Dispositif de manutention de bobines. La présente invention a pour objet un dispositif de manutention de bobines, notam ment de bobines de grandes dimensions, telles que celles employées dans les usines utilisant des bobines de fils et de tissus, ou des bobines de papier, de câbles ou fils électriques.
Actuellement la manutention des bobines ayant pour but de prendre une bobine dans un magasin, de la transporter de ce magasin à l'atelier d'utilisation et de la déposer entre les bras supports d'une machine utilisatrice s'effectue avec des moyens rudimentaires et en plusieurs étapes.
Au magasin, une équipe commence par charger la bobine sur un cha riot; puis cette équipe roule le chariot du ma- gasin à l'atelier, en passant par des couloirs plus ou moins exigus et pouvant présenter de brusques changements de direction, jusqu'à proximité de la machine; là, la bobine est dé posée au sol et une équipe supplémentaire est, en général, nécessaire pour charger cette bobine sur la machine utilisatrice en raison du poids élevé à soulever, poids pouvant at teindre plusieurs centaines de kilogrammes, et de la difficulté de prise offerte par la bobine, ces deux facteurs étant en outre générateurs de risques d'accidents. .
Le dispositif de manutention selon l'inven tion est caractérisé par le fait qu'il comporte un chariot manoeuvrable à la main, des moyens montés sur ledit chariot pour charger sur le châssis du chariot une bobine disposée horizontalement sur le sol, ainsi que pour dé- charger cette bobine, et des moyens pour im mobiliser la bobine sur ledit chariot tandis que l'on déplace ce dernier.
Le dessin annexé représente, à titre d'exemple, des formes d'exécution du dispo sitif objet de l'invention.
La fig. 1 est une vue en élévation par tiellement coupée d'une première forme d'exécution.
La fig. 2 en est une vue en plan. La fig. 3 en est une vue en bout.
La fig. 4 est une vue à plus grande échelle avec coupe partielle d'un détail de la fig. 2. Les fig. 5 et 6 représentent respective ment en coupe et de face, un mécanisme de levage que comprend le dispositif.
Les fig. 7 et 8 représentent une deuxième forme d'exécution vue en bout et en plan.
La fig. 9 représente, vue en bout, une troi sième forme d'exécution.
Le dispositif représenté aux fig. 1 à 6 comprend un châssis formé de deux bâtis extrêmes 1 réunis par un fort longeron tubu laire 3 et 4. Il se présente, vu en plan, sous la forme d'un fer à cheval ou mieux d'un fer à<B>U</B> très large, de manière à ménager une ouverture latérale dans le châssis, en vue de permettre l'introduction aisée d'une bobine entre les deux bâtis extrêmes 1.
Ce châssis est muni d'un système de roule ment quadricycle lui permettant de rouler au sol tant longitudinalement que transversale ment, et de virer sur place. En vue de permettre le pivotement sur place du dispositif de manutention, son centre de giration est ramené relativement près du centre de gravité du système roulant, au lieu de se trouver reporté à l'une des extré mités du chariot.
A cet effet, les quatre roues porteuses 5 sont montées pivotantes sur les bâtis extrêmes 1, leur pivot ne comportant aucun moyen de blocage. A ces roues porteuses est adjointe une cinquième roue centrale 6 dite roue pi lote , fixée sensiblement au milieu du longe- ron tubulaire 3-4.
Cette roue pilote comporte un galet caout chouté monté sur une chape 7 articulée au tour d'un axe horizontal 8 porté par un sup port 9 solidaire de l'un des tubes du longe- ron tubulaire. Un fort ressort de tension 10. dont les extrémités sont respectivement, soli daires du support 9 et de la chape 7, imprime au galet caoutchouté de la roue pilote 6 une pression suffisante au sol, quelles qu'en soient les dénivellations, de telle sorte que ce galet constitue un véritable centre de pivotement du dispositif.
La roue pilote 6 reste en fonction tant qu'il y a lieu d'effectuer un déplacement du dispositif sur une longue distance nécessi tant une conduite précise, telle qu'un déplace ment à travers des couloirs étroits semés d'obstacles à éviter.
Par contre, lorsqu'il s'agira de déplacer le dispositif transversalement, ce qui est le cas lors du chargement de la bobine sur le cha riot et du déchargement de la bobine sur la. machine utilisatrice, la roue pilote sera, mise hors service en l'éclipsant par décollement du sol. A cet effet, la chape 7 est munie d'une pédale 11 qui, en s'abaissant sous l'action du pied, est bloquée par un taquet 12, et main tient ainsi la roue pilote 6 relevée.
Pour remettre en service cette roue pi lote, il suffit de donner un coup, du pied, sur un petit doigt débordant 12a, solidaire du ta quet 12, de façon à libérer la pédale et à lui permettre de remonter, remettant ainsi la roue pilote au contact du sol sous l'action du ressort. 10. En outre, en vue de limiter l'encombre ment du dispositif, celui-ci est muni non pas d'un timon de manoeuv re, mais d'une barre de poussée 13, ladite barre étant solidaire de l'un des bâtis extrêmes 1.
Lors de l'utilisation du dispositif dans les fabriques de tissages, les roues 5 sont munies de garde-fils constitués soit par un couvre- moyeu en tôle emboutie, soit, ainsi que repré senté à la fig. 1, par des tétons 14 solidaires de la chape enveloppante 15.
La longueur du dispositif de manu tention peut être réglée en vue d'adap ter le dispositif à. la manutention de bo bines de longueurs diverses. Ainsi que repré senté aux fig. 1 et 2, l'extrémité du tube 4 supportant le bâti 1 reçoit un coussinet 16 dans lequel. tourillonne L'extrémité cylindrique 17 d'une vis 18 commandée par une manivelle 19 fixée sur cette vis. La vis 18 engrène avec un écrou 20 monté à l'intérieur du tube 3 et est munie, à. son extrémité intérieure au tube 3, d'une butée de fin de course 21. Un collier fendu 22, fixé à l'autre extrémité du tube .1 et à travers lequel coulisse le tube 3 sert à maintenir la position relative de ces tubes, l.'un par rapport à l'autre.
Le réglage de l'écartement des deux bâ tis 1 peut s'effectuer après chargement de la bobine sur le dispositif.
Les bâtis extrêmes 1 portent chacun une petite potence comprenant un corps 23 dans , lequel est. logé un mécanisme de levage qui sera décrit par la suite. Ce corps est monté pivotant sur un tube 24 solidaire du longeron tubulaire. Le pivot de cette potence peut être télescopique en vue d'obtenir une hauteur c aussi grande qu'il est. nécessaire pour ali menter la machine utilisatrice. Le mécanisme de levage enfermé dans le corps 23 actionne un câble ou une chaîne 25 qui, après passage sur une poulie de renvoi 26, vient servir à s accrocher le moyeu d'une bobine qui se trouve ainsi soulevée dans un mouvement ascentionnel sensiblement vertical.
Ce câble 25 se termine par une boucle 27 réglable, s'adaptant d'elle-même à tous les dia mètres de moyeux. Cette boucle peut, dans une variante, être munie d'une gaine en cuir, en caoutchouc, ou en toute autre matière ad hérente, en vue de provoquer une friction suffisante pour s'opposer à la rotation du moyeu de la bobine pendant le levage.
Dans d'autres variantes, on peut égale ment remplacer la boucle fermée 27 par un crochet ouvert, et la gaine en cuir par un col lier rigide sans action de friction, si l'on a en vue de faciliter précisément la rotation. de la bobine, par exemple, au moment où l'on doit enlever l'équipage de cadres transportés avec la bobine, dans le cas de tissages.
Le mécanisme de levage du dispositif des fig. 1 à 6 fonctionne comme suit: Le chariot est allongé en man#uvrant le longeron tubulaire 3-4 par la manivelle 19; de façon à embrasser complètement la. bobine. Les deux potences sont orientées vers l'inté rieur du châssis d'un angle suffisant pour que les boucles 27 viennent se monter sur les extrémités du moyeu de la bobine.
Après une élévation suffisante de celle-ci, et pour éviter tout balancement de la charge pendant le roulement du dispositif, on res serre le châssis en actionnant la manivelle 1.9 jusqu'à ce que les joues de la bobine viennent porter contre les bâtis 1, ce qui immobilise la bobine sur le chariot.
Un peut assurer l'immobilisation parfaite de la bobine en la faisant redescendre sur le châssis lui-même, ou de préférence, comme représenté sur la partie gauche de la fig. 2, sur un doigt support 28 monté sur le bâti extrême 1, ce doigt étant susceptible de s'éclipser grâce à son pivotement autour d'un axe vertical 29, pour ne pas gêner les ma noeuvres ultérieures. Dans ce cas, la bobine repose d'autre part sur le longeron 3-4.
De même, il serait possible, en vue de faciliter le mouvement de déroulage d'ensouples au moment de leur présentation devant la ma chine utilisatrice, de remplacer, comme re présenté sur la partie de droite de la fig. 2 et sur la fig. 4, le doigt support éclipsable 28 par un axe cylindrique fixe 30 pourvu d'un manchon cylindrique 31 sur lequel la périphérie des joues des bobines pourrait facilement rouler. Dans ce deuxième cas, la bobine repose d'autre part sur un second axe 30 identique au premier.
De la sorte, la bobine sera sensiblement axée par rapport au châssis, ainsi que repré senté en traits mixtes en 32 aux fig. 2 et 3, réduisant ainsi l'encombrement transversal ; au minimum.
Les fig. 5 et 6 représentent le mécanisme de commande du dispositif de levage.
Un levier de manoeuvre est articulé sur la potence constituée par le corps 23 et le , tube 24, autour d'un arbre 33 qui porte un tambour fou 34 sur lequel s'enroule le câble de traction 25. Un dispositif guide-câble 25a, solidaire du corps 23, maintient la nappe de câbles sur le tambour 34, lorsque aucune , charge ne tend le câble de levage. Le levier proprement dit est formé de deux bras 35 réunis à leur extrémité par une poignée de préhension 36 montée sur une broche 37 et parallèle à l'axe d'articulation du levier.
Le tambour fou est solidaire d'une roue à rochet 38 qui est commandée par deux cli- quets, un cliquet 39 articulé autour d'un arbre 40 porté par le levier, et un cliquet 41 articulé autour d'un arbre 42, solidaire du corps 23. Le levier porte en outre une came 43 qui coopère avec le cliquet 41, en fin de course.
Lorsqu'on abaisse le levier 35, le cliquet 39 entraîne la roue 38 et, par conséquent, le ; tambour 34 pendant que le cliquet 41 se sou lève au passage de chaque dent de la roue à rochet 38. Lorsqu'on remonte le levier, le cli- quet 39 ne travaille plus et le cliquet 41 bloque la roue 38. La came 43 assure le ver rouillage de ce cliquet 41. Parallèlement, une came 39a assure l'encliquetage du cliquet 39 pour la descente.
Un dispositif de débrayage comprend deux câbles 44 et 45 qui coulissent dans des gaines 46 et 47. Ces deux câbles sont fixés respectivement sur les cliquets 41 et 39 par des pattes de blocage 48 et 49. Des ressorts 50 et 51 qui s'appuient sur ces pattes 48 et 49 et sur les extrémités des gaines 46 et 47, sont destinées à pousser les cliquets en les appliquant élastiquement sur la roue 38.
L'autre extrémité de chacun des câbles 44 et 45 est solidaire d'une barre 52 montée sur une tige de commande 53. Cette tige 53 tra verse une plaque 54 fixée entre les deux leviers 35 par des rivets 55 et dans laquelle son bloquées les extrémités 56 et 57 des gaines 46 et 47. La tige de commande 53 est repoussée élastiquement vers le bas par un ressort 58 qui s'appuie sous la plaque 54 et sur un écrou 59 vissé sur l'extrémité filetée de ladite tige 53.
Cette tige est boulonnée en 60 à son extré mité opposée sur une poignée de man#uvre 61 articulée autour d'une broche 62 fixée sur deux consoles 63 solidaires du levier 35. En serrant manuellement à la fois les poignées 36 et 61, on tire vers le haut la tige 53 qui entraîne les câbles 44 et 45, et les eliquets 39 et 41 son sollicités à se dégager des dents pour autant que la pression exercée par celles-ci sur ces cliquets est nulle, ce qui ne peut se produire que sur un seul cliquet à la fois.
Le chargement d'une bobine sur le dis positif, compte tenu de la description de l'opération de levage précédemment décrite, nécessite donc une action de va-et-vient sur le levier 35 en tenant uniquement la poignée 36.
Le déchar-ement de la bobine, par contre, nécessite toujours un mouvement de va-et-vient, mais, dans ce cas, la poignée 61 étant serrée constamment avec la poignée 36, quel que soit le nombre de manoeuvres alter natives à. exécuter, sans avoir à relâcher la poignée 61.
Dans certains cas, la machine utilisatriee est encombrée à sa base par divers obstacles empêchant une approche suffisante dit dis positif de manutention pour assurer le chargement direct de la bobine.
Pour remédier à ces difficultés, le dispo sitif peut être complété par deux petits tremplins adaptés chacun sur les bâtis extrêmes 1 du chariot, l'une des extrémités desdits tremplins étant assujettie sur chaque bâti extrême tandis due l'autre extrémité libre comporte un bec venant reposer à l'en trée du pa'.ier berceau dans lequel chaque extrémité du moyeu viendra reposer. Ces tremplins amovibles permettent de faire franchir à la bobine ces différents obstacles (traverses, arbres, etc.). On pourrait d'ail leurs remplacer ces tremplins de décharge ment par des barres de déchargement. d'un type connu.
Dans la forme d'exécution représentée aux fig. 7 et 8, le châssis en U comporte un longe- ron télescopique 64 et deux bâtis extrêmes 65 munis chacun d'une barre de manoeuv re 66. Des roues 67 sont montées autour de pivots verticaux 68 portés par ces bâtis, ces pivots n'étant pas dans un même plan transversal, mais étant décalés vers l'avant ou l'arrière, ce qui répartit les points d'impact des roues sur le sol.
Pour le transport de deux demi-ensouples montés sur un même arbre, on peut adjoindre au longeron principal 64, un longeron sup plémentaire 69 également télescopique, qui repose sur les bâtis 65, mais qui n'est utilisé que pendant le transport. Ce longeron peut porter des roues fixes 70 non orientables, ser vant en combinaison avec la, roue pilote 6 à créer un centre de giration intermédiaire.
La forme d'exécution de la. fig. 9 est par ticulièrement destinée au gerbage d'ensouples. Elle présente une potence surélevée 71. Le mécanisme de levage comporte un treuil à tambour 72 monté sur un arbre 73 porté par une carcasse 74 fixée sur des poutrelles 75. A l'extrémité de l'arbre 73 est clavetée une manivelle 76 munie d'un système de sécu rité, par exemple un frein proportionnel 77 d'un type connu. Le câble de traction 25 passe sur la poulie 78 d'un palonnier 79 qui porte la. boucle d'accrochage 80 des ensouples. Dans ce cas, le câble 25 est fixé en 81 dans le corps 23 et passe sur deux poulies de ren voi 82 et 83.
Sur au moins un des bâtis 65 est montée une béquille de stabilité 84 qui coulisse dans deux colliers 85 et peut. être bloquée par un goujon 86. L'extrémité avant de la. béquille 81 comporte une partie recourbée 87 d'appui au sol. Pendant le transport, la béquille est relevée et escamotée, le goujon 86 la fixant dans sa position de repos en se vissant dans une patte 88 solidaire du bâti 65.
Bien entendu, dans les formes d'exécution des fig. 7, 8 et 9, la bobine pourra aussi être immobilisée sur le chariot par rapprochement des deux bâtis de celui-ci.