Procédé de fabrication d'articles moulés.
La présente invention se rapporte à la fabrication d'articles moulés présentant des zones de couleurs différentes. Elle a pour but de fournir un procédé permettant d'obtenir des articles de forme déterminée et régulière présentant des effets de coloris reproductibles à volonté. Elle est applicable en particulier à la fabrication de boutons et d'articles de fantaisie en matières moulées, imitant la corne ou d'autres produits naturels et présentant des différences de coulenr et une structure ou un grain naturel correspondant aux anneaux annuels de la corne. L'invention n'est cependant nullement limitée à cette application particulière et comprend la fabrication d'articles moulés de toute forme et de toute dimension présentant les caraetéris- tiques de texture et les effets de coloris indiqués plus haut.
Selon le procédé objet de l'invention, on introduit dans un moule, au travers d'au moins un pochoir, au moins une matière de moulage pulvérisée colorée pour former au fond du moule au moins un tas de cette matière, on remplit ensuite le moule d'une matière de moulage pulvérisée de base de couleur différente, on refoule ladite matière de base au moyen d'un organe présentant au moins une saillie, on remplit la dépression formée par cette saillie d'une matière de moulage pulvérisée, colorée, on comprime lesdites matières pulvérisées pour former une tablette et on moule cette tablette, à chaud et sous pression, pour lui donner la norme désirée.
De préférence, le second moulage est effectué en appliquant un piston contre le revers de l'article, de fanon que des empreintes superfieielles qu'on peut désirer former sur sa face soient pressées par la surface du moule fixe, cette surface présentant des saillies correspondantes.
Le second moulage fournit une tablette présentant la forme et les effets de coloris désirés. Une opération finale de moulage et de compression dans un moule de finissage peut être prévue pour obtenir un article présentant un fini parfait. Après le second moulage, la tablette présente une surface plus ou moins glacée et peut être manipulée et emmagasinée sans risquer de la salir ou de l'e. ndommager. Le second moulage peut, dans certains cas, fournir l'article fini, mais le moulage final est, de préférence, effectué séparément, dans un moule de type différent, et il est SlliVi des opérations usuelles d'ébarbage, de perçage et de polissage.
Le dessin annexé illustre, à titre d'exemple, une forme de mise en oeuvre du procédé objet de l'invention, les différentes figures montrant les stades successifs du moulage d'un bouton ou d'un article similaire.
Le moule représenté à la fig. 1 comprend un corps A et une plaque de fond B portant un dessin en relief C correspondant au grain ou à la texture superficielle désirée du pro dnit fini. Un poehoir Dl comportant des trous dans des positions déterminées est placé au sommet du moule, et iui crible ou une toile métallique El est disposé au-dessus de ce pochoir. Une matière pulvérisée colorée Fl est amenée sur ce crible. Quand l'écran El est secoué, la poudre tombe à travers les trous du pochoir pour former des tas de poudre L sur le fond du moule et sur le dessin en relief
C, chaque tas correspondant à un ou plusieurs des trous du pochoir.
La fig. 2 montre le stade suivant, dans lequel un autre pochoir D2 est placé sur le moule. Un autre crible E2 portant une poudre F2 différemment colorée est secoué sur le pochoir, afin de former un ou plusieurs tas de poudre M qui peuvent être de dimension et de hauteur différentes de celles des tas L.
La fig. 3 montre un troisième stade, dans lequel un crible E3 portant une matière de moulage pulvérisée G de base, d'une autre couleur ou d'lme autre nuance, est placé sur le moule, sans interposition de pochoir. Ce crible est secoué, afin de remplir de poudre
G les espaces séparant les tas L et M et le reste de la cavité du moule, de préférence jusqu'au sommet.
Dans le stade suivant, illustré par la fig. 4, un organe de pression H est descendu sur le moule. Cet organe présente, à sa face inférieure, des saillies R correspondant aux trous des pochoirs Dl et D2, ou plutôt aux tas de matières formés au cours des deux premiers stades.
La fig. 5 montre le résultat de cette opération de compression, les saillies R de l'organe
H ayant comprimé et refoulé la poudre G, produisant ainsi des dépressions dans cette poudre au-dessus de chacun des tas L et 131.
Au cinquième stade représenté à la fig. 6, le pochoir D2 est à nouveau placé sur le moule et de la poudre F2 est introduite à partir du crible E2, pour remplir la cavité formée dans la partie supérieure et faisant face au tas M situé au-dessous.
De même, au sixième stade représenté à la fig. 7, le pochoir D1 est remis en place et de la poudre F1 est introduite dans le moule, à l'aide du crible El, pour remplir les cavités faisant face au tas L.
Au cours du septième stade représenté à la fig. 8, les poudres sont partiellement comprimées dans le moule en faisant descendre un piston K, qui peut être chauffé si cela est nécessaire, afin de comprimer et de solidifier partiellement la matière pour for- mer une tablette partiellement moulée. Quand elle est extraite du moule, la tablette a la forme représentée à la fig. 9.
La fig. 10 représente le huitième stade, au cours duquel la tablette est renversée et placée dans un autre moule A2, comportant im piston K2 dont le sommet peut avoir la forme du dos d'un bouton ou d'un article semblable qui doit être formé. La surface granulée de la tablette est maintenant tournée vers le haut et peut être remplie en introduisant dans les rainures du grain une poudre F3 d'une ma- tière de moulage différemment colorée, en quantité suffisante pour rendre visibles les lignes ou les marques que présente cette surface granulée, après que la poudre a été eomprimée. L'excès de poudre est enlevé et on ne laisse de la poudre que dans les rainures du grain.
Dans le neuvième stade représenté à la fig. 11, un couvercle B2 est appliqué sur le moule A2, sa configuration étant celle de la surfaee supérieure de l'article qui doit être formé, un bouton par exemple. Une seconde opération de compression est alors effectuée, en forant vers le haut le piston K2 et en appliquant la chaleur et la pression nécessaires pour donner aux poudres contenues dans le moule sous la forme de la tablette préformée, la forme définitive désirée, par exemple celle d'un bouton, tel que celui représenté à la fig. 12. Des trous ou d'autres moyens de fixation au vêtement sont formés au cours d'une opération séparée, après le moulage définitif.
Il est évident que la disposition des tas L et M n'est indiquée que schématiquement et à titre d'exemple. Des tas de différentes dimensions peuvent être répartis de diverses ma- nières dans le moule, de fanon à former des zones de formes variées, enrobées dans une matière de base d'une coloration différente.
Les dépressions formées par les saillies R de l'organe H ne pénètrent pas nécessairement jusque dans les sommets des tas L et joli formés en premier lieu dans le moule et ne présentent pas nécessairement une profondeur égale à la hauteur de ces tas, mais elles peuvent être d'une profondeur telle que les sommets de ces tas forment le fond des dépressions; en général leur position correspond à celle de ces tas, afin que le contour des zones différemment colorées paraisse traverser le eorps de l'article moulé. Les poudres de moulage utilisées et la poudre de base G, en particulier, sont en général plus ou moins translucides, afin de donner à l'objet terminé l'apparence de la corne naturelle ou d'une autre matière semblable.
Des poudres de moulage de ce type sont connues et sont obtenues en mélangeant de la poudre de cornes et de sabots d'animaux avec de la résine artificielle, telle que de la résine à base d'urée et de formaldéhyde. Une telle poudre, diversement colorée d'une manière appropriée, fournit de nombreuses poudres colorées susceptibles d'être utilisées dans le procédé selon l'invention.
Par le procédé décrit, on a constaté qu'il est possible de déposer les poudres à travers des pochoirs en piles étroitement limitées, correspondant à la forme des trous de ces pochoiras, ceux-ei étant fixes ainsi que le moule qui les supporte successivement. Seul le crible vibre pour obliger la poudre à passer à travers le pochoir. Dans les figures, les épaisseurs sont exagérées, afin de montrer plus clairement les formes obtenues.
On peut aussi fabriquer un article présentant un centre légèrement coloré, comme c'est le cas d'un objet coupé dans l'extrémité d'une corne, et dont la coloration devienne plus intense à partir de ce centre vers la périphérie. Les fig. 13 à 15 montrent comment on obtient ce résultat. Un pochoir D4 (fig. 13) et un tamis E4 sont utilisés avec une masse de poudre colorée G. Le pochoir D4 comprend des fentes d4 disposées comme le montre en plan la fig. 15, et la poudre G passant à travers ces fentes forme un anneau T sur le fond du moule. Dans le stade suivant, représenté à la fig. 14, on utilise une poudre blanche
FS, introduite à travers un pochoir D5 et à partir d'un crible E5 pour former dans l'anneau T un tas W dont la hauteur diminue vers l'extérieur.
Une poudre de base est ensuite introduite comme à la fig. 3, pressée comme à la fig. 4 et les autres opérations sont successivement effectuées jusqu'au stade représenté à la fig. 9, ou à la fig. 12. On obtient ainsi une tablette présentant très fidèlement l'aspect d'un corps coupé dans l'extrémité d'une corne.
Dans la mise en oeuvre du procédé décrit en référence aux fig. 1 à 12, si la poudre colorée Fl est brun clair et transparente et que la poudre F2 est plus foncée, la zone M formée par la poudre plus foncée apparaît à travers la zone enveloppante formée par le tas L. Cette disposition fournit un effet d'ombre naturelle dans le corps de l'article.
Le moule représenté dans les fig. 1 à 8 peut être fixe, une série de moules étant alors prévus. Les pochoirs et les cribles amenant la poudre de moulage sont déplacés dans différentes positions sur ces divers moules pour répartir simultanément des charges de poudres dans un grand nombre de moules. Par exemple, chacun des pochoirs et des cribles associés des fig. 1 et 2 peuvent être disposés au-dessus d'un moule différent, le crible de la fig. 3 étant placé au-dessus d'un troisième moule et l'organe H de la fig. 4 au-dessus d'un quatrième.
Ces quatre moules ayant tous passé successivement sous les pochoirs avec cribles, sous le crible E3 et sous l'organe H et contenant tous de la matière disposée comme représenté à la fig. 5, le sens de l'avance de ces moules peut être renversé et le pochoir et le crible de la fig. 2 peuvent remplir la dépression de chaque moule faisant face au tas M, comme à la fig. 6, après quoi le pochoir et le crible de la fig. 1 peuvent également remplir les dépressions faisant face au tas L, comme à la fig. 7. Les moules passent ensuite l'un après l'autre sous un piston de compression E2, comme à la fig. 8.
Les pochoirs ne sont pas nécessairement de même forme pour chaque moule d'une série de moules et une série de pochoirs différents et d'organes 14r différents peuvent être utilisés, un pour chaque bouton ou pièce moulée de la série.
Des presses du type à cavités multiples peuvent être utilisées, le nombre des cavités ménagées dans chaque presse dépendant de la dimension des tablettes à former. Pour la production de tablettes destinées à la fabrication de boutons, on a utilisé avec succès, au cours d'essais, des moules présentant chacun jusqu'à 140 cavités et permettant ainsi une très bonne adaptation du procédé décrit à la production en série.
Bien qu'tu mélange de corne moulue et de résine artificielle ait été indiqué comme une matière appropriée pour la production d'articles moulés selon le procédé décrit, d'autres matières plastiques pulvérisées, sus ceptibles de s'agglomérer à chaud et sous pression, peuvent également être utilisées. Les articles moulés peuvent être de toutes formes, et un article préparé sous forme de tablette, comme à la fig. 9, peut prendre d'autres formes variées, lors du second moulage selon les fig. 10 et 11.
Le procédé décrit permet d'obtenir des articles moulés présentant des dessins et des coloris susceptibles d'être variés à l'infini.