Manche porte-aiguille à remailler. La présente invention a pour objet un manche porte-aiguille à remailler, pour le remaillage à la main des articles de bonne terie, des bas notamment, ce manche étant du genre décrit dans les brevets français nos 662 588 du 20 octobre 1928, et 689 268 du 3 février 1930, et comportant un corps formant cylindre, à l'intérieur duquel une pièce-piston, sur laquelle est montée l'ai guille, peut coulisser suivant un mouvement alternatif qui lui est imparti au moyen de pulsions d'air comprimé admis à la partie supérieure du manche et agissant sur la pièce-piston dont le retour est assuré par un ressort de rappel.
On a constaté que ces manches présentent l'inconvénient suivant: lorsque l'on veut ré gler la force de l'aiguille en faisant varier l'intensité des pulsions d'air envoyées par une machine au manche, on arrive bien à régler cette force dans le sens de la sortie de l'aiguille, mais pas dans le sens de sa ren trée dans le manche, car c'est toujours le ressort de rappel qui provoque cette rentrée et qui a une force immuable.
Or, il est souvent nécessaire de faire va rier la force dans les deux sens. Le manche selon l'invention permet d'obvier aux incon vénients précités par le fait qu'il est carac térisé en ce que sur la partie supérieure de la pièce formant piston et sur laquelle est montée l'aiguille, sont disposés deux cuirs renversés, de sorte que l'aiguille se trouve actionnée dans un sens comme dans l'autre par les pressions et dépressions successives créées par une machine produisant les pul sions d'air, tandis que le manche est muni d'une ouverture qui permet que le fonction nement de l'aiguille se fasse toujours à peu près dans les mêmes conditions,
quelle que soit la position de départ de ladite machine.
Une forme d'exécution du manche selon l'invention est représentée, à titre d'exemple, au dessin annexé, dans lequel: Fig. 1 en est une coupe longitudinale, Fig. 2 en. étant une vue partielle de côté. Le manche comporte un corps 1 formant cylindre, lequel porte, à son extrémité supé rieure, deux prolongements en forme de dis ques 2 et 3 dont les faces externes sont ren dues concaves et qui servent à tenir le man che entre le pouce et l'index, des ouvertures ovalisées 4 étant pratiquées dans ces disques.
Un bouchon 5, qui se visse à la partie supérieure du cylindre 1, et qui se trouve entre les deux disques 2 et 3, comporte un ajutage 6 sur lequel se monte un tube de caoutchouc non représenté amenant l'air com primé par pulsions. Par sa disposition dans l'axe du manche, l'ajutage amène l'air direc tement au-dessus d'une pièce-piston 8.
Pour le montage et le démontage du bou chon 5, deux petits logements 7 sont prévus pour permettre l'insertion des ergots d'une clé spéciale permettant de le visser ou de le dévisser.
A l'intérieur du cylindre 1 se déplace le piston 8 comportant une rainure 9 pour le guidage du piston par une vis 10. Ce piston comporte, à son extrémité inférieure, un bloc de bois 11 dans lequel une aiguille 12 est emmanchée à force, son extrémité supérieure comportant une garniture en cuir qui sera décrite plus loin. Elle est fixée par une vis 14 et permet au piston de recevoir les flux d'air comprimé, le rappel. du piston étant assuré par un ressort 15, enfilé autour du- dit piston.
En outre, pour éviter que le rappel du piston, par le ressort 15, ne soit trop brus que lors de son retour en arrière, un léger ressort 16, comprenant deux à trois spires seulement, est fixé à la face interne du bou chon, par son extrémité 17.
Pour assurer une meilleure protection des organes délicats de l'aiguille 12, de type connu à loquet coulissant, comportant un étrier 18 fixé par une vis 19 et un ressort très délicat 20 de rappel du loquet, fixé d'une part audit loquet et arrêté, d'autre part, par un étrier 21 serré à force sur l'aiguille de façon à en permettre le réglage de la tension, le cylindre 1 se trouve prolongé en 22, for mant enveloppe de protection pour les or- gaves délicats, qui se trouvent ainsi recou verts, en position de repos de l'aiguille, et à l'abri de tout choc pouvant les détériorer.
Il y a lieu de remarquer que, dans le cas du cuir simple, la pompe produisant les pul sions d'air doit simplement envoyer de l'air et réaspirer ce même air, le renvoyer à nou veau, etc., le même air servant toujours in définiment.
Au moment du démarrage, si la pompe se trouve par exemple dans une période d'aspiration, l'air passe autour du cuir sim ple et l'aiguille ne se trouve poussée en avant qu'à partir du moment où la pompe com mence à comprimer. Le démarrage se pro duit donc toujours de la même façon et le même air ressert toujours.
Le manche représenté et décrit comporte deux cuirs renversés 13 et 23 fixés par la vis 14 sur l'extrémité supérieure de la pièce 8.
Dans le cas du cuir double, si la pompe commence par aspirer, lorsque l'aiguille est à sa position de repos, position indiquée sur le dessin, le cuir 23 empêchant l'air de pas ser autour du cuir 13, la pompe va faire le vide dans le cylindre de l'aiguille. Lors qu'elle arrivera à la période de compression, cette période ne fera que supprimer le vide, mais ne poussera pas l'aiguille en avant.
Pour que le fonctionnement puisse s'éta blir d'une façon normale et que quelque soit la position de départ de la pompe le fonc- tionnement de l'aiguille se fasse toujours à peu près dans les mêmes conditions, le bou chon 5 présente une ouverture 3a permettant une petite fuite. De cette façon, si la pompe commence, comme dit plus haut, par aspi rer, l'air entrera par l'orifice 3a. Au mo ment de la compression, cet air sera refoulé, chassera en avant le piston de l'aiguille en même temps. qu'un léger échappement d'air se produira à nouveau par l'orifice 3a.
Un équilibre s'établira très rapidement entre la force d'aspiration et la force de répulsion et les rentrées et les sorties d'air, de telle sorte que, pratiquement, quelle que soit la" position de départ de la pompe, le fonctionnement de l'aiguille sera toujours à peu près identique.
Bien entendu, il est nécessaire de régler une fois pour toutes la dimension de l'orifice de perte d'air 3a, de façon que cette perte soit suffisante pour établir l'équilibre, mais qu'elle ne soit pas trop forte, car alors tout l'air s'échapperait librement par cet orifice et n'agirait plus sur le piston.
Il est nécessaire de régler également une fois pour toutes la force du ressort 15 et la force du contre-ressort 16.
Cette disposition a, comme dit plus haut, l'avantage de permettre le réglage de la force de l'aiguille dans les deux sens en fai sant simplement varier l'intensité des pul sions d'air de la pompe. Elle a, en outre, l'avantage de nécessiter un ressort 15 beau coup plus faible que dans le cas du fonction nement avec cuir simple, de sorte que le fonc tionnement de l'aiguille est beaucoup plus doux, ce qui facilite le travail surtout dans les articles fins et ce qui facilite également le travail à la main, l'action de la main sur l'aiguille étant adoucie par l'intermédiaire du ressort 15.