Goupille pour dents artificielles et procédé pour la fabriquer. L'invention a pour objet une goupille d'ancrage pour dents artificielles, qui est ro buste, durable et protégée contre les effets nuisibles dus à l'oxydation et à la présence d'acides dans les fluides de la bouche, et a, en outre, pour objet un procédé pour la fa brication de cette goupille.
La goupille dentaire faisant l'objet de l'in vention comprend un noyau en métal non précieux, au moins une gaine en métal pré cieux rendu dense, et chimiquement inerte à l'égard du métal du noyau, cette gaine recou vrant la goupille entière à l'exception de cer taines portions aux extrémités de la goupille, et une couche extérieure d'épaisseur uniforme de métal précieux homogène qui enveloppe complètement la goupille.
Le procédé selon l'invention pour la fa brication de cette goupille consiste à appli quer d'abord mécaniquement une couche de métal précieux sur un noyau de métal non précieux, à convertir le tout en un fil métalli que fin par des opérations mécaniques, à dé- couper et façonner le fil métallique rendu dense, de façon à le convertir en goupilles dentaires- et à recouvrir finalement la gou pille entière d'une couche extérieure de métal précieux.
Le dessin représente, à titre d'exemple, une forme d'exécution de l'objet de l'inven tion à divers stades de sa fabrication.
La fig. 1 est une coupe verticale d'une dent artificielle à. laquelle est fixée, de façon qu'elle en fasse partie intégrante, une gou pille établie selon l'invention; La fig. 2 est une vue de côté d'un noyau en métal non précieux, muni d'une gaine tu bulaire ou enveloppe cylindrique en métal précieux La fig. 3 est une coupe longitudinale re présentant une goupille dont le corps a été étiré ou allongé et dont la tête a été refoulée, étampée et comprimée,
cette goupille com portant un noyau de métal non précieux et une couche de revêtement de métal précieux; La fig. 4 est une vue analogue à la fig. 3, mais représentant une goupille qui comporte, en outre, une couche de revêtement supplé mentaire d'un métal précieux inoxydable qui recouvre entièrement la surface externe de la goupille; La fig. 5 est une coupe transversale de la goupille, suivant la ligne 4-4 de la fig. 4;
La fig. 6 représente en coupe, à plus grande échelle, la tête de la goupille, pour mieux montrer les couches de recouvrement. D'une façon générale, la goupille repré sentée est composée d'un noyau de métal non précieux 2, d'une ou plusieurs couches de revêtement 3 faites d'un métal précieux ou d'un alliage convenable de métal précieux, ces couches étant appliquées mécaniquement, et d'une couche finale 4, d'épaisseur uniforme, faite d'un métal précieux, qui est de préfé rence l'or, appliquée par voie électrolytique sur la couche 3 après que la goupille a reçu sa forme, cette couche finale étant spéciale ment apte à résister à l'oxydation et aux acides que contiennent les fluides de la bouche.
Pour fabriquer la goupille, on utilise un noyau 2 fait d'un métal non précieux de grande résistance, tel que le nickel, le tantale, le tungstène, etc. qui, tout en étant relative ment peu coûteux et durable, résiste aux tem pératures élevées. Ces métaux n'ont toutefois qu'une résistance relativement faible à l'oxy dation et aux acides de la bouche et, par con séquent, il faut qu'ils soient protégés par une ou plusieurs couches de métaux précieux qui résistent mieux à ces actions nuisibles.
Pour constituer une couche de revêtement de ce genre, on peut utiliser l'argent, l'or, un métal quelconque du groupe du platine ou un alliage convenable des métaux précieux tel qu'un alliage de palladium et d'argent et, dans le présent procédé, cette couche est appliquée mécaniquement ou physiquement sur le noyau de métal commun.
L'avantage que présente l'application mé canique ou physique d'une couche de revête ment sur un noyau de métal non précieux est que, en raison du fait que ce métal est martelé, laminé, étiré, étampé ou soumis à une opération analogue, la couche possède un grain dense et serré, de telle sorte qu'elle est imperméable aux solutions acides et aux gaz, et qu'elle protège efficacement le noyau de mé tal non précieux, alors que, en raison du carac tère cristallin d'un revêtement électrolytique, ce revêtement serait plus ou moins poreux et, s'il était employé seul, n'assurerait pas d'une manière efficace la protection du métal du noyau.
Pour cette raison, l'emploi d'une cou che dense associée à une couche électrolyti que assure la protection physique de la gou pille; et la couche électrolytique extérieure ode préférence en or) assure, en outre, la permanence de la couleur externe désirée et la beauté de la surface. De plus, la couche de revêtement appliquée mécaniquement ou physiquement peut être assez mince, si on le désire, ce qui diminue la quantité et la dé pense en métaux précieux utilisés pour recou vrir le noyau de métal non précieux, étant donné la protection supplémentaire assurée par la couche électrolytique.
Lorsque le noyau de métal non précieux 2a a été revêtu mécaniquement ou physique ment d'une ou plusieurs couches 6a de métaux précieux, on l'amincit par des opérations de laminage, d'étampage et d'étirage ou de tré- filage, opérations entre lesquelles ce noyau est fréquemment soumis au recuit, de façon à le convertir en un fil fin propre à être découpé et façonné sous forme de goupilles dentaires destinées à des dents artificielles.
Lorsqu'on n'utilise que des couches appliquées mécaniquement, le fait qu'il est nécessaire d'avoir recours à des recuits fréquents pour réduire le gros fil en un fil fin, tend à pro voquer la pénétration du métal dont est fait le noyau de support dans la couche de métal précieux, ce qui décolore ce métal et provoque une oxydation et, pour cette raison, il est né cessaire, en pareil cas, que la couche de métal précieux soit relativement épaisse pour résis ter à cette tendance à l'infiltration du métal du noyau qui se trouve au-dessous.
De plus, lorsqu'on tronçonne le fil métallique fin et façonne les tronçons pour les convertir en goupilles dentaires, la couche de revêtement 3, située immédiatement à l'extérieur du métal non précieux 2 est déplacée vers l'intérieur, dans la partie refoulée, pour que les deux extrémités de la goupille soient munies, dans une mesure plus ou moins grande, d'une cou che de fermeture.
Toutefois, bien que cette couche de fermeture recouvre une partie des extrémités de la tête et du pied de la goupille, elle laisse à nu une portion du noyau de métal non précieux 2, comme indiqué en 5 et 6, de sorte que les parties ainsi exposées sont su jettes à être détériorées lorsqu'on chauffe la goupille (alors qu'elle est assujettie à une dent artificielle) à des températures élevées au cours de la fabrication de la prothèse, outre que la goupille est sujette à être attaquée par des gaz et des acides sécrétés dans la bouche, ainsi qu'à d'autres effets nuisibles au cours clé son utilisation dans un dentier.
Pour obvier à ces inconvénients, on com bine avec la couche appliquée mécaniquement une couche externe 4 appliquée par voie élec trolytique sur la goupille, cette couche étant faite de métaux précieux tels que l'argent, l'or, l'un quelconque des métaux du groupe du platine ou des alliages convenables de ces métaux. En combinant un revêtement méca nique et un revêtement électrolytique sur le noyau de métal non précieux, on peut choisir le métal dont est fait le revêtement mécanique de façon que, en raison des propriétés de ce métal, ce revêtement se comporte comme un agent de protection chimique entre le noyau et la couche électrolytique, la présence de cette couche intermédiaire empêchant la for mation d'un eutectique.
Par exemple, dans le cas d'une goupille dentaire munie d'un noyau en nickel et d'un revêtement en or pur, on constate que, sous l'action de la chaleur, le nickel et l'or ont, l'un pour l'autre, une affinité telle que le nickel s'allie à l'or à une température inférieure au point de fusion des deux métaux, et décolore l'or. L'or et le nickel constituent un eutectique dont le point de fusion est compris entre 930 et<B>980'</B> C. Par conséquent, dans le cas d'une goupille de nickel munie d'une seule couche d'or appli- quée mécaniquement, il faut que la couche d'or soit relativement épaisse, ce qui est coû teux.
Dans le présent procédé, on utilise deux couches (interne et externe) de métaux pré cieux dont chacune peut être relativement mince, ce qui diminue grandement la quantité de métaux précieux nécessaire pour constituer ces couches et la dépense qui en'résulte. De plus, la combinaison de la couche interne ap pliquée mécaniquement et de la couche externe appliquée électrolytiquement procure certains avantages;
par exemple, il n'est pas nécessaire que la couche externe soit soumise aux opérations de recuit fréquentes qui sont nécessaires lorsque la couche mécanique de métal précieux est appliquée sur le noyau ou lorsqu'on travaille la barre ou noyau en vue de sa conversion en un fil métallique, ce qui évite de donner aux couches une épaisseur assez grande pour éviter la tendance du métal qui se trouve en dessous à s'infiltrer dans ces couches et à en décolorer la surface.
En outre, étant donné que la couche externe est déposée par voie électrolytique sur la couche interne appliquée mécaniquement, les extré mités de la tête et du corps de la goupille sont complètement revêtues de la couche pro tectrice de métal précieux, comme représenté en 5a et 6a dans la fig. 4, ce qui non seule ment augmente grandement la protection de la goupille, en ce qui concerne les effets nui sibles et l'insolubilité dans les solutions de la bouche, mais donne aussi à la goupille un bel aspect.
Jusqu'à ce jour, pour fabriquer des gou pilles dentaires ou autres articles plaqués mé caniquement, on procédait comme suit: On recouvrait mécaniquement une barre en nickel d'une couche d'argent, puis, également par une opération mécanique, d'une couche externe d'or. Dans ce cas, la couche d'or était très épaisse, de façon qu'elle résiste à la tendance de l'argent à pénétrer dans cette couche et à la blanchir lors du chauffage.
Après l'amin cissement d'un fil métallique ainsi établi, lors qu'on en découpait des goupilles dentaires, une partie en nickel était exposée aux deux extrémités de la goupille, Dans le présent procédé, ces inconvénients sont entièrement surmontés et l'on obtient une goupille den taire qui, non seulement résiste aux effets nuisibles dus à l'oxydation et à la présence d'acides dans les fluides de la bouche, mais est en outre entièrement recouverte, de la tête à l'extrémité de la tige, d'une couche de métal précieux de couleur désirable.