Appareillage pour l'emploi du bistouri électrique.
IJ titilisation, cii grande chirurgie, des anesthésiques modernes, à très faible toxicité, interdit l'emploi du bistouri électrique dans de très nombreux cas opératoires, où il faut renoncer aus avantages incontestables de cette technique à cause des risques d'explosion très sévères.
I. es gaz anesthésiques utilisés: oxygèneéther, oxygène-cyclopropane, par exemple, sont, en effet, des mélanges détonnants, dont l'inflammation par l'étincelle produite par le bistouri électrique a causé déjà plusieurs aeei- dents d'une extrême gravité.
I1 existe bien un procédé qui, en créant autour de l'éleetrode active une zone de gaz neutre injecté par un orifice annulaire, éli- mine toute cause d'inflammation; mais ce proeédé n'est efficace que dans la mesure où le courant de gaz n'est pas accidentellement réduit ou interrompu alors que le générateur de courant à haute fréquence est encore en service.
La présente invention tend à remédier à cet inconvénient. Elle a pour objet un appareillage pour l'emploi du bistouri électrique qui, selon l'invention, est caractérisé en ce qu'il comporte des moyens empêchant la mise en service du générateur de courant à haute fréquence lors (lue la pression du gaz neutre dans la canalisation alimentant directement le bistouri est inférieure à une pression limite.
Le dessin sehématique annexé représente, à titre d'exemples, deux formes d'exécution de l'invention:
Fig. i est une vue d'ensemble d'un appareillage.
Fig. 2 est une vue de détail montrant, en plan par-dessus, une pédale de commande.
Fig. 3 est une vue de celle-ci, de côté en élévation.
Fig. 4 est une vue d'ensemble d'un autre appareillage.
Fig. 5 est une vue en coupe longitudinale d 'un dispositif à deux pédales de commande.
Fig. 6, 7 et 8 solit des vues en perspective d'éléments constitutifs de ce dispositif.
Fig. 9 est une vue de celui-ei en perspective.
Fig. 10 est une vue en coupe axiale d'un relais pneumatique.
L'appareillage représenté en fig. 1 com- prend les organes suivants:
une bouteille 2 de gaz neutre comprimé, tel que de l'azote par exemple;
un manomètre détendeur 3 abaissant la pression du gaz protecteur à une valeur convenable: 200 à 500 grammes par em2 environ;
une valve à pédale 4 commandant la mise en service du relais pneumatique différentiel 5 établissant un contact électrique, dès que le débit de gaz le traversant atteint une valeur suffisante;
un relais pneumatique 6 établissant un contact électrique dès que la pression appliquée atteint elle-même une valeur suffisante;
un bistouri électrique 7 à insufflation de gaz neutre;
un générateur de courant à haute fréquence 8 alimenté par le circuit commandé par les relais.
La valve à pédale 4 de commande peut comporter un clapet appliqué sur son siège par la pression d'un ressort; en position de travail, une pression sur la pédale permet le passage du gaz. Toutefois, il est évident qu'un type quelconque de valve peut être utilisé.
Ainsi, dans la valve à pédale représentée aux fig. 2 et 3, le tube souple 9 reliant-la bouteille 2 de gaz comprimé aux relais 5 et 6 est écrasé par une pince soumise à l'action d'un ressort 10. Une pression sur la pédale 12 comprimant le ressort libère le tube 9 et permet le passage du gaz.
Le relais de débit 5 comprend deux organes de mesure de pression montés mécaniquement en opposition et alimentés l'un 5a en amont, l'autre 5b en aval d'lm rétrécissement de la tuyauterie 9 (orifice calibré ou une portion de tube de faible section). Dès que le gaz traverse l'appareil, l'organe manométrique 5a, situé en amont, exerce sur l'équipage mobile 13 un effort supérieur à celui exercé par l'organe aval 5b. Un ressort antagoniste 14 ne permet le déplacement de cet équipage mobile que si la différence de pression régnant dans les deux organes manométriques atteint une certaine valeur, cette différence de pression étant elle-même fonction du débit gazeux.
Dès que cette valeur est atteinte, le contact électrique se ferme.
Le relais pneumatique 6 commandé par la pression du gaz comporte un organe analogue aux organes manométriques Sa et 5b du relais de débit. Cet organe est comprimé par le ressort antagoniste 15. Dès que la pression atteint une valeur suffisante, le déplaeement de la partie mobile 16 ferme un contact électrique.
Les contacts des deux relais S. et 6 sont connectés en série, le générateur 8 ne pouvant ainsi être mis en service que si chacun des relais remplit les conditions requises pour la sécurité du fonct.ionnement.
Les organes de mesure de pression sont, dans le cas du dessein, constitués par une cu- vette métallique fermée par un diaphragme souple imperméable au gaz et sur lequel s'ap puie un disque métallique trallsmettant la pression aux autres organes.
Tout autre dispositif influencé méeanique- ment par la pression d'un gaz pent, évidemment, être utilisé, en particulier le déplacement d'un piston dans un cylindre ou l'allongement dune capsule de métal mince à ondnlations. Le diaphragme souple prévu ci-dessus peut, également, être constitué par une feuille de métal mince ondulée. Il est également possible d'utiliser comme organe moteur une vessie de caoutchouc contenue ou non dans une enveloppe souple et peu extensible.
Les deux relais 5 et 6, respectivement de débit et de pression, peuvent être eombinés, bien entendu, en un seul relais, étant donné que l'organe manométrique aval du relais de débit revoit la même pression de gaz que l'or- gane correspondant du relais de pression. On peut ainsi employer une vessie dont une face est utilisée pour la commande de pression, alors que l'autre face est opposée méeanique- ment à une vessie identique alimentée par la pression existant en amont de la perte de charge provoquée par letranglement du tube d'alimentation.
La coupure de I'alimentation électrique intervient, de toute facon, immédiatement dès le ralentissement de l'insufflation de gaz neutre soit par manque de pression (bouteille de gaz vide, robinet fermé, tuyauterie crevée ou bouchée en amont des relais), soit par manque de débit (tuyauterie on bistouri bouché).
Dans l'appareillage représenté en fig. 4, le bistouri 13 peut être alimenté, suivant le gré du chirurgien, sous deux tensions différentes de sortie du générateur de courant à haute fréquence 14; deux pédales 15a et 15b sont alors nécessaires, qui, disposées toutes deux dans un même boîtier 16 (fig. 5 et D), eom- mandent une valve 17 qui interrompt le passage du gaz, lors de la non-utilisation du bistouri, et laisse, au contraire, passage à celui-ci dès qu'une pression est exercée sur l'une ou l'autre desdites pédales.
Cet appareillage comprend donc essentiellement, comme montré en fig. 4:
la bouteille 2 de gaz neutre;
le manomètre détendeur 3;
le boîtier 16 comportant les pédales 15a et 75O de commande et la valve 17 de passage ou d'arrêt du gaz;
mi coffret 18 contenant un filtre 19 interposé sur la canalisation de gaz et le relais pneumatique 21 de sécurité;
le générateur de courant à haute fréquciiee 14 à deux circuits d'alimentation commandés chacun par le relais 21 et l'une des pédales 15a ou 15b, la tension de sortie du générateur dépendant du circuit mis en fonction;
le bistouri électrique 13 à insufflation de gaz neutre.
Le relais 21 est constitué, comme montré en fig. 10, par un boîtier à l'intérieur duquel est formée, par deux membranes élastiques 22, une chambre dilatable 23 dans laquelle le gaz neutre arrive par la conduite 24 et dont il ressort par l'orifice 25; sur leur face extérieure, chacune des membranes 22 porte un disque de cuivre 26 qui, lors de la dilatation de la chambre 23, vient connecter deux à deux des plots 27 formant interrupteur sur elia- cun des deux circuits 28a et 28b d'alimentation du générateur de courant à haute fréquence 14.
Sur chacun de ces deux circuits est, en outre, disposé un autre interrupteur com- mandé par l'une des pédales 15a ou 15b, et logé à l'intérieur du boîtier 16 (fig. 5). Autour d'un axe fixe 29 est, en effet, articulée, dans ce boîtier, une pièce 31 (fig. 8) comportant en son sommet un orifice 32 et à sa base deux découpes 33a et 33b ; autour du même axe fixe 29 sont articulées, par leur base venant se loger dans les découpes 33a et 33è, les extrémités des deux pédales 15a et 15b qui, comme on le eoncJoit aisément, provoquent, par appui sur leur partie saillant hors du boîtier 16, le balancement de l'ensemble suivant la flèche 34 de fig. 5.
Au travers de l'orifice 32 de la pièce 31 passe une tige 35 portant à l'une de ses extrémités une butée 36 qui, sous l'effet d'iiii ressort37prenant appui fixe sur un support 38, plaque un clapet 39 et une iiieinbrane 41 sur un siège formant, à l'intérieur d'un petit boîtier 17, l'extrémité de la conduite 42 d'arrivée de gaz; à son autre extrémité, la tige 35 porte un écrou 43 venant prendre appui au dos de ladite pièce 31..
Ainsi, par appui sur l'une des pédales 15a ou 15b, l'on provoque le hasculement de la pièce 31 et donc une traction sur la tige 35, ce qui a pour effet de décoller le clapet 39; le gaz neutre arrivant par la conduite 42 s'engouffre alors dans le petit boîtier 17 et s'en échappe par la conduite 44 qui, avant d'aller alimenter le bistouri, traverse le relais de sécurité 21 ci-dessus décrit.
Chacune des pédales 15a et 15b (fig. 5 et 7) porte, en outre, sous sa face inférieure, une patte 45 à la base de laquelle est fixée une lame isolante 46, dont l'extrémité porte une lame métallique 47 venant, lors d'un appui assez accentué sur la pédale correspondante, au contact de deux plots 50 formant interrupteur, interposée sur le circuit correspondant d'alimentation du générateur 14. ITn ressort 48 (fig. 5) maintent, en période de non-utilisation, la pédale soulevée et donc l'arrivée de gaz neutre fermée et le circuit électrique ouvert.
Par appui sur l'une des pédales 15sus ou 15b, l'on provoque donc bien successivement l'arrivée du gaz neutre au bistouri 13 et la fermeture du circuit électrique correspondant, par fermeture automatique de l'interrupteur que constitue le relais et par fermeture commandée de l'interrupteur que forme la pédale.
Il est à noter que, dans cette installation, le bistouri 13 est relié à l'électrode active 49 du générateur par un cordon conducteur creux 51, muni d'une flèche 52 de raccordement; cette flèche assure simultanément les passages du gaz et du courant électrique. Cette construction élimine pratiquement tolet risque d'obturation accidentelle en aval du relais de pression et permet donc de supprimer le relais différentiel de courant qui était utilisé dans l'appareillage de fig. 1.