Procédé de fabrication d'un tissu imprégnabie. L'imprégnation des tissus au moyen de matières élastiques, plastiques ou autres ma tières analogues se fait d'autant moins bien que les fibres du tissus se trouvent plus ser rées les unes contre les autres, soit dès l'ori gine, par suite de la torsion initiale élevée du fil, soit ensuite, par la manière dont le tissu est fabriqué, soit enfin par le gonfle ment subi par les fils au moment de l'impré gnation, soit par plusieurs de ces causes agis sant simultanément.
D'autre part, les tissus obtenus avec des fils déjà imprégnés par avance sont difficiles à. fabriquer et il faut réimprégner le tissu si l'on veut que ses fils soient bien agglo mérés entre eux.
Les tissus fabriqués dans les conditions normales au moyen de retors inverses spé ciaux, tels que les produits élastiques décrits dans le brevet suisse no 175632 du 4 octobre 1933, sont évidemment de beaucoup supé rieurs du point de vue de l'imprégnation, de la force et de l'élasticité, mais lors de l'opé- ration de gonflement et de contraction, il se produit une certaine compression qui fait que l'imprégnation peut quelquefois n'être pas aussi parfaite qu'on le désire.
Un tissu fait en fils ordinaires, c'est-à- dire ayant subi une forte torsion et tissé ù. mailles lâches de manière à présenter, après une opération de gonflement et de contrac tion, la contexture d'un tissu serré, ne pour rait pratiquement être imprégné de matières élastiques ou plastiques, même si les mailles étaient initialement assez larges pour qu'il n'y ait pas de compression supplémentaire transversale du fil du fait du rapetissement de ces mailles. Le fil formant de tels tissus aurait subi pendant l'opération de gonfle ment et de contraction une compression pro pre, indépendante du rapetissement des mail les,
compression qui s'opposerait de façon ab solue à la pénétration de la matière élastique ou plastique. A cette compression s'ajoute rait celle due au gonflement des fils sous l'effet de l'excipient du bain imprégnant. Un tel tissu ne présenterait au surplus aucune élasticité particulière.
La présente invention a pour objet un procédé de fabrication d'un tissu imprégna- ble destiné à être soumis, avant l'imprégna tion, à un traitement sans tension de con traction et de gonflement.
Ce procédé est caractérisé en ce que l'on constitue un tissu à mailles lâches à partir d'éléments textiles linéaires très ouverts, la largeur des mailles étant telle que lorsqu'on fait subir ultérieurement au tissu un traite ment sans tension par un agent de contrac tion et de gonflement, ce traitement aura pour effet de donner au tissu une contexture serrée sans cependant qu'il se produise de compression mutuelle sensible des éléments linéaires et de leurs fibres.
De préférence, on emploie, comme élé ments textiles linéaires très ouverts, des élé ments formés d'au moins deux mèches tor dues individuellement jusqu'à ne plus pou voir être étirées sensiblement puis retordues ensemble en sens inverse d'un nombre de tours se rapprochant autant que possible de celui de la torsion individuelle de chaque mèche.
Grâce à cette torsion inverse, les fibres de chaque mèche entrant dans la constitution des éléments textiles obtenus comme indiqué ci-dessus forment un faisceau d'hélices de même pas, qui sont enroulées sur des cylin dres parallèles de même diamètre et sont juxtaposées les unes aux autres sans prati quement se recouper; par conséquent, les fibres n'exercent aucune compression les unes sur les autres.
La largeur que l'on donne aux mailles lâches dépend évidemment de la nature et des dimensions des éléments linéaires utilisés, ainsi que du degré de gonflement et de con traction que ces éléments doivent subir dans le traitement ultérieur appliqué au tissu. On devra donc toujours proportionner le nombre des éléments linéaires au centimètre à la nature de cet élément et au traitement de gonflement et de contraction qui doit être appliqué au tissu. Ainsi,
pour fabriquer un tissu caout chouté à partir d'un tissu obtenu au moyen du procédé selon l'invention (fabrication qui ne fait évidemment pas partie du procédé que comprend l'invention), on considère d'a bord la force de rupture exigée, en même temps que l'épaisseur demandée pour le tissu. On prend par exemple des éléments textiles linéaires consistant en des retors inverses spé ciaux non traités tels que défini ci-dessus et correspondant au diamètre exigé, puis on fa brique un tissu comportant une contexture en chaîne et en trame de 50 J plus réduite que celle exigée par la force de la rupture.
On traite ensuite ce tissu obtenu par le procédé suivant l'invention, par exemple par la soude caustique à 30 Bé, à 18 C pendant quinze minutes, on rince, puis on fixe les propriétéq nouvelles du tissu par une imprégnation<B>ait</B> latex de caoutchouc. Si l'imprégnation doit avoir lieu au moyen d'une dissolution de caoutchouc ou matière analogue, on sèche avant imprégnation. Sinon il est inutile de sécher. Après caoutchoutage, on sèche, puis.
si l'on veut enlever au tissu ainsi imprégné une partie de ses propriétés naturelles d'al longement, on exerce sur lui, dans le sens où l'on veut limiter l'élasticité, une traction telle que l'on amène le tissu au degré d'al longement voulu, puis on vulcanise le tissu sous cette tension, fixant ainsi les dimensions du tissu et, en même temps, la limite infé rieure d'élasticité. Cette fixation peut aussi être opérée par les mêmes moyens au moment du séchage.
Grâce à la très grande élasticité propre d'un tissu constitué comme il vient d'être indiqué, il est possible de se rappro cher de la dimension primitive du tissu im- prégnable avant traitement, tout en conser vant une élasticité rémanente appréciable. Bien entendu, on peut, si on le désire, faire complètement disparaître l'élasticité et fixer la dimension du tissu à une dimension égale, ou même supérieure à sa dimension primi tive.
Les applications des tissus obtenus au moyen des formes d'exécution du procédé se lon l'invention, après opérations de gonfle- ment., de contraction et d'imprégnation, sont toutes celles oii l'on utilise d'habitude des tissus imprégnés, notamment les pneumati ques, les courroies, les bâches, les tissus im perméables pour vêtements, les tuyaux sou ples, etc.
Au dessin ci-joint, qui est donné simple ment à titre d'exemples: Fig. 1 représente schématiquement à grande échelle la coupe d'un tissu ordinaire serré < Ï, armure toile; Fig. 2 représente un fragment du même tissu après augmentation du diamètre des fils de chaîne seulement, les fils de trame étant supposés avoir pu se dilater et glisser librement par rapport aux fils de chaîne, ces derniers étant, par conséquent, supposés en mesure (le s'écarter librement les uns des autres;
Fi-. 3 représente le même tissu schémati que après augmentation de diamètre, non seulement des fils de chaîne, mais également des fils de trame, les fils de chaîne ayant été supposés libres de s'écarter encore les uns des autres sans résistance, et les fils de trame avant pu glisser librement par rapport aux fils de chaîne; Fi-. 4 est une vue de face également schéina,tique à échelle plus réduite d'un frag ment d'un tissu obtenu au moyen du procédé suivant l'invention; Fi g. 5 est une coupe par A-A de ce même tissu;
Fi-,. 6 est, à la même échelle que fig. 4 et 5, une vue de face du même tissu sché matique tel qu'il se présentera lorsqu'on lui aura fait subir ultérieurement un traitement sans tension par un agent de contraction et de gonflement: Fi--. 7 est une coupe par B-I> de fig. 6.
Si l'on constitue un tissu serré tel que celui qui est représenté à la fi-. 1 et qui com porte des éléments linéaires de chaîne l.,, lb et des éléments linéaires de trame 2a, 2b, tis sés serrés, et si l'on traite un tel tissu de manière à, faire augmenter le diamètre des éléments linéaires de chaîne et des éléments linéaires de trame, les éléments linéaires de chaîne seront devenus l'a,, 1'b et les éléments linéaires de trame 2'a,, 2'b, à supposer qu'ils aient pu se gonfler et glisser librement.
Mais comme en pratique les fils de trame et de chaîne ne peuvent glisser librement, le tissu se resserrera et il en résultera une compres sion des éléments linéaires qui le constituent; il en résultera que non seulement ce tissu n'aura pas pris plus de force et d'élasticité que celles du tissu initial mais encore que le tissu s'étant resserré au lieu de s'ouvrir, la pénétration du caoutchouc pour fixer les propriétés du tissu ne sera absolument pas possible.
Si au contraire, on constitue., comme cela est représenté en fig. 4 et 5, et en partant d'éléments textiles linéaires très ouverts for més par des retors inverses spéciaux tels que définis ci-dessus (fil de chaîne la, lb, fils de trame 2a, 2u), un tissu dont la largeur des mailles est telle qu'un traitement sans ten sion par un agent de gonflement et de con traction, auquel sera soumis ultérieurement le tissu, aboutisse sans compression sensible des fils de chaîne et de trame et de leurs fibres, à un tissu tel que celui représenté aux fig. 6 et 7 (fils de chaîne l',, 1'b,
fils de trame 2'@, 2'b), on obtient un tissu qui, après le traitement de gonflement et de contrac tion, pourra absorber une matière élastique ou plastique avec une grande facilité, sans diminution ni de la résistance ni de l'élasti cité du tissu.
On emploiera par exemple des éléments linéaires constitués par des retors inverses spéciaux no 14/2 bouts, formés de deux mè ches tordues individuellement de 480 tours à droite, puis assemblées et retordues ensem ble en sens inverse à 480 tours. Si l'on dé sire obtenir un tissu destiné à être traité sans tension avant imprégnation par une lessive de soude caustique à 3(1 Bé à une tempé rature de 18 C pendant 17 minutes - trai tement ayant pour effet de produire un gon flement et une contraction des fils de 30% en chaîne et en trame - on formera avec ces retors un tissu toile carré de 9 fils et de g duites au centimètre,
tissu qui pèsera alors <B>150</B> gr au mètre.