Voltmètre à résistance d'entrée très élevée.
Un grand nombre de mesures de tension exige l'emploi d'appareils n'absorbant prati quement pas de courant. Les voltmètres à tubes électroniques répondent à cette condition, mais ils se prêtent mal à la mesure des tensions élevées surtout continues. Les voltmètres électrostatiques sont en général fragiles et leur échelle de lecture est incommode, la déviation étant proportionnelle au carré de la différence de potentiel à mesurer.
La présente invention a pour objet un voltmètre dont la résistance d'entrée est très élevée, pratiquement infinie, et qui peut être agencé aussi bien pour mesurer des tensions relativement basses que des tensions de plusieurs centaines de kilovolts. Il permet, en outre, une construction extrêmement robuste et remarquablement compacte.
Le voltmètre conforme à l'invention est caractérisé en ce qu'il comprend une petite génératrice électrostatique à influence, com- portant au moins un inducteur destiné à être relié à l'une des bornes de la source de courant dont on désire mesurer la tension, et au moins un induit destiné à être relié à la seeonde borne de ladite source à travers un cir- cuit à pertes négligeables et comportant un appareil de mesure du courant passant dans ledit circuit, des moyens étant prévus pour déterminer un mouvement de rotation relative à vitesse sensiblement constante, de l'indueteur et de l'induit.
Le nouveau voltmètre permet les mesures des tensions continues et alternatives. Pour faciliter l'exposé de l'invention, on envisagera d'abord, dans les exemples de réalisation qui vont être décrits, la mesure des tensions continues, puis l'on indiquera, les précautions et corrections à introduire pour la mesure des tensions alternatives.
On a représenté aux dessins ci-joints dif férents exemples de réalisation du voltmètre objet de l'invention.
Dans ces dessins :
Fig. 1 représente schématiquement un premier mode de réalisation du voltmètre.
Fig. 2 représente schématiquement un autre mode de réalisation.
Fig. 3 représente un détail d'une variante.
Fig. 4 représente schématiquement un troi- sième mode de réalisation du voltmètre.
Fig. 5 est une vue en coupe longitudinale du voltmètre selon la fig. 4.
Fig. 6 est une vue par en dessus d'un détail de ce voltmètre.
Fig. 7 est une vue en bout de ce voltmètre.
Fig. 8 représente un dispositif correcteur faisant varier l'intensité du courant traversant l'appareil de mesure en fonction inverse de la fréquence de ce courant.
Fig. 9, 9a et 10, 10"sont des diagrammes relatifs aux mesures de tension respectivement en courant continu et en courant alternatif.
Tel qu'il est représenté à la fig. 1, le voltmètre comprend un stator inducteur formé par deux coquilles cylindriques 1 et 1'reliées à une borne 2. Deux autres coquilles cylindri- ques 3 et 3'également fixes et formant écrans sont intercalées entre les coquilles 1 et 1'et sont reliées à la masse.
Un rotor induit est constitué par deux paires de coquilles eylindri- ques 4-4'et 5-5'formant transporteurs, placées coaxialement avee les coquilles 1-1' et 3-3'et reliées respectivement à des lames collectrices 6-6'et 7-7'avee lesquelles peuvent coopérer des balais 8-8'reliés directement à la masse et des balais 9-9'reliés également à la masse, mais par l'intermédiaire d'un appareil de mesure de courant 10 tel qu'un galvanomètre à cadre mobile.
Les balais sont calés de telle manière que chacune des coquilles de l'induit est reliée à la masse à partir du moment où elle vient en regard d'une coquille inductrice 1 ou 1'jusqu'au mo- ment où elle commence à dépasser cette co- quille et, entre temps, à l'appareil de mesure, c'est-à-dire à partir du moment où elle vient en regard d'un des écrans 3 ou 3'jusqu'au moment où elle commence à dépasser cet écran. Un moteur non représenté, par exemple un moteur asynchrone synchronisé, permet de faire tourner le rotor à une vitesse aussi constante que possible.
La source, dont on désire mesurer la tension If, a une de ses bornes connec- tée à la borne 2 et l'autre à une borne 11 reliée à la masse. Les lames 6-6'et 7-7'du collecteur occupent le même angle que les coquilles rotoriques, soit sensiblement 90 dans l'exemple représenté, et sont placées en regard de ces coquilles.
Le fonctionnement de l'appareil est le suivant :
Si l'on suppose que la borne 2 est positive de l'électricité négative est induite sur les transporteurs 4'lorsque ces derniers sont en regard des inducteurs 1-1'et qu'ils sont reliés à la masse par les balais 8-8'. Dès que les transporteurs commencent à sortir des indueteurs, les lames 6-6'cessent d'être en contact avec les balais 8-8'pour être mises en contact avec les balais 9-9'. Les transpor- teurs sont ainsi connectés à 1'appareil de mesure 10.
Lorsque les transporteurs sont com- plètement sortis des inducteurs, ils ont dé- bité toute leur charge dans l'appareil de mesure 10 aidés en cela par les écrans 3-3' portés au potentiel zéro. Ces écrans ne sont pas indispensables, mais, ainsi qu'on vient de le voir, ils améliorent le fonctionnement de l'appareil.
On voit que le voltmètre comprend en fait une petite génératrice électrostatique à influence, excitée par la tension inconnue F à mesurer. Cette génératrice débite dans un circuit de mesure dont la résistance est négli- geable ainsi que, par conséquent, la tension à ses bornes et les pertes. Elle travaille en court-circuit.
Dans ces conditions, toutes choses égales par ailleurs, en particulier la vitesse de rotation des transporteurs étant constante, le courant débité i dans l'appareil de mesure 10 est proportionnel à la tension d'exci- tation U. En effet, si l'on désigne par q la charge portée par les transporteurs à un moment donné et par C la capacité entre lesdits transporteurs et les inducteurs 1-1', le courant débité a pour valeur : dq U dC
dt dt
Si la valeur moyenne de-est constante.
dt on a le courant moyen i.,,, = A.
A= d étant la constante de proportionnalite de l'appareil.
De la mesure du courant i débité par la génératrice, on peut don. déduire la tension d'excitation U et l'appareil de mesure 10 peut être gradué directement, par exemple en volts ou en kilovolts. Le courant i est de l'ordre de quelques microampères et peut éventuellement être amplifié par un amplificateur 12 avant de traverser l'appareil de mesure.
Il est évident que la génératrice ne réalise aucune transformation énergétique : on applique à ses inducteurs une tension sans consom- mation de courant (l'impédance d'entrée est done infinie, aux pertes près), et elle débite un courant sous une tension pratiquement nulle.
Le moteur d'entraînement a seulement à compenser les pertes mécaniques.
La sensibilité du voltmètre s'exprime par le rapport 1 =-du courant débité par la tension d'excitation. Toutes choses égales par ailleurs, le courant débité est proportionnel à la quantité d'électricité accumulable sur les électrodes induites, donc à la densité superficelle que l'on peut y fixer.
Or, la densité d'électricité maximum portée par les transporteurs est proportionnelle à l'induction électrostatique maximum, e.. E,, I pouvant exister dans le milieu fluide entourant les organes électriques de la machine, E désignant le pouvoir inducteur spécifique de ce milieu et E", sa rigidité diélectrique. On augmente donc le courant i transporté par les induits et, par suite, la sensibilité du voltmètre, en utilisant un milieu de grande rigi- dité diélectrique et de pouvoir inducteur spé eifique élevé.
L'utilisation d'air comprimé, par exemple, permet d'augmenter considéra blement cette sensibilité : à 19 atmosphères on a, par exemple, c = 1, 01, E", = 450 kVJcm, et le produit E. lX 54, 5 kV cm, done su- périeur à 300 liviem.
D'autre part, les électrodes sont de préfé- rence réalisées de façon que le champ électri- que soit homogène et aussi voisin que possible du champ maximum admissible dans 1'espace interélectrodes.
La génératrice représentée à la fig. 1 com- porte quatre transporteurs, donc quatre pôles.
Hn augmentant le nombre de poles, on augmente] le débit et, par suite, la sensibilité.
Enfin, lorsque le courant' est amplifié, la sensibilité résultante est égale à la sensimilité propre de l'appareil multipliée par le gain de l'amplificateur 12.
Dans la génératrice électrostatique de la fig. 1, un collecteur à lames redresse le cou- rant alternatif engendré dans les organes mobiles et le conduit à des organes fixes, comme dans une machine électromagnétique à cou- rant continu. La génératrice électrostatique peut être à courant alternatif, auquel cas le courant de charge et de décharge des transpor- teurs passe par un contact glissant tel qu'une bague solidaire du rotor, sur laquelle frotte le balai.
Comme les appareils de mesure à con- rant alternatif sont, en général, peu sensibles, il est préférable d'utiliser un appareil à con- rant continu à bobine mobile combiné avec un ou plusieurs redresseurs, connectés de façon telle qu'ils permettent le passage des courants de charge et de décharge des transporteurs dans le circuit de débit de la génératrice, mais qu'ils ne laissent passer, dans l'appareil de mesure, qu'un courant unidirectionnel. Les redresseurs peuvent être des diodes à cathodes chaudes ou des contacts à conductibilité dys symétrique à semi-conducteurs.
Un voltmètre ainsi conçu est représenté à la fig. 2. Dans ce voltmètre, les transporteurs l l'sont reliés à une bague 13 au contact de laquelle se trouve un frotteur 14. Ce dernier est relié à deux redresseurs 15 et 15'dont l'un laisse passer le courant dans un sens et l'autre dans l'autre. Le redresseur 15 est relié à la masse par l'intermédiaire d'un appareil à bobine mobile ou d'un dispositif similaire et est parcouru par le courant de décharge, alors que le redresseur 15'est relié à la masse directement et est parcouru par le courant de charge.
Les redresseurs peuvent être montés en pont, ainsi qu'on le voit à la fig. 3 ; cette disposition double la sensibilité du voltmètre, puisque les courants de charge et de décharge passent tous deux dans le galvanomètre 10.
Au lieu de constituer le rotor par les induits et le stator par les inducteurs, comme dans les dispositifs qui viennent d'être décrits, on peut permuter les rôles du stator et du rotor, les induits constituant alors le stator et les inducteurs le rotor. Ce mode de réalisation est particulièrement intéressant lorsque la liaison électrique entre le rotor et la partie fixe du voltmètre est réalisée au moyen d'un contact glissant. On évite ainsi le contact glissant à basse tension qui est parcouru par le courant de débit de l'appareil de mesure pour le remplacer par un contact glissant haute tension, dans lequel aucun courant ne passe en régime permanent aux pertes près, toujours très faibles.
Une fois que les éléments du rotor sont chargés, il est sans importance que le contact glissant soit de mauvaise qualité et même une forte résistance de contact reste sans incon vénient.
Un voltmètre de ce dernier type est repré- senté schématiquement. à la fig. 4 ; il comprend un rotor inducteur formé par quatre coquilles cylindriques 16 occupant ehaeune un angle d'environ 45 et reliées à une bague 17 coopérant avec un frotteur 18. Ce dernier est connecté à la borne 2 à travers une résistance de protection 19 destinée à limiter le courant en cas de décharges et de valeur relativement élevée de l'ordre de 100 mégohms. Un moteur asynchrone synchronisé 23 permet d'entraîner le rotor à une vitesse sensiblement constante.
Le stator induit comporte huit coquilles ey- lindriques 20 et 21 coaxiales avec les coquilles 16. Les coquilles 20 sont reliées directement à la masse et les coquilles 21, intercalées entre les coquilles 20 et en nombre égal à celles-ci, sont également reliées à la masse, mais par l'intermédiaire de l'appareil de mesure 10 et d'm pont comprenant quatre diodes 22 à ca- thodes chaudes qui pourraient être remplacées par des redresseurs à semi-conducteurs. On pourrait éventuellement supprimer les coquil- les 20, seules les coquilles 21 ayant un rôle actif,
mais ces coquilles 20 ont pour effet de stabiliser la capacité d'entrée du voltmètre qui est alors constante et ne fluctue pas au cours de la rotation, puisqu'à tout moment les quatre coquilles rotoriques 16 ont en face d'elles des coquilles à potentiel nul ou prati quement nul. De la sorte, la charge des coquil- les rotoriques est constante au cours de la rotation et aucun courant alternatif ne circule dans le circuit haute tension. Durant cette rotation, les coquilles 21 se chargent et se déchar- gent alternativement dans l'appareil de mesure 10 auquel elles sont reliées par des contacts fixes et parfaits.
Un dispositif de protection est intercalé entre les coquilles 21 et les diodes 22. Ce dispositif comprend trois résistances 24 et trois tubes à néon 25 interposés entre la masse et les extrémités de ces résistances. Ce dispositif protège l'appareil de mesure contre les ondes à front raide pouvant résulter de décharges et qui sont dérivées par les tubes, et contre toute surcharge du voltmètre ; en effet, si le courant débité devient trop grand, la différenee de potentiel aux bornes des tubes 25 augmente et atteint la tension d'amorçage de ces tubes. Ces derniers constituent donc des shunts automatiques dérivant l'excédent de courant.
L'appareil de mesure est constitué par exemple par un microampèremètre à cadre mobile et est shunté par des résistances 26 pouvant être mises en circuit par un commutateur 27. Une résistance 98 est placée en série avec le microampèremètre et est destinée à limiter le courant des diodes 22 à une valeur si petite que les pertes du circuit sont négli- gables.
L'alimentation basse tension comprend un transformateur 29 à deux secondaires 81 et
Sur le primaire, qui est universel, est in tercalé un interrupteur 30. Le secondaire S, sert à l'alimentation du moteur 23 et un con densateur 31 relié à l'une des bornes de ce secondaire est utilisé pour l'alimentation de la phase auxiliaire du moteur. Le secondaire $2 sert à chauffer les diodes'2 et à alimenter une lampe témoin 32.
Il est avantageux de constituer le voltmètre en deux ensembles dont l'un est consti- tué par la génératrice, le moteur d'entraîne- ment et le pont de redressement et dont l'autre est constitué par un pupitre de mesure comprenant les organes de commande et l'ap- pareil de mesure 10. Ces deux ensembles sont reliés par un câble souple à sept conducteurs 33, qui peut être aussi long qu'on le désire. On peut ainsi monter la partie génératrice près de l'installation à haute tension. alors que le pupitre de commande et de mesure peut être éloigné de cette installation en étant, par exemple, incorporé à un tableau général de commande.
Il v a lieu de remarquer que le pont de redressement doit être monté dans l'ensemble comprenant la génératrice ; en effet la capacité avec la masse du fil de liaison parcouru par un courant alternatif est une capacité parasite qui diminue la sensibilité du voltmètre. Au contraire, le courant continu obtenu après redressement peut être transporté sans inconvénients aussi loin qu'on le désire, jusqu'au pupitre de commande.
On a représenté aux fig. 5 à 7 un exemple de réalisation pratique du voltmètre montré . sehématiquement à la fig. 4. Ce voltmètre comprend un boîtier 34 renfermant la génératrice ainsi que son moteur d'entraînement et obturé à chacune de ses extrémités, de façon étanche, par des chapeaux 35 et 36 maintenus par des écrous 37.
Les coquilles rotoriques 16 sont fixées a une masse en matière isolante 38 dans laquelle sont noyés deux axes 39 et 40 à tête sphérique constituant l'arbre du rotor. L'axe 40 est à la masse et est relié au moteur d'entraînement 23. L'axe 39 est connecté électriquement avec les coquilles rotoriques 16 et un frotteur 18 est appuyé par un ressort 41 sur l'extrémité 17 dudit axe 39. La résistance de protection 19, qui est noyée dans un bloc de matière isolante 42, relie ce frotteur 18 à l'un des conducteurs 2 d'un câble 43 d'entrée haute ten- don à deux eonducteurs, le second de ces conducteurs étant à la masse.
Les coquilles statoriques 20 et 21 sont fixées à leurs extrémités dans deux masses annulaires en matière isolante 44 et 45. La masse 44 est appuyée contre le bloc 42 et est munie d'un joint d'étanchéité 46.
La masse 46 est logée dans une masse isolante anmu- laire 47 entourant l'accouplement 48 de l'axe 40 et de 1'arbxe du moteur d'entraînement 23.
fie chapeau 36 comporte une cloison trans versale 49 munie de traversées étanches 50 pour le passage des conducteurs d'alimentation du moteur 23 et du conducteur reliant les coquilles statoriques 21 au pont de redres sement. La cloison 49 est également munie d'un conduit 51 terminé par une valve 52 et permettant d'introduire sous pression dans le boîtier 34 un gaz comme par exemple de l'air.
Dans ce chapeau 36 sont logés le pont de redressement constitue par deux duo-diodes 22 et le dispositif de protection comprenant les tubes à néon 25. Le fond 53 du chapeau est amovible de facon à permettre le changement éventuel des diodes et des tubes à néon.
Les organes de commande et de mesure sont renfermés dans un coffret 54 qui peut être rendu solidaire du boîtier 34 au moyen de deux colliers en deux parties 55 et 55a qui servent en même temps de pieds-supports pour l'ensemble. Le coffret 54 peut être relié électriquement au boîtier 34 par un câble 56 contenant les sept conducteurs 33 et terminé par deux fiches pouvant s'enfoncer dans des prises 57 et 58. Une prise 59 permet d'alimenter le primaire du transformateur 29.
Le microampèremètre 10 est gradué direc- tement en kilovolts et le commutateur 27, qui est à trois positions, permet de relier en pa rallèle avec ce microamperemètre des shunts de valeur telle que le maximum de déviation du mieroampèremètre corresponde respectivement, par exemple, à des tensions de 25, 50 et 75 kilovolts. Les graduations sont sensiblement linéaires. Si l'on interposait entre les coquilles 21 et l'appareil de mesure 10 un am plificateur à lampes ayant un gain de 200 par exemple, le maximum de déviation du microampèremètre correspondrait respectivement à des tensions de 125, 250 et 375 V.
Ainsi qu'il a été dit précédemment, le cou- rant i débité par la génératrice est proportionnel à la tension IT à mesurer : i =. 1 l7.
Le coefficient de proportionnalité l dé- pend des dimensions géométriques de la gé- nératrice ainsi que de la vitesse de rotation du moteur d'entraînement. Les dimensions géométriques n'ont guère l'occasion de varier et on a supposé ci-dessus que la vitesse de rotation était constante. Mais cette dernière hypothèse n'est pas entièrement exacte ; en effet, la vitesse de rotation du moteur dépend de la fréquence du secteur. Cette fréquence peut varier durant la mesure et, si elle ne varie pas, elle peut être différente de la fré- quenee d'étalonnage, auquel cas les indications données par le voltmètre sont erronées.
Par exemple, si la fréquence du secteur était de 50 au moment de l'étalonnage et n'est que de 48 au moment de l'utilisation du voltmètre, toutes les mesures effectuées présentent une erreur de 4 /o par défaut. Il est peu probable que la fréquence varie sensiblement durant la mesure. On peut donc effectuer des mesures qui sont exactes, selon toute vraisemblance, en déterminant la fréquence du secteur/ au moment de la mesure et en multipliant la tension lue an voltmètre par le rapport',/,.
t. étant la fréquence du secteur au moment de l'étalonnage.
Ce procédé présente l'inconvénient de né- cessiter la mesure de la fréquence du secteur au moment où l'on a à déterminer la valeur inconnue d'une tension. De plus, il laisse sub- sister une certaine incertitude : la fréquence du secteur peut avoir légèrement varié entre le moment où l'on mesure la fréquence et celui où on détermine la valeur de la tension.
On peut éviter ces inconvénients en interealant entre la génératrice et le microampèremètre un circuit électrique correcteur faisant varier l'intensité du courant débité par la gé- nératrice en sens inverse de la fréquence de ce courant.
On a représenté à ia fig. 8 un tel circuit correcteur. Tel qu'il est représenté, il est formé par un circuit bouchon comprenant une inductance 60 et une capacité 61. Le pont de redressement 22 et l'appareil de mesure] 0 sont placés dans la branche de l'inductance 60. Les valeurs de l'inductance et de la capacité sont déterminées de façon que la fré- quence de résonance du circuit bouchon ne soit pas comprise entre les limites possibles de variation de fréquence du courant produit par la génératrice et qu'à une variation de cette fréquence corresponde une variation dans le même sens de l'impédance du circuit bouchon.
Les applications du voltmètre objet de l'in- vention qui viennent d'être décrites sont relatives à la mesure des tensions continues. En tant que structure fondamentale, un voltmètre destiné à mesurer des tensions alternatives est tout à fait analogue ; les considérations déve loppées ei-dessous permettent de déterminer les corrections qu'il convient d'apporter aux indications lues sur l'appareil et, éventuellement, les modifications à apporter à la construction du voltmètre, pour qu'il soit mieux adapté aux tensions alternatives.
L'appareil qui mesure le courant dans des voltmètres décrits (généralement un microampèremètre à cadre mobile associé à un redresseur) est, en réalité, influencé par le débit moyen de la génératrice électrostatique : en d'autres termes, on lit Ja valeur moyenne des charges induites sur les coquilles de la génératriee par les coquilles inductrices portées au potentiel à. mesurer.
En courant continu, aucune indétermina- tion n'est possible : la valeur moyenne des charges induites et du courant débité est proportionnelle à la tension d'excitation que l'on se propose de mesurer. En se reportant aux fig. 9 et 9a, on se rend compte du fonctionnement du voltmètre. A la fin de chaque période de charge de durée teç la tension d'excitation à mesurer est la tension constante 7', (fig. 9 et la charge induite correspondante q = C Z/e,
C étant la capacité maximum entre coquilles.
Pendant la période de décharge suivante, de durée td, la charge q s'écoule en donnant un
CUe courant i = - (fig. 9a) dont la va,leur
td moyenne dans le temps est i, n = CT
où T = te + td sera appelé dans ce qui suit : période de la génératrice.
En courant alternatif, sinusoïdal ou non, le processus est un peu plus compliqué. On considérera le cas d'une tension sinusoïdale représentée par la fig. 10. Soit I71 l'amplitude de la tension à mesurer, à la fin de la période de charge cl, la eharge de la coquille induite étant alors C Z¯j ; le courant débité pendant la période de décharge #, suivante (fig. 10a) est done :
(1 U
@@@
il =
td
On supposera que la constante de temps de charge est petite par rapport à la période T de la génératrice.
A la fin de la période de charge suivante, c2, 1'amplitude de la tension à mesurer est T ! 2, et la charge prise par la coquille induite
C IJ2 ; le courant débité pendant la période de décharge 42 suivante est done :
CU2
t'i
t, i et ainsi de suite.
La valeur moyenne, dans le temps, des courants il, i2, i3..., qui fait dévier le microampèremètre de mesure, prend donc une valeur qui, à priori, n'a pas forcément de rapport défini avec la tension à mesurer.
En particulier, si la période T de la génératrice est égale à la période de la tension à mesurer, l'indication sera fonction du dépha- sage entre les deux phénomènes. Pour un déphasagenul, l'indieation sera nulle ; elle erol- tra avee le déphasage et donnera la valeur de la tension maximum pour m déphasage de valeur-. dans le cas d'une tension sinnsoï-
2 dale.
Cependant, la valeur moyenne des courants il, i2, i3... résultant d'une intégration, il est manifeste que cette valeur tendra vers une limite, lorsque la période de la génératriee deviendra de plus en plus différente de la période de la tension à mesurer.
Si la période de la génératrice devient très petite par rapport à l'autre, ce qui implique que la génératrice tourne vite et comporte un grand nombre de pôles, le voltmètre donnera une indication définie qui sera dans un rapport déterminé avec la valeur moyenne de la tension à mesurer. A la limite, lorsque la période T tend vers zéro (e'est-à-dire que le produit de la vitesse de la machine par le nombre de ses pôles tend vers l'infini), 1'indica- tion tendra à devenir rigoureusement proportionnelle à la valeur moyenne de la tension à mesurer.
Pour illustrer d'une façon plus concrète ce qui vient d'être dit, on va considérer le cas d'un voltmètre du type représenté par les fig. 4 à 7, dont la génératrice comporte quatre coquilles. Il y a donc, à chaque tour de rotation, quatre temps de charge et quatre temps de décharge. La génératrice étant entraînée par un moteur asynchrone monophasé à deux pôles, alimenta par du courant alternatif à .) 0 Hertz, au glissement près, la vitesse de rotation est, par conséquent, de 50 tours par seconde. A raison de quatre périodes par tour, la frequence de débit de la génératrice du voltmètre est voisine de 200 et sa période est donc de 1/200 seconde.
Des mesures faites avec un voltmètre fonc- tionnant dans ces conditions ont donné comme valeur de la tension indiquée la moitié de la valeur de crête V, de la tension alternative, alors que théoriquement, en admettant que la tension soit parfaitement sinusoïdale et que la période de la génératrice soit infiniment petite, on aurait dû mesurer une tension v = vmoy = vd # 2/# et non Ve/2
La différence vient du fait que le rapport entre les deux périodes n'est que de 4, mais il suffit, après étalonnage, de faire la correc- tion.
D'autre part, si le moteur d'entraînement est asynchrone et possède de ce fait nn cer- tain glissement, il en résulte un léger battement du courant moyen : l'aiguille de l'appareil de mesure oscille alors de quelques pourcent autour de la valeur moyenne.