Procédé pour la fabrication d'éléments de construction. Durant ces dernières années, dans un bâti ment à ossature en acier ou en béton armé, on remplissait les murs extérieurs et les cloi sons avec des briques ordinaires d'argile, du moëllon, des blocs creux en béton, des car reaux de plâtre, des briques creuses d'argile ou silico-calcaire ou de métal déployé revêtu d'un enduit de ciment au pistolet.
On conçoit que le matériau de remplissage n'a plus be soin de posséder une résistance élevée à la compression puisque les murs extérieurs et les cloisons n'ont à supporter que leur poids propre et que leur rôle est de servir d'écran protecteur contre les éléments et les variations atmosphériques; il est particulièrement dési rable que le matériau utilisé pour la construc tion de ces murs soit léger afin de réduire la charge sur l'ossature. Tout au moins, les surfaces des murs extérieurs doivent être in sensibles aux conditions atmosphériques.
On a toujours admis jusqu'à présent que, pour fabriquer un matériau de remplissage répondant à ces conditions, on ne devait jamais avoir recours à une matière lourde telle que le calcaire, le gravier ou le sable. Pour cette raison, on a réalisé des briques faites de corps légers tels que la pouzzolane, les scories de mâchefer ou surtout la pierre ponce. Cependant, de tels produits n'ont pas de portée commerciale, car ils sont peu répan dus dans la nature et sont certainement plus coûteux que le moëllon ordinaire qui ne souffre pas de concurrence au point de vue de son prix réduit et de la facilité d'approvi sionnement sur toute la surface du globe.
La présente invention a pour but de per mettre l'obtention d'un matériau léger destiné à la construction des murs extérieurs et des cloisons des bâtiments à ossature en acier ou en béton armé en partant de matières peu coûteuses et répandues partout, qui n'ont pas besoin d'être elle-mêmes légères.
Selon l'invention, 1e_ procédé pour la fabri cation d'éléments de construction, composés uniquement de pierre calcaire et de ciment Portland, est caractérisé en ce que lesdits élé ments sont obtenus en concassant le calcaire en grains, en triant ces grains par criblage à travers trois tamis de différentes dimen sions de mailles, en sélectionnant les grains de dimensions de 4 à 10 mm environ et les grains de dimensions inférieures à 3 mm en viron, et en éliminant les grains de dimen sions intermédiaires de façon à créer des vides dans la masse, en mélangeant les grains gros et fins dans la proportion d'une partie de grains gros pour deux parties de grains fins, en ajoutant à ce mélange du ciment Portland,
en le brassant avec de l'eau et en moulant sous pression le mélange résultant dans des moules à une température au moins égale à la température ambiante.
Le mélange peut être moulé, par exemple, de façon à obtenir des éléments présentant des cavités ou des éléments creux. Une réalisation intéressante d'un tel mou lage serait de donner à l'élément deux évide ments en forme de pyramide tronquée.
Le procédé peut être mis en ceuvre par exemple de la manière suivante Des blocs de moëllon n'excédant pas 15 cm de long sont concassés dans un désintégrateur et envoyés ensuite dans une série de trois tamis rotatifs ayant des mailles d'environ dix, quatre et trois millimètres respectivement, ces dimensions étant prises d'axe en axe des fils d'acier des mailles, dont l'épaisseur peut être considérée comme négligeable.
Des fractions ainsi obtenues, une partie des grains inter ceptés par le tamis de 4 mm est mélangée avec deux parties de grains passant par le tamis de 3 mm, le reste étant renvoyé au concas seur pour être soumis à un nouveau concas sage afin de passer par l'une des fractions spécifiées, évitant ainsi tout rebut.
Le choix des mailles de 10, 4 et 3 mm des tamis précités et la proportion, d'une part, de grains gros pour deux parts de grains fins a pour but d'obtenir le poids spécifique mi- nimmn du matériau, la surface minimum des grains à recouvrir de liant et, partant, une quantité minimum de ciment requise, une excellente résistance à la compression, une plasticité suffisante facilitant ainsi le démou lage de la brique et l'élimination des rebuts.
La présence d'une certaine quantité de poudre impalpable de calcaire a le double effet de diffuser le ciment et de le distribuer autour de chaque grain de telle manière que le liant soit uniformément réparti sur l'épaisseur du film et d'éviter le retrait du ciment en le maintenant dans une certaine proportion au calcaire. Le choix des dimensions et des do sages précités est le résultat d'un grand nom bre de pesées et d'essais à la compression. Ce choix a été fixé après avoir tracé de nom breuses courbes représentatives des poids spé cifiques des grains mélangés, en faisant va rier les dimensions des mailles des tamis et la proportion des grains gros et fins. Ces chiffres ont été déterminés par les intersec tions des différentes courbes représentatives en le-Lu maxima et minima.
Il est donc com- préhensible qu'on goura envisager une modi fication des données numériques sans altérer notablement le résultat, la variation ne de vant toutefois pas dépasser 10 à 15 J .
Par mètre cube de grains de calcaire mé langé dans la proportion indiquée ci-dessus, on ajoute 80 kg de ciment Portland avec une quantité d'eau afin d'obtenir un mélange vis queux de grains recouvert d'un film d'aggré- gat donnant l'apparence d'un liquide vis queux tel que la résine ou le miel et non d'un lait. La quantité d'eau de gâchage requise à cet effet peut varier selon les circonstances et sera fonction de l'humidité atmosphérique et du degré hydrométrique du calcaire em ployé.
Le mélange ainsi obtenu est aussitôt moulé à une pression d'environ 3 à 5 kg par em2 dans des moules à la température ambiante ou à une température élevée.
Une forme d'exécution d'un élément fa briqué selon le procédé décrit est représentée, à titre d'exemple, dans le dessin ci-annexé, dans lequel: La fig. 1 est une coupe longitudinale de l'élément.
La fig. 2 en est une coupe transversale selon la ligne II-II de la fig. 1.
La fig. 3 en est une vue en plan par- dessous.
La fig. 4 en est une vue en plan par dessus.
L'élément représenté a la forme et les di mensions des briques ordinaires, c'est-à-dire ayant 23 cm de long, 11 cm de large et 6,5 cm de hart. Cette brique 1 est munie de deux cavités troncs pyramidales 2 allant du som met à la base (la base étant vers le bas quand on maçonne la brique).
La forme tronc pyramidale des creux \' de la brique a l'avantage de faciliter son dé moulage, en laissant intactes les arêtes de la brique et en réduisant l'usure du moule. Elle contribue également à répartir uniformément la pression sur la surface du moule et com prime latéralement le mortier, rendant ainsi uniforme la résistance de la brique dans toute sa masse. Après que le mélange a été moulé dans le moule à la pression indiquée, les briques sont démoulées. On les place ensuite sur des plan cliettes métalliques et on les envoie dans un séchoir où règne unie température supérieure à 25" C, disons une température d'environ 40" C.
Le mélange moulé, quand il a séché et qu'il a durci, a un poids spécifique compris entre 1,5 et 1,6. Les dimensions des cavités ou évidements dans les briques séchées sont telles que les briques pèsent environ 1200 kg par m'; ou, en d'autres termes, la brique ainsi obtenue présente à, sec un poids spécifique apparent de 1,2. Elle présente une résistance à l'écrasement de 70 à 80 kg par cm= à. 28 jours de prise.
Ces éléments de construction ont des pro priétés mécaniques satisfaisantes malgré leur légèreté. Ils ont en particulier une résistance élevée à la compression et au cisaillement. Ils assurent une bonne isolation thermique et acoustique et leur coefficient de dilatation est parallèle à celui du métal ou du béton armé, de façon à pouvoir être avantageusement uti lisés pour les travaux de maçonnerie dans ou sur une ossature métallique ou un béton armé. Leur fabrication est facile à réaliser en tous lieux et le coût de leur production est bas. Les éléments ont une bonne présentation et sont d'aspect régulier. Leur manipulation est facile et leur surface leur assure une bonne adhérence ou frottement. Leur comportement aux agents extérieurs, en particulier au gel, est également bon.