Procédé de fonçage et arrachage de pieux, palplanches, tubages et éléments de construction analogues. Pour assurer le fonçage des pieux, pal- planches ou tubages et éléments de construc tion analogues, on utilise ordinairement des sonnettes de battage à action directe du mouton sur l'extrémité du pieu opposée à celle qui doit pénétrer dans le sol.
Ce procédé exige des engins de battage très encombrants, quelquefois très onéreux et absorbant une grande quantité d'énergie. D'autre part, comme la rigidité contre le flambage des pieux ou palplanches est limitée, ce procédé ne peut être appliqué lorsque la longueur du pieu est grande par rapport à sa section. Pour les pieux en bé ton, il exige la mise en #uvre de bétons ayant une très forte résistance à l'écrase ment. Ces sujétions augmentent considé rablement les frais d'établissement des pieux ou éléments analogues.
Outre ces inconvénients, le battage usuel provoque aux alentours du fonçage des vibrations dues aux chocs importants. Ces vibrations, quand le travail est effectué au voisinage d'autres constructions, peuvent être dangereuses pour celles-ci, si bien que cette méthode de fonçage est parfois rejetée.
On a proposé de substituer à la sonnette de battage un dispositif solidaire de la tête du pieu et portant des organes tels que des masses tournantes excentrées tournant dans un plan diamétral du pieu, lesquelles im priment au pieu des impulsions verticales alternatives s'ajoutant dans un sens au dis positif solidaire du pieu auquel on donne une masse statique importante pour faciliter l'en foncement. Ce procédé n'évite que partielle ment les inconvénients du battage usuel.
En terrain hétérogène, le foncage verti cal est parfois rendu difficile en raison des obstacles rencontrés ou des caractéristiques et de la nature du terrain. Il se produit sou vent une tendance à la déviation et à la flexion du pieu, mettant en jeu des efforts risquant de compromettre sa résistance ou sa tenue ultkiéure.
Une partie de ces inconvénients est évitée en utilisant une autre technique de fonçage applicable plus particulièrement aux tubages et qui consiste à imprimer au tubage, au moyen de leviers attachés à des colliers qui l'enserrent, un mouvement alternatif de rotation. Ce mouvement, coopérant avec le poids du tubage, assure dans certains cas l'enfoncement progressif sans chocs violents et répétés. Mais ce procédé exige encore, dans certaines de ses réalisations, un matériel puissant et encombrant ainsi qu'une grande dépense d'énergie.
Pour l'arrachage des pieux, palplanches, tubages ou éléments analogues, on opère ordi nairement avec des moyens semblables à ceux du fonçage. C'est ainsi qu'on peut utiliser la sonnette de battage avec actiore inversée du mouton, des vérins, treuils et moufles. On peut aussi appliquer un mouvement alter natif de rotation, coopérant avec un effet de traction vertical de bas en haut surpas sant le poids du pieu ou tubage et les forces de frottement superficiel.
Dans l'un et l'autre cas, les mêmes sujé tions que pour le fonçage se retrouvent: né cessité d'un matériel puissant et encom brant.
Pour faciliter l'arrachage ou même éven tuellement le fonçage, on a déjà proposé d'ébranler le pieu ou tubage en lui appli quant des chocs latéraux ou encore en lui imprimant une vibration continue. Ces moyens permettent de réduire l'effort d'arra chage. Ils ont aussi l'avantage d'une plus grande régularité de déplacement vertical du pieu ou tubage, évitant notamment, dans le cas d'un tubage, les entrées accidentelles de terre dans l'espace qu'il libère à l'arrachage. Mais ce ne sont que des artifices accessoires et complémentaires qui ne se substituent pas aux organes opératoires essentiels, lesquels demeurent nécessaires avec les inconvénients signalés.
La présente invention a pour objet un procédé de fonçage et d'arrachage de pieux, palplanches, tubages et éléments de construc tion analogues - lesquels seront désignés ci- après sous le terme générique de pieu - qui évite ces inconvénients et permet de réaliser le fonçage et l'arrachage, par des opérations rapides, avec efficacité, souplesse et régu larité.
Ce procédé est caractérisé en ce qu'on imprime au pi,--ii, en même temps que des impulsions dirigées suivant l'axe du pieu à foncer et arracher, des impulsions alterna tivement dirigées et équilibrées perpendicu laires audit axe, de manière à créer un couple communiquant audit pieu un mouve ment alternatif de rotation.
Selon le procédé, on peut aussi imprimer au pieu, par un même organe solidaire du pieu, simultanément des impulsions alterna tives équilibrées dans le sens de son axe et dans le sens perpendiculaire à cet axe. Le mouvement alternatif dû aux impulsions perpendiculaires à l'axe coopère avec les efforts alternés dans le sens de l'axe pour assurer l'enfoncement du pieu ou pour faci liter son arrachage.
Par ce procédé, le fonçage du pieu ou son arrachage sont obtenus avec un matériel ré duit, particulièrement facile à transporter et à mettre en couvre, ne présentant qu'un encombrement relativement faible et ne né cessitant qu'une énergie peu importante. Ils peuvent ainsi être réalisés économiquement.
L'application du procédé assure une avance accélérée du fonçage et un arrachage très rapide et progressif, avantage particu lièrement sensible avec des éléments de grandes dimensions ou en terrain hétérogène ou dur. Elle donne un équilibrage perma nent de l'ensemble du dispositif et du pieu et, par suite, la verticalité de l'enfoncement dans le cas le plus usuel de pieux verticaux, avec suppression des efforts latéraux nui sibles, générateurs de dévers ou d'ovalisation pour les tubages, très difficiles à corriger. Le fonçage est, en outre, obtenu sans qu'il soit besoin d'ancrages ou autres appuis sur le sol.
L'amplitude et la fréquence des impul sions orientées sont déterminées en fonction de la forme et de la masse du pieu. Elles sont. rendues réglables par variation de la position et éventuellement de l'inclinaison ou des caractéristiques des éléments oscilla toires mis en couvre.
Le dessin annexé illustre le procédé et représente, à titre d'exemple, un outillage utilisé pour l'application du procédé particu lièrement, mais non exclusivement., au fonçage de pieux verticaux.
La fig. 1 est une vue schématique en perspective montrant une disposition per mettant l'obtention d'impulsions horizon tales.
La fig. 2 est une vue également schéma tique en perspective montrant une disposi tion permettant d'imprimer au pieu à la fois des impulsions verticales et des impulsions horizontales. La fig. 3 est une vue schématique en perspective d'une variante de disposition simplifiée.
La fig. 4 est une vue en élévation, par tiellement en coupe, montrant le montage du dispositif suivant la fig. 3 sur un tubage on une virole de grand diamètre.
La fig. 5 est une vue en plan, partielle ment en coupe horizontale, suivant la ligne V-V de la fig. 4.
Les fig. 6 et 7 représentent un dispositif permettant l'application du procédé à un pieu préfabriqué du type usuel: la fig. 6 est une vue en élévation, partiellement en coupe, et la fig. 7 une vue en coupe suivant la ligne VII-VII de la fig. 6.
La fig. 8 est une variante d'exécution de la disposition représentée à la fig. 6.
La fi,-. 9 représente une disposition per mettant le fonçage d'un tubage G, partir d'un bateau.
lia fig. 10 est une vue en perspective d'une variante de montage du dispositif.
Soit un pieu 1 que l'on se propose d'en foncer dans le sol. Par simplification, l'en foncement sera supposé vertical, étant. en tendu cependant. due ce qui va suivre pour rait s'appliquer à un pieu incliné.
Pour assurer l'enfoncement du pieu 1, on ajoute à l'action d'impulsions verticales, par mouton. ou selon l'une des méthodes ci-après décrites, l'action d'impulsions oscillatoires de rotation dirigées horizontalement. Dans ce but, on munit la tête du pieu d'un bâti \? portant. (les disques horizontaux 11 et 12 (fi-. 1). Ces disques, dont. les axes verticaux sont parallèles à l'axe du pieu 1, sont placés symétriquement par rapport à celui-ci. Ils tournent dans le même sens, comme indiqué par les flèches B. Le disque 11 porte un ba lourd 13 et le disque 12 un balourd 14; les balourds 13 et 14 sont décalés de 180 l'un par rapport à l'autre.
Les rotations des deux disques, entraînés par des moyens usuels, sont synchronisées.
Les disques 11 et 7.2, en raison de leurs balourds décalés, développent des forces présentant des composantes horizontales n perpendiculaires au bâti, égales et opposées. Les forces suivant l'axe du bâti s'annulent à tout instant. Ces forces g créent un couple d'intensité et de sens variables qui, transmis au pieu 1, lui impriment des oscillations alternées dans le sens de la rotation suivant les directions Gl, G2. Ces impulsions alter natives facilitent la pénétration du pieu dans le terrain de façon analogue aux mouvements alternés usuels, niais sont de fréquence plus rapide.
Elles sont obtenues de façon continue pendant la rotation des disques sans manoeuv res spéciales.
Le réglage de la fréquence des impul sions horizontales est obtenu par la varia tion de la. vitesse de rotation des disques 11 et 12. Leur amplitude est, déterminée par L'écartement des disques par rapport à 1'axe du pieu ainsi que par la masse et l'excentre- ment des balourds 13 et 14. On peut ainsi l'aire varier dans de larges limites la gran deur de la rotation alternative Gl, G2, ce qui répond aux conditions diverses d'appli cation. Si cette rotation peut prendre avan tageusement une valeur notable avec un pieu circulaire, il est évident qu'avec un pieu de section hexagonale, avec des palplanches ou autres, le développement de la rotation doit demeurer limité.
La faculté d'adaptation offerte par le dispositif représenté satisfait facilement à cette exigence.
Lors de certaines phases de fonçage ou de l'arrachage, i1 peut être nécessaire que les forces de rotation alternatives horizontales n'agissent pas symétriquement par rapport à l'axe du pieu, par exemple pour arriver plus facilement au décollement (les parois dudit pieu du terrain l'entourant ou pour faciliter la pénétration ou l'écartement d'un obstacle particulier. Ceci peut être obtenu très facile ment en agissant sur l'écartement d'un des disques ou sur la masse ou l'excentrement d'un des balourds, sans modifier la position ou la masse de l'autre disque ou balourd.
Pour donner au pieu 1 à la fois des effets dits à des efforts alternés verticaux et à un mouvement de rotation alternée, on conjugue des impulsions verticales avec des impulsions horizontales comme indiqué à la fig. 2.
Le bâti 2 monté sur le pieu 1 est agencé de manière à recevoir simultanément une paire de disques verticaux à balourds 3 et 4 placés dans un même plan diamétral, et une paire de disques horizontaux à balourds 11 et 12, analogues à ceux de la fig. 1. Les disques 3 et 4 tournent à la même vitesse et en sens opposé (flèches A). Leurs balourds 5 et 6 sont placés de manière à être en phase. Les disques 11 et 12 tournent dans le même sens (flèches B) et leurs balourds 13 et 14 sont décalés de 180 l'un par rapport à l'autre.
Avec cette disposition, on obtient en même temps, suivant le mécanisme précédem ment décrit, des efforts alternatifs verti caux F1, F2 et des actions alternatives de rotation Gx, G.. Ces rotations coopèrent avec les efforts verticaux pour favoriser l'en foncement du pieu 1 ou son arrachage.
Le réglage de l'amplitude et de la fré quence des impulsions verticales peut avoir lieu indépendamment. de celles des impul sions horizontales. Ces réglages sont détermi nés séparément selon les conditions d'-Litiîi- sation.
Au lieu de deux paires distinctes de disques à balourds équilibrés, tels que 3-4 et 11-12, on peut obtenir des impulsions conjuguées à la fois horizontales et verticales au moyen d'une seule paire de disques à ba lourds conjugués et synchronisés, comme le montre la fig. 3.
Sur le support 2 fixe, monté sur l'extré mité du pieu 1, sont disposés deux disques 15 et 16 montés sur un même axe horizontal et diamétral du pieu 1. Les disques sont pourvus de balourds 17 et 18. Ils tournent à la même vitesse, le disque 15 dans le sens de la flèche C, le disque 16 dans le sens de la flèche D. Les balourds 17 et 18 sont disposés de manière à être en phase l'un avec l'autre, c'est-à-dire qu'ils parviennent aux positions verticales supérieure et inférieure en même temps.
A chaque rotation, l'ensemble des disques 15 et 16 du bâti 2 et du pieu 1 reçoit une double impulsion alternative à la fois dans le sens vertical, imprimant un mouvement oscil latoire dans le sens vertical (flèche F), et dans le sens de la rotation (flèche G), dont l'effet est semblable à. celui obtenu précédem ment et. décrit en référence, à la. fia. 2.
Le réglage du couple horizontal donnant la rotation alternative G est obtenu, indépen damment de toute action sur les efforts verti caux F, par l'écartement des disques 15 et 16. On peut aussi assurer le réglage des impul sions verticales en faisant varier la masse et l'excentrement des balourds 17 et. 18. La fré quence des impulsions est déterminée par la vitesse de rotation des disques 15 et 16.
Dans la description qui précède, on a sup posé, pour simplifier l'exposé, que le dispo sitif monté sur le pieu 1 ne comportait qu'une seule paire de disques placés symé- triquement. par rapport à l'axe chi pieu ou éventuellement deux paires de disques, l'une horizontale, l'autre verticale. avec leurs axes dans un même plan vertical (fi-. 2). Mais il doit être compris que le nombre de paires de disques, conjugués deux à deux, tels que ceux de la<B>fi-.</B> 3, peut être quelconque.
Dans cer tains cas, une pluralité de paires de disques symétriquement écartés les uns des autres en plan d'angles égaux peut, être avantageuse- ment prévue. Tous ces disques portent des ba lourds en phase. Ils tournent dans le même sens pour un observateur placé suivant l'axe du pieu et regardant, le volant considéré. La multiplicité des disques ou paires de disques conjugués permet. de répartir les effets sur toute la section du pieu et de réduire, pour un même résultat, les dimensions des disques ou paires de disques individuels et la masse des balourds.
Les fig.4 et 5 représentent la forme d'exé- eution de la disposition de la fi-. 3, appliquée à un tubage destiné au creusement d'un puits pouvant servir à la coulée de béton pour cons tituer un pieu de fondation.
Le tubage 20, muni d'un organe de péné tration 21, est ici représenté en cours d'en. foncement, ayant déjà pénétré dans le sol d'une certaine profondeur. A sa partie supé rieure est fixée une tête 22 portant les vo lants à balourds, 23 et 24 destinés à imprimer ait tubage à la fois des impulsions verticales et horizontales. La tête 22 est montée en bout du tubage 20, ce qui évite toute fixation par colliers ou vérins. Elle est rendue solidaire du tubage 20 par tous moyens appropriés, clavetage ou boulonnage par exemple. Elle est équilibrée statiquement, l'équilibrage étant parfait, au besoin, à l'aide d'un contrepoids (fig. 5).
Le balourd du volant. 23 est représenté en 26; le volant 24 est pourvu d'un balourd indentique 27, disposé de manière à. demeurer en phase avec le balourd 26.
Les volants 23 et 24 sont entraînés en rota tion respectivement par les moteurs élec triques 28 et 29 au moyen d'une transmission appropriée, par exemple par vis tangente 30 et pignon 31. Les moteurs sont disposés de manière à donner aux volants 23 et 24 des rotations (le sens inverse; la vitesse de ces volants est. synchronisée, par exemple par une transmission mécanique 32 à pignon d'angle 33. Le synchronisme de la rotation pourrait être obtenu par tout autre moyen.
Au cours du fonçage, les moteurs 28 et 29 entraînant les volants 23 et 24, ceux-ci im priment à la plate-forme 22, selon le processus décrit ci-dessus, un mouvement oscillatoire dirigé à la fois suivant des composantes verti- eales et horizontales, ce qui assure l'enfonce ment. du tubage 20.
Sur les premiers mètres de l'enfoncement, il peut être avantageux de prévoir un tube de guidage 34 préalablement disposé dans le sol à l'emplacement choisi. Ce tube 34 assure la verticalité au début du fonçage. Par la suite, le tubage 20 s'enfonce régulièrement sans subir aucune contrainte latérale. En ter rain hétérogène, les obstacles rencontrés sont attaqués très progressivement et avec une grande puissance, les pressions mises en jeu par centimètre carré de surface d'attaque étant considérables. Le guidage du début suf fit ainsi, en général, à maintenir la vertica lité.
Dans le cas contraire, on aurait recours aux possibilités prévues de déplacement d'un volant ou d'im balourd par rapport à l'autre, pendant le temps néecessaire pour ramener la verticalité.
Lorsque le tubage 20 est descendu de la longueur d'une virole, on démonte la plate- forme 22 et on la place sur la virole suivante accouplée à la première par un assemblage ap proprié.
On remarquera que dans la disposition représentée, l'intérieur du tubage demeure accessible à tout moment pour permettre l'en lèvement des terres. Dans le cas où l'on ren contre des roches dures, on petit monter une plate-forme analogue à 22 sur une tige trépan guidée à l'intérieur du tubage pour les briser et permettre leur enlèvement à l'intérieur de ce tubage.
En choisissant convenablement la vitesse de rotation, les masses des balourds 26 et 27 et des volants 23 et 24, par rapport à. celle du tubage, ainsi que leur excentrement, on ob tient les impulsions verticales qui conviennent à l'enfoncement. du tubage. 4 ces impulsions est superposé un couple horizontal alternatif dont la valeur peut être réglée par l'écarte ment des volants 23 et 24 ou des balourds 26 et 27.
Pour obtenir une adaptation des impul sions oscillatoires à la masse du pieu à en foncer ou extraire, aux progrès de l'enfonce ment ou de l'extraction, à la résistance des terrains et aux efforts de frottements latéraux, il y a intérêt à utiliser des moteurs 28 et 29 à, vitesse variable, de façon à pouvoir obtenir une variation progressive de cette vitesse au cours du fonçage ou de l'arrachage.
Le frottement latéral des terres est rela tivement réduit dit fait de l'absence de con traintes latérales. La torsion du tubage 20 de meure faible, voire insignifiante, pour des viroles épaisses, de sorte que les impulsions se transmettent jusqu'au pied dit tubage, sur l'organe de pénétration. En pratique, la vi tesse des volants, pour un balourd déterminé, est calculée en fonction de la résistance des paliers à billes ou à rouleaux qui sont utilisés.
Elle ne peut pas descendre au-dessous d'une certaine valeur qui nécessiterait des organes hors de proportion avec les conditions pra tiques d'utilisation sur un chantier.
On peut indiquer, à titre d'exemple, qu'avec un tubage de 2 m de diamètre, des volants de 2 m de diamètre pourvus de ba lourds de 120 kg, écartés l'un de l'autre de 4 in et tournant. à 7 tours/sec. maximum en tin de fonçage, donnent un couple horizontal de 100 tonnes-mètre environ, un effort verti cal de 100 tonnes environ et une amplitude du mouvement alternatif de rotation satisfai sante.
Le poids de la plate-forme équipée de meure inférieur à 3 tonnes pour un tubage de 50 tonnes. Les moteurs d'entraînement à courant continu ont une puissance de 45 CV et sont actionnés par un groupe Léonard de 120 CV qui permet de faire varier la vitesse d'une façon constante avec l'effort nécessaire au cours du fonçage. A la- vitesse. de 1_0 tours/sec., on aurait un couple de 200 tonnes-mètre et un effort. vertical de 200 tonnes environ.
Avec l'équipement ainsi défini, il existe peu de terrains usuels pouvant opposer une résistance à l'enfoncement qui ne puisse être surmontée.
Les fig. 6 et 7 montrent une application du procédé, au moyen d'une disposition con forme à la figure schématique 3, à un pieu préfabriqué.
Sur le pieu 35 est montée à une hauteur convenable, une plate-forme 36 portant les organes générateurs d'oscillations. La plate forme 36 est fixée an pieu au moyen de col liers de serrage 37, 38. De préférence, la plate-forme 36 porte des moyens d'encastre ment 39 dans des cavités appropriées 40 mé nagées dans le pieu 35.
La tête 36 porte deux volants 41 et 42 à balourds 43 et 44 entraînés à la même vitesse par deux moteurs électriques 45 et 46 syn chronisés électriquement. Les moteurs sont ici représentés à axe vertical. Chacun d'eux attaque le volant correspondant par une transmission par vis tangente 47 et pignon 18. Cette disposition présente, par rapport à celle. des fig. 4 et 5, l'avantage d'éviter les efforts longitudinaux des rotors des moteurs sur les paliers d'extrémité. Elle peut évidem ment être appliquée aussi à un tubage ou à d'antres cas.
L'action des volants produit les efforts verticaux alternatifs qui s'ajoutent au poids propre du pieu 35 et assurent l'enfoncement continu de celui-ci. Cet, enfoncement est faci lité par le couple horizontal alternatif. Sur les premiers mètres de l'enfoncement, il est avantageux de prévoir un guidage ou simple ment une couronne 49 de terre rapportée ou tassée ou de béton maigre qui assure la verti calité au début du fonçage. Une fois la hau teur de la couronne 49 dépassée, le pieu con tinue à s'enfoncer régulièrement en gardant sa direction.
Lorsque la tête 36 parvient au voisinage (lu sol, on la démonte pour la fixer à nouveau à la hauteur convenable sur le pieu 35, dans lequel on a, au besoin, ménagé préalablement. des cavités d'encastrement 40 à des distances appropriées.
On peut indiquer, à titre d'exemple, qu'avec un pieu de 0 in 400 de diamètre, ayant 15 m de longueur, on utilise des vo lants de 1 m de diamètre comportant des ba lourds de 50 kg. Ces volants sont entraînés à une vitesse variable pouvant atteindre 10 tours par seconde à la fin du fonçage. Avec une telle disposition, le dispositif développe des efforts verticaux de 20 tonnes à chaque im pulsion avec un couple horizontal alternatif pouvant atteindre 15 tonnes-mètre. On assure ainsi un enfoncement efficace et régulier du pieu dans la plupart des terrains usuels.
A la fig. 8, on a représenté une disposi tion analogue pour l'enfoncement. d'un pieu, mais dans laquelle l'entraînement des volants est. réalisé par un seul moteur. Sur la tête du pieu 50 eut fixé un bâti 51 par un encastre ment 52 ou par tout autre moyen. La face supérieure du bâti 51 porte les deux volants verticaux à balourds 53 et 54. Ces deux vo lants sont actionnés par un moteur unique 55 monté sur le bâti 51 à l'aplomb du pieu dans l'axe de celui-ci. Cette disposition à moteur unique peut être utilisée également avec un tubage 35 tel que celui des fig. 4 et 5.
Une telle applica tion est représentée à la fig. 9. Il est à remarquer en ce cas que le bâti plein 51 s'oppose à l'extraction des terres à l'intérieur < lu tubage 35 pendant. l'enfoncement. Cet enlèvement se fait. au moment où le bâti 51 cst démonté pour l'adjonction d'une nouvelle virole à celle déjà mise en place.
L'invention s'applique à la confection et à, la mise en place de pieux usuels de fonda tion, pieux préfabriqués ou pieux moulés clans le sol, de palplanches, etc., aussi bien en terrain plat qu'en terrain en pente. Elle est applicable aussi en terrain boueux et pour les travaux en terrains immergés et notam ment les travaux à la mer. Aucun ancrage au sol n'est nécessaire pour le dispositif utilisé clans le procédé décrit.
La fig. 9 montre comment peut être effectué le fonçage d'un tubage 35 à partir d'un bateau ou ponton 56. Le tubage 35, équipé de son bâti 51 et de ses générateurs d'oscillations, est. dirigé par un guidage 57 ménagé dans le bateau 56. Sous l'effet de son poids et des impulsions imprimées par les vo lants 53-5.1, le tubage s'enfonce aisément clans le sol.
Dans la fig. 10 est figurée une variante d'application du procédé.
Au tubage 50 est fixée une tête 51 por tant les deux volants à balourds 53 et 54. A la tête 51 est relié élastiquement, par des res- sorts, 58 coulissant sur des tiges 59, un châs sis 60 portant. un moteur électrique unique 61. Ce moteur peut être relié, par l'intermé diaire d'une tige 62 portant des bagues d'ali mentation du moteur, à un moufle 63 dont la hauteur est réglée par le déroulement d'un câble 6-1. La poulie supérieure chi moufle 63 est accroehéo en 65 à une poutre 66 d'un portique de mise en place.
La commande des volants à partir du mo teur 61 est assurée par un joint coulissant 67 et un mécanisme de renvoi disposé à l'inté rieur du châssis 60 fixé à la tête 51. Les volants présentent plusieurs trous, tels que 68, permettant de fixer les balourds à des distances différentes de l'axe, ce qui per met de modifier la position desdits balourds suivant. les forces à mettre en jeu.
Par le déroulement. du câble 64, réglant l'écartement relatif des deux poulies du moufle 63, on peut suivre la descente du mo teur 61 pendant l'enfoncement du tubage 50, de façon à soustraire ce moteur à l'effet des vibrations ou impulsions verticales communi quées audit tubage 50.
Les ressorts 58 assurent l'automaticité de la descente du eh"is 60. L'enfoncement du tubage 50 étant absolument vertical, par la conception même de l'appareil qui ne néces site ni guidage, ni suspension, on remarquera que le mouflage, 63, n'a pour but que d'assu rer l'équilibrage du moteur 61 et du châssis 60 et d'éviter les répercussions possibles, dans certains cas, du mouvement alternatif verti cal du tubage sur le moteur.
Il est à noter qu'avec la disposition repré sentée la pression du pieu sur le sol est plus grande lorsque les impulsions verticales sont dirigées vers le bas que lorsqu'elles sont diri gées vers le haut. Il s'ensuit que la rotation du pieu est phis grande lorsque l'effet des balourds est ascendant que lorsqu'il est des cendant. A chaque cycle, le pieu tourne de la différence des deux déplacements angulaires correspondants. Il se produit ainsi un mouve ment circulaire continu. Ce mouvement peut d'ailleurs être inversé par changement du sens de rotation du ou des moteurs.
Bien entendu, toutes les transmissions peuvent être assurées par cardans, flectors ou autres liaisons élastiques, de même que la fixation des moteurs ou des paliers sur la tête peut être élastique, de façon à éviter l'effet des à-coups.
Les dispositions qui précèdent sont utili- sées à la fois pour le fonçage et pour l'arra chage. Dans le dernier cas, on augmente la fréquence des impulsions et on diminue leur amplitude, car il suffit de provoquer le dé collement du pieu. On se sert alors de volants plus légers tournant à plus grande vitesse.