Serrure. La présente invention a pour objet une serrure présentant les mêmes avantages de sécurité qu'une serrure de sûreté.
Dans cette serrure, le blocage du pêne dans sa gâche est obtenu grâce à un dispo sitif déjà utilisé pour la fermeture de cer tains cadenas, tels, par exemple, que celui qui est décrit dans le brevet suisse n 95627 du 29 mars 1921. Le pêne est solidaire d'au moins une tige encochée dont le déplacement est parallèle au sien et dont le verrouillage est assuré par des pistons transversaux par rapport à la tige, soumis à l'action de res sorts. En des points différents de leur lon gueur, ces pistons sont munis d'encoches et ils peuvent être repoussés inégalement à l'in térieur de la serrure au moyen d'une clé spéciale, de fagon que leurs encoches coïn cident avec les perforations où se déplace la tige. Quand cette coïncidence est établie le pêne se trouve libéré.
Pour le repousser hors de la gâche, on peut utiliser par exemple un pêne et une gâche disposés en sens inverse de leur sens usuel, c'est-à-dire que la partie biseautée du pêne et une partie correspondante inclinée de la gâche sont placées du côté de la porte où se fait l'ouverture. Pour simplifier le lan gage, on appellera constamment, dans la description ci-dessous "côté intérieur" celui vers lequel se fait l'ouverture d'une porte par exemple, "côté extérieur" le côté opposé, bien que l'invention soit naturellement appli cable aussi bien par exemple aux portes s'ouvrant vers l'extérieur qu'aux portes s'ou vrant vers l'intérieur. L'action de la partie biseautée du pêne sur la partie inclinée de la gâche repoussera vers l'intérieur de la serrure le pêne libéré par l'opération précé dente.
Une fois repoussé vers l'intérieur, le pêne peut être par exemple accroché par un crochet d'arrêt disposé dans son boîtier. Lorsqu'on repousse la porte, ce crochet est rabattu, le pêne se trouve libéré, et sous l'action des ressorts qui agissent sur ses tiges il referme la porte qui ne peut plus être ouverte de l'extérieur qu'avec la clé. .
Cependant, pour que la serrure puisse servir de serrure ordinaire. il est avantageux qu'on puisse l'ouvrir de l'intérieur au moyen d'un loquet sans qu'il soit nécessaire de re courir à la clé. A cet effet, dans une forme d'exécution de la serrure, le pêne peut être par exemple séparé en deux parties écartées l'une de l'autre par un ressort. Entre ces deux parties peut venir par exemple s'insérer, sous l'action d'un autre ressort, une cale grâce à laquelle le pêne agit ordinairement comme s'il était d'une seule pièce. Mais sous l'influence de la rotation du loquet de la porte une came par exemple efface cette cale, et la traction qui s'exerce sur le loquet sur montant l'action du ressort d'écartement, la porte peut s'ouvrir.
Plusieurs formes d'exécution de la présente invention ont été décrites ci-dessous et repré sentées, à titre d'exemple, aux dessins annexés dans lesquels: _ La fig. 1 montre une élévation extérieure d'une serrure; La fig. 2 en est une élévation analogue, le devant ayant été enlevé pour montrer le mécanisme; La fig. 3 en est un plarr-coupe; La fig. .1 en est une coupe-élévation per pendiculaire à celles des fig. 1 et 2 La fig. 5 est une coupe transversale;
La fig. 6 est une vue analogue à la fig. 3, montrant la porte ouverte; La fig. 7 figure en coupe à travers le pêne le fonctionnement du crochet d'arrêt; La fig. 8 est une perspective de détail permettant de comprendre le fonctionnement du même dispositif; La fig. 9 est une élévation analogue à celle de la fig. 2, mais montrant la serrure ouverte à la main de l'intérieur;
La fig. 10 est une élévation avec arrache ment partiel d'une serrure à deux pênes, Et les figures 11 et 12 sont une vue perspective et une coupe longitudinale d'un tiroir muni d'une serrure conforme à la pré sente invention.
La serrure, représentée appliquée à une porte vue de l'intérieur de la pièce qu'elle terme, comporte, comme toutes les serrures (fig. 1), un boîtier de pêne 1, fixé à la partie mobile 2 de la porte, et une gàclre 3 fixée lit chambranle fixe -1. <I>De</I> l'intérieur, on voit également une poignée loquet 5.Vers l'exté rieur la porte offre un bloc 6 (fig. 3 et 4) sur lequel viennent affleurer (fi g. 2) les extré mités de six pistons tels que 7',- 7=, 7', 71, 75, 7e.
On peut agir sur les extrémités de ces pistons au moyen d'une clé 8 que l'on accroche à une tige 8" autour de laquelle la clé tourne. Cette clé possède une série de doigts inégaux 91, 9<B>'</B>, 93.... susceptibles de repousser inégalement dans le bloc les pis tons 71, 7=, 7'.... La partie arrière 101 du pêne, désigné généralement par 10, porte trois tiges 11, 12, 13. La tige supérieure 11 présente en dessous deux encoches 1-1', 1-12 (fig. 2).
Dans ces encoches 141, 14= passent les pistons 71,<B>7-.</B> A leur face supérieure les pistons 71, 7 \ présentent également, en des points différ=ents de leur longueur: chacun une encoche 151. 15:\ (fig. 4). Il est clair que quand le piston 71 occupe la position repré sentée en fig. 4, il empêche la tige 11 de se déplacer et bloque par conséquent le pêne.
Mais si Fort repousse au moyen de la clé 5 le piston 7' de façon due son encoche 15' vienne coïncider avec la perforation où glisse la tige 11, la tige 11 ne sera plus retenue par le piston 7'. Le raisonnement ainsi fait pour la tige II et le piston 71 peut se ré péter pour les autres tiges et les autres pis tons.
En examinant les fig. 2 et 4 on se rend compte que la tige supérieure 11 est retenue par les deux pistons 7', 7=, que la tige inter médiaire 12 est retenue par les quatre pis tons 71, 7', <B>7'</B> , î' et due la tige inférieure 13 est retenue par les quatre pistons 7', 7<B>- </B>, 75,
<B>7'.</B> En faisant pression sur les extrémités des pistons au moyen de la clé 8 on déplace inégalement ces pistons d'une quantité appro priée et on amène les encoches des pistons en coïncidence avec les perforations oir se déplacent les tiges 11, 12, 13. Celles-ci ne sont plus retenues et peuvent alors se dé placer avec le pêne.
Pour limiter le déplacement des pi#,toirs 71,<B>7</B> =. . . . on a ménagé dans ces pistons des entailles 17', 172.... (fig. 3 et 4) dans les quelles sont placées deux clavettes fixes 18, 19 contre lesquelles viennent s'appuyer les bords postérieurs des entailles quand les pis tons sont en position de fermeture.
Quand les pistons sont venus en position d'ouverture et que les tiges 11, 12, 13 se sont déplacées dans les encoches de ces pis tons, elles empêchent à leur tour ces pistons de revenir à leur position de repos où ils affleurent à l'extérieur du bloc 6. Ceci pour rait représenter l'inconvénient assez grave d'offrir à l'extérieur de la porte l'empreinte en creux de la clé et de permettre par con séquent de prendre cette empreinte.
Pour éviter cet inconvénient, chaque piston tel que 71 a été divisé en deux parties, une partie antérieure 7a, et une partie postérieure 7b (fig.6). La partie antérieure 7w possède à l'arrière un rétrécissement 7. entouré d'un ressort de compression 20 qui tend constam ment à écarter les parties 73 et 7b. La course de la partie antérieure 7a, est limitée par une entaille 21 et une clavette 22 fixe par rap port aux pistons.
On voit qu'en position d'ou- v erture, quand le piston 71 est empêché par la tige 21 de revenir en avant sous l'action du ressort 161, le ressort 20 ramène la partie antérieure 7., à affleurer à l'extérieur du bloc 6, tandis que la partie postérieure 7b est retenue.
La partie antérieure 10= du pêne, présente comme les pênes des serrures ordinaires un biseau 22. Mais ce biseau, au lieu d'être dirigé vers l'intérieur comme dans les serrures ordinaires, est dirigé vers l'extérieur.
Il s'adapte à une gâche 3 présentant intérieurement une paroi 23 (fig. 6) de même inclinaison. A sa partie inférieure et avant le pêne présente en outre une entaille 24 (fig. 2 et 8). D'autre part, le boîtier 1 du pêne (fig. 7) présente à sa partie antérieure un logement 25 dans lequel se trouve un crochet<B>26</B> tournant autour d'un axe 27 (fig. 7 et 8) et qu'un ressort 28 tend cons tamment à relever. Ce relèvement est empêché tant que le crochet porte sur la partie infé rieure non entaillée du pêne. Mais quand il rencontre l'entaille 24 le crochet 26 se relève et empêche le pêne de revenir en avant.
Pour libérer le pêne lorsqu'on pousse la porte on emploie le dispositif suivant (fig. 7 et 8). La lèvre inférieure 29 de la paroi postérieure du logement 25 s'arrête à une certaine dis tance de la base du pêne, de façon à laisser passer une languette 30 solidaire du cham branle de la porte. On voit que quand on pousse la porte de manière à la fermer, la languette 30 (fig. 7 à gauche) pénètre entre le pêne 10 et la lèvre 29 et vient heurter et rabattre le crochet 29 de façon à libérer le pêne.
Comme on l'a dit, le pêne est formé de deux parties 101 et 102. Un ressort de com pression 31 (fig. 2) fixé; d'une part, au boîtier 1 et, d'autre part, à une butée 32 solidaire de la partie antérieure 102 du pêne, tend à repousser cette partie antérieure 102 cons tamment vers l'extérieur. Le mouvement de la butée 32 est limité par un ressaut 33 du boîtier 1. Entre les deux parties du pêne 10' et<B>10-</B> peut venir s'insérer une cale 34 soli daire dans son mouvement vertical d'une plaquette 35 qu'un ressort 36, placé dans un logement du boîtier, sollicite constamment vers le haut, le cale pouvant glisser sur la plaquette quand le pêne se deplace longitu dinalement.
Sur l'axe 37 du loquet 5 est clavetée une came 38 telle que, quand on fait tourner l'axe 37 au moyen de la poignée 5, on fait rentrer la cale 34 dans son logement (fig. 9). Une échancrure 39 a été ménagée dans la partie 10' du pêne pour recevoir la came 38 quand les parties 10' et 102 sont rapprochées.
On a résumé ci-dessous les diverses opé rations que comporte le fonctionnement de la serrure.
<I>1 </I> 0uvertîbre <I>de la porte de</I> l'extérieur. On fait pression au moyen de la clé 8 sur les pistons 71, 72, 73, 7-1, 75, 7e. On amène ainsi les encoches de ces pistons en coïncidence avec les perforations dans lesquelles se dé placent les tiges 11, 12, 13. Celles-ci sont libérées ainsi que le pêne. 8i, au moyen de la clé, on fait pression sur la serrure et par .mite sur la porte, la paroi inclinée 23 de la gâche, agissant sur le biseau 22 du pêne, repousse celui-ci en arrière. La porte s'ouvre (fig. 6). Lorsque l'entaille 25 du pêne est venue se présenter au-dessus du crochet d'arrêt 26, celui-ci s'est relevé.
Sur la porte ouverte le pêne reste donc enfoncé dans son boîtier.
<I>2 </I> Fermeture <I>de la</I> porte <I>de</I> d'intérieur. On repousse la porte contre soir chambranle. Dans cette opération, la languette 30 rabat le crochet d'arrêt 26. Le pêne se trouve libéré, et sous l'influence des ressorts 40 qui agissent sur les tiges 11, 12, 13 et du res sort 21, il revient cri avant et pénètre dans la gâche. La porte rie peut plus être ouverte de l'extérieur qu'avec la clé.
3 Ouverture <I>de la porte de</I> l'irztér-iearr,. On saisit le loquet 5 et on le fait tourner tout en l'attirant vers la gauche, ce qui se produit naturellement grâce à la forme de crosse que présente ce loquet. Par la rotation, on fait agir la came 38 sur la cale 34 que l'on fait descendre dans soir logement. Les deux par ties du pêne rie sont donc plus écartées que par le ressort 31. La traction exercée par la, main surmonte la résistance de ce ressort.
On arrive donc à la position représentée en fig. 9 où la cale 34 est rabaissée et la came 38 logée dans l'échancrure 39, et où le pêne est arrêté par le crochet d'arrêt.
<I>4 </I> Fermeture <I>de</I> la porte ainsi oueierte <I>de</I> l'irêtérieur. Si l'on repousse maintenant la porte, le crochet d'arrêt 28 sera abaissé par la languette 30. La partie antérieure 102 du pêne sera envoyée vers l'avant par le ressort *1. Aussitôt que l'écartement des deux par ties 101, 102 du pêne sera suffisant, la cale :34, sollicitée par le ressort 36, viendra s@in- sérer entre elles.
La serrure ci-dessus, telle qu'elle a été décrite comporte six pistons. Bien entendu, le nombre de pistons pourrait être réduit ou multiplié à volonté en diminuant ou accrois sant d'une manière correspondante la sécurité de la serrure. De même, les relations des pistons par rapport aux tiges pourraient étre modifiées. On a représenté six pistons et trois tiges. Les six pistons pourraient agir sur six tiges. On pourrait au contraire, ré duire le nombre de tiges, et même n'employer qu'une seule tige munie de six encoches et verrouillée six fois par les six pistons. La serrure présenterait exactement. la même sé curité.
Le nombre des pistons et des tiges sera réglé de façon à obtenir une clé de di mensions acceptables.
Aux fig. 11 et 12 on a précisément repré senté titre serrure de tiroir rie possédant qu'une seule tige 41 pour six pistons 421, 422.... Cette serrure sera plus simple que la serrure de porte décrite, car, bien entendu, tous les organes correspondant à l'ouverture de l'in térieur seront supprimés. Le pêne sera donc cri une seule pièce. Une fois la clé appliquée aux pistons, une traction sur le bouton 43 fera rentrer le pêne 44 dans soir boitier. Le pêne sera arrêté par un crochet d'arrêt dis posé comme celui de la porte.
Quand on refermera le tiroir, une languette fixe 9:5, agissant exactement comme la languette 30 de la porte, rabattera le crochet et libérera le pêne qui rentrera dans la gâche, sous l'action du ressort 81.
Si l'on désire avoir une serrure possédant une robustesse supérieure à. celle de la serrure décrite, ce qui a eu particulier de l'importance pour certains verrous de sûreté, il suffira (fig.10) de réunir par exemple rigidement deux pênes et de fixer les tiges de fermeture 48, =1.9, 50 à la pièce de liaison. Les deux pênes 46, 47 fonctionneront comme un pêne unique commandé par le mouvement des tiges.