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" EMPLOI DE CROTYLID2NE DIUREE COMME ENGRAIS AZOTE
A EFFET LENT ".
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Lors de l'emploi d'engrais du commerce, on s'ef- force d'adapter l'apport des éléments nutritifs aux besoins des plantes, aussi bien dans le temps qu'au point de vue des quantités. Alors qu'avec le phosphore, une "fumure de réser- ve" est, comme on le sait, possible et couramment effectuée, la plupart des expériences ont montré que cette fumure n'est pas indiquée avec l'azote minéral.
En employant des doses élevées d'azote, dans des contrées à climat pluvieux, par exemple dans les pays tro- picaux, et sur des terrains irrigués artificiellement, il peut se produire des pertes à la suite d'un.- lessivage du sol par les eaux. Dans certains cas, il se peut aussi qu'une trop forte teneur du sol en sels d'azote facilement solu- bles, limite l'augmentation des rendements.
Depuis quelque temps déjà, on utilise, comme en- grais azotés à effet lent, des produits de condensation d'urée et de formaldéhyde, connus sous le nom d' "Uréaform".
Toutefois, en général, l'effet de ces produits n'est pas satisfaisant. On a constaté, en effet, qu'une certaine partie de l'azote apporté sous forme de condensats urée- formaldéhyde, est utilisée en très peu de temps déjà, tandis que la majeure partie reste inemployée. L'effet lent et persistant désiré ne se manifeste que dans une faible mesure ' avec ces produits.
Or, on a trouvé que la crotylidène-diurée constitue: un engrais azoté à effet lent et persistant. A côté d'un apport bien régulier de l'azote, ce composé offre l'avantage, par rapport aux engrais azotés minéraux, de ntre que dif- ficilement drainé et de pouvoir être employé à des doses
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élevées, sans dommages pour les plantes.
L'effet lent de la crotylidène diurée n'est pas non plus défavorablement influencé, lorsqu'on l'utilise en mélange avec des engrais azotés facilement solubles, c'est- à-dire à action rapide, ni avec d'autres éléments nutritifs ou engrais. En employant ce produit sous forme de grains ou de granules, on peut ralentir davantage son effet. D'autre part, on peut, par addition de quantités plus ou moins éle- vées de composés azotés à effet rapide, tenir compte des besoins variables en azote des jeunes plantes.
La crotylidène diurée peut être préparée par réac- tion d'aldéhyde crotonique avec de l'urée, en solution acide aqueuse (brevet français n 847,953 du 17 juillet 1939).
Le composé renferme à peu près 32 à 34% d'azote, suivant sa pureté. Les quantités à utiliser pour la fumure varient suivant les cas, c'est-à-dire qu'elles dépendent des divers facteurs, tels que le genre des plantes, l'état du sol, les conditions climatiques et la saison. Avec un seul apport, on peut, par exemple, envisager, pour les diverses espèces, les quantités suivantes (exprimées en kilogrammes d'azote pur par hectare, un kilogramme d'azote pur corres- pondant à environ 3 kg de crotylidène diurée):
Plantes sarclées 100 - 200 kg
Céréales 50 - 80 kg
EMI3.1
j....Plantes.:oléagineuses 100 - 150 tg
Pâturages 100 - 150 kg
Pelouses 100 - 300 kg
Légumineuses 50 - 200 kg
Vignes 100-200 kg
L'effet de la crotylidène ,diurée peut être faci- lement vérifié par des expériences en vases (vases de Mitscherlich).
Comme plante d'essai, on a utilisé l'ivraie vivace (lolium perenne) qui, par suite de sa propriété de sans se régénérer, permet plusieurs récoltes (fauchages)/qu'il
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soit nécessaire de modifier la composition du sol. On peut donc suivre, pendant un temps assez long, l'absorption de l'azote et, notamment, vérifier son effet persistant. Le contrôle de l'amenée d'eau permet, d'autre part, de comparer entre eux les différents composés d'azote, au point de vue de leur élimination par drainage.
Pour améliorer l'effet de la fumure, on peut mélange la crotylidène diurée avec d'autres engrais, minéraux ou organiques, par exemple avec des engrais azotés, potassiques ou phosphatés, à effet rapide ou à effet lent, ouvavec des mélanges de ces produits, ou encore avecdes engrais à base d'humus.
Pour faciliter l'épandage et éviter une réduction tn poussière, la crotylidènediurée peut aussi être utilisée en mélange avec des substances inertes, par exemple avec de la tourbe, de l'argile ou des déchets de bois (ligni- nes).
Les exemples suivants montrent l'effet de fumure lente de la crotylidène diurée.
EXEMPLE 1. -
Dans des vases de Mitscherlich renfermant une terre sablonneuse et argileuse, on effectue un essai avec de l'i- vraie vivave. A c8té d'une fumure de base renfermant des composés de phosphore et de potassium, on ajoute, par vase, à 1,5 g N sous forme des composés azotés/tester (voir tableau '
1). La quantité d'eau amenée est réglée à 60%, par rapport au pouvoir d'absorption maximale d'eau du sol. De l'eau ne s'écoule donc pas par le bas.
Pendant la période d'essai s'étendant du mois de mai au mois de novembre, l'ivraie vivace a été coupée qua- tre fois au total. Les rendements et les chiffres indiquant -les pertes en azote sont rassemblés dans le tàbleau 1 ci- dessous. On peut voir que l'effet de la crotylidène diurée est sensiblement plus lent et plus persistant que celui des
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autres engrais azotés.
TABLEAU 1
EMI5.1
<tb> Type <SEP> d'engrais <SEP> lère <SEP> coupe <SEP> 2ème <SEP> coupe <SEP> 3ème <SEP> coupe <SEP> 4ème <SEP> co-
<tb>
<tb>
<tb>
<tb> 16 <SEP> juin <SEP> 16 <SEP> juillet <SEP> 10 <SEP> septem- <SEP> pe-26
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<tb> rende- <SEP> perte <SEP> rende- <SEP> perte <SEP> bre <SEP> novembr-
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<tb> ment <SEP> azote <SEP> ment <SEP> azote <SEP> rende- <SEP> perte <SEP> rende- <SEP> pe;
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<tb> ment <SEP> azote <SEP> ment-te
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<tb> @
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<tb> Contrôle <SEP> (sans
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<tb> fumure <SEP> à <SEP> base
<tb>
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<tb> d'azote) <SEP> 3,6 <SEP> 56 <SEP> 1,1 <SEP> 18 <SEP> 1,3 <SEP> 22 <SEP> 1,5 <SEP> 26
<tb>
<tb>
<tb>
<tb>
<tb>
<tb> Nitrate <SEP> d'ammoni-
<tb>
<tb>
<tb> um <SEP> 11,5 <SEP> 534 <SEP> 25,2 <SEP> 587 <SEP> 8,4 <SEP> 81 <SEP> 2,6 <SEP> 33
<tb>
<tb>
<tb>
<tb>
<tb>
<tb> Caséine <SEP> 10,1 <SEP> 494 <SEP> 22,2 <SEP> 444 <SEP> 7,6 <SEP> 81 <SEP> 2,8 <SEP> 37
<tb>
<tb>
<tb>
<tb>
<tb>
<tb> Glycocolle <SEP> 10,0 <SEP> 500 <SEP> 21,4 <SEP> 458 <SEP> 8,1 <SEP> 79 <SEP> 3,4 <SEP> 44
<tb>
<tb>
<tb>
<tb>
<tb>
<tb> Acide <SEP> hippurique <SEP> 9,1 <SEP> 436 <SEP> 17,2 <SEP> 294 <SEP> 6,3 <SEP> 67 <SEP> 2,3 <SEP> 34
<tb>
<tb>
<tb>
<tb>
<tb> Uréaform <SEP> +) <SEP> 9,0 <SEP> 345 <SEP> 7,5 <SEP> 129 <SEP> 6,
1 <SEP> 83 <SEP> 2,5 <SEP> 42
<tb>
<tb>
<tb>
<tb>
<tb>
<tb>
<tb> Crotylidène <SEP> diurée
<tb>
<tb>
<tb> 5,7 <SEP> 153 <SEP> 13,5 <SEP> 305 <SEP> 14,8 <SEP> 238 <SEP> 6,0 <SEP> 125
<tb>
<tb>
<tb>
<tb>
<tb>
<tb> 'engrais <SEP> Ureaform <SEP> de <SEP> type <SEP> commercial, <SEP> d'une <SEP> teneur <SEP> totale
<tb>
<tb>
<tb>
<tb> en <SEP> azote <SEP> de <SEP> 38%
<tb>
Les chiffres se rapportant aux rendements sont indiqués en grammes de substance sèche par vase, et les chiffres relatifs à la perte en azote, en milligrammes d'a- zote par vase.
EXEMPLE 2...
On effectue un essai de vtation avec de l'ivrai vivace, comme décrit dans l'exemple 1, mais en ajoutant, 7 jours avant la première coupe et après saturation du sol en eau, une forte quantité d'eau, soit 500 cm3 par réci- pient. Dans l'eau qui s'écoule par le bas, on peut déceler les quantités d'azote suivantes :
série d'aàsais contrôle (sans fumure) 46 mg N " " avec du nitrate d'ammo- nium 908 mg N " " avec de la caséine 621 mg N " " avec du glycocolle 665 mg N
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séries d'essais avec de l'acide hippurique 507 mg N " " avec de l'Ureaform 200 mg N " " avec de la crotylidène diurée 236 mg N
On peut voir par ces chiffres que parmi les diffé- rents composés d'azote, ce sont la crotylidène diurée et l'Ureaform avec lesquels on a, de loin, les plus faibles pertes en azote par drainage.
Dans le cas de la crotylidène, diurée, on constate, de ce fait, également une sensible augmentation des rendements (voir le tableau 2) par rapport en ,4,aux composés avec de fortes pertes /-azote. Il n'en est pas de même pour l'Ureaform, dont le faible drainage est effa- cé par une utilisation relativement mauvaise de l'azote.
Les rendements obtenus avec emploi de nitrate d'ammonium, d'Ureaform et de crotylidène diurée, après la 4ème coupe, sont respectivement de 22,8 23,0 et 36,1 g de substance sèche par vase. En ce qui concerne l'absorption d'azote, on relève , après la 4ème coupe, les différences suivantes entre ces trois composés :
nitrate d'ammonium 561 mg/N/vase
Ureaform 473 " " " crotylidène diurée 766 " " "
TABLEAU 2.-
EMI6.1
<tb> Type <SEP> d'engrais <SEP> lère <SEP> coupe <SEP> 2ème <SEP> coupe <SEP> 3ème <SEP> coupe <SEP> 4ème <SEP> coupe
<tb>
<tb> 16 <SEP> juin <SEP> 16 <SEP> juilet <SEP> 10 <SEP> septem. <SEP> 26 <SEP> nover
<tb>
<tb> rende..
<SEP> perte <SEP> rende- <SEP> perte <SEP> rende- <SEP> perte <SEP> rende- <SEP> port'
<tb>
<tb> ment <SEP> azote <SEP> ment <SEP> azote <SEP> ment <SEP> azote <SEP> ment <SEP> azote
<tb>
<tb>
<tb>
<tb> contrôle <SEP> (sans <SEP> fu-
<tb>
<tb> mure <SEP> à <SEP> base <SEP> d'azo-
<tb>
<tb> mure <SEP> base <SEP> te) <SEP> 3,3 <SEP> 58 <SEP> 1,1 <SEP> 17 <SEP> 1,9 <SEP> 26 <SEP> 1,6 <SEP> 28
<tb>
<tb>
<tb>
<tb> Nitrate <SEP> d'ammonium <SEP> 8,3 <SEP> 363 <SEP> 9,2 <SEP> 134 <SEP> 3,4 <SEP> 37 <SEP> 1,9 <SEP> 27
<tb>
<tb>
<tb>
<tb> Caséine <SEP> 11,4 <SEP> 405 <SEP> 6,7 <SEP> 92 <SEP> 3,8 <SEP> 47 <SEP> 2,1 <SEP> 35
<tb>
<tb>
<tb>
<tb> Glycocolle <SEP> 10,1 <SEP> 387 <SEP> 6,5 <SEP> 2 <SEP> 3,4 <SEP> 42 <SEP> 2,3 <SEP> 35
<tb>
<tb>
<tb>
<tb> Acide <SEP> hippurique <SEP> 9,9 <SEP> 238 <SEP> 5,6 <SEP> 82 <SEP> 3,5 <SEP> 43 <SEP> 1,
9 <SEP> 32
<tb>
<tb>
<tb> Ureaform) <SEP> 8,6 <SEP> 245 <SEP> 5,9 <SEP> 101 <SEP> 5,7 <SEP> 82 <SEP> 2,8 <SEP> 45
<tb>
<tb>
<tb>
<tb>
<tb>
<tb> crotylidène <SEP> rée <SEP> diu- <SEP> 6,4 <SEP> 164 <SEP> 9.9 <SEP> 218 <SEP> 13,6 <SEP> 231 <SEP> 6,2 <SEP> 153-
<tb>
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+) engrais Ureaform de type commercial, d'une teneur totale en azote de 38%
Les chiffres se rapportant aux rendements et à la perte en azote sont indiqués dans les mêmes unités que celle: du tableau 1.
EXEMPLE 3.-
Pour examiner les dommages que subissent les plantes lorsqu'on leut ajoute des doses d'azote dépassant les quantités habituelles, on effectue un essai avec du mais, dans des vases de Mitscherlich. L'azote est ajouté sous forme de nitrate d'ammonium et de crotylidène diu- rée, à des doses croissantes jusqu'à 15 g/N/récipient. On constate qu'avec une 'quantité de 5 g N sous forme de ni- trate d'ammonium, le début de la croissance des plantes de mais est fortement entravé, tandis que lors qu'une fumure avec de la crotylidène diurée, on ne relève aucune dépres- sion dans la croissance, même avec une dose de 15 g/N Les plantes traitées avec 7,5 ou 15 g d'azote sous forme de nitrate d'ammonium, périssent complètement, tandis que celles traitées avec de la crotylidène diurée montrent un très bon développement.
Les résultats de l'essai sont donnés dans le tableau 3 ci-après ;
TABLEAU 3.-
EMI7.1
<tb> Dose <SEP> d'azote/vase <SEP> Rendement
<tb>
<tb>
<tb> ¯¯¯¯¯¯¯¯¯¯¯¯¯¯¯¯¯¯¯¯¯¯¯¯¯¯¯¯¯¯substance <SEP> sèche/vase <SEP>
<tb>
<tb>
<tb> sans <SEP> N <SEP> 25,3 <SEP> g <SEP>
<tb>
<tb>
<tb>
<tb>
<tb> 1,0 <SEP> g <SEP> N <SEP> sous <SEP> forme <SEP> de <SEP> nitrate <SEP> d'ammonium <SEP> 91,0 <SEP> g
<tb>
<tb>
<tb>
<tb>
<tb>
<tb> 5,0 <SEP> g <SEP> N <SEP> " <SEP> " <SEP> " <SEP> n <SEP> " <SEP> 76,4 <SEP> g
<tb>
<tb>
<tb>
<tb>
<tb> 7,5 <SEP> g <SEP> N <SEP> " <SEP> " <SEP> " <SEP> " <SEP> " <SEP> endommagement <SEP> total
<tb>
<tb>
<tb>
<tb>
<tb> 15,0 <SEP> g <SEP> N <SEP> " <SEP> " <SEP> " <SEP> n <SEP> " <SEP> " <SEP> "
<tb>
<tb>
<tb>
<tb>
<tb> 1,0 <SEP> g <SEP> N <SEP> " <SEP> " <SEP> " <SEP> crotylidène <SEP> diurée <SEP> 72,
8 <SEP> g
<tb>
<tb>
<tb>
<tb>
<tb> 5,0 <SEP> g <SEP> N <SEP> " <SEP> " <SEP> " <SEP> " <SEP> " <SEP> 100,0 <SEP> g
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<tb>
<tb>
<tb> 7,5 <SEP> g <SEP> N <SEP> " <SEP> " <SEP> " <SEP> " <SEP> " <SEP> 113,1 <SEP> g
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<tb> 15,0g <SEP> N <SEP> " <SEP> " <SEP> " <SEP> " <SEP> " <SEP> 116,4 <SEP> g
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