Lame de bois, procédé pour sa fabrication et machine pour la mise en pratique dudit procédé. Pour l'établissement de planchers, de pla fonds, de parois, de revêtements extérieurs et d'autres objets du même genre, on utilise des lames de bois choisies de préférence sans naeuds. Lorsque ces dernières présentent trop de naeuds, on supprime ceux-ci et les rem place par des bouchons de bois. Ce travail prend du temps et la marchandise n'en pré sente pas moins un aspect non homogène à l'endroit des bouchons.
On cherche donc, dans t la mesure du possible et par triage, à obtenir des lames les plus longues possibles, présentant un minimum de noeuds. Celles-ci sont toutefois rares et il en résulte des pertes. Un moyen de supprimer l'aspect déplaisant causé par les noeuds ou autres défauts de ce genre consiste à sectionner les lames au mo ment de la pose, de manière à supprimer dans la mesure du possible les. parties défectueuses, qui constituent alors des chutes.
Ce travail de sectionnement et la pose bout à bout par simple juxtaposition des parties sectionnées qui en résulte, exigent de la main-d'aeuvre supplémentaire et de l'attention si l'on veut obtenir un résultat parfait. Il est en effet nécessaire que les extrémités de lames venant se joindre bout à bout tombent, dans la me sure du possible, sur des poutres et. non pas entre ces dernières dans le vide. Dans le cas d'un travail soigné, on procédera sur place à un assemblage, par exemple en façonnant les extrémités des lames, de manière à obtenir un joint à recouvrement ou à pouvoir disposer une languette.
Le but de la présente invention est d'ob vier à tous ces inconvénients en préparant d'avance en réserve des lames de bois, des quelles les parties défectueuses auront été éliminées par le fait qu'elles se composent d'au moins deux pièces assemblées bout à bout. Il est alors possible de constituer des lames transportables de longueur quelconque, qu'il suffit de couper en longueur pour les mettre en place au moment du montage. Il est ainsi facile d'obtenir des lames parfaites de plusieurs mètres de long, par exemple de 5 ou 6 mètres. susceptible, d'être transpor tées d'un seul bloc et d'être posées sans autre et sans avoir le souci ni d'obliger des joints à se trouver à un endroit donné de la construc tion, ni d'effectuer des triages, des assem blages et des coupes de longueur en chantier.
L'invention comprend également, outre une lame de bois, un procédé de fabrication desdites lames et consistant à disposer en ali gnement deux pièces à assembler, dont on profile simultanément les extrémités libres en regard, qu'il suffit alors de déplacer dans la direction de l'alignement pour en provo quer l'assemblage.
L'invention comprend enfin une machine permettant de mettre en pratique le procédé que l'on vient de définir.
Les parties assemblées seront, de préfé rence, collées. mais selon le profil d'assem blage choisi, l'expérience a montré qu'il est même possible de joindre les pièces bout à bout sans collage et sans danger de désassem- blage au cours du transport et de la. mise en place.
Le dessin représente, à titre d'exemple, quelques formes d'exécution préférées de la lame de bois selon l'invention et. une forme d'exécution d'une machine pour la mise en pratique du procédé de fabrication selon l'in vention.
La. fig. 1 se rapporte à un premier assem blage, les fig. \? et 3 à un second assemblage et la. fig. 4 à un troisième assemblage.
La fig. 5 est une élévation de face de la machine, dont la fig. 6 montre une vue de côté, partiellement en coupe.
La fig. 7 est une vue de dos partielle de la. machine.
Enfin, les fig. 8 et 9 sont une vue en élé vation et une vue en plan d'un verrou, dont il sera question au cours de la description.
L'assemblage selon la fig. 1 est constitué par un joint à parties saillantes avec coupe biaise, les parties saillantes dudit joint étant représentées par les portions 1. et 2 des deux pièces 3 et 4 à assembler et la coupe biaise se trouvant en 5. respectivement en 6. Ces pièces se terminent par un talon tel que 7, présentant des faces pratiquement pa rallèles au plan d'assemblage. Chacun de ces talons est destiné à pénétrer dans une rai nure correspondante 8 de la. pièce à laquelle il n'appartient pas.
Cet assemblage présente l'avantage d'être très résistant. à la fl < #xion et pouvant ainsi être utilisé sans qu'il soit nécessaire de sup porter le, lames assemblées aux endroit: assemblé.
L'assemblage représenté aux fig. \? et est identique au précédent, < i cette différence près que les deux pièces à assembler compor tent sur des faces destinées à s'appliquer Fane contre l'autre des rainures 9 et 10 en trant en coïncidence lorsque l'assemblage est terminé, ce qui permet.<B>d'y</B> enfiler une clé 11 transversalement audit assemblage et de la manière représentée à. la fig. 3.
Muni d'une telle clé, l'assemblage obtenu est encore plus résistant que celui (le la fi-. 1., les pièces ne pouvant plus se séparer l'une de l'autre.
L'assemblage représenté à la fi-. 4 est un assemblage à tenon triple. Les trois tenons ne sont toutefois pas d'égale épaisseur pour les deux pièces. Ainsi. la pièce 12 présente d'une face ii l'autre un premier tenon 13 relative ment épais, se terminant en sifflet en 14, et deux tenons relativement; minces 15 et 16, dont le premier, 15, est de même longueur que le tenon 13, tandis que le second, 16, est plus court que le premier. Le tenon 15 pourrait du reste également être lui-même plus court que le tenon 13.
Dans le même ordre, la. seconde pièce 17 présente d'une face à l'autre trois tenons relativement minces 18, 19, 20, dont le second 19 est plus court que le premier 18 et dont le troisième 20, au plus aussi long que le second, se termine en sif flet en 21. Ce mode d'assemblage s'est révélé très efficace.
Il est. évident que tous les assemblages décrit; et d'autres qui peuvent également être utilisés, pourront: être complétés par un collage partiel ou total des surfaces assem blées.
Voici maintenant; comment est construite la machine représentée aux fig. 5 à 9 et que l'on suppose être agencée pour l'exécution d'un assemblage comme celui décrit en égard à la fig. 1.
Cette machine se compose d'un châssis vertical 22,à l'intérieur duquel peut coulis ser verticalement un chariot 23 guidé par des galets 24. Ce chariot supporte deux moteurs électriques 25, 26, dont chacun. porte en bout d'arbre une fraise 27, respectivement 28. Les profils de ces fraises sont complémentaires, c'est-à-dire que chacune d'elles est susceptible de façonner l'une des pièces à assembler et de telle manière qu'elle puisse s'assembler avec la pièce façonnée par l'autre fraise. Ces fraises sont actionnées en sens inverse l'une de l'autre, comme le montrent les flèches de la fig. 5.
Elles sont également disposées dans des plans tels que des pièces en alignement, dont elles sont destinées à façonner les extré mités, n'aient qu'à être déplacées dans leur direction d'alignement pour s'entrepénétrer et s'assembler correctement. Lesdites pièces seront posées à cet effet sur des supports 29, 30 en alignement et fixées au châssis 22, de manière à présenter entre elles une interrup tion pour le passage des fraises 27 et 28.
Les extrémités de ces supports se trouvant en dehors du dessin et éloignées du châssis de la machine, seront bien entendu soutenues par des moyens appropriés, la longueur de ces supports pouvant être relativement grande si l'on veut utiliser la machine à l'assemblage successif de plusieurs pièces destinées à l'ob tention de lames de grande longueur.
Sur chacun des supports 29 et 30 et à proximité de leur extrémité voisine des fraises, c'est-à-dire de l'extrémité près de la quelle s'effectue le travail de façonnage, se trouvent des moyens de serrage 31, respecti vement 32, permettant d'assurer l'immobilité des pièces de bois en travail.
Les deux supports pourraient être fixes ou encore les deux mobiles. Dans l'exemple représenté, le support 30 est fixe, tandis que le support 29 est mobile dans la direction d'alignement, étant guidé par des galets 33 le long de rails 34. Ce support constitue donc en quelque sorte un chariot qu'un volant 35, un pignon denté 36 et une crémaillère fixe 37 permet de déplacer.
La position représentée constitue la posi tion de travail des supports 29 et 30. Les pièces à. assembler étant placées sur ces sup ports, de manière à les dépasser et venir bu ter de chaque côté contre l'une des butées ré glables 38 et 39, il suffit de faire descendre le chariot 23 dans la direction de la. flèche 40 pour que les fraises 27 et 28 façonnent les extrémités des pièces alignées. Le sens in versé de rotation des fraises s'explique main tenant par le fait que chacune doit attaquer correctement la pièce de bois qu'elle ren contre.
Fraises et moteurs descendant avec le chariot 23, il est évident que les butées 38 et 39 effectuent le même mouvement et s'ef facent, de ce fait, avant le passage des fraises. Ces dernières sont entourées d'une protection 41 en tôle, servant en même temps à recueillir la sciure de bois produite.
La descente du chariot 23, équilibrée par un contrepoids 42, s'effectue à la main en tournant la manivelle 43, laquelle, par l'in termédiaire d'un jeu de chaînes et de roues dentées, faciles à reconnaître. sur le dessin, permet d'entraîner la poulie 44 sur laquelle passe le câble 45 reliant le contrepoids 42 au chariot 23.
Au-dessus des fraises 27, 28 sont disposés des récipients à colle 46, 47, dans lesquels plongent partiellement des disques 48, 49 dis posés de manière à déposer de la colle sur les faces intérieures des parties fraisées à mi-bois de l'assemblage, en sorte qu'en abaissant le chariot suffisamment bas, non seulement les fraises travaillent les extrémités des pièces à assembler, mais les disques 48, 49 y dépo sent de la colle. Lorsque fraises et disques occupent leur position la plus basse dans le châssis 22, il suffit de déplacer le support 29 au moyen d'un volant 35 pour amener l'une des pièces de bois en contact avec l'autre et provoquer l'assemblage des parties travaillées et encollées.
En desserrant les volants 31 et 32, on peut alors extraire la lame terminée, ramener le support 29 à sa position de départ et faire remonter le chariot 23, dont les or ganes sont alors prêts à exécuter une nou velle opération.
La fig. 7 montre avec la fig. 6 comment sont entraînés les disques encolleurs 48 et 49. L'un des moteurs, le moteur 25 dans le cas représenté, porte à l'arrière, en bout d'arbre, une vis sans fin 50 actionnant une roue den tée 51 disposée sur un arbre 52. A partir de cet arbre, deux courroies 53, 54 actionnent des poulies 55, 56 situées sur les arbres 57 et 58 des disques encolleurs. De cette façon, ces disques tournent très lentement, ils ne doivent en effet pas centrifuger la. colle et, comme le montre la position des courroies 53, 54, les deux disques sont entraînés en sens in verse l'un de l'autre.
Comme le montrent, d'autre part, les fig. 5 et 6, ces disques plongent en partie dans les récipients à colle, ce que permettent des fentes latérales desdits récipients. La colle ne s'échappe toutefois pas par ces fentes, étant donné que l'on utilise une colle à froid épaisse et que le sens de rotation des disques est tel, que ceux-ci cherchent constamment à ramener la colle dans le récipient à l'endroit de la fente, l'en extrayant par la partie libre du haut.
Il est évident que la machine représentée peut être perfectionnée de diverses manières et que des moyens pourraient être prévus pour en rendre le fonctionnement partielle ment automatique.
On peut, par exemple, prévoir un contre poids 42 légèrement plus lourd que le chariot 23, en sorte que celui-ci, abandonné à lui- même, ait tendance à remonter de lui-même. Il suffit alors de l'abaisser à la main pour effectuer les opérations de façonnage et d'en collage, puis de l'abandonner à lui-même pour qu'il reprenne sa. position de départ. Il ne doit toutefois pas pouvoir reprendre cette position aussi longtemps que les pièces de bois travaillées sont en place. Pour éviter cela, on peut, par exemple, prévoir un ver rouillage comme celui représenté aux fig. 8 et 9.
Sur le chariot 23 se trouve, à cet effet, une butée 59 longeant l'un des piliers du châssis 22 contre lequel est disposé un verrou 60, qu'un ressort 61 tend à maintenir dans le che min parcouru par la butée 59 au cours de la descente du chariot 23. La disposition est telle que, dans la position la plus basse de ce chariot, la butée 59 se trouve retenue par le verrou 60. Le chariot ne peut donc remonter de lui-même. La fig. 9 montre en traits mixtes la. position de travail du support 29 qui se rait placé au-dessus du verrou 60. Cette vue étant en plan, on sait qu'une fois le fa çonnage et l'encollage terminés. ce chariot est déplacé dans le sens de la flèche 62 pour as sembler les pièces de bois à façonner.
Ceci fait et le bois éloigné, on ramène le support 29 en arrière à sa position de repos représen tée. Cette position de repos est déterminée par la rencontre d'une butée 63 dudit. support 29 et d'un bras 64 solidaire du verrou 60. Il suffit alors, au moyen du volant 35, de don ner un petit mouvement de recul supplémen taire au support 29 pour déplacer le verrou 60 contre l'action du ressort 61 et libérer le chariot 23, qui remontera à sa position de dé part, tandis que le ressort 61 ramènera le support 29 à sa position normale de repos, dès que l'on cessera d'agir sur le volant 35. Ce dispositif de sécurité supplémentaire n'a pas été représenté aux fig. 5 et 6, afin de simplifier le dessin.
Ces figures montrent, par contre, deux blocs 65 et 66 qu'il est encore nécessaire de décrire. Ce sont deux blocs de bois fixés aux extrémités des supports et auxquels les fraises donnent au premier passage le profil des pièces à assembler, ces blocs servant de support à la partie inférieure de l'extrémité à travailler desdites pièces et empêchant que les fraises n'en détachent des échardes, ce qui ne manquerait pas d'arriver si les extrémités travaillées étaient en porte-à-faux.