Procédé d'étirage et doublage des rubans de cardes ou peigneuses, avec assemblages et étirages multiples, en une seule opération, et machine pour la mise en pratique de ce procédé. Cette invention comprend un procédé d'é tirage et doublage des rubans de cardes ou peigneuses, avec assemblage et étirages mul tiples, en une seule opération.
Les procédés d'étirage actuels consistent à réunir par juxtaposition une quantité limitée de rubans, 6 à 8, sous forme de nappes, pour les soumettre à, un dispositif étireur composé de plusieurs paires de cylindres cannelés avec embases.
Ces embases employées ont pour but de limiter l'engrènement -des cannelés pour évi ter l'écrasement des fibres. On limite donc le pincement des fibres et l'opération de l'éti rage s'effectue alors par glissements irrégu liers des fibres. Il s'ensuit de graves défauts qu'on ne peut atténuer qu'en répétant la même opération par trois ou quatre passages de bancs d'étirage semblables.
On sait que les rubans @de cardes ou.de peigneuses sont d'une irrégularité de section allant jusqu'à 50%e- Il en résulte que les parties faibles ne peuvent être pincées comme les parties fortes entre les cylindres cannelés. Il est donc nécessaire et indispen sable pour obtenir un étirage rigoureuse ment mathématique de réaliser au préalable un pincement énergique des fibres.
Le procédé selon l'invention est caracté risé par le fait qu'on assemble une quantité relativement grande de rubans, par exemple 25 à 120 rubans sous forme d'une nappe que l'on soumet à un dispositif étireur composé de plusieurs paires successives de cylindres d'étirage, dont un cylindre au moins de cha que paire est cannelé, l'étirage étant effec tué en maintenant énergiquement entre les clindres desdites paires cette masse impor tante de fibres sans qu'il y ait de glissements, sur une largeur relativement restreinte,
et de façon à paralléliser ces fibres en même temps et définitivement, en une seule opéra- - tion, par étirage partiel progressifs. On peut employer un agencement de cinq, six, sept ou huit cylindres d'étirage cannelés munis de cylindres de pression métalliques, cannelés ou unis, recouverts de manchons en cuir ou autres garnitures, libres ou entraînés par engrenages.
On n'effectue donc qu'une seule opération d'étirage, à l'inverse des pro cédés connus dans desquels deux, trois et qua tre opérations d'étirage sont nécessaires pour obtenir le même résultat.
L'invention comprend encore une machine pour la mise en pratique de ce procédé. Elle est caractérisée par un dispositif réunisseur des rubans, par exemple en forme de V, as semblant ceux-ci en une nappe qui est dirigée entre des rouleaux la comprimant, et par un dispositif étireur dans lequel passe la nappe en sortant des rouleaux comprimeurs, ce dis positifs étant .composé de plusieurs paires suc cessives de cylindres> d'étirage,
dont un cy lindre au moins de chaque paire est cannelé, des guides étant prévus pour .rétrécir succes sivement la nappe formée, laquelle subit ainsi des étirages partiels progressifs, d'où résulte le parallélisme définitif de toutes les fibres, par une seule opération, des rouleaux calen- dreurs conduisant la nappe à un entonnoir pour en former un ruban, un conduit tour nant emmagasinant ce ruban dans un pot également tournant.
On fera remarquer -de suite que par ce doublage plus grand, comparé aux machines ordinaires, matériellement impossible à obte nir avec celles-ci, une telle machine sera ca pable d'une plus grande régularité de nappe et, par suite de l'éposseur plus forte de cette dernière et du plus grand nombre -de cylindres .adopté, il en résultera aussi la pos sibilité d'augmenter sensiblement les étirages. ce qui aura pour effet de .donner aux fibres, en une seule opération, un parallélisme Éu- périeur à celui obtenu par deux, trois et qua tre opérations d'étirage actuel.
Le dessin annexé représente, à titre d'exemple et schématiquement, une forme d'exécution de la machine que comprend fin= vention, cette machine présentant six paires de cylindres, le nombre de ceux-ci pouvant varier entre cinq et huit dans d'autres for mes d'exécution.
La fig. 1 en est une vue en plan; La fig. 2 est une vue, partie de profil cor respondant à la partie de gauche de la ma chine, partie en coupe partielle en bout du système de concentration des rubans.
En se référant à ces figures, on voit que l'ensem ble de cette machine se compose d'un .dispo sitif réunisseur représenté par une table A, en forme de V, de rouleaux compresseurs J et J', et d'un dispositif étireur composé des cylindres 1 et l', 2 et 2', 3 et 3', 4 et 4', 5 et 5', 6 et 6'. De plus, des guides g, limitant la largeur de la nappe, sont utilisés ainsi que d'autu-es guides G ayant pour effet de ré trécir la nappe en cours d'avancement, alors qu'elle subit les étirages partiels progressifs voulus.
Un guide if, un support -de voile y , un .entonnoir E condensant le voile en un ruban final R', -des rouleaux calendreurs C et C' appelant le ruban, un conduit tournant T emmagasinant le ruban dans un pot Q tournant en sens contraire par rapport à T, complètent cette machine. Des pots P, con tenant les rubans R provenant des cardes ou des peigneuses, sont placés à l'arriére de la machine.
Ces rubans sont appelés par des rouleaux a et b, en passant sur -des guides c et d, et des casses mèches e. Ils sont donc as semblés sous forrme -de nappe N, par le dispo sitif réunisseur A, en forme de V. Dans d'au tres formes d'exécution, le dispositf réunis- seur pourrait avoir une autre forme. Cette nappe N, limitée en largeur par les guides ,g, est compn.mée par son passage entre les rouleaux J et J'.
Ainsi comprimée, elle pé- nètredans le dispositif étireur composé des cylindres 1 et l', 2 et 2',. 3 et 3', 4 et 4', 5 et 5', 6 et 6'.
Les guides G ont pour effet de rétrécir la nappe en cours de tranformation, alors qu'elle subit les étirages partiels progressifs vou lus, en vue de l'obtention du parallélisme dé- finitif des fibres. C'est alors que ladite nappe amincie forme un voile Y, qui est con densé en. un ruban R', par passage dans l'en- tonnair E, approprié pour la forte compres sion du ruban.
Celui-ci, bien régulier, descend en entrant dans le conduit tournant T, pour s'emmagasiner dans le pot Q, effectuant une rotation continue. C'est par ces diff6ren- tes opérations que le ruban R' est préparé, par une seule opération, pour passer direc tement aux bancs -à broches, sans avoir eu à subir les manutentions dues â deux, trois et quatre opérations d'étirage actuel.
La machine décrite remplace avantageu sement la réunisseuse de rubans actuelle et supprime radicalement l'emploi de la. réu- nisseuse de nappes, appelée "Etirage à sur faces gauches", et tous les inconvénients qui en résultent. Comme on peut s'en rendre compte, la machine décrite présente de très grands avantages, à savoir: Elle supprime tout d'abord les allonge ments ou détériorations des rubans que don nait jusqu'ici la manutention dues à deux, trois ou quatre opérations d'étirage puisque celles-ci sont désormais remplacées par une seule.
De plus, le produit est non seulement meilleur, mais la machine décrite, qui ne comporte, comme on peut le voir à la fig. 1, qu'une seule tête, produit quatre fois autant qu'une machine usuelle à quatre têtes, c'est- à-dire ayant une succession de dispositions semblables rangées côte à côte et commandées par un même arbre.
De plus, on obtient une réelle économie de force motrice, une tête de cette machine traitant autant de rubans que quatre têtes d'une machine actuelle et, par le fait qu'une seule opération suffit au lieu de quatre opérations, elle remplace 'douze à seize têtes de machines actuelles. Economie également de main-d'#uvre par suppression du personnel employé aux opérations élimi nées; économie encore d'entretien des cylin dres de pression, ceux-ci étant pour la plupart en métal cannelé, enfin économie aussi d'em placement, cette machine représentant comme encombrement le tiers de celui des machines ordinaires.
Son rendement, ainsi qu'on l'a fait obser ver, est plus grand, parce que l'alimentation très lente, facilite le rattachement des rubans avant le remplacement des pots vides, tout en permettant de prévenir le mauvais déroule ment des rubans hors des pots, ce qui évite des arrêts. Elle donne encore la possibilité de mélanger toutes sortes de fibres, longues ou courtes, écrues ou teintes, dans la proportion de '/25 à, 1/12o que procureront ces grands dou blages. de rubans, ce qui permettra d'obtenir toute une gamme de nuances avec grande ho mogénéité et régularité, impossibles à obtenir avec les machines actuelles.
Le travail du co ton cardé ou peigné de toutes provenances devient facile, que. ce soit du coton des Indes ou de Sea-Island (15 à 50 mm).
Cette grande régularité obtenue avec une machine telle que décrite donnera aussi la possibilité de -doubler et même tripler les éti rages sur bancs en gros ou sur ceux qui sui vent, selon les matières et numéros à obtenir en filature, tout en. rendant pratique l'appli cation -des grands étirages. aux métiers à filer.
Une machine telle que décrite pourrait être conçue avec deux ou plusieurs têtes selon les matières à travailler, et pourvue à la sortie de pots. plus .grands. que ceux actuellement en usage.
Les erreurs relatives. aux mélanges de pots provenant de passages différents sont évitées et l'on obtient une régularité parfaite malgré le non fonctionnement -d'un casse- mèche, la variation ne se faisant sentir que clans la proportion -de @@ZS à 1/120. On évite aussi toutes les irrégularités, la fatigue des fibres est diminuée et la force- -du fil est aug mentée du fait même de la suppression de plusieurs opérations d'étirage.