Appareil pour le découpage à la main d'un tissu organique.
L'étude de la respiration des tissus organiques nécessite la confection en série de tran- ches minces de ces tissus, d'épaisseurs aussi uniformes que possible. Le découpage à la main de ces tranches au moyen d'un rasoir donne des résultats insuffisants en raison de l'irrégularité des coupes obtenues et de la lenteur de l'opération.
La présente invention a pour but de remédier aux inconvénients signalés. Elle a pour objet un appareil permettant le découpage à la main d'un tissu organique.
Selon l'invention, cet appareil est caractérisé en ce qu'il comporte deux pièces de serrage, dont l'une présente un alvéole destiné à recevoir un morceau dudit tissu et l'autre est destinée à serrer ce morceau contre le fond de l'alvéole, ces deux pièces de serrage étant logées dans deux trous coaxiaux d'un support commun, de façon qu'on puisse régler leur écartement mutuel, ledit support présen- tant une fente pour le passage d'une lame coupante destinée à couper le tissu.
A titre d'exemple, on a décrit ci-dessous et représenté au dessin annexé une forme de réalisation de l'invention.
Sur ce dessin, la fig. 1 montre, en coupeélévation, l'ensemble du microtome et, en par ticulier, le support et les deux pièces de serrage du tissu à découper, en même temps que la lame coupante et sa monture.
La fig. 2 est une vue en plan du support précité.
La fig. 3 représente, en coupe-élévation, le support de la fig. 1.
La fig. 4 est une vue en plan de la lame coupante et de sa monture, vues en bout sur la fig. 1.
La fig. 5 est une vue en plan d'une autre forme de réalisation de l'organe de découpage.
La fig. 6 est une coupe transversale de la fig. 5 suivant AB.
Suivant l'exemple d'exécution représenté, 1'appareil comporte un support 1 qui a la forme d'un étrier dont les deux branches paallèles sont respectivement pourvues de deux bossages cylindriques 1'et l.". Ces bossages sont percés de trous coaxiaux 6 et 11. Le trou 6 dans le bossage 1", formant une fourrure, est taraudé, et dans ce trou est vissée une pièce de serrage 2, constituée par un cylindre creux, fileté sur une partie de sa longueur. Un eontre-écrou 13 permet de l'immobiliser dans la position choisie. La partie vissée présente intérieurement des rainures longitudinales.
L'extrémité libre de la pièce 2 est taraudée en vue du vissage d'une vis 7 à embase filetée, dont le téton cylindrique 8 coulisse à frottement doux dans la partie rainurée du cylindre 2, de manière à ménager un alvéole à l'extré- mité de ce cylindre. La tête de la vis est moletée et sur cette tête est fixé, par exemple par soudure, un doigt flexible 9 qui s'appuie sur la surface extérieure de la pièce de serrage 2.
L'extrémité libre de cette pièce présente exté rieurement des rainures longitudinales équi distantes destinées à coopérer avec le doigt 9 pour l'immobiliser.
Le bossage 1'de l'autre branche du support comporte des rainures longitudinales 16
(fig. 2 et 3), de sorte qu'il forme en fait une pince élastique de serrage. Dans cette pince est emmanchée à frottement doux une four- rure 10. La surface extérieure de la pince est conique et filetée, de manière à recevoir une bague 12 taraudée, qui permet de serrer fortement la douille sur la fourrure.
Dans la fourrure 10, taraudée sur une partie de sa longueur, est vissée une pièce de serrage 3, qui présente sur sa face intérieure, c'est-à-dire celle en regard de la pièce de serrage 2, un évidement circulaire dont la profondeur est sensiblement égale à l'épaisseur de la tranche à découper.
Lorsque la pièce 3 est bloquée en position dans la fourrure 10 et que cette dernière est serrée dans la pince 1'precitée, le bord interne de la pièce 3 doit affleurer lune des faces de la lame coupante lorsque cette dernière entame le morceau de tissu à découper.
Son autre face doit alors être en contact avee le bord interne de la pièce de serrage 2.
La pièce de serrage 3 porte sur sa face externe un tenon qui permet de régler sa position à l'aide d'une clé. On la bloque ensuite à l'aide d'un contre-écrou 14 qui présente sur sa face terminale extérieure une mortaise centrale permettant son vissage dans la fourrure 10.
L'appareil est complété par la lame cou- pante et sa monture dont une forme préférée de réalisation 5 est représentée en bout. Cette monture ouvrante se compose de deux cadres pouvant pivoter autour de deux charnières 15. Deux cotés parallèles 16 et 17 de l'un de ces cadres présentent sur leurs bords internes des feuillures 18 représentées en pointillé sur la fig. 4 et qui reçoivent la lame 4 qui présente au moins un biseau. Une pince 19 permet de serrer ces cadres l'un contre l'autre, en immobilisant la lame 4. Les faces planes et ; opposées de ces cadres sont dressées de manière à être exactement parallèles en position de fermeture.
Selon une autre forme de réalisation, représentée par les fig. 5 et 6, la monture portelame est constituée par une plaque métallique 20 présentant une échancrure reetangwlaire 21. Les deux bords parallèles de cette échancrure présentent des rainures, parallèles aux faces de la plaque (fig. 5), et dans lesquelles peut coulisser sans jeu la lame 22. La monture présente le long de son plus grand côté un talon 23, destiné à limiter sa course dans la fente de découpage du support1 (fig. 1).
Le fonctionnement du microtome est le suivant :
Pour mettre le morceau de tissu en place dans l'alvéole de la pièce de serrage 2, on enlève le bouchon 3 et l'on coule dans cet évidement un liquide chaud, congelable à la tem pérature normale et qui n'altère pas le tissu à découper. On trempe ensuite dans le liquide ainsi versé la pièce de tissu à découper. On laisse le liquide se refroidir, ce qui immobilise le morceau de tissu dans l'alvéole précité. On remet en place le bouchon 3 et l'on serre fortement contre ce bouchon le morceau de tissu en tournant convenablement la vis 7.
La pression ainsi exercée sur le tissu doit être réglée avec précision, car l'épaisseur de l'échantillon obtenu par découpage du tissu dépend à la fois de cette pression, de l'épaisseur de la lame et de la profondeur de l'évidement de la pièce 3. Le réglage terminé, la lame est introduite entre les deux faces de l'étrier constituant le support. On imprime par exemple à cette lame, guidée par la monture entre les deux faces précitées, un mouvement de va-et-vient qui s'accompagne d'une certaine pression lorsque la lame se rapproche du fond de l'étrier.
Ce mouvement terminé, une tranche de tissu se trouve découpée. Pour l'extraire de l'appareil, on dévisse la bague 12, la pince 1's'ouvre et on retire la fourrure 10 d'un mouvement de translation parallèle à l'axe des deux trous 6 et 11. On décolle l'échantillon de l'évidement du bouchon 3 ou de la lame coupante 4 (fig. 4), on remet en place le bouchon et l'on tourne la vis 7 d'un certain angle, dans le sens du serrage en s'aidant comme repères des rainures longitudinales creusées dans la paroi de la pièce de serrage 2. L'appareil est ainsi prêt pour effectuer un nouveau découpage.
A titre d'exemple, on peut utiliser une lame coupante de 0, 3 mm d'épaisseur et un bouehon 3 dans lequel est creusé un évidement central de 0, 3 mm de profondeur. En exer çant sur la pièce de tissu une pression convenable, on peut obtenir un échantillon dont l'épaisseur est voisine de 0, 4 mm.
Si le décollement de l'échantillon est diffi- cile à effectuer, on le plonge dans un liquide physiologique. De toutes manières, cette immersion est nécessaire pour séparer de l'échan- tillon le liquide congelable dont il est impré- gné. A titre d'exemple, on peut utiliser comme tel un gel de gélose à 5 /o, que l'on liquéfie au bain-marie bouillant. Ce liquide est amené à une température de 40 et est versé à cette température dans la chambre de serrage de la pièce 2. Dans ces conditions, sa solidification ne demande que quelques minutes.
Il est commode, pour l'utilisation, de fixer l'appareil au moyen d'une pince sur un support universel, cette pince serrant par exemple l'étrier latéralement.
En variante, les rainures longitudinales intérieures de la pièce de serrage 2 peuvent être assez prononcées pour permettre l'immo- bilisation du tissu sans emploi d'un liquide congelable et adhésif. Bien qu'agencé pour le découpage de tissus organiques, le microtome peut évidemment être également employé au découpage de tous les matériaux présentant une faible résistance au cisaillement et une cohésion suffisante pour l'obtention de tranches minces.