Procédé de préparation d'engrais composés. La méthode générale actuelle de prépara tion des engrais composés consiste à mélanger des agents actifs: phosphates solubles ou non; dérivés azotés, potasse, etc., à une charge.
Celle-ci peut être active par elle-même, ce qui est le cas des tourteaux ou autres sup ports organiques. Au contraire, elle peut être inerte, c'est le cas des charges qui entrent dans la préparation des engrais composés à bon marché.
A titre indicatif, il faut signaler que l'on trouve également dans le commerce des mé langes très riches ne contenant que des pro duits actifs. Il s'agit là de mélanges de sels minéraux dont les proportions peuvent varier l'infini.
De toute façon, les engrais composés sont pratiquement toujours préparés en mélangeant des produits solides, actifs ou non. Or, il y a là un très grave inconvénient au point de vue des résultats obtenus.
En effet, d'après ce qu'on appelle la loi du minimum , la croissance d'une plante dé pend de la proportion de l'élément nutritif qui lui est fourni en moins grande quantité.
En vertu de cette loi, il est donc d'une im portance capitale que tous les éléments né cessaires à la croissance de la plante se trou vent constamment réunis de manière que les racines de celle-ci puissent toujours trouver une fumure équilibrée à leur portée.
Ceci ne peut être le cas avec des produits mélangés à sec, comme s'est le cas géné, ral, ainsi qu'il a été dit. En effet, si l'on examine ce qui se pâsse sur une unité d'es pace de terrain où l'on a répandu un engrais composé, on conçoit facilement qu'une racine déterminée trouvera forcément un excès d'un des constituants, qu'il s'agisse de la charge inerte ou des particules de produits actifs qui lui sont mélangés.
En aucun instant et en aucun point, le ter rain ne pourra être fertilisé par une particule déterminée renfermant tous les éléments de l'équilibre souhaitable. Il va de soi que plus les produits seront grossièrement pulvérisés ou mélangés, plus le manque d'homogénéité se fera sentir et le défaut signalé s'accentuera.
Il est aussi difficile d'obtenir industrielle ment une finesse suffisante pour que les di vers constituants d'un engrais composé se trouvent mélangés de façon homogène. On se heurte même à une impossibilité matérielle si l'on désire introduire dans ce mélange un ou plusieurs éléments en proportion excessive ment faible.
Ainsi; on ne pourra répartir uniformé ment dans la masse des proportions<B>d'élé-</B> ments destinés à la désinfection -du sol ou d'oligo-éléments.
Le procédé de préparation d'engrais com posés que comprend l'invention remédie aux inconvénients du mélange par voie sèche des divers constituants.
Selon ce procédé, on mélange par voie hu mide des ageuti fertilisants avec, un support, organique ou minéral, mais de préférence spongieux, capable de s'imprégner desdits agents, lesquels pourront être en solution ou en émulsion.
La solution de ces agents peut se faire dans l'eau ou dans tous autres solvants. Quant au support, il peut être inerte ou avoir lui-même une activité propre.
Dans tous les cas, le support ayant été imprégné, grâce au fait que l'on opère par voie humide, d'agents fertilisants uniformé ment répartis, le mélange est ensuite de pré férence séché, de manière à obtenir un pro duit pulvérulent dépourvu d'humidité, facile à manutentionner, en sacs par exemple, et à répartir au moyen des distributeurs méani- ques d'engrais.
On aperçoit immédiatement les consé quences de ce mode de préparation. Chaque particule, considérée en dehors des autres, ren ferme rigoureusement les mêmes éléments; ceux qui proviennent du support, d'une part, ceux qui lui ont été conférés par imprégna tion, d'autre part. Il est donc possible, en employant ce procédé, d'obtenir tous les do sages que l'on désire, étant admis toujours due chaque particule sera rigoureusement une partie aliquote de l'ensemble et renfermera tous les produits au même dosage que l'en semble lui-même.
Autrement dit, chaque racine rencontrant une de ces particules aura à sa disposition l'engrais équilibré qui lui convient. Elle pourra donc se nourrir dans les meilleure conditions en fonction de la loi du mini mum> évoquée tout à l'heure, puisque ce mi nimum aura été réglé d'avance par le fabri cant d'engrais et pour le cas particulier de la plante envisagée.
Ce procédé peut être appliqué à tous les mélanges quels qu'ils soient. Il va, de soi qu'il vaut mieux employer un support qui a une activité propre et dont la valeur humifère n'est pas nulle. De cette façon, l'assimilation est totale.
De même, il y a intérêt à ce que ce sup port soit spongieux, de manière à pouvoir le charger de la plus grosse quantité possible d'éléments actifs. Parmi ceux qu'il convien dra d'utiliser comme support non minéral se trouvent: les tourteaux de produits oléagineux ou analogues; la paille pulvérisée; les drè- ches de brasseries; les touraillons de malt; les varechs; les goémons; les poudres d'engrais verts; les vesces; le trèfle incarnat et violet; le sarrazin, le colza, etc.
Bien entendu, lorsque les éléments actifs sont figés par imprégnation du support au moyen d'une solution ou émulsion préparée à part, il est simple de figer sur ledit support n'importe quelle proportion, si faible soit elle, d'un élément quelconque; la dissolution ou l'émulsion préalable ayant pour effet de ré partir toujours de manière parfaite, sur le support, cette faible proportion d'éléments.
Dans ces conditions, il devient facile de figer sur les supports non seulement des élé ments fertilisants, mais encore des produits oligo-dynamiques, tels que le bore, le manga nèse, le nickel, etc., ou même des agents de désinfection du sol, des agents bactéricides, fongicides, insecticides, des hormones végé tales, etc. En un mot le -procédé permet d'ob tenir un ensemble -de particules dont chacune présente à l'analyse rigoureusement les mêmes éléments que tous les autres et possède exac tement toutes les propriétés de celles-ci.
Il y a donc là une différence capitale avec les autres produits et l'on peut même dire qu'il n'y a aucune commune mesure entre les uns et les autres. Il est bien évident que l'une des conséquences, par exemple, sera, d'employer à l'hectare une quantité beaucoup plus faible d'engrais obtenu par imprégnation, puisque chaque particule de celui-ci aura une activité bien supérieure à celle d'un mélange d'engrais composé ordinaire, par suite de la réunion, en cette seule particule, de tous les éléments constituant l'équilibre de l'engrais.
A titre d'exemple, il est indiqué, ci-après, deux modes de mise en couvre du procédé con- forme à l'invention: le On choisit un support approprié que l'on introduit dans un mélangeur.
D'autre part, on a préparé une solution, ou une émulsion, des agents fertilisants due l'on désire fixer par imprégnation sur le sup port. Pendant que le mélangeur tourne, on introduit peu à peu la solution dans le sup port qui se trouve dans la cuve du mélangeur. En fin d'addition, on se trouve en face d'une pâte plus ou moins épaisse. Cette pâte est alors soumise au séchage par un procédé quel conque, puis à la pulvérisation, s'il y a lieu.
Dans de nombreux cas, cette dernière opé ration n'est nullement nécessaire (cas des tourteaux par exemple). Il va de soi que le procédé sera plus ou moins onéreux suivant la proportion plus ou moins grande d'eau qu'on introduira au moment du mélange.
Il y a donc intérêt à travailler avec des solutions très concentrées. Il est également possible, dans certains cas particuliers, de mé langer au support des solutions saturées ou même, si l'humidité du support est. suffisante. des produits cristallisés en poudre. La dissolu tion de ces produits, solubles et actifs, se fait alors pendant lke mélange, au moyen de l'eau d'humidité du support lui-même.
Ce cas est celui des drèches de sucrerie, par exemple, dont l'humidité est plus que suffisante pour dissoudre toutes les propor tions convenables d'éléments actifs solubles, nécessaires à la composition d'un engrais im prégné de haute qualité.
Naturellement, après avoir incorporé ces principes actifs et solubles, on sèche l'ensem ble, mais il n'y a aucune dépense supplémen taire puisque ces drèches auraient dû, de toute façon, être séchées avant tous emplois ultérieurs.
2o Un mode de faire, plus avantageux que le précédent, consiste à modifier le cycle de fabrication de certaines industries, de manière qu'au lieu d'obtenir des résidus qui sont ulté rieurement valorisés comme engrais, en les mélangeant à sec suivant les règles actuelles, avec des constituants actifs, on aboutisse im médiatement à un sous-produit déjà imprégné, en cours de fabrication, de tous les éléments actifs qui lui manquent, et ceci, sans augmen tation notable du prix de revient de l'opéra- tion, Il existe de nombreux cas d'application possibles de cette manière d'opérer.
L'un d'eux est donné, ci-après, à titre Il s'agit de l'extraction industrielle de corps gras ou similaires, par les solvants vola tils. Quel que soit le procédé d'extraction em ployé, on est toujours obligé, en fin d'opéra tion, ,de récupérer les dernières portions des solvants qui imprègnent les tourteaux. Géné ralement, ce déplacement du solvant se fait au moyen de la vapeur vive.
Rien n'est donc plus simple, surtout lorsqu'il s'agit d'appareils d'extraction mobiles, rotatifs en particulier, d'injecter, en même temps que la vapeur une solution chaude très concentrée renfer mant les éléments dosés qui manquent aux tourteaux pour en faire un engrais riche de composition déterminée.
Bien entendu, cette injection se fera immé diatement après le départ des dernières por tons de solvants et avant le séchage du tour- tcau qui a toujours lieu, quel que soit le but poursuivi.
On voit donc, qu'on aura dans ce cas, sans dépense supplémentaire, à la sortie des appa reils d'extraction, non plus un tourteau qu'il faut valoriser, en le mélangeant à. sec aux pro duits actifs pulvérulents, mais un véritable engrais riche, obtenu par imprégnation dans la masse et dont, par conséquent, toutes les particules sont rigoureusement identiques les unes aux autres.
On précise bien, en effet, que cette opé ration n'entraînera aucun frais supplémen taire. On néglige volontairement, en effet, d'estimer la. dépense très faible qu'entraîne la vaporisation de l'eau de la solution active, car il est entendu que cette solution serait injec tée chaude, donc éventuellement sursaturée par rapport à la. température ordinaire.
On pourrait d'ailleurs injecter le mélange, en poudre très fine, des éléments actifs, étant admis que ce mélange se mettra immédiate ment en solution à l'intérieur des appareils, sous l'influence de la vapeur vive.
On voit donc que, dans le cas, qui n'est pas unique, de ce genre d'industrie, on obtien dra automatiquement . des engrais imprégnés riches, au lieu de simples tourteaux, pour le même prix de revient que celui qu'entraîne la fourniture des éléments actifs de l'engrais et aucune autre dépense à engager.
A titre indicatif, il est donné ci-après un exemple de fabrication d'un engrais complet; par le procédé selon l'invention.
Il s'agit de la fabrication d'un engrais complet, 6, 6, 6, c'est-à-dire contenant: 6 % d'azote, 6 % d'acide phosphorique en F205, 6 % de potasse en g20.
On suppose que l'on emploie un support qui est du tourteau de pépins de raisin dont la composition analytique est la suivante: Azote 1 % Acide phosphorique en P205 0,5 Potasse en g20 1 Après avoir effectué le calcul, suivant les règles usuelles, on trouve que pour obtenir 100 kg de l'engrais 6, 6, 6, voulu, il faudra ajouter au tourteau de pépins de raisin les quantités de réactifs ci-après Ammoniaque anhydre (NH3) 6,54 kg Acide phosphorique 30 Bé 19,5 kg Chlorure de potassium à 50% de g20 10,8 kg Il faut ajouter à ces quantités de pro duits actifs 63,2 kg de tourteau de pépins de raisin, suivant analyse précédente, pour avoir 100 kg d'engrais complet 6, 6, 6.
On opère alors de la façon suivante: Le tourteau de pépins de raisin se trouve encore dans l'autoclave rotatif ou non, après l'extraction de l'huile, quand on est à la der nière phase d'extraction qui consiste à chasser les dernières portions de solvant par la va peur vive.
Dans ces conditions, on dissout la quantité indiquée de chlorure de potassium dans la so lution un peu étendue d'acide phosphorique à 30 Bé. On introduit la liqueur ainsi obte nue à l'intérieur de l'appareil en même temps que la vapeur d'injection. On a ainsi une pulvérisation de la liqueur phosphorique de potasse qui se répartit dans le tourteau de pé pins humide, et imprègne celui-ci, Quand cette première opération est termi née, c'est-à-dire au bout de quelques minutes, on arrête l'injection de vapeur et on injecte à l'intérieur de l'appareil la quantité, calculée ci-dessus, d'ammoniaque anhydre.
Il suffit de détendre à l'intérieur de l'autoclave du gaz ammoniaque qui provient d'un tube dans le quel il est liquéfié, c'est-à-dire tel qu'il est livré dans le commerce.
L'opération terminée, il suffit de vidan ger l'appareil et d'ensacher.
Au lieu d'avoir affaire à un simple tour teau, on ensache un engrais complet dont le titre a été fixé et réglé à volonté, et par pré détermination.
Il est évident que l'on peut s'adresser aussi à n'importe quel support minéral pourvu qu'il soit au moins inerte, -de façon à ce qu'il ne puisse avoir aucune action nocive sur la vé gétation.
Mais il est particulièrement intéressant d'employer un support minéral qui, d'une part, puisse absorber une quantité quelconque de l'eau -des solutions ou des émulsions ferti lisantes et qui, .d'autre part, ait une action favorable sur le sol ou la végétation.
A titre d'exemple, on peut citer, comme support minéral, la chaux vive agricole ou le sulfate,de chaux, ou plâtre agricole; ces deux produits en s'hydratant absorbent une quan tité de l'eau des solutions ou des émulsions. En outre, cette absorption d'eau se fait sous forme d'eau d'hydratation pour la chaux et de cristallisation pour le sulfate de chaux, c7est- à-dire conduit à la fin du malaxage du pro duit à des produits granulés dont l'emploi pour l'épandage est particulièrement avanta geux.
La plupart des éléments fertilisants mi néraux sont solubles dans l'eau. S'ils ne le sont pas (cas des phosphates de chaux ou super- phosphates); on ne peut, en les mélangeant à l'eau, qu'obtenir des suspensions. Naturelle- ment, on peut faciliter l'obtention de ces sus pensions par l'adjonction d'agents mouillants ou de suspension.
Parmi les agents fertilisants organiques, il en existe en revanche beaucoup qui ne sont pas solubles dans VeRU, Si l'on veut obtenir un mélange très homo gène, à partir d'agents fertilisants insolubles, il est préférable, plutôt que de former simple ment une suspension qui ne permettrait qu'une homogénéité très imparfaite, de les amener au préalable, avant mélange au sup port végétal ou minéral, à l'état de pseudo- solution.
Si l'on considère, par exemple, le cas des poussières de laine, celles-ci pourront être mi ses en pseudo-solution ou émulsion par gon flement dans une solution alcaline. Il est par ticulièrement indiqué que cette solution alca line soit, par exemple, une solution indus trielle d'ammoniaque qui, elle-même, apporte une quantité d'azote importante avec elle.
On fait donc gonfler les poussières de laine au contact d'alcali du commerce à 22 ou 26 Bé. On emploie, naturellement, le mini mum de solution de manière à introduire dans les mélanges un minimum d'eau. Après quel ques heures de gonflement et d'agitation, on obtient une liqueur visqueuse, homogène, qui est une pseudo-solution de laine.
On pourrait obtenir le même résultat avec des poudres de cuir et aussi avec des déchets de tannerie préalablement broyés à une fi nesse suffisante, de manière que le gonflement de la matière organique par l'agent alcalin se fasse rapidement. On peut, si on le désire, pour augmenter la. rapidité des opérations, chauffer légèrement, mais ce n'est jamais indispensable.
Comme déjà indiqué, aux agents d'impré gnation fertilisants, on peut adjoindre des produits insecticides. Bien entendu, ces insec ticides se trouvent figés au support, en même temps que les éléments fertilisants et autres jugés nécessaires.
Mais il est très important de pouvoir fixer les quantités nécessaires d'insecticides à ap porter au sol concurremment aux éléments fer tilisants. Pour certaines cultures, cela peut, en effet, modifier radicalement les résultats. Les insecticides figés seront choisis judicieu sement dans toute la gamme des insecticides agricoles. Actuellement, en combinaison avec les agents fertilisants utilisés pour la mise en #uvre du procédé décrit ci-dessus, on peut, notamment, utiliser le dichlorodiphényltri- chlorétane, ou mieux encore l'hexachlorocy- clohexane, ou l'isomère gamma de ce dernier produit qui est plus actif (gammahexane).
Ces quantités d'insecticides, réparties très uniformément sur un support enrichi de pro duits fertilisants, vont donc se trouver en terre aux endroits où elles peuvent le mieux agir; c'est-à-dire au voisinage des racines de la plante. C'est de cette façon que les insecticides ainsi répartis pourront avoir le maximum d'efficacité. Cette incidence capitale sur la végétation de la plante est évidente, par exemple dans le cas de l'anguilule du poi reau . Cette larve ne pourra, en effet, attein dre les racines de la plante puisque celles-ci seront protégées par l'engrais insecticide ainsi préparé.
Il en est de même pour les vers blancs et toutes larves ou insectes analogues qui séjour nent dans le sol à un moment quelconque de leur existence, de même que le doryphore adulte au moment de son hivernage.
Il y a lieu d'insister également sur le point suivant: la répartition de produits insecticides sur les terres cultivables est déjà en elle-même un problème en raison des petites quantité à répartir sur l'unité de surface. On voit donc combien est précieux le procédé selon l'inven- ton qui permet .d'en figer les quantités vou lues, aussi faibles soient-elles, sur un support concurremment avec- des éléments fertilisants.
Mais où ce procédé prend toute sa valeur, c'est dans la. répartition des hormones végé tales, dans les cas où elles trouvent leur em ploi.
Le problème consiste, en effet, à répartir des doses qui vont de 100 à. 250 g par hec tare. Ces doses doivent être rigoureusement ré parties, les excès en hormones végétales ame nant des, phénomènes de végétation extraor dinaires par la formation des plantes parfois monstrueuses ayant perdu les caractères de la plante normale.
Il est donc évident que dans ce cas. très particulier, ce procédé s'avère comme parti culièrement commode et original, puisque à l'heure actuelle, on ne connaît par d'engrais complet qui amène avec lui, non seulement ses éléments fertilisants, mais encore des ad juvants aussi précieux que les hormones vé gétales .