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La présente invention est relative à la préparation des gaines ou enveloppes en matière d'origine animale destinées à être utilisées dans la fabri- cation des saucisses et des produits similaires.
Il est bien connu que des gaines d'origine animale sont utilisées dans les saucisses et produits analogues pour recevoir la viande hachée ou broyée qui sert à la fabrication de ces produits. Une gaine d'origine animale est avantageuse dans de telles applications car elle est digestible de sorte qu'il n'est pas nécessaire de l'enlever au moment de la consommation du produit.
Il n'en est pas de même pour les gaines ou peaux en matière artificielle qui sont utilisées couramment dans la fabrication des saucisses. Une peau d'origine artificielle n'est pas digestible et doit donc être enlevée avant qu'on ne con- somme le produit. A ce point de vue la peau de saucisse d'origine naturelle est donc préférable.
Malgré cet avantage important d'une.peau d'origine naturelle on utili- se très largement des gaines d'origine artificielle, ceci pour la raison très simple que ces dernières sont beaucoup moins coûteuses. La différence de prix n'est toutefois pas due exclusivement au coût de production mais elle est imputa- ble dans une large mesure aux frais de transport qui sont très élevés pour les gaines d'origine naturelle. Bien qu'on produise aux Etats-Unis une certaine quan- tité de gaines d'origine naturelle, une grande quantité provient de l'étranger.
Après qu'on a retiré de l'animal les parties destinées à former les gaines et après qu'on les a lavées , on les dépose dans la saumure, à l'intérieur de barils, en vue de l'expédition. Cette pratique augmente considérablement le coût des gaines lorsque, ces dernières sont produites aux Etats-Unis, mais lors- qu'il s'agit d'une production à l'étranger le coût s'en trouve aggravé d'une façon vertigineuse. On se rendra compte de la possibilité d'une réduction importante du coût des gaines d'origine naturelle, si l'on supprime la nécessité de les mettre dans la saumure, lorsqu'on saura qu'un baril a un poids total d'environ 310 kg. Or sur ce total 14 kg seulement représentent les gaines elles-mêmes, le reste étant dû au poids de la saumure et du baril.
Jusqu'à ce jour l'emploi de saumure était nécessaire pour empêcher la détérioration par voie organique des gaines, et aussi pour prévenir toute fragilité qui pourrait rendre inutilisable les gaines. De plus suivant les usages actuels, lorsque les barils sont arrivés à destination, ils doivent être stockés dans des chambres froides et les fabri- cants de saucisses trouvent que l'ouverture des barils est une opération qui se fait dans des conditions très désagréables,
Le coût élevé n'est pas le seul inconvénient qui résulte de l'emploi de gaines conservées dans la saumure. Les machines de fabrication des saucisses comportent un élément généralement appelé "corne de bourrage". Une extrémité de la gaine est guidée le long de la "corne" et la machine débite alors la chair à saucisses, à travers la corne, dans la gaine.
Lorsqu'on reçoit la gaine conser- vée dans la saumure elle est bien entendu humide et dans ces conditions la gaine ne se présente pas sous forme de tube, mais elle est informe ou vrillée et il est nécessaire de recourir à une main-d'oeuvre très habille pour mettre en place l'extrémité d'une gaine humide et pour la guider dans la "ccrne de bourrage" sans détériorer la gaine.
Il ressort avec évidence des considérations qui précèdent qu'on réali- serait une économie importante en substituant au transport des gaines dans la saumure un transport à l'état sec. Mais ce ne serait pas une solution que de sécher purement et simplement les gaines car un séchage de gaine à l'état serré ou infor- me donnerait un produit qui se détériorerait rapidement et qui ne pourrait pas être engagé sur une "corne de bourrage" d'une machine à bourrer les saucisses.
De plus comme il n'est pas exceptionnel de manipuler des milliers de gaines par jour, le séchage devrait être exécuté à grande vitesse.
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C'est en conséquence le but principal de l'invention de réaliser un procédé pour sécher des gaines, supprimant les inconvénients du transport dans la saumure , ce procédé donnant des gaines susceptibles d'être engagées sur la "corne" de "bourrage" d'une machine à fabriquer les saucisses , sans exigez l'intervention d'une main-d'oeuvre particulièrement experte, et permettant une cadence de travail élevée.
Suivant ce procédé on étire les gaines, à l'état humide, sur un tube muni sur toute sa longueur d'orifices. Les gaines sont capables de glisser facile- ment le long du tube. On souffle à l'intérieur du tube un courant de gaz, de 1' air par exemple, et ce courant se répand à travers les orifices du tube en se di- rigeant vers l'extérieur au contact de la paroi des gaines. Etant donné qu'une gaine d'origine animale est poreuse, l'action du courant gazeux servira à sécher non seulement la surface intérieure des gaines mais encore leur surface extérieu- re. Quand on retire la gaine du tube, la gaine n'est pas dans son état serré ou informe, mais se présente à sec sous forme de tube.
Comme l'intérieur de la gaj ne est facilement accessible il n'est pas nécessaire de disposer d'ouvriers par- ticulièrement adroits pour placer une extrémité ouverture de la gaine et de la tirer sur une "corne de bourrage" . Il suffit d'une action du courant de gaz de faible durée et on peut utiliser dans une même installation autant de tubes qu'il est nécessaire pour obtenir la capacité de production voulue.
Après le séchage,tel qu'il a été décrit, on peut aplatir la gaine.
Un tel aplatissement permet de mesurer exactement le diamètre d'une gaine parti- culièrement et ceci constitue un autre avantage de l'invention. Une gaine prove- nant d'un même animal peut avoir des portions de diamètre différent. De plus les gaines provenant d'animaux différents, mouton, porc et boeuf, ont en général des diamètres différents. Etant donné que des gaines sont utilisées pour obtenir différents produits, allant de la minuscule saucisse pour cocktail aux saucisses "balogna" de grand diamètre il y a lieu de classer les gaines suivant leur dia- mètre. Suivant la pratique actuelle, des ouvriers expérimentés sont chargés d'ap- précier le diamètre des gaines à l'état humide. Lorsque les gaines se présentent à plat il est évident qu'on obtient une mesure beaucoup plus précise de leur diamètre.
Un autre but de l'invention est de réaliser' un procédé pour la pré- paration de gaines qui, au moment où le fabricant de saucisses les reçoit, soient prêtes à être utilisées immédiatement et qui, s'il est nécessaire de les stocker, puissent être emmagasinées sous un faible volume. Après séchage on peut disposer la gaine en la fronçant sur un tube de plus faible longueur que la gaine elle- même. four utiliser cette dernière il suffit alors de glisser le tube sur la "corne de bourrage" ,de sorte que la gaine est prête à être remplie. S'il y a un intervalle de temps appréciable entre le séchage et l'utilisation de la gaine, la gaine séchée, qu'elle soit froncée sur un tube ou non, peut être enfermée de façon étanche dans un récipient sous vide ou en atmosphère de gaz inerte, pour empêcher toute détérioration.
Mais même s'il est nécessaire de conditionner les gaines pour assurer leur conservation l'espace nécessaire pour le stockage n'est pas important.
Un dernier but de l'invention est de permettre de 'réunir des gaines de faible longueur en réalisant des longueurs plus grandes, grâce au procédé dé- crit. Il va de soi qu'il est anti-économique pour un fabricant de saucisse de n'utiliser que des courtes longueurs de gaine car dans ce cas il doit abréger les cycles de fabrication. Dans ces conditions les fournisseurs de gaines ont dû jusqu'à présent éliminer les faibles longueurs. En recourant au procédé suivan' l'invention il est possible, en disposant à recouvrement des longueurs de gaine humide sur un tube et en les séchant de réunir des gaines de faible longueur de manière à obtenir des plus grandes longueurs directement utilisables. De faibles longueurs ainsi réunies sont inséparables.
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D'autres caractéristiques de l'invention ressortiront de la descrîp- tion qui va suivreo
Au dessin annexé, donné uniquement à titre d'exemple : la Fig. 1 représente l'extrémité d'une gaine disposée sur une bague, suivant un stade préliminaire du procédé suivant l'invention; la Fig. 2 représente une gaine en position de séchage; la Fig. 3 montre plusieurs gaines disposées à recouvrement et placées sur le tube de la même manière que la gaine unique de la Fig. 2.
Après son nettoyage la gaine 10 d'origine animale, humide, présente un aspect vrillé , comme indiqué en 11 à la Fig. 1. Une extrémité de la gaine humide est disposée après étirage sur une bague 12, ou collier, comportant une portion 13 de forme conique destinée à faciliter cette opération d'étira- ge et à contribuer à éviter toute détérioration de l'extrémité de la gaine, une telle détérioration risquant de se produire lorsqu'on tire la gaine sur la bague.
Après étirage la gaine est immobilisée sur la bague par un moyen de serrage ap- proprié, tel qu'une bande élastique 14.
La bague 12 a un diamètre interne 15 juste assez grand pour permettre le passage d'un tube perforé 16. Après que la gaine 10 a été tirée sur la bague 12 le tube 16 est enfilé dans l'alésage intérieur de la bague 12 et on tire la gaine humide suspendue à la bague le long du tube 16, de sorte que la gaine humide recouvrer surface de ce dernier. La bague 12 comporte une collerette 17 saisie de façon séparable par un élément élastique de retenue 20 qui est monté à une extrémité du tube perforé 16.
Dans l'agencement représenté le tube 16 est disposé verticalement.
Une telle disposition a pour but d'éviter que le tube ne prenne une flèche, car il a une longueur considérable, de l'ordre de 10 mètres et en position horizon- tale la flèche serait importante. Toutefois il est clair que le procédé de sé- chage pourrait être mis en oeuvre également avec une position horizontale du tube. Lorsque la bague 12 et la gaine 10 sont placées sur le tube perforé 16, l'élément de retenue 20 sert à empêcher le glissement que la bague 12 pourrait subir le long du tube ,sous l'action de son poids propre.
Le tube perforé 16 peut être en métal ou en matière plastique, le matériau utilisé devant résister à la corrosion, ne pas attaquer la gaine et ne lui communiquer aucun goût désagréable. Des métaux tels que l'aluminium, le lai- ton ou le cuivre conviennent donc. Une série de trous 21 distribués régulièrement relient les surfaces intérieure et extérieure du tube, grâce à quoi un courant d' air ou de tout autre gaz introduit à l'intérieur du tube 16 se trouve entraîné vers l'extérieur par les trous 21 du tube. Etant donné que la gaine 10 elle-même est poreuse le fait que la surface inférieure de la gaine 10 soit soumise à l'action d'un courant de gaz assure un séchage de la gaine à l'intérieur et à l'extérieur.
Après que la gaine 10 a été mise en place sur le tube 16, on ouvre la vanne 22 et on pompe de l'air ou un autre gaz par la pompe 23 qui le refoule à l'intérieur du tube 16.
Bien entendu, au lieu d'employer une pompe on peut utiliser un réser- voir de gaz, ou accumulateur, maintenu sous pression par exemple au moyen d'un compresseur.
En utilisant un dispositif conforme à celui qui vient d'être décrit on a séché des gaines en 20 minutes à la température ambiante en utilisant de 1' air comprimé à 4,9 kg/cm2. Le tube perforé était en bronze et son diamètre était de 8 mm. Dans ce tube les trous étaient espacés d'environ 38 mm et avaient un diamètre-de 1,5 mm environ. Dans ces conditions et avec la pression de 4,9 kg/cm2 on a constaté que le courant d'air était plus que suffisant pour enfler la gaine, c'est-à-dire que le courant d'air n'était pas simplement absorbé par diffusion
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à travers les parois poreuses de la gaine.
Au contraire il y avait un écoulement d'air le long de la surface de la gaine et ce courant sortait par l'extrémité ouverte de cette dernièreo
On a constaté qu'on pouvait augmenter la vitesse de séchage de la gaine en séchant l'air insufflé dans le tube et en chauffant cet air avant son introduction. De plus la vitesse de séchage peut également augmenter si l'on fait baisser le taux d'humidité de l'air ambiant.
Après séchage la gaine peut être retirée de la bague 12 et du tube 16 et être engagée et froncée sur un tube en carton ou autre matière appropriée pour être introduite dans la "corne de bourrage" d'une machine à bourrer. Avant cette opération on peut aplatir la gaine séchée pour permettre une mesure du diamètre de la gaine par des moyens automatiques ou manuels.
On a également constaté en mettant en oeuvre la présente invention qu'on disposait d'un moyen pour réunir de courtes longueurs de gaine en formant une gaine unique directement utilisable. Jusqu'à présent quand une déchirure sé- rieuse était découverte dans une gaine et qu'on supprimait la partie endommagée, les longueurs restantes étaient trop courtes pour être utilisées.
Comme on le voit à la fig 3 de telles longueurs courtes 24, 25, 26 peuvent être disposées à recouvrement sur le tube perforé 16. On peut alors les sécher comme il a été décrit précédemment. Après séchage et retrait hors du tube 16 , on a constaté que les longueurs de gaine 24, 25, 26 qui à l'origine étaient indépen- dantès étaient alors solidement réunies, les unes aux autres et formaient une longueur continue unique qui peut ensuite être traitée de la même façon que la gaire 10.
Bien entendu l'invention n'est pas limitée au mode de réalisation représenté et décrit qui n'a été donné qu'à titre d'exemple.