Procédé de fabrication de clichés pour l'impression en couleurs. La présente invention a pour objet un procédé de fabrication de clichés prévus pour pouvoir servir à l'impression en une seule opération de couleurs superposées ou à l'im pression en couleurs juxtaposées ou même en une seule couleur.
On sait que pour obtenir une belle im pression bien nuancée, ayant -de la vigueur et des blancs purs, au moyen de -clichés obtenus par photogravure, on a recours à une "mise en train" (ou découpage), placé soit entre le cliché gravé et le bloc qui le supporte, soit sur la feuille à imprimer, ces découpages étant déterminés au jugé d'après les formes et les ' intensités de coloration des diverses parties du sujet à reproduire.
Lorsqu'il s'agit d'imprimer en plusieurs couleurs, donc à l'aide de plusieurs clichés, il est d'usage de préparer une mise en train particulière à chaque couleur.
En raison de la rigidité des clichés métal liques usuels dont la surface gravée est ini tialement plane et dont l'épaisseur varie entre 2 et 4 mm, l'influence de la mise en train intercalée entre le cliché et le bloc d'appui (cuir et chair) ne peut avoir que des effets insuffisants, la surface gravée ne pouvant prendre qu'une forme largement ondulée.
Selon le procédé qui fait l'objet de la pré sente invention, les clichés sont obtenus par moulage d'une matière moulable propre à de venir à la fois élastique et assez ferme pour servir à l'impression, dans une matrice obte nue elle-même par moulage sur la face gravée d'un cliché métallique mince dont la forme plane initiale a été modifiée par pression contre une "mise en train" positive placée entre sa face non-gravée et une surface plane rigide.
Comme matière moulable, on peut utiliser, par exemple, le caoutchouc, l'acétate de cellu lose et les matières cellulosiques analogues, les résines synthétiques, ete.
Ce procédé comporte donc l'utilisation d'un cliché métallique gravé, qui peut être préparé de toute manière usuelle, par exem- ple par photogravure, sous 1a forme plane, puis la préparation d'une mise en train sui vant les principes connus, puis la déforma tion voulue de ce cliché à l'aide de cette mise en train, enfin, la fabrication du cliché défi nitif par reproduction de ce cliché déformé par moulage et contre-moulage.
Il est ainsi possible de réaliser, au lieu des clichés composites usuels (métal et mise en train) des clichés d'une seule pièce moulée (entre 0,5 et 3 mm d'épaisseur).
Les matières précitées permettent de re produire avec la plus grande fidélité toutes les finesses d'une photogravure et ont l'avan tage de permettre l'impression sous des pres sions bien moindres que ne l'exigent les cli chés métalliques, de sorte que les blancs obte nus sont plus purs et que même après un long usage ces clichés conservent leurs qualités initiales.
Le relief accentué donné au cliché plas tique facilite un long tirage, bien que le cli ché en métal soit généralement plus résistant que la matière moulée. C'est également grâce à ce relief qu'on obtient des blancs aussi purs que ceux obtenus sur un cliché métal, car les rouleaux encreurs exercent une touche plus forte sur les parties saillantes que sur les par ties creuses,
presque totalement soustraites à leur action.
Pour l'impression en plusieurs couleurs, on prépare pour chaque couleur du tirage envisagé, un cliché dont la surface gravée, obtenue par moulage, présente naturellement les reliefs qui conviennent pour assurer la vigueur et le modelé de l'impression sans au cune interposition de mise en train entre ce cliché et la surface plane ou cylindrique ap pelée à le supporter pendant l'impression.
Le procédé de fabrication d'un tel cliché est préférablement mis en aeuvre comme suit: On exécute d'abord par les moyens con nus de la photogravure un cliché en zinc ou en cuivre différant de ceux usuels par sa fai ble épaisseur, soit par exemple 0,5 à 1 mm, suivant le métal employé.
On tire de ce cliché quelques épreumrs sur papier comme à l'ordinaire et on découpe ces épreuves selon les contours des parties qui doivent être plus ou moins chargées. En su perposant et collant ces découpages, on pré pare non seulement une mise en train posi tive de la manière habituelle,
mais préféra- blement aussi une mise en train négative re produisant exactement en creux les reliefs de la première.
On colle alors la mise en train positive sous le cliché en métal et la mise en train né gative sur la face gravée de ce cliché, en veillant bien entendu au repérage exact de ces trois parties.
On soumet cet ensemble à la pression d'une presse à empreintes, en ayant soin, préalablement, de placer sur la plaque gra vée quelques feuilles de papier et de carton rigide, rigoureusement plates, tandis que la plaque sera, bien assise directement sur la presse à empreindre;
sous l'influence d'une assez forte compression, la mince plaque de métal épouse fidèlement la forme que lui im priment les deux mises en train opposées. Son épaisseur est cependant suffisante pour qu'elle reste rigide et conserve sûrement pendant les opérations subséquentes la forme qui lui a été ainsi donnée.
On veillera à ce que la surface gravée soit bien protégée et plus on dispose de pres sion, plus aussi on augmentera, l'épaisseur des papiers, cartons ou autre matière élastique, afin de préserver toutes les finesses de la gravure. .11 est même certain qu'avec une très forte pression, on pourrait supprimer le découpage négatif dont il est parlé plus haut.
Les reliefs ainsi formés sur le métal sont plus accentués que ceux obtenus par les mises en train usuelles, tout en étant plus fins et plus précis.
Après cette opération, le cliché sera dé barrassé de la mise en train recouvrant sa face gravée, mais on laissera la mise en train positive adhérant à sa face inférieure.
On confectionne ensuite une matrice de ce cliché en relief, par exemple en exécutant Un ML Lige au moyen de résine artificielle à une température et sous une pression conve nables. A l'aide de cette matrice, on exécutera également par moulage un ou plusieurs cli chés en matière plastique capable de durcir, par exemple en acétate de cellulose.
La face de ces clichés en contact avec la matrice présentera exactement les reliefs que le cliché en métal a acquis par sa déformation entre les mises en train positive et négative, tandis que la face opposée sera plane.
De tels clichés pourront être obtenus de la même manière pour chacune des couleurs nécessaires.
Ils pourront être utilisés pour l'impression en étant appliqués directement sur des sur faces d'appui planes ou cylindriques sans qu'aucune mise en train soit rapportée sur le cylindre d'impression.
Cette possibilité d'éviter l'emploi de mises en train usuelles soit sur le cylindre, soit entre cuir et chair, est un des avantages im portants de la présente invention, car non seulement ces mises en train ne donnent pas toujours des résultats satisfaisants, mais. elles risquent souvent de se déplacer en cours de tirage et leur repérage exact occasionne des pertes de temps notables.
Toutefois, l'invention n'exclut pas l'em ploi facultatif d'une mise en train plus ou moins saillante et plus ou moins complète sur l'une ou l'autre desdites surfaces d'appui au cas où l'on voudrait produire des effets de coloration plus fortement accusés.
A l'aide de clichés obtenus selon le pré sent procédé, on peut imprimer sans difficulté deux ou plusieurs couleurs superposées, en une seule opération, à l'aide d'une machine de type connu comportant un cylindre rotatif qui entraîne chaque feuille à imprimer suc cessivement au contact ,de la forme plate (clichés et texte) du marbre va-et-vient, un ou plusieurs clichés cintrés étant appliqués sur la périphérie du ,cylindre porte-cliché, ces derniers étant au moins en partie confection nés selon ledit procédé.
Il est à remarquer que les clichés ainsi confectionnés peuvent être assez minces et flexibles pour épouser la forme du cylindre.
Pour éviter l'allongement du cliché des tiné à être cintré, il est indispensable que ce cliché soit très mince, par exemple 0,5 mm environ.
Un ou plusieurs de ces clichés pourront d'ailleurs être découpés suivant les contours de leurs parties en relief avant d'être appli qués sur leurs surfaces d'appui planes ou cy lindriques, ce découpage ayant pour effet d'éliminer les parties qui risqueraient de ma culer les épreuves aux endroits qui ne doi vent pas être touchés par ces clichés. ' Lors de l'établissement du cliché en mé tal, le photograveur devra laisser les bandes bordant le .cliché. D'autre part, lorsqu'il y a des détourés, ceux-ci seront simplement déli mités par un petit creux indiquant le décou page à faire. En aucun cas, le métal ne devra être perforé pour procéder à la fabrication de la matrice.
Sans s'écarter de l'invention, on pourra bien entendu apporter quelques variantes au mode opératoire ci-dessus décrit: par exem ple on pourrait dans certains cas, si l'on dis pose d'une pression suffisante, avoir recours à une mise en train à la craie, bien connue des imprimeurs, qui consiste à tirer une épreuve du cliché sur un papier fort revêtu d'une composition crayeuse -et à passer en suite cette épreuve dans un bain d'eau de Ja vel, de sorte qu'elle donne des reliefs. ana logues à ceux obtenus au moyen des décou pages à la main.