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Il est connu que le béton armé résiste mal aux chocs, lesquels provoquent fréquemment la fissuration du béton. L'arma- ture du béton armé permet de résister aux tensions de traction provoquées par des mises en charge statiques. mais lorsqu'il s'agit d'une mise en charge brusque et plus particulièrement par choos, il a été reconnu que l'armature intervient trop tard pour empêcher les fissurations.
Cala explique notammant pourquoi il se produit souvent des fissurations transversales, dans la zone de l'appui du rail, des traverses de chemin de 'Lors, en béton armé, car ces traverses sont exposées à des mises en charge qui se font par chocs ou d'une manière brusque comparableà des chocs. Il se produit,
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par exemple, un choc aux joints de rails, par le ressaut de la roue; il en est de même lorsque les attaches de rail sont desser- rées,, permettant ainsi le battement du rail, ou encore lorsqu'une traverse n'est pas bien appuyée sur le ballast et descend brusque- mont sur celui-ci lors du passage d'un train.
Les fissures se produisent non seulement dans les pièces en béton armé, mais aussi dans celles en béton précontraint ou mixte, et le phénomène s'aggrave dans le temps sous l'action de chocs répétés.
La présente invention a pour but d'éviter cette formation de fissures, en donnant à la traverse ou autre poutre une grande aptitude de résistance aux chocs.
A cet effet, l'invention prévoit qu'une poutre en béton armé, soumise localement à des chocs par l'intermédiaire d'un organe mis en contact avec une portion dune face de la poutre, est pourvue d'un joint en matière autre que le béton, séparant.la poutre en deux parties suivant un plan transversal situé à l'in- térieur de la zone locale d'action dudit organes, ces deux parties de la poutre étant solidarisées par une armature .
Le terme "chocs" tel qu'utilisé dans le présent exposé comprend aussi toute mise en charge brusque ou brutale similaire à un choc. Par ailleurs, lorsqu'il est question d'un organe mis en contact avec la poutre et par l'intermédiaire duquel des chocs sont appliqués à celle-ci, il peut s'agir non seulement d'un organe transmettant le choc à une poutre qui prend appui sur sa face opposée, mais aussi d'un organe sur lequel la poutre prend appui lorsqu'un choc lui est appliqué par une charge agissant sur la face opposée de la poutre.
Selon l'invention également, ledit joint est, de préférence, agencé dans la partie médiane de la zone locale d'action dudit organe, et le joint, qui peut avoir une épaisseur très faible,
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est avantageusement établi en une matière souple ou élastique, telle que caoutchouc, bakélite ou autre matière synthétique, bien qu'il puisse également être établi en d'autres matières non- pierreuses, par exemple on cuivre ou un autre métal approprié, @ Puisqu'il suffit d'un joint très mince pour obtenir l'effet recherchés on peut utiliser lesdites matières en forme de feuille ou de lamelle.
Le terme béton est évidemment utilisé pour comprendre aussi toutes autres matières pierreuses simi- laires
Les deux dites parties de la poutre peuvent être solidari- . sées par une armature appropriée quelconque, par exemple une armature constituée par une poutrelle ou un ou plusieurs tubes ou barres et bétonnée dans les deux parties de la poutre, ou une ou plusieurs armatures traversant celles-ci et fixées par rapport à ces deux parties de la poutre au moyen d'écrous ou analogues, ces armatures pouvant être mises en tension de précon- trainte ou non. On peut aussi faire usage d'un frettage extérieur des deux parties de la poutre.
ll a été constaté qu'une traverse ou autre poutre pourvue d'un tel joint transversal dans ladite zone locale d'action des chocs présente une ténacité élevée. c'est-à-dire qu'elle peut supporter, sans danger de fissuration, des chocs beaucoup plus importants, notamment plusieurs fois plus forts que ceux qui provoquent la fissuration de la même poutre non pourvue d'un tel joint.
Des essais ont notamment permis de constater qu'en laissant tomber un poids déterminé sur un rail fixé à une traverse posée sur du ballast, des fissurations se produisaient déjà pour des hauteurs de chute de 25 à 35 cm, sur des traverses en béton armé. ou en béton précontraint ou mixtetandis qu'aucun dégât ne se produisait pour des hauteurs de chute de l'ordre de deux mètres
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et même plus, sur les marnes traverses pourvues d'un joint selon l'invention.
D'autres particularités et avantages de l'invention ressor- tiront de la description de quelques exemples d'application de l'invention, qui sera donnée ci-après avec référence au dessin schématique annexé, dans lequel @
La figure 1 montre une vue en coupe verticale d'une poutre selon l'invention. et la figure 2 montre une vue a n coupe d'une traverse en béton précontraint selon l'invention.
Dans la figure 1, la poutre 1 peut représenter une poutre quelconque. par exemple une poutre d'appui d'une construction quelconque, une longrine pour chemin de fer, etc... Un organe
2 en contact avec la face supérieure de la poutre intervient dans l'application des chocs à celle-ci* tandis que la poutre trouve un appui continu ou discontinu sur sa face inférieure. Les chocs peuvent être imprimés à la poutre par l'organe 2 suivant la flèche
F, ou bien ils peuvent résulter d'une force agissant en sens inverse, l'organe 2 fournissant la réaction.
Un joint 3 de faible épaisseur et constitué par exemple par une feuille de bakélite ou autre matière appropriées divise transversalement la poutre dans la zone d'action de l'organe 2. Les deux parties sont solidarisées par des barres 4 bétonnées dans les deux parties de la poutre.
Le joint et les barres d'armature peuvent être mis en place dans le coffrage ou moule de la poutre avant le bétonnage. Il va de soi que les deux parties de la poutre peuvent aussi être moulées séparément et être solidarisées ensuite, après intercalation du joint, par des armatures quelconques. par exemple des barres traversant des évidements ménagés dans les parties de la poutre et dans le jointe et serrées contre les extrémités de la poutre à 1'*aide d'écrous ou analogues. On peut également utiliser un
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frottage extérieur de l'ensemble de la poutre.
Cornus montré on figure 2, l'armature de précontrainte de la poutre peut servir en même temps à la réunion des éléments de la poutre séparés par le jointe Chacun des tasseaux 5 de la traverse constitua une poutre selon l'invention, munie du joint 6. les éléments du tasseau pouvant éventuellement être assemblés par une armature ordinaire. La traverse comprend un élément médian 10 et deux blocs 7 de plus grande compressibilité élasti- que que le béton, permettant les flexions de la traverse en services Une armature de précontrainte 8 sert à l'assemblage de l'ensemble de la traverse. Le rail 9 constitue l'organe d'application des chocs et correspond donc à l'organe 2 de la figura 1.
En réalité, le rail ne prendra en général pas direc- tement appui sur les deux parties du tasseau 5, mais par l'inter- médiaire d'ime selle d'attache appropriée quelconque.
Il va de soi que l'invention n'est pas limitée aux exemples décrits et illustrés, mais peut âtre réalisée sous diverses autres formes. Si plus d'un organe tel que 2 (figure 1) agissent sur la poutre,, il convient évidement de prévoir un joint, tel que 3, dans la zone locale d'action de chaque organe 2.
REVENDICATIONS. l. Poutre en béton armé soumise localement à des chocs par l'intermédiaire d'un organe mis en contact avec une portion d'une face de la poutre,, caractérisée en ce qu'un joint en matière autre que le béton sépare la poutre en deux parties suivant un plan transversal situé à l'intérieur de la zone locale d'action dudit organe ces deux parties de la poutre étant solidarisées par une armature.