de séparation. Ces moyens con- sistent à développer selon le fond de la conduite une action auxiliaire de déplacement sur chaque dune.
Dans une forme d'exécution de tels moyens, la conduite reçoit une inclinaison notable, éventuellement réglable. Cette inclinaison peut être choisie telle que la dune progresse dans le sens du courant, ou soit stationnaire, ou progresse en sens contraire du courant. Le premier cas sera adapté lorsqu'il y a beaucoup de constituants qui se déposent le plus faci- lement, et les deux autres si c'est l'inverse qui se produit.
Dans une autre forme d'exécution des moyens pour développer une action auxiliaire de déplacement sur chaque dune, le fond de la conduite est prévu mobile, par exemple sous forme d'un convoyeur.
La présente invention a également pour objet une installation pour la mise en oeuvre du procédé sus-indiqué.
Des modes de réalisation de cette installation sont ci-après dé- crits, à titre d'exemple, en référence aux dessins annexés, dans lesquels: la figure 1 est une vue en élévation et en coupe verticale par- tielle d'une installation de triage selon l'invention destinée à séparer des produits en trois groupes différents; la figure 2 est une vue correspondante en plan de cette installa- tion; la figure 3 est une vue schématique d'une variante où une condui- te trieuse pour séparer deux constituants est inclinée, une dune étant en- traînée en déplacement dans le sens du courant; la figure 4 est une vue analogue à la figure 3, mais dans laquel- le la dune se déplace en sens contraire du courant; la figure 5 est une vue analogue à la figure 3, mais dans laquelle la dune est stationnaire;
la figure 6 est une vue schématique en coupe longitudinale d'une autre conduite trieuse, avec formation de deux dunes stationnaires; la figure 7 est une vue schématique générale d'une installation pour séparer deux constituants d'un minerai; la figure 8 est une vue d'une variante d'installation; la figure 9 concerne une autre variante pour une séparation de trois constituants ; la figure 10 est une vue en coupe longitudinale d'une installa- tion dont le fond de conduite comporte un tapis transporteur; la figure 11 est une vue de cette installation, en coupe trans- versale suivant la ligne XI-XI de la figure 10 ; la figure 12 est une vue d'une autre variante, avec un fond de conduite animé d'un mouvement alternatif;
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la figure 13 concerne une autre variante encore ; la figure 14 est une vue schématique d'un circuit de lavage de charbon.
Dans les divers modes de réalisation qui sont décrits ci-après, le triage est, à titre d'exemple, prévu densimétrique avec des produits dus- ceptibles de saltation, mais il va de soi que le.triage peut aussi, dans le cadre de l'invention, être granulométrique, les produits étant alors sus- ceptibles de suspension.
Les constituants gros du triage granulométrique correspondraient aux constituants lourds du triage densimétrique et les petits aux légers.
Dans la forme d'exécution représentée aux figures 1 et 2, le mé- lange des matériaux à séparer est amené, par exemple, par un tapis roulant
10 dans un distributeur rotatif 11 qui déverse une certaine quantité de ma- tériaux successivement dans les alvéoles 12 d'un bassin d'alimentation en eau 13 et en matériaux 14 d'une série de conduites trieuses 15.
L'eau peut être amenée à la demande dans chacun des alvéoles 12 par des canalisations 16 alimentées par l'intermédiaire d'un distributeur 17 à partir d'une conduite principale 18.
En fonctionnement, le débit d'eau arrivant dans un alvéole 12 est constant et le niveau s'établit automtiquement dans cet alvéole à une cote telle que la charge ainsi créée entre le bassin 13 et la sortie 19 de la con- duite trieuse 15 correspondante assure le passage du mélange d'eau et de ma- tériaux dans ladite conduite trieuse.
Le mélange eau-matériaux arrive dans la première partie 20 de la conduite 15 dont le diamètre en cet endroit a été choisi tel que la vitesse de l'écoulement soit inférieure à la vitesse limite de dépôt du matériau le plus lourd qui se dépose sous forme d'une dune qui progresse lentement, tan- dis que les deux autres constituants du mélange demeurent en suspension et sont entraînés par l'écoulement. La dune, qui se débarrasse en progressant .des particules des matériaux les plus légers qui auraient pu être emprison- nées dans sa masse, finit par arriver au dispositif de soutirage 21 où le matériau le plus lourd est recueilli dans un bac 22 d'où il est repris par voie hydraulique et refoulé à l'aide d'une pompe 23 et d'une canalisation 24 vers un lieu de stockage.
L'eau nécessaire à ce transport est amenée par une conduite 25 dont le débit est convenablement réglé.
Immédiatement après le dispositif de soutirage 21, la conduite trieuse comporte un tronçon divergent 26 qui permet d'amener son diamètre à une valeur telle que la vitesse de l'écoulement devienne inférieure à la vi- tesse limite de dépôt du matériau de densité moyenne. Ce matériau, qui dans la première partie 20 de la conduite trieuse avait été transporté en-suspen- sion, se dépose à son tour dans la deuxième partie 30 sous forme d'une dune qui avance et arrive finalement dans un autre dispositif de soutirage 31 tout à fait analogue au premier et comportant bac 32, pompe de reprise 33, canalisation de refoulement 34 et conduite d'amenée d'eau 35.
Le matériau le plus léger,-toujours entraîné en suspension, sorti avec l'écoulement à l'extrémité 19 de la conduite trieuse dans un bac 42 d'où il est refoulé à l'aide d'une pompe 43 et d'une canalisation 44 jusqu'à son lieu de stockage.
On se référera maintenant aux figures 3, 4 et 5 où la conduite est inclinée et où l'on a supposé que le produit à trier constitué de deux maté- riaux de densité différente, est le même et que les conduites trieuses incli- nées 50a, 50b, ou 50c ont le même diamètre. L'alimentation en liquide a lieu
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par les orifices inférieurs 51a, 51b ou 51c et les matériaux à trier sont introduits en 52a, 52b ou 52c, d'une façon continue ou discontinue suivant le cas.
La vitesse d'écoulement du liquide est réglée à une valeur infé- rieure à la vitesse limite de dépôt du matériau le plus lourd qui forme une dune 53a, 53b ou 53c, mais supérieure à la vitesse limite de dépôt du maté- riau le plus léger qui est entraîné par le courant vers la sortie 54a, 54b ou 54c, des conduites trieuses. Sous l'effet du courant de liquide, chaque dune a tendance à remonter vers la sortie de la conduite trieuse par le mé- canisme de progression décrit ci-dessus.
Par contre l'inclinaison des conduites trieuses tend à faire glis- ser les dunes vers le bas. Pour une inclinaison relativement faible, fi- gure 3, de la conduite trieuse 50a, le pouvoir de glissement mécanique de la dune 53a est inférieur à son pouvoir de remontée hydraulique et la dune progresse dans le sens du courant suivant la flèche F , mais plus lentement qu'elle ne le ferait dans une conduite horizontale. Comme aux figures 1 et 2, l'alimentation en liquide doit être continue, l'alimentation en produit à trier doit être discontinue et les matériaux triés sont tous deux extraits, également de façon discontinue à la sortie 54a, et successivement par exem- ple à l'aide d'une goulotte orientable 55.
Pour une inclinaison importante, figure 4, de la conduite trieu- se 50b, le pouvoir de glissement mécanique de la dune 53b est supérieur à son pouvoir de remontée hydraulique et la dune descend en sens contraire du courant suivant la flèche F . L'alimentation en liquide doit être conti- nue. L'alimentation en produit à trier est de préférence continue mais pour- rait être discontinue et l'extraction des matériaux triés a lieu en 56 pour le matériau lourd et à la sortie 54b de la conduite trieuse pour le maté- riau léger.
Pour une inclinaison intermédiaire, figure 5, de la conduite tri- euse 50c, le pouvoir de glissement mécanique de la dune 53c, peut être ren- du sensiblement égal au pouvoir de remontée hydraulique et la dune demeure stationnaire, tout en étant soumise sous l'effet de l'écoulement à un bras- sage continuel. Les matériaux légers sont entraînés par le courant de li- quide vers la sortie 54c où ils sont recueillis par tout moyen approprié.
Les matériaux lourds glissent à partir de la dune vers le bas de la condui- te trieuse où ils sont extraits en 57. L'alimentation en matériaux peut être continue ou discontinue suivant la qualité de triage à obtenir, l'ali- mentation en liquide étant continue ou discontinue.
Par modification de la section de la conduite trieuse, il est pos- sible d'augmenter ou de diminuer localement la vitesse de l'écoulement et de déplacer ou de multiplier de cette façon les zones de formation de dunes.
C'est ainsi que, figure 6, on a représenté une conduite inclinée 60 pour le triage d'un mélange de deux matériaux de densité différente qui sont intro- duits en 61 en un point où la section est telle que, pour la vitesse d'écou- lement du liquide qui en résulte, le matériau léger est entraîné par le cou- rant alors que le matériau lourd se dépose et descend sur la paroi inférieure de la conduie 60. En amont de la zone d'introduction du produit à trier, la conduite trieuse 60 présente un rétrécissement 62 de section qui crée une augmentation locale de la vitesse d'écoulement telle qu'il y ait formation en ce point d'une dune stationnaire 63 constituée plus spécialement de maté- riaux lourds.
Elle arrête, grâce à la vitesse importante de l'écoulement de ce point, les matériaux légers qui auraient pu être entraînés vers la partie inférieure de l'appareil. Ces matériaux, chassés du corps de la dune par le mécanisme de brassage continuel de celle-ci, sont entraînés par le courant li- quide vers la portion aval de la conduite où un élargissement 64 de la section
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crée une diminution locale de la vitesse d'écoulement telle qu'il se forme en cet endroit une dune stationnaire 65 constituée plus spécialement de ma- tériaux légers. Elle arrête, grâce au ralentissement important de la vi- tesse d'écoulement en ce point, les matériaux lourds qui auraient pu être entraînés vers la partie supérieure de l'appareil.
Ces matériaux, se trou- vant dans des zones de vitesses d'écoulement inférieures à leur propre vi- tesse d'entraînement, ne peuvent en aucune façon franchir le seuil critique et retombent par effondrement gravitaire pour glisser vers la dune infé- rieure. De là, les grains lourds glissent et sont recueillis au fur et à me- sure en 66. L'extraction des matériaux légers a lieu en 67.
La figure 7 montre l'agencement d'ensemble d'un appareil mettant en oeuvre le procédé selon l'invention pour le traitement d'un minerai, par exemple du charbon mélangé à du schiste, appareil comportant une conduite trieuse 70 du type de celle représentée à la figure 6. La conduite 70 com- porte deux changements de section, l'un 71 à l'aval qui diminue la vitesse de l'écoulement, l'autre 72 à l'amont qui l'augmente. La forme,la lon- gueur et la section de ces particularités de la conduite 70 sont calculées en fonction du partage des matériaux à obtenir.
Le produit à traiter est introduit dans la conduite 70 au point
73 qui se trouve normalement placé entre les zones 71 et 72. Le produit est acheminé jusqu'en 73 par une cheminée d'équilibre 74 elle-même alimentée par un moyen quelconque, par exemple un convoyeur à tapis roulant 75. Le mélan- ge des matériaux à trier peut arriver dans la cheminée d'équilibre 74 sec ou avec une certaine proportion d'eau.
L'écoulement liquide qui arrive par le point bas de la conduite est fourni par un bassin 76 à niveau constant. Le liquide est refoulé par une pompe 77 depuis le bassin 78 jusqu'au bassin 76 qui alimente à débit constant par un ajutage 79 le bassin d'alimentation 80 de la conduite par son entrée amont 81. Le liquide de trop plein du bassin 76 retourne par la conduite 82 au bassin 78.
L'écoulement liquide entrant au point 81 se dirige d'une part en grosse partie dans la conduite trieuse 70 pour ressortir à son extrémité aval 83 en entraînant les matériaux légers, d'autre part vers l'orifice 84 et la conduite 85 en entraînant les.matériaux lourds.
Les matériaux légers et lourds seront acheminés respectivement vers des dispositifs usuels permettant de les égoutter ou de les deschlam- mer, par exemple des tamis vibrants 86 et 87, comme sur la figure 7 ou bien des norias ou encore des dispositifs de soutirage.
L'eau et les schlamms, après avoir traversé les tamis, retombent dans le bassin 78.
Dans le cas du traitement de produits schlammeux, on adjoint une alimentation 88 en eau claire, et on extrait de l'eau chargée en schlamms à la pointe 89 du bassin 78 pour obtenir une concentration moyenne de schlamms dans le circuit fermé de lavageo
Dans l'installation de triage de la figure 8, le dispositif prin- cipal de triage est toujours constitué par la conduite de lavage 90 dont la section est choisie suivant le matériau et sera de préférence cylindrique pour éviter les courants secondaires et obtenir des écoulements hydrauliques meilleurs. La conduite 90 comporte six modifications de section 91,92, 93 94, 95 et 96 dont les deux premières sont situées à l'amont du point 97 d'introduction du produit à trier et les quatre dernières à l'aval.
Elle peut en comporter un nombre différent, disposées de façon différente sui- vant le produit à traiter.
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Six dunes stationnaires se trouvent obtenues de cette façon dans la conduite. Les quatre dunes 98 situées à l'aval forment quatre barrages successifs et ont pour rôle d'arrêter de façon absolue les matériaux lourds qui se trouvent en très faible quantité dans le produit à traiter. L'ali- mentation en produit se fait par une cheminée 99 où se déverse un convoyeur à tapis roulant 100 pendant un temps déterminé suffisamment long pour per- mettre la formation des dunes stationnaires.
L'alimentation en produit à traiter est alors arrêtée. Les ma- tériaux légers qui sont des matériaux à rejeter sont évacués par l'extré- mité aval 101 de la conduite vers un bassin 102 pour être décantés par un moyen habituel de décantation. Dans le cas décrit,ils sont repris par une pompe 103 et séparés de l'eau de triage dans un cyclone 104. Les produits à rejeter sont évacués par la pointe 105 du cyclone.
Le liquide épuré revient par une conduite 106 dans un bassin d'a- limentation à niveau constant 107. Ce bassin alimente à débit liquide con- stant par un ajutage 108 la conduite de lavage 90 par l'intermédiaire du bassin 109. Le liquide de trop plein du bassin 107 revient par la conduite 110 jusqu'au bassin de pompage 102.
Après l'arrêt de l'alimentation en matériaux, l'alimentation en eau de lavage continue à fonctionner de façon à épurer complètement les du- nes de produits à rejeter qui peuvent être quelquefois de densité voisine du produit final à obtenir.
On obtient alors, après un temps plus ou moins long d'épuration, des matériaux de densité bien définie dans les dunes stationnaires ainsi obtenues.
Il suffit alors d'arrêter ou de diminuer la vitesse de l'écoule- ment en 111 pour que les produits ainsi traités tombent dans un organe de recueil 112.
Ce dispositif peut également fonctionner en alimentation conti- nue en liquide et matériau mais avec extraction continue en matériaux lé- gers et discontinue en matériaux lourds. Le mode de fonctionnement du dis- positif étant évidemment fonction des produits à traiter.
L'appareil repésenté figure 9 permet de trier un mélange de trois matériaux de densité différente.
Une première conduite de triage 120 reçoit le produit à trier par une cheminée 121 dans laquelle déverse le convoyeur à tapis roulant 122.
La conduite 120 alimentée en liquide en 123 sépare le matériau le plus lé- ger qui est entraîné vers la sortie 124 où il est égoutté sur un tamis vi- brant 125.
Les deux matériaux les plus lourds se déposent en formant des du- nes 126 et 127 et finissent par gagner à travers le passage 128 une deuxiè- me conduite trieuse 130 alimentée en liquide en 129 et dans laquelle le ma- tériau de densité moyenne est entraîné vers la sortie 131 où il est égoutté sur un tamis vibrant 132. Le matériau le plus lourd forme les dunes 133 et 134 avant de glisser vers le bas où il est repris en 135 par une canali- sation 136 pour être renvoyé en 137 sur un tamis vibrant 138.
L'alimentation en liquide des deux conduites trieuses 120 et 130 est assurée par une même colonne 139. Un bassin à niveau constant 140 dé- livre par un ajutage 141 un débit constant dans 139. Une pompe 142 envoie dans le bassin 140 du liquide pris dans le bassin 143 qui recueille le li- quide sortant des tamis vibrants.
Il est facile d'augmenter dans un tel appareil le nombre des con-
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duites trieuses disposées en cascade dans le but de trier un produit compor- tant plus de trois matériaux de densité différente.
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On se référera maintenant aux figures 10 et 11 où la conduite est horizontale mais avec un fond mobile.
Sur les figures 10 et 11, la conduite est constituée d'une part d'une enveloppe à trois faces 151, d'autre part pour sa partie inférieure par un tapis transporteur 152, la hauteur disponible dans la conduite en- tre la partie plane supérieure de l'enveloppe et la courroie transporteuse étant sensiblement constante tout le long de la conduite sauf aux deux points d'alimentation en eau et en solides à séparer, comme il sera exposé plus loin. Une bâche d'alimentation 153 alimentée en eauà débit constant, ali- mente elle-même (flèche F ) la conduite, dans laquelle elle provoque un cou- rant vers le point aval 154.
Il a été prévu vers le milieu de la conduite une trémie 155 pour l'alimentation en matière solide par un convoyeur 156 (flèche F2) ou par tout autre dispositif équivalent, le mode d'alimentation en solides n'étant pas compris dans le domaine de l'invention. Le solide peut être accompagné d'une certaine quantité de liquide.
L'enveloppe 151 est en contact avec le brin supérieur du tapis transporteur 152 par l'intermédiaire de bavettes en caoutchouc 157, Cette enveloppe peut avantageusement être divisée en couloirs à l'aide de cloisons de compartimentage 158 qui s'étendent sur tout ou partie de la longueur de j la conduite, le but de ces cloisons étant d'éviter des remous parasites. Il n'est pas nécessaire que ces cloisons 158 soient en contact avec le brin su- périeur du tapis 152.
Le tapis 152 peut; être animé d'un mouvement de translation (dont le sens indiqué par les flèches F3) grâce à une poulie motrice et à une pouf lie de renvoi 159 et 159'. Le brin supérieur du tapis 152 repose sur une surface plane (non représentée), assurant le contact dudit brin supérieur avec les bavettes 157. Du côté amont, une bavette souple 160 solidaire de la trémie 153 est en contact avec le tapis 1520
Le fonctionnement de l'appareil est le suivant: la bâche 153 est alimentée de façon permanente à débit constant en eau, de sorte que la vites- se du courant d'eau dans la conduite 151 soit supérieure à celle qui est né- cessaire pour commencer à entraîner,les produits légers dans le courant li- quide, mais inférieure à celle qui est nécessaire pour entraîner les pro- duits lourds.
Pour le choix de cette vitesse, il est donc nécessaire de te- nir compte, d'une part, de la densité des produits les plus légers, d'autre part, ..de la densité des produits les plus lourds qui seront à séparer dans les matériaux qu'on veut trier pardensité, et enfin, dans une certaine me- sure, de la'vitesse du tapis.
On donne au tapis transporteur 152 un mouvement tel que son brin supérieur se déplace à une vitesse constante, mais lente, de l'aval vers l'a- mont de la conduite.
On introduit à l'aide d'un alimentateur 156 dans la trémie 155, de façon continue, les matériaux dont on veut séparer les produits lourds des produits légers. Il se forme au niveau A, en aval de la trémie 155 une dune de matériaux qui, par la combinaison du mouvement du courant liquide, et du mouvement du tapis transporteur, est animée d'un mouvement de brassage constant dans le sens des flèches F Il s'en échappe ainsi par le haut, les produits les plus légers qui sont entraînés par le courant d'eau vers l'aval de la conduite et sont recueillis au niveau B, avec le courant d'eau qui s'échappe. De leur côté, les produits les plus lourds sont entraînés par le mouvement du tapis, malgré le sens du courant d'eau F., vers l'amont de la conduite.
Ils franchissent.le faible barrage qu'oppose la bavette
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160 fixée à la bâche et sont recueillis au niveau C avec un faible courant d'eau correspondant à la fuite que doit tolérer ladite bavette.
Sur la figure 12, on a représenté une autre forme de réalisation possible dans laquelle le fond de la conduite est animé d'un mouvement al- ternatif. L'appareil selon cette figure est constitué d'une enveloppe à trois faces 151 comportant une arrivée d'eau sous pression 153, une trémie 155 d'alimentation en solides; l'enveloppe 151 est divisée en couloirs comme dans le cas de la première forme de réalisation. L'enveloppe 151 est soli- daire du fond 161 de la conduite par l'intermédiaire de flasques élastiques (non représentés) en caoutchouc par exemple. Le fond 161 de la conduite est lié à un mécanisme 162 qui lui donne un mouvement alternatif analogue à celui des tables de secousses.
Ce mouvement est appliqué de telle sorte, que dans le sens opposé du courant liquide, les solides reposant sur le fond ont tendance à être entraînés par frottement tandis que dans l'autre sens, leur inertie s'oppose au mouvement. Le fond 161 de la conduite peut compor- ter un certain nombre de bossages 161'.
A l'extrémité amont de la conduite, on a prévu une pointe de sou- tirage 163 dans laquelle viennent tomber les produits lourds pendant le fonc- tionnement de l'appareil.
Le fonctionnement de l'appareil représenté sur la figure 12 est le suivant : on donne au fond de conduite 161 des impulsions alternatives.
On alimente à débit constant en eau par la conduite d'arrivée d'eau 153 (flè- che F1).On alimente de façon continue en solide par la trémie 155. Il se forme une dune en aval de cette trémie 155. La dune est animée d'un mouve- ment dans le sens des flèches F . Il s'en échappe, d'une part, des produits légers qui sont recueillis au point aval 154 et entraînés par l'eau qui s'é- chappe de la conduite, d'autre part des produits lourds qui cheminent sur le fond 161 de la conduite vers la pointe de soutirage 163, d'où ils peuvent être prélevés (flèches F5) de façon continue ou discontinue. Ces produits lourds ont.franchi les bossages 161' dont le but est de remettre brièvement les produits en suspension afin de faciliter l'entraînement par le courant d'eau des produits légers qui auraient pu être égarés.
Sur la figure 13, on a représenté une autre forme de réalisation possible, dans laquelle le fond de la conduite est constitué par un tapis transporteur comme dans le cas de l'appareil représenté sur la figure 10. Les particularités de cette nouvelle variante sont les suivantes: la partie aval de la conduite est sensiblement plus longue et comporte au niveau 164 une augmentation de section qui provoque une diminution de la vitesse:linéaire du courant, si bien qu'il s'y forme en D une seconde dune provoquant le rela- vage des produits légers qui s'y présentent (flèches F6).
De cette seconde dune, il s'échappe donc par le haut les produits les plus légers qui sont en- traînés comme précédemment vers la sortie aval 154, mais il s'en échappe également, par le bas, des produits lourds qui cheminent sur le tapis vers la première dune formée au niveau A, puis accompagnent les autres produits lourds qui sont dirigés vers l'amont de l'appareil entraînés par le tapis (flèche F3). Dans le cas d'un produit difficile à séparer, on peut prévoir plusieurs endroits de la conduite au droit desquels la section sera augmen- tée, en vue de provoquer la formation de plusieurs dunes de relavage. De même, on peut prévoir dans la partie amont de la conduite la fixation de du- nes de relavage des produits lourds, cette fixation étant alors obtenue par une diminution locale de la section.
Dans la détermination des sections (amont et aval), on peut chercher à obtenir pour une dune déterminée, une densité de partage plus faible que celle qui est donnée par la dune précé- dente. Les produits de densité intermédiaire sont ainsi partiellement re- cycles, ce qui favorise la précision de la séparation.
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Il a été représenté également sur la figure 13, une variante pos- sible pour l'alimentation de l'appareil. Cette variante consiste à immerger la partie amont de la bâche 153 et à donner au tapis transporteur à partir du droit de cette bâche 153 une inclinaison obtenue grâce à deux poulies de renvoi 165 et 165' de telle sorte que le brin supérieur 152 du tapis remonte au-dessus du niveau de l'eau ces produits lourds qu'il entraîne. A cet ef- fet, le rouleau 165 est muni d'un revêtement souple et de cannelures longi- tudinales destinées à permettre le passage des produits solides entraînés par le tapis..
Sur-la figure 14, on a représenté un exemple d'application d'ap- pareil selon l'invention, à un circuit de lavage de charbon. Un appareil selon l'invention est alimenté en charbon par l'alimentateur 156 dans la tré- mie 155;il en sort par l'extrémité avant 154 un lavé envoyé sur un tamis vibrant 166, d'où il sort en 168 du charbon propre deschlammé humide. L'eau d'entraînement et les schlamms sont recueillis dans le sens F7 grâce à un point d'eau fraîche apporté en 172. Ce courant d'eau et de schiste est envo- yé sur un tamis vibrant 167 d'où sortent en 169 des schistes deschlammés.
L'eau et les schlamms sont recueillis dans un bac spécial ou dans le même bac 170 que l'eau et les schlamms provenant du circuit de lavé. Par l'intermé- diaire d'une pompe hélice à débit constant, mais réglable 176, et de la con- duite 175, on renvoie l'eau du bac 170 dans le sens F8 dans la bâche 153 de l'appareil d'épuration. La régulation de l'alimentation en eau de l'ensemble du circuit est assurée par un robinet à flotteur 173 dont la mission est d'in- jecter dans la conduite 175 un appoint d'eau 174 tel que le niveau d'eau du bac 170 soit constant.Une partie des schlamms contenus dans l'eau qui pas- se dans le bac 170 sont ponctionnés par la pointe inférieure de ce bac, pour être traités par un autre procédé.
REVENDICATIONS.
1. Procédé pour trier des produits solides, caractérisé en ce que l'on introduit les produits à trier dans une conduite où l'on fait circuler un liquide avec une vitesse comprise entre les vitesses limites respectives de dépôt de chacun des constituants à séparer.