Obus d'exercice. On sait que, avec un obus d'exercice clas sique, il est impossible, pour le tireur, lors qu'il a. manqué la cible, de se faire une idée de la. correction à effectuer pour augmenter les chances d'atteindre la susdite cible au coup suivant..
Dans le cas, apparemment plus favorable, où l'obus d'exercice est du type à auto-des- truetion, le tireur observe bien un éclat lumi neux au moment où se produit l'auto-des- truction, mais le projectile se trouve alors bien au-delà de la cible, et l'observation. de cet éclat lumineux n'est d'aucun secours pour la correction du tir.
A titre d'exemple et pour fixer les idées, il est intéressant de noter que, pour des obus de petit calibre (20 mm par exemple) pour lesquels la distance de tir nor male est de l'ordre de 600 m, l'auto-destruc- tion est réglée pour une distance bien supé rieure, généralement. de l'ordre de 2000 m, l'éclat lumineux se produisant donc en un point de la trajectoire situé à environ 1400 m au-delà de l'objectif.
Or, il serait intéressant, pour le tireur, de connaître les positions relatives de la trajec toire et de la cible au voisinage de cette der nière; une telle connaissance lui permettrait, en effet, d'effectuer des corrections de tir tendant à faire passer la trajectoire par la cible.
La présente invention vise à ce but et a pour objet un obus d'exercice destiné à émet tre un signal lumineux à une certaine dis- tance, caractérisé en ce qu'il comporte, d'une part, une composition pyrotechnique capable d'émettre un éclat, lumineux et, d'autre part, une charge d'allumage à relais, ladite charge d'allumage étant logée dans un bouchon de culot et étant destinée à être allumée lors du départ du coup, cette charge étant agencée de faon à créer le retard désiré pour l'allu mage de la composition pyrotechnique.
La figure unique du dessin annexé re présente, en élévation avec partie coupée axialement, une forme d'exécution d'un obus d'exercice selon l'invention, donnée à titre d'exemple.
Le signal visible émis par l'obus d'exercice est un éclat lumineux produit par l'explosion d'une composition pyrotechnique véhiculée par l'obus et contrôlée, pour ce qui est de sa mise à feu, par un système de relais retardateur mis en action lors du départ. du coup et réglé sur une distance normale de tir.
Bien entendu, on tiendra compte, pour le choix de la. distance de tir normale sur laquelle est réglé le relais retardateur, des desiderata des utilisateurs, cette distance de vant. être celle qui se révèle le plus favorable pour les tirs d'exercice.
Avec un obus d'exercice ainsi constitué, le tireur (par exemple le pilote d'un avion de chasse) déclenchera le tir sur l'objectif (par exemple une cible remorquée) lorsqu'il se trouvera. à une distance dudit objectif corres pondant sensiblement à la distance de tir normale dont il vient d'être question. Les éclats lumineux émis par les dispositifs signa lisateurs des projectiles tirés apparaîtront alors au tireur, dans la région de la cible, sans qu'intervienne pratiquement d'erreur de parallaxe puisque lesdits éclats se produiront. sensiblement dans le plan mené, perpendicu lairement. à. la ligne de visée, par le point moyen de la cible.
En d'autres termes, le tireur aura devant lui, en permanence, au cours de l'exécution du tir, une image formée par les éclats lumi neux successifs qui lui apparaissent alors de la même faon qu'apparaissent, à un tireur à. la carabine ou au fusil, les trous d'impact. dans un carton de tir.
Ainsi, tout se passe comme si la. cible pro prement dite constituait la partie centrale d'une cible virtuelle plane, perpendiculaire à. la ligne de visée et de surface pratique ment. infinie, sur laquelle se produiraient des impacts réels rendus visibles par les éclats lumineux mentionnés précédemment.
On conçoit aisément que, dans ces con ditions, la tâche du tireur se trouvera gran dement facilitée, puisque le tir pourra être conduit comme si tous les obus atteignaient: en des points d'impact visibles, une cible immanquable dont. seille la partie centrale, constituée par la cible réelle, intéresse le tireur.
Dans la partie arrière d'un corps d'obus creux classique 1 est logée une charge explosive- incendiaire 2 susceptible de donner un éclat lumineux nettement visible à la distance nor male de tir, cet éclat pouvant être coloré, ou mieux encore, blanc (par exemple un mé lange de nitrate de baryum et de magnésium donne d'excellents résultats pour l'obtention d'un éclat blanc).
Cette charge est munie d'un détonateur 3 rapporté par vissage sur un bouchon de culot 4 serti à l'extrémité arrière de l'obus. Ce dé tonateur comprend, de l'arrière vers l'avant, une charge de poudre noire 3a, une charge initiale d'azoture de plomb 3b et une charge de nitropenta 3c.
Le relais retardateur destiné à mettre en action le détonateur 3 à la distance normale de tir est. constitué par une charge 5 d'une composition appropriée, par exemple de baryum et de magnésium. logée dans le bou chon de culot. 4 et dont la tranche avant. se trouve substantiellement en contact. avec l'élément. arrière 3a, du susdit détonateur, tandis que sa. tranche arrière, striée, est. provi soirement protégée par un paillet. ou sern- blable 6 établi, toutefois, de faon à permet tre l'allumage de la susdite charge .5 par la charge propulsive de la cartouche.
Il suffit de choisir convenablement les di mensions de la charge 5 pour obtenir le re tard désiré pour la, mise à feu de la charge signalisatrice 2.
En outre, il est avantageux que l'explo sion de la composition pyrotechnique destinée à produire l'éclat. lumineux signalisateur assure l'auto-destruction du projectile, ce qui peut être obtenu par une détermination appropriée de la puissance de la charge véhi culée par le susdit projectile, compte tenu de la résistance des parois de ce dernier.
Il y a lieu de noter, à. ce sujet, que la frag mentation du projectile pourra être favorisée en ménageant, dans ses parois, des rainures ou saignées d'affaiblissement local.
On disposera ainsi d'un obus permettant d'effectuer des tirs d'exercice en toute sécu rité, puisque sa destruetion se produira auto matiquement au voisinage de la cible et, au plus tard, immédiatement en arrière de la cible.
Cette disposition présente un intérêt tout particulier dans le cas du tir d'un chasseur sur une cible remorquée par un avion, car ce dernier peut. alors évoluer en toute sécu rité, malgré qu'il soit dans le prolongement des trajectoires, ce qui ne serait pas le cas si le tir était. effectué avec des projectiles traceurs.
Il convient de signaler que, dans le cas envisagé d'un obus d'exercice à dispositif signalisat.eur assurant l'auto-destruction, on pourra être amené à régler le relais retar dateur sur une longueur légèrement supé- rieure à la distance de tir normale, de façon à être assuré qu'un projectile qui aurait nor malement rencontré et endommagé la cible ne sera pas détruit prématurément, c'est-à-dire en avant de ladite cible.
Ce lé--er accroissement de la. distance de signalisation devra, toutefois, être suffisam ment faible pour ne pas compromettre les avantages de précision (élimination des erreurs de parallaxe) et de sécurité inhérents respectivement à l'apparition d'un signal vi sible à. proximité de la cible et à l'auto destruction du projectile.