Lame droite de soie. L'invention a pour objet une lame droite de scie, caractérisée en ce que, aux deux extré mités de la lame et sur une longueur variant entre @@10 et '/ri de sa longueur utile, la den ture de la lame est dépourvue de toute saillie latérale alternée formée hors du plan de la lame, ceci afin d'éviter la rupture prématurée de la lame et d'en permettre l'utilisation sur toute sa longueur.
On a en effet l'habitude, pour que le trait fait par la scie soit plus large que l'épaisseur <B>(le</B> la lame et que celle-ci glisse facilement, soit de donner de la voie aux scies en incli nant l'extrémité des dents de part et d'autre du plan de la lame, alternativement à droite et à gauche, soit d'onduler la denture.
Cependant, il est connu qu'une lame droite ne travaille d'ordinaire, de façon régulière, que sur une fraction, environ '/3 de la lon gueur utile, de sa longueur, de sorte que l'avoyage (ou l'ondulation) reste intact sur les parties terminales et qu'il en résulte un risque d'accrochage des dents à l'entrée du trait de scie, ce qui détermine une torsion de la lame, avec risque de rupture.
Pour obvier à ce risque de rupture, on a déjà eu l'idée de supprimer la denture vers les extrémités de la lame. Cependant, cette suppression de denture entraîne des compli cations d'usinage de la lame, puisque, d'ordi naire, les lames sont découpées à longueur voulue dans des bandes d'acier dentelées sur toute leur longueur, trempées et traitées au revenu.
D'autre part, cette suppression de denture nuit au dégagement des copeaux, car les par ties terminales deviennent alors des parties inactives qui ne coopèrent plus avec le reste de la scie, dans le travail de sciage.
Au contraire, selon la présente invention, on supprime, vers les extrémités de la lame de scie, et sur une longueur variant entre '/:to et '/, de sa longueur utile, non pas la denture, mais seulement l'avoyage ou l'ondulation qui, d'ordinaire, sont exécutés après découpage de la bande, par passage de la lame entre des rouleaux à empreintes.
Il arrive certes, parfois, dans les lames de scies usuelles, que les dents des extrémités, c'est-à-dire celles qui sont destinées à être masquées par les pièces mécaniques fixant la lame sur le porte-scie ou sur la machine à scier, ne sont pas avoyées par le fabricant, mais cette suppression d'avoyage qui ne règne que sur une longueur insignifiante, n'a pour but que d'éviter la rupture ou l'égrènement de quelques dents par aplatissement au mo ment du serrage de la lame dans le dispositif de fixation sur le porte-scie ou surtout sur les machines à scier.
De toute façon, cette disposition ne per met de tirer aucun avantage, car l'absence de voie ne se manifeste que là où les dents ne peuvent pas être utilisées effectivement pour le sciage, celles-ci étant masquées par le dispositif de fixation.
Il en est tout autrement selon l'invention où la suppression d'avoyage ou d'ondulation intéresse une fraction importante de la lon gueur utile de la lame. Cette longueur non avoyée ou non ondulée n'en participe pas moins au travail de sciage, puisque, sans élar gir le sillon, elle l'approfondit par sa denture non avoyée et assure l'évacuation des copeaux détachés par la partie médiane avoyée.
L'invention est applicable: a) quel que soit le type d'avoyage ou d'ondulation adopté: voie à simple ou double flexion, ondulation par flexions latérales alternées; b) et quel que soit le type de denture: denture dissymétrique, simple ou double, denture à double action travaillant à l'aller et au retour, par exemple denture dite "con- vergente" ou "divergente", etc.
Le dessin annexé représente des lames de scies usuelles et une forme d'exécution de la lame de scie selon l'invention.
Les fig. 1, 2 et 3 montrent, en coupe, trois stades successifs dans l'action d'une lame usuelle, avec voie à simple flexion; la fig. 4 montre le tranchant de ladite lame vu en plan, avec sa partie centrale où l'avoyage est usé et ses parties terminales où l'avoyage est sensiblement intact; les fig. 5 et 6 sont des vues en coupe ana logues aux fig. 1 à 3, mais dans le cas d'une lame dont les dents sont avoyées à raison d'une sur deux; la fig. 7 montre, en élévation, une lame établie conformément à l'invention, avec avoyage supprimé aux extrémités; la fig. 8 montre le tranchant d'une telle lame, vu en plan.
Avec une lame droite usuelle, les dents inutilisées (c'est-à-dire celles des parties ter minales b) présentent évidemment un avoyage vierge, alors que les dents de la partie cen trale a présentent une usure régulière et un avoyage réduit.
C'est là la cause détermi nante d'une rupture par pincement de la lame dans le trait de sciage c et par accrochage de la denture b restée vierge, à l'entrée du trait de sciage, le pincement et l'accrochage provoquant un arrêt brusque de la lame et l'inertie de l'ensemble du porte-scie et des bras de l'ouvrier ou de l'organe mécanique de la machine provoquant, à son tour, une torsion et la rupture de la lame au point d'accrochage.
Le risque d'accrochage de la denture à avoyage vierge est mis en lumière par les fig. 1 à 3 (cas d'une denture avec voie à simple flexion) ou par les fig. 5 et 6 (cas d'une denture avec voie à double flexion et dents avoyées une sur deux seulement.
Avec une lame neuve, ou partie de lame neuve (fig. 1 à 5), la saignée c présente une largeur l qui correspond aux points d'attaque extrêmes des dents avoyées successives dl-d2. Avec une partie de lame usagée, la largeur de la saignée diminue progressivement en fonction de l'usure des arêtes (fig. 2), jus qu'à se réduire à la largeur l' (fig. 3 et 6).
On voit donc que, dans le cas d'une lame usuelle (fig. 4) dont seule la partie centrale a travaille normalement, la largeur l' de la sai gnée creusée dans la pièce e ne permettra pas la pénétration, sans accrochage, des parties terminales b dont l'avoyage est resté vierge.
Les conditions déterminant la rupture de la lame sont généralement réalisées a) dans le cas des scies à main, quand après un assez long usage dans des conditions irrationnelles ayant provoqué une usure forte ment localisée dans la zone centrale de la denture, l'ouvrier utilise, soit par inattention, soit par nécessité technique, la lame usagée sur toute sa longueur; b) dans le cas des machines à scier, quand après avoir utilisé une lame, avec course fige, pour le sciage en série de pièces de petit dia mètre (ou faible largeur), on veut scier, avec la même lame, des pièces de grand diamètre (ou de grande largeur);
c) également quand, en cas de réglage possible, on a utilisé une lame en réglant la course dans de mauvaises conditions, que ce travail irrationnel a provoqué une usure ac centuée de la région centrale de la denture et que les nécessités techniques obligent en suite l'ouvrier à utiliser la lame sur toute sa longueur utile.
Selon l'invention, on supprime (fig. 7 et 8) la voie ou les ondulations de la denture sur une partie de la longueur utile de la lame et plus précisément à chaque extrémité, sur une longueur f pouvant varier entre '/,.o et '/, de la longueur utile de la lame. La partie centrale a, reste seule avoyée, tandis que les parties b,. ont leur avoyage (ou, le cas échéant, leur ondulation par flexions latérales alternées) supprimé. Dès lors, quel que soit l'état d'usure de la denture de la partie cen trale al, aucun risque d'accrochage à l'entrée du trait de scie c, ni de pincement de la lame dans ledit trait de scie, n'existe plus.