Procédé pour l'obtention de photographies en relief et dispositif pour sa mise en oeuvre. On sait que l'obtention de photographies dites en relief à observation directe, avec l'aide de réseaux lenticulaires ou autres for mant un écran, et exemptes du défaut qua lifié de "moires", c'est-à-dire de stries ou hachures, exige un ensemble de moyens sans If-squels il est pratiquement impossible d'ob tenir le résultat voulu.
Sans parler des appareils spéciaux de prie de vues, c'est-à-dire pour obtention cor recte des négatifs sur une plaque ou une pel licule usuelle, au travers d'une plaque for mant écran lenticulaire par exemple, il faut pour l'obtention de positifs corrects que ceux ci. comportent un réseau-écran d'observation rigoureusement correspondant à l'écran qui a servi à. la: prise du négatif;
il faut, plus exac- tement, que l'on puisse réaliser une, coïnci dence parfaite entre les lignes-images du positif tiré à l'aide du négatif et l'écran transparent d'observation. Il faut, en d'autres termes, que les lentilles de l'écran d'observa- tion coïncident rigoureusement avec les correspondantes du positif, engendré à l'aide du négatif, lui-même obtenu avec le réseau. de prise de vues.
Pour résoudre le problème complexe ci- dessus ra=ppelé, la déposante a imaginé des moyens faisant l'objet de ses brevets suisses NOs 2260à2, du 9 janvier 1942,<B>238851,</B> du 15 novembre 1943; et 249649, du 25 avril 1944, et qui permettent l'obtention de ré seaux lenticulaires parfaitement interchan geables. Avec ces moyens, il devient possible d'assurer une correspondance absolue entre le réseau d'observation et le réseau de prise de vues.
D'autre part, la déposante a résolu la mise en coïncidence rigoureuse entre le réseau d'observation et le positif engendré avec l'aide du négatif, lui-même obtenu avec un réseau de prise de vues" en utilisant un réseau d'ob servation séparé du positif, ce qui permettait facilement la mise en coïncidence, à la lu mière du jour, par simple superposition.
Ce moyen donne entière satisfaction; il possède des avantages non négligeables, mais en exigeant par contre deux supports rigides séparés, l'un pour le réseau d'observation in dépendant et l'autre pour le positif à observer.
La présente invention s'appuie sur une technique différente de celle qui vient d'être rappelée.
Conformément au procédé qui fait l'objet de l'invention, la coïncidence rigoureuse entre les éléments du réseau d'observation et les lignes-images du positif est obtenue en utili sant une seule et même plaque -de verre ser vant de support à la fois pour le réseau d'ob servation et pour l'émulsion avec l'aide de laquelle sera obtenu le positif.
Cette plaque à réseau est placée, en labo ratoire obscur, sur le négatif provenant de l'appareil de prise de vues, le tout étant posé sur la glace d'une tireuse de type connu à lampe punetiforme -et glace transparente, mais qui, conformément à l'invention, com porte une lampe de repérage inactinique rouge, par exemple, de forte intensité,
c'est- à-dire d'une intensité suffisante pour que l'opérateur puisse procéder, avant tirage, par simple déplacement relatif entre la plaque à réseau et le négatif, à une mise en coïnci dence parfaite entre les lignes-images du né gatif et les lentilles de la plaque à réseau, ce qui assure, après tirage, la coïncidence entre les lignes-images du positif et ces lentilles et, par suite,
l'absence de hachures ou- moires dans les photographies en relief ainsi obte nues.
Cette coïncidence est donc rendue possible par la combinaison d'une tireuse à lampe rouge, par exemple, de forts intensité, avec une émulsion adaptée à cette lampe, pour la formation du positif, c'est-à-dire une émul sion dont la translucidité apporte à l'opéra teur, conjointement avec l'intensité de la lampe, la visibilité nécessaire dans le labora toire obscur, pour qu'il puisse contrôler l'exis tence ou l'absence des moires,
cette opération devant d'ailleurs pouvoir s'effectuer dans le temps voulu sans que l'émulsion vierge se voile ou perde ses qualités.
Ce dispositif extrêmement simple dispense de tout mécanisme accessoire compliqué sujet à des déréglages. A cet égard, il est rappelé que l'on a déjà proposé d'orienter le négatif ligné, d'une part, et d'autre part, un réseau sélecteur émulsionné, à l'aide de moyens mé caniques de repérage comportant une grille intermédiaire escamotable.
En raison de la très grande précision à réaliser dans les dispositifs de ce genre, ces derniers permettraient difficilement une exploitation pratique. Ils sont d'ailleurs d'une manipulation lente et compliquée, et ne cons tituent en tout cas. qu'un moyen de réglage indirect. En effet, on ne peut savoir s'ils ont convenablement rempli leur fonction qu'une fois la photographie tirée et développée, c'est-à-dire trop tard pour remédier 6ven- tuellement à leur défaillance.
Le dessin représente, à titre d'exemple, une forme d'exécution -du dispositif suivant l'invention.
La fig. 1 est une vue en coupe verticale d'une tireuse pour la mise en pratique du pro cédé suivant l'invention, la fig. 2 une vue schématique des moires formées entre une image lignée et un réseau d'observation, placés obliquement l'un par rapport à l'autre.
La fig. 3 montre les moires formées lors que les mêmes éléments sont plus voisins du parallélisme.
La fig. 1 montre une tireuse 2 sur la glace 1 de laquelle est disposé l'ensemble 3-3' du négatif obtenu par l'appareil de prise ode vues, et de la plaque à réseau positive vierge 4, 5 et 6, autrement dit la plaque transparente rigide 5, portant sur la face supérieure un réseau lenticulaire 4, tandis que sur la face opposée elle porte une émulsion vierge 6 à la fois translucide et d'une sensibilité faible, et dont une forme de réalisation préférée sera indiquée plus loin.
Le support, supposé en verre, du négatif est désigné par 3; 3' désigne l'émulsion qu'il porte.
La tireuse est, de la façon connue, consti tuée par une boîte portant, dans son fond inférieur, deux lampes, l'une 13 blanche, pour le tirage, et l'autre R, rouge par exemple, servant -de lampe de repérage. La lampe blan che de tirage est de type punctiforme et disposée à une distance de la. glace telle que le faisceau lumineux qui en émane puisse être considéré comme formé de rayons paral lèles.
Conformément à l'invention, la lampe de repérage P se distingue des lampes à lumière inactinique ordinairement employées avec les tireuses, par le fait qu'elle présente une in tensité relativement forte, c'est-à-dire que cette intensité s'écarte très. sensiblement de celle dont il est normalement. fait usage, en étant pratiquement cinq à dix fois celle des la-rnpes usuelle. Ceci permet à l'opérateur de réaliser la coïneidenee avant le tirage.
En fait, pour obtenir ce résultat, la dépo sante a reconnu qu'il n'était nullement néces- aire d'observer et de distinguer à la vue les éléments qu'il convient d'amener en coïnei- clenee. La.
déposante a recours à une méthode indirecte, laquelle consiste à reconnaître l'absence ou la présence de moires et à procé- rler. clan., le -cas le plus fréquent de présence ds# moires, à un réglage par simples dépla.ce- ments relatifs progressifs entre le réseau d'observation et le négatif, jusqu'à la.
dispa rition des stries ou hachures visibles qui se redressent et .s'écartent pour disparaître fina- lt@ment quand la coïncidence est réalisée. Les schémas des fi-,. \? et 3 montrent ce phéno- min e dont l'observation se substitue ainsi à l'obsf>rvation directe des deux éléments à faire coïncider.
Le déplacement relatif qui assure l'éva nouissement; des moires est opéré à la main, directement ou éventuellement avec l'aide rl'orgaiies de poussée, vis micrométriques ou autres.
La, lampe B peut être une lampe rouge, par exemple, simple ou associée à un dispo sitif tel qu'un réflecteur, qui permet d'en augmenter l'intensité lumineuse.
Le degré d'intensité de la lampe de repé ra- pourra être réglé par exemple par l'ad- ;joiic-t.ion d'un rhéostat ou par la mise en eir- rIiiit rl'éerans inactiniques. On peut, cela va sans dire, adjoindre à la lampe de forte inten sité réglable une lampe faible usuelle, utili sable avant ou après le réglage, laquelle poiirrït être branchée sur le même rhéostat ou comporter un commutateur ;séparé. Le rhéostat.
< 'I gira à la fois en réduisant. l'intensité de la lampe I et en augmentant le pouvoir inacti- nicIue de la lumière, par le rougissement du filament qu'il provoque.
Ce qui importe au total c'est de disposer d'une lampe dont l'intensité, au lieu d'être eornnle. dans les tireuses usuelles, fixe et s assez faible pour servir exclusivement de guide en vue du repérage sur la glace, puisse permettre l'opération beaucoup plus délicate d'une mise en coïncidence par la méthode in directe précitée, sans aucun risque toutefois de voiler l'émulsion où va s'inscrire le positif.
Dans la, forme d'exécution représentée, le négatif 3-3' que l'on place sur la glace 1 de la tireuse n'est pas un négatif usuel. Avec un négatif usuel, on n'obtiendrait point une image correcte, mais une image retournée (gauche-droite au lieu de, droite-gauche) sem blable à celles que donne un miroir. Ceci est exigé par le fait que la photographie en relief est vue au travers du support en verre du réseau d'observation.
Pour obtenir une image correcte, il est prévu, .dans l'appareil de prise de vues, un dispositif pour l'obtention d'une image re tournée, c'est-à-dire, par exemple, qu'il suf fira, à cet effet, de placer dans le trajet des rayons lumineux, de préférence en avant de l'objectif, un inverseur de type connu tel qu'un prisme -de Wollaston.
Dans la pratique, pour revêtir, sans au cune difficulté, la face dorsale du réseau d'observation 4, 5 de la couche sensible 6, dans les machines à émulsionner, de même, que pour pouvoir pratiquer les opérations de développement -et de lavage, sans risquer de provoquer un décollage du réseau 4 pendant ces dernières opérations, on dispose, autour dudit réseau, un encadrement assurant la so lidarité entre le réseau en acétate de cellulose, par exemple, et le support en verre, -et for mant saillie de portage évitant le portage di- reet de la face lenticulée.
Cet encadrement peut être obtenu au moyen d'une simple couche 7 de vernis, for mant cornière, et dont l'une des ailes s'appli que contre la tranche de la plaque .de verre, taudis que l'autre s'applique sur la face lenti culée du réseau d'observation dont elle recou vre un plus: ou moins grand nombre de len tille s.
Pour effectuer la mise en coïncidence préalable, avant tirage, on allume la lampe de repérage R. Si les lignes-images du cliché 3-3' et les lentilles 4 de la plaque à réseau ne sont pas parfaitement parallèles, l'obser vateur voit apparaître par transparence des hachures ou moires.
En se rapprochant du parallélisme entre les lignes-images du négatif et les lentilles du réseau de l'ensemble 4-5-6, on obtient pro gressivement :des hachures ou moires M de moins en moins inclinées et :de plus en plus écartées les unes des autres, comme, le mon trent les fig. 2 et 3 précitées.
Le parallélisme :est réalisé pratiquement lorsque les moires ont disparu ou plus exacte- ment ne sont plus visibles pour l'opérateur placé à la distance normale d'observation.
On éteint alors la lampe R de mise en coïncidence et l'on allume la lampe blanche B pour impressionner l'émulsion 6, de la ma nière habituelle, toute chance d'erreur étant ainsi entièrement écartée.
Bien entendu, des ressorts ou autres moyens de pression appropriés peuvent-être prévus pour serrer, pendant l'opération de ré glage, l'ensemble réseau d'observation-émul- sion 4-5-6, élastiquement contre le @cl1ché à image retournée 3-3'.
La tireuse comporte naturellement les moyens habituels, non représentés, assurant, après la mise en coïncidence, l'application étroite de l'épreuve contre le cliché pendant le tirage.
L'émulsion 6, pour posséder le degré de translucidité voulu sera de préférence à base de :chloro-bromure d'argent, à faible densité, à bands contrastes et à grains très fins. Sa sensibilité doit être faible, afin de permettre, sans risque de voile, pendant le temps très court du réglage, l'opération de repérage dé crite, laquelle exige, comme il a -été indiqué, l'usage d'une source lumineuse inactinique puissante.
On peut prévoir, de la façon connue :en soi, l'utilisation entre le verre 5 et l'émulsion 6, d'une -couche, antihalo. Celle-ci devra, dans cocas, conformément à l'invention, être transparente et -de la couleur de la lampe de repérage ou d'une couleur perméable aux rayons de cette lampe.
La photographie en relief ainsi obtenue est susceptible d'être utilisée comme image en relief visible soit par transparence, par exemple en :combinaison avec un dispositif d'éclairage par l'arrière, soit par réflexion, en y fixant au dos une couche réfléchissante- diffusante. Elle présente d'éminentes qualités de légèreté et de robustesse combinées et ses éléments sont fixes les uns par rapport aux autres, ce qui assure la permanence de l'effet. de relief sans aucun -déréglage.
Il est aisé de voir que, grâce à l'applica tion des moyens décrits, on obtient une photo graphie en relief, uniplaque parfaitement cor recte et nette, la suppression d'un de ces moyens ne permettant pas d'aboutir au résul tat industriel cherché.