Plaque pour l'isolation des machines. La présente invention est relative aux plaques isolantes destinées à empêcher la transmission des vibrations et des bruits des machines à travers la construction et le sol.
Jusqu'à présent on s'est servi, dans ce but, de plaques en liège aggloméré avec des agglutinants, tels que le brai, etc. ou com primées par la pression de la vapeur, de couches en feutre, de plaques en caoutchouc ou de produits analogues et, enfin, de plaques composées de bandes de liège naturel et retenues dans un cadre en fer avec ou sans traverses.
Toutes ces plaques n'ont pas donné entière satisfaction. En effet, les plaques en liège aggloméré fabriquées avec l'agglutinant ne sont pas suffisamment élastiq-ips, par suite de la présence des agglutinants et, en outre, se désagrègent sous l'influence des vibrations de la machine.
Les mêmes plaques fabriquées seulement sous la pression de la vapeur, sans aucun agglutinant, se détériorent encore plus vite tout en n'étant pas beaucoup plus élastiques.
Les plaques en caoutchouc ont un autre inconvénient: elles durcissent et perdent ainsi leur élasticité; de plus, elles se décomposent sous l'influence de l'huile et de l'humidité et doivent par suite être fréquemment rem placées.
De plus l'élasticité si connue du caout chouc n'est que très relative, car ce matériau n'est élastique que si sa tension ou sa com pression dans le sens longitudinal peut se traduire par un changement correspondant de son volume dans le sens transversal. Si l'on met par exemple un bouchon de caout chouc dans un cylindre fermé d'un côté et que l'on essaie de le comprimer au moyen d'un piston, on constate qu'aucune compres sion n'est possible.
Le caoutchouc et les produits analogues sont donc incompressibles et l'application de telles plaques pour l'isolement des massifs entourés par le sol, les murs ou une cuvette, comme cela est couramment le cas, devient pratiquement impossible.
Les meilleures plaques antivibratiles uti lisées jusqu'à ce jour sont certainement les plaques en liège naturel retenues dans un cadre en fer, sans aucun agglutinant.
Bien que l'élasticité du liège naturel soit suffisamment connue, il est cependant bon de s'y arrêter: si l'on met par exemplé dans le cylindre ci-dessus mentionné un bouchon de liège naturel au lieu d'un bouchon en caout chouc, on remarquera immédiatement que ce bouchon se comprime sous la pression du piston et reprend son volume initial dès que la pression cesse.
En outre, le liège naturel ne craint pas l'huile, ni l'humidité et ces plaques peuvent être ainsi considérées comme pratiquement inaltérables.
Cependant, l'inconvénient de ces plaques consiste dans le fait que leur élasticité reste constante. On peut évidemment augmenter leur élasticité en augmentant leur hauteur, mais cette hauteur pour des raisons tech niques est très limitée et c'est ainsi qu'elle ne dépasse jamais 10 cm.
On sait, d'autre part, que le pouvoir isolant d'une plaque est directement propor tionnel à son élasticité, c'est-à-dire que plus la plaque est élastique, plus elle est en état d'absorber les vibrations pour empêcher leur transmission au bâtiment ou au sol. Or, comme la pratique l'a démontré, les plaques en liège naturel travaillent dans les meilleures conditions sous une charge de 1 à 1,5 kg par em2 selon le genre des machines. Ce fait présente un inconvénient, car la plupart des machines, sans ou même avec leurs fonda tions, comme les machines à imprimer, les métiers à tisser, certaines machines-outils, etc. ayant une grande surface d'assise, ne produisent sur leur base qu'une charge très faible, souvent ne dépassant pas 0,3 kg par cm 2.
Etant donné la nécessité, pour la bonne tenue de la machine, de répartir uniformé ment sa charge ou celle du massif sur la couche isolante, il ne suffit pas de poser des plaques isolantes sous la base de la machine ou du massif avec des intervalles. Pour recouvrir toute la surface d'assise, on se contente généralement de remplir ces inter valles soit de liège granulé, soit de morceaux de liège non maintenus, c'est-à-dire posés librement. II va sans dire que ce procédé ne permet pas une répartitions rigoureuse de la charge de la machine ou du massif, et même il arrive, en recourant à ce procédé, que la charge à laquelle sont soumises les plaques reste trop faible pour que l'on puisse faire appel à leurs qualités d'élasticité dans lés meilleures conditions ci-dessus indiquées.
D'autre part, la surface de ces plaques ne peut être arbitrairement réduite sans inconvénients pour le massif devant être coulé au-dessus de cette couche isolante et non sans danger pour sa stabilité.
Pour augmenter l'élasticité de ces plaques, on procède à la compression passagère des bandes de liège aussi bien dans le sens des fibres que dans le sens perpendiculaire à celles-ci, avant la mise de ces bandes dans le cadre en fer; cependant, ce procédé ne peut donner les résultats désirés, car ces bandes reprennent facilement, après la suppression de la charge, leur hauteur initiale. Ce qui importe pour résoudre le problème, c'est que les plaques subissent une augmentation de leur élasticité de telle fagon que leur défor mation permanente devienne impossible.
La présente invention a pour objet une plaque isolante destinée à répondre à ces desiderata. Cette plaque, constituée en liège naturel, et entourée d'un cadre métallique, est caractérisée en ce que dans ses faces sont pratiquées des cannelures destinées à augmen ter son degré d'élasticité. En pratique, on choisira la largeur et la profondeur de ces cannelures suivant le degré d'élasticité que l'on veut donner à la plaque.
Le dessin annexé représente, simplement à titre d'exemple, deux formes d'exécution de l'objet de l'invention.
La fig. 1 représente une plaque vue en perspective avec cannelures dans un sens, La fig. 2 représente une plaque munie de cannelures dans deux sens, et La fig. 3 indique un mode d'application de ces plaques sous un massif.
Dans la forme de la fig. 1, la plaque de liège 1, entourée d'un cadre métallique 2, est pourvue de rainures 3, parallèles, régu lièrement espacées. De préférence, la plaque originale, entourée de son cadre 2, passe sous une raboteuse, déchiqueteuse ou machine analogue, qui, au moyen de couteaux spéciaux, produit dans la plaque les cannelures dont la largeur et la profondeur correspondent au degré d'élasticité que l'on se propose d'ob tenir.
Il est évident qu'en augmentant ou dimi nuant la largeur ou la profondeur de ces cannelures, ou ce qui revient au même, la distance entre les rainures 3, on fait varier l'élasticité de la plaque. Ainsi, pour isoler une machine d'un faible poids, mais d'une grande surface d'appui, on pose ces plaques, dont les dimensions des cannelures sont déterminées conformément au degré d'élasti cité nécessaire, sous toute la base de son massif et sans aucun intervalle.
Pour augmenter encore l'élasticité de ces plaques, on peut prévoir des rainures 3-3' dans deux sens, par exemple perpendiculaires l'un à l'autre, ce qui forme de multiples petits carrés 4 réagissant seuls aux efforts statiques et dynamiques de la machine (fig. 2).
On voit que pour éviter les mouvements possibles du massif d'ans le sens horizontal, par suite du mode de travail de la machine ou de la tension de la courroie, ce qui pour rait avoir lieu si les cannelures des plaques se trouvaient dans le sens perpendiculaire à la direction de ces mouvements présumés, on peut disposer les diverses plaques<I>A,</I> B, <I>C, D</I> (fig. 3) en forme de damier, de façon que les cannelures d'une plaque soient perpen diculaires à celles de la plaque voisine. On pourrait également adopter toute autre dispo sition convenable des plaques constituant la couche isolante.