Machine à labourer.
Dans les machines à labourer connues et comprenant un organe rotatif de labourage, il est usuel d'intercaler un dispositif d'accouplement réglable dans le dispositif de transmission du mouvement audit organe, afin qu'il puisse se produire un glissement entre les éléments d'accouplement lorsque la résistance offerte par le sol audit organe devient trop grande, ceci pour éviter le calage du moteur du tracteur destiné à tirer ladite machine à labourer, lorsque la charge imposée à la machine à labourer devient supérieure à la puissance disponible du tracteur, ou encore pour éviter la détérioration de l'organe rotatif de labourage.
Compte tenu des variations considérables de la résistance provenant de changements des caractéristiques du sol, de son humidité, de la présence de roches ou de pierres, et surtout de masses rocheuses affleurant la surface ou se trouvant en sous-sol, il serait nécessaire que les éléments du dispositif d'accouplement puissent être réglés fréquem- ment. Toutefois, si ces réglages ne sont pas effectués par des opérateurs expérimentés, ou qu'ils ne sont pas effectués du tout, la possibilité de réglage du dispositif d'accou- plement n'a pas de sens. Lorsqu'on emploie des tracteurs de grande puissance, le réglage trop juste du dispositif d'accouplement peut entramer la destruction des crocs de l'organe rotatif de labourage.
D'autre part, le coefficient de frottement du dispositif d'accouplement peut subir des variations importantes par la pénétration de la boue et de la graisse, ou encore sous l'action d'autres facteurs, ce qui peut conduire à un entraînement insuffi- sant de l'organe rotatif de labourage, d'une part, ou au calage du tracteur et à la destruction possible des crocs, d'autre part.
Dans les machines à labourer usuelles, il est également connu de régler la profondeur de pénétration des bêches de l'organe rotatif de labourage dans le sol, à l'aide d'un dispositif de réglage permettant de déplacer les axes des roues porteuses de la machine, de façon qu'elles soient élevées ou abaissées par rapport au châssis de cette machine, et que ce dernier soit ainsi approché ou éloigné du sol.
La présente invention a pour objet une machine à labourer destinée à être traînée par un tracteur et comprenant un organe rotatif de labourage monté sur un châssis destiné à être attaché à l'arrière du tracteur, et un arbre de transmission pour faire tourner ledit organe. Cette machine est caractérisée en ce que l'arbre de transmission qui est destiné à être entraîné par le moteur du tracteur attaque l'organe rotatif pour le faire tourner par l'intermédiaire d'un méca nisme agencé pour provoquer le soulèvement dudit organe rotatif par rapport au sol lorsqu'une résistance dépassant une valeur déterminée est opposée audit organe rotatif par le sol à labourer.
Le dessin annexé représente, à titre d'exemples, trois formes d'exécution de la machine faisant l'objet de l'invention.
Les fig. 1, 2 et 3 sont respectivement des vues en plan de dessus, en élévation latérale et en élévation latérale partielle à plus grande échelle d'une première forme d'exécution de la machine faisant l'objet de l'invention.
Les fig. 4 et 5 sont respectivement une vue en plan de dessus et une vue en élévation latérale d'une deuxième forme d'exécution de la machine faisant l'objet de l'invention.
Les fig. 6 et 7 sont des vues similaires à celles des fig. 4 et 5 concernant une troisième forme d'exécution de la machine faisant l'objet de l'invention.
La machine représentée aux fig. 1,2 et 3 comporte un arbre de transmission pour l'entraînement d'un organe rotatif de labourage 1 monté sur un châssis 11, arbre qui est accouplé à cet organe 1 par l'intermédiaire d'un différentiel, comportant un élément 30 relié audit arbre de transmission, un second élément 20 actionnant ledit organe 1 et un troisième élément 25 accouplé aux roues porteuses que comprend la machine, l'agencement étant tel que les roues soient abaissées par rapport au châssis porteur pour élever l'organe rotatif 1 en vue de réduire sa profondeur de travail, ceci lorsque la résistance opposée à cet organe rotatif dépasse une valeur prédéterminée.
On sait qu'un différentiel comprend deux pignons coaxiaux que nous appellerons premier (30) respectivement deuxième élément (20) et un organe (25) que nous appellerons troisième élément, portant au moins un pignon satellite coopérant avec les deux pignons mentionnés en premier, ledit organe pouvant pivoter autour de l'axe commun des deux pignons mentionnés en premier.
L'organe rotatif I est monté à rotation à l'extrémité postérieure du châssis 11 dont la partie antérieure repose sur deux roues porteuses 12, disposées l'une en regard de l'autre et reliées par des bras radiaux 13 au châssis 11, de façon qu'elles soient respectivement mobiles dans le sens vertical par rapport au châssis. L'écartement des deux roues porteuses 12 sur leur essieu commun 14 est tel qu'elles soient placées à l'intérieur de la largeur maximum de labourage de l'organe rotatif 1.
Le châssis 11 est muni d'un dispositif d'attelage 15 permettant d'acrocher la machine représentée à un tracteur (non repré- senté). Le différentiel 16 est monté sur le châssis 11 au centre et directement en avant de l'organe rotatif 1. Entre la boîte du différentiel 16 et l'organe 1 est monté un arbre transversal 17 parallèle à l'axe de l'organe 1, et relié cinématiquement au différentiel 16 par un pignon 18 solidaire de l'arbre 17 et en prise permanente avec un pignon 19 solidaire du second élément 20 du différentiel.
Les extrémités de l'arbre transversal 17 portent des pignons à chaîne 21, reliés par des chaînes 22 à des pignons à chaîne 23 fixés aux extrémités de l'arbre 2 de l'organe 1. Les chaînes 22 prévues à chaque extrémité de l'organe 1 sont protégées par des carters 24.
L'essieu commun 14, sur lequel sont montées les deux roues porteuses 12, est relié cinématiquement au troisième élément 25 (fig. 5) du différentiel 16 par un levier oscillant 26, présentant une coulisse 27 dans laquelle est engagé un doigt 28 (ou un élément équivalent) faisant saillie latéralement par rapport à l'extrémité supérieure d'une bielle 29 normalement verticale, dont l'extrémité inférieure est articulée à 1'essieu 14 des roues porteuses 12. Les bras radiaux inclinés 13, prévus respectivement à chaque extrémité de 1'essieu, sont articulés par une extrémité à cet essieu 14 et par l'extrémité opposée au châssis 11 de la machine à labourer, pour obliger cet essieu 14 à se déplacer à peu près verticalement.
Lorsque la machine à labourer est tirée par un tracteur, la force motrice est transmise au différentiel par le premier élément 30 par l'intermédiaire, d'un arbre de prise de force motrice 31 relié à l'élément 30 du différentiel 16 par un cardan. Le poids de la machine à labourer est appliqué partiellement par les roues 12,1'essieu 14 et la bielle verticale 29 nu troisième élément 25 du différentiel 16.
Le deuxième élément 20 du différentiel 16 actionne l'organe rotatif 1 par l'intermédiaire de l'arbre transversal 17 et des chaînes de transmission 22. Mais, lorsque la résistance opposée par le sol à l'organe 1 dépasse le niveau de sécurité que l'on peut régler par la position de l'articulation 28 sur le levier 26 solidaire du troisième élément'5 du différentiel 16 et de la bielle verticale 29, le troisième élément 25 du différentiel 16 intervient pour faire pivoter le levier 26 dans le sens de l'abaissement des roues 12, portées par 1'essieu 14. L'organe 1 est alors soulevé pour franchir un obstacle et pour diminuer la résistance qui lui est opposée par le sol.
La machine représentée comporte donc un différentiel monté de telle manière que le mouvement qui est transmis à son premier élément 30 soit ensuite retransmis par son second élément 20 à l'organe 1, tandis que son troisième élément 25 est retenu par le fait qu'il est convenablement relié à 1'essieu verticalement mobile des roues 12. Le levier oscillant 26, les bielles 13 et la bielle verticale 29 sont agencés de façon à permettre le réglage de la charge maximum qui peut être transmise à l'organe 1, ceci de manière que, lorsque la charge à l'organe 1 tend à dépasser ce maximum, le troisième élément 25 du différentiel 16 intervienne pour abaisser les roues porteuses 12 et pour soulever l'organe 1 du sol pour réduire son effet de labourage.
Dans la forme d'exécution représentée sur les fig. 4 et 5, l'organe rotatif 1 est monté sur un châssis 32 articulé au prolongement fixe 33 d'un tracteur 34. Sur l'arbre 2 de l'organe 1 est pivoté un cadre se composant de deux leviers coudés 35 articulés librement sur l'arbre 2 et entretoisés par une barre transversale rigide 36. Sur les leviers 35 est monté à rotation un arbre 39 portant un pignon denté 37, en prise permanente avec un autre pignon 38 solidaire de l'arbre 2 de l'organe rotatif 1. L'arbre 39 est cinémati- quement relié par une boîte de transmission 40 et un cardan 41 à un arbre de transmission relié au moteur (non représenté) du tracteur.
Sur la barre transversale 36 des leviers 35 est fixé un bras 42 orienté de bas en haut au-dessus de l'organe 1. Ce bras 42 présente une coulisse 43 dans laquelle est engagé un doigt 44, qui est susceptible d'être bloqué en position par un moyen approprié. Ce doigt est prévu à une extrémité d'une bielle d'accouplement 45 articulée sur le tracteur.
Dans des conditions de fonctionnement nor- males, l'organe 1, tournant (sur le dessin) en sens inverse des aiguilles d'une montre, s'abaisse avec son châssis 32 sous l'action de son poids, pour amener les bêches ou les crocs en contact de labourage avec la terre.
Toute tendance au freinage de la rotation de l'organe 1, provenant d'obstacles surgissant au cours de la progression en marche avant du tracteur, fait que le pignon 37 grimpe > sur le pignon 38, l'arbre de transmission étant constitué de telle façon qu'il permette un certain déplacement axial du cardan 41.
De ce fait, les leviers 35 pivotent autour de l'arbre 2 et provoquent le soulèvement de cet arbre et de l'organe rotatif 1.
Dans la machine représentée aux fig. 6 et 7 semblable à celle des fig. 4 et 5, 1'arbre 2 de l'organe rotatif porte un pignon à chaîne 47, relié par une chaîne sans fin 4S à pignon à chaîne entraîneur 49 prévu près de l'articulation du châssis 50 sur le tracteur.
Un pignon à chaîne 51 est monté sur l'un des deux leviers coudés 35, et agencé pour engrener avec la chaîne de transmission. Les leviers 35 ne sont pas nécessairement articulés sur l'arbre 2. Ainsi que le montre le dessin, ils sont portés par un support 52, fixé sur le châssis 50, au-dessus du pignon 47. Un pignon tendeur à ressort 53 est prévu pour tendre la chaîne de transmission 48.
Dans des conditions de fonctionnement normales, le pignon 51 du levier 35 abaisse la chaîne 48 sous l'action du poids de la ma- chine par lequel la bielle d'accouplement 45 fait osciller les leviers 35 en direction de la chaîne 48. Si le mouvement normal de rotation de l'organe 1 est arrêté ou freiné par le fait que les bêches ou crocs rencontrent un obstacle, et si la résistance opposée à l'organe 1 dépasse une valeur prédéterminée, le brin supérieur de la chaîne est tendu. Il en résulte que les leviers 35 pivotent et produisent le soulèvement du châssis et de l'organe rotatif 1.
D'après le dessin, l'arbre horizontal 54, portant le pignon à chaîne 49, est actionné par des pignons droits 55, en partant d'un arbre d'entraînement parallèle 56, qui est lui-même actionné à l'aide de pignons coniques 57 par une boîte de transmission 58, accouplée par un arbre de transmission à cardan 59 au moteur du tracteur.