Bouillotte en matière souple.
L'objet de l'invention est une bouillotte en matière souple, par exemple en caout- chouc.
Autrefois, on utilisait des bouillottes métalliques soit cylindriques, soit ovoïdes. Elles étaient en cuivre, en tôle de fer étamée, en zinc, voire mme très anciennement en étain.
La substitution à ces corps durs, indéfor- malles d'un artiole souple, fut déjà un progrès notable. Cette substitution a toutefois été effectuée sans étude préalable de la forme que l'on pourrait donner à la bouillotte : on a remplacé le récipient ovoïde par un simple sac présentant à peu près la mme forme.
Or, et comme on va le voir, à une matière nouvelle aurait dû correspondre une forme nouvelle, ce qui est précisément l'objet de la présente invention.
Une bouillotte en matière souple établie selon la présente invention se compose d'au moins un groupe composé d'au moins deux vases communicants attachés l'un à l'autre, de manière à pouvoir tre déplacés angulairement l'un par rapport à l'autre.
Les fig. 1 et 2 du dessin vont permettre d'expliquer les inconvénients que présentent les bouillottes en caoutchouc connues et en forme de simples sacs.
La fig. 1 montre un corps bombé 1, qu'il s'agit de réchauffer au moyen d'une telle bouillotte 2. Il en est par exemple ainsi lorsqu'on désire se réchauffer l'estomac.
Comme on le sait, Ta bouillotte en caoutchouc ne doit jamais tre remplie complè- tement d'eau, sinon elle prend la forme d'un ballon et devient un objet parfaitement inutile parce qu'instable. La bouillotte est donc seulement partiellement remplie d'eau 3 et il subsiste un vide d'air 4. Or, de quelle manière que l'on pose cette bouillotte sur un corps bombé, elle ne s'y maintiendra jamais en équilibre.
En vertu, des lois de la gravité, 1'eau se rendra de préférence vers celle des extrémités de la bouillotte qui occupera le niveau le plus bas, car il est bien entendu que personne ne voudra prendre la peine, ni ne pourra parvenir à réaliser la symétrie parfaite, car iR faudrait pour cela supposer la bouillotte placée sur un corps inerte, en sorte qu'a. bandonnée à elle-meme"la bouillotte roulera immédiatement de côté dans la direc- tion de la flèche 5 ou de l'autrecôté si le déséquilibre s'est produit dans le sens inverse. Et mme si un équilibre relatif a été obtenu, il suffit que la personne employant la bouillotte se déplace un tant soit peu pour que cette dernière roule à terre.
Lorsqu'il s'agit de chauffer la partie la térale d'un corps tel que 6 de Ia fig. 2, il est évident qu'en posant la bouillotte en 7, la chaleur sera très ma. l utilisée, car elle atteindra à peine le corps 6, rayonnant par contre inutilement dans l'espace environnant. Dans un cas pareil, la vieille bouillotte métallique cylindrique rendrait certainement un plus grand service. Il n'est pas possible non plus, dans ce cas, de poser la bouillotte de caout chouc inclinée contre le corps à chauffer, car elle ne reste pas en équilibre dans cette position, constamment soumise à la pression de 1'eau, qui tend constamment à la déplacer et à la faire rouler dans la position la plus basse possible.
Lorsqu'il s'agit en outre de réchauffer une relativement grande surface, comme par exemple l'intérieur d'un lit, la bouillotte de caoutchouc, aussi bien du reste que les anciennes bouillottes metalliques, ne rend qu'un maigre service, vu qu'elle ne parvient à ré- chauffer qu'une faible portion de la surface totale du lit. La bouillotte de caoutchouc rayonnant moins que la bouillotte métallique, ce défaut se fait encore plus sentir avee une bouillotte souple. L'ideal était réalise dans ee sens et autrefois par les chauffe-lits métalliques munis d'un manche et au moyen desquels bassinait" les lits, c'est-à-dire parvenait à en chauffer toute la. surface et assez rapidement, puisque ces appareils contenaient non pas de L'eau chaude, mais des braises in candescentes.
La bouillotte selon l'invention est décrite en deux formes d'exécution données à titre d'exemples dans les fig. 3 à 5, les fig. 6 et 7 montrant des exemples d'utilisation.
La bouillotte selon la première forme d'exécution de la fig. 3 est composée d'un certain nombre d'éléments tels que 8 ayant une forme oblongue et placés l'un à côté de l'autre, de manière à former un ensemble de profil général rectangulaire, mais susceptible d'épouser avec facilité une surface bombée telle que 9, ce que montre la position dessinée en traits interrompus et désignée par 8'. Les eléments constituants de cette bouillotte sont des vases communicants, car il faut que 1'eau introduite par un bouchon non représenté de l'un des éléments puisse se rendre dans les éléments voisins.
Ces vases communicants sont toutefois attachés l'un à l'autre, de manière à pouvoir tre déplacés angulairement l'un par rapport à l'autre, car c'est. là la condition qui permet d'appliquer la bouillotte au mieux sur une surface bombée.
La division de la bouillotte en un certain nombre d'éléments, de vases communicants, permet de lui donner des dimensions sensiblement supérieures à celles d'une bouillotte habituelle qui, pleine d'eau, constituerait un grand coussin manquant totalement de la souplesse nécessaire et présentant d'une manière encore plus accentuée les défauts signa- lés au début de cette description. La plus grande dimension possible de la bouillotte permet non seulement de réchauffer une plus grande surface du corps, mais encore une plus grande surface du lit. En outre, et de par sa construction, une bouillotte ainsi constituée ne prendra pas plus de place qu'une petite bouillotte, car une fois vidée, il sera facilement possible de la plier selon l'une ou l'autre des lignes de jonction de ses élé ments.
On pourrait également donner aux vases communicants constituant la bouillotte une forme telle que celle de l'exemple des fig. 4 et 5, c'est-a-dire constituer ces vases par des éléments cylindriques 10, dont la fig. 5 montre la section transversale. Plusieurs elé- ments ainsi appondus, c'est-à-dire au moins deux, constitueraient une bouillotte que l'on pourrait comparer à une chaîne de saucisses.
Il est évident qu'au lieu d'avoir une section circulaire semblable à celle de la fig. 5, on pourrait avoir une section ovale, voire mme se rapprochant d'un carré ou d'un triangle.
Les formes indiquées jusqu'ici ne sont na turellement pas limitatives, un grand nombre d'autres profils permettant de constituer une bouillotte conforme à l'invention.
Il est à remarquer, en passant, qu'une bouillotte établie conformément à l'exemple des fig. 4 et 5 ne pourrait en aucun cas tre remplacée par un simple tuyau en matière souple fermé à ses extrémités. On sait en effet qu'un tuyau contenant de l'eau présente la tendance naturelle à se redresser, en sorte qu'on ne peut que difficilement le plier et en aucun cas le maintenir dans cette situation.
Si donc il est possible d'enrouler une bouillotte selon l'exemple des, fig. 4 et 5 autour d'une partie du corpsetdel'y laisser, la chose deviendrait impossible si l'on cherchait à remplacer'cette construction par un simple tuyau.
La fig. 6 montre quelques exemples d'utilisation de bouillottes selon l'invention.
Cette figure représente la silhouette d'une personne couchée. Une bouillotte 11 sem blable à celle décrite en égard à la fig. 3 est posée sur l'estomac, épousant la forme du corps sur lequel elle se maintiendra sans peine.
Des bouillottes semblables à celle de l'exemple décrit en égard aux fig. 4 et 5 peuvent tre disposées, par exemple, en 12, en arc de cercle, autour des pieds, ou en 13 et 14, de côté, le long du corps, dont elle épou- sera la forme, le réchauffant d'une manière e plus utile que ce qui fut explique en égard à la fig. 2. S'il s'agit de réchauffer une épaule, on peut, par exemple, prendre une telle bouillotte en partie sous le bras et la rabattre par-dessus l'épaule, comme repré- senté en 15.
Le fait qu'entre les vases d'une bouillotte selon l'invention il y a des rétrécissements aux points de jonction, done par exemple en 16 de la fig. 4, présente encore avantage de permettre une légère circulation d'air, comme elle se produit autour d'un radiateur de chauffage central, circulation qui a pour effet de réchauffer presque instantanément la totalité de l'air enfermé dans le lit où la personne utilisant la bouillotte est couchée.
La. fig. 7 montre par ailleurs comment une bouillotte établie selon la présente invention permet de réchauffer plus rapidement une grande surface d'un lit représenté par le rectangle 17. On prend, par exemple, une touillotte eomme représenbé en 18, en la pliant en forme de fer à cheval ou encore comme représenté en 19 en la pliant en zigzags.
Le nombre de vases communicants consti- tuant une bouillotte peut. naturellement tre quelconque dans les limites des dimensions autorisées pour un tel objet. Le remplissage se fera de la manière habituelle par un bouchon disposé sur l'un quelconque des vases, de préférence un vase formant une extrémité de la bouillotte. On pourrait également prévoir une bouillotte ayant un grand nombre de vases communicants divisés en plusieurs groupes et comportant soit autant d'ouvertures de remplissage qu'il y a de groupes ou encore, à l'endroit où ces groupes communquent entre eux, des moyens permettant d'in terrompre la communieation, de manière à pouvoir utiliser seulement une partie des vases, lorsque q'on veut que le volume utile de la bouillotte ait des dimensions réduites.
Une bouillotte selon l'invention pourra tre en caoutchouc ou en toute autre matière souple permettant de constituer un vase étanche à l'eau et supportant la chaleur.