Procédé de fabrication d'une lame de scie. La présente invention a pour objet un pro cédé de fabrication d'une lame de scie. On sait. qu'après formation et usinage de leurs dents, les lames de scie doivent. subir, d'une part, un traitement thermique et, d'autre part, un traitement mécanique. Le traitement thermique a pour but de modifier les qualités physiques des pointes des dents, par trempe, revenu et éventuellement. recuit. Un tel traite ment a pour résultat de modifier la dureté des .dents et, en principe, il n'est nécessaire de l'appliquer qu'aux pointes des dents.
En fait, les procédés utilisés jusqu'ici ont. con sisté dans le traitement thermique de l'en semble de la lame, ce qui, dans le cas de la trempe, avait pour conséquence d'augmenter la dureté du métal dans toutes les parties de la lame et donc d'augmenter en même temps sa fragilité.
Par ailleurs, le traitement mécanique né cessaire ou avoyage doit s'opérer pour donner -,u trait de scie une largeur supérieure à l'épaisseur de la. lame et permettre ainsi son passage. Cet avoyage s'opère sous forme d'une opération indépendante du traitement thermi que soit par flexion, les dents étant légère ment fléchies par rapport à leur base alterna tivement dans un sens ou dans l'autre, soit par écrasement de la pointe de la dent en forme de spatule dont les flancs sont ensuite rectifiés.
Le procédé selon l'invention est caracté risé par le fait qu'après formation et usinage des dents, on soumet seulement les pointes de ces dents à un traitement thermique, de fa çon à durcir ces pointes sans modifier la sou plesse de la lame. Ce traitement thermique peut être obtenu par l'effet du passage d'un courant électrique das les pointes des dents.
En effet, le passage d'un courant de forte intensité dans la pointe de la dent provoque l'échauffement à. peu près instantané de celle-ci .au rouge, 800 environ. L'interruption de ce courant provoque pratiquement instan tanément le refroidissement de la dent, c'est- à-dire sa trempe.
On peut faire subir les traitements de re venu et de recuit en réglant le courant à la valeur nécessaire pour atteindre les tempéra tures nécessaires à ces traitements, à savoir respectivement 200-250 et 450-500 .
On peut aussi faire subir à la dent, simul tanément à son traitement thermique, les traitements mécaniques d'avoyage qui lui sont nécessaires.
Le dessin annexé illustre, à titre d'exem ple, des foi-mes de mise en aeuvre du procédé de fabrication, objet. de l'invention, sur lequel La fig. 1 représente schématiquement deux électrodes appliquées à une lame de scie.
La fig. 2 est une coupe suivant II-II de la fig. 1.
La fig. 3 représente une première forme de mise en oeuvre du procédé.
La fig. 4 représente une autre forme de mise en aeuvre du procédé. La fig. 5 montre le schéma d'un transfor mateur utilisable pour l'alimentation en cou rant électrique d'électrodes employées pen dant la mise en pauvre du procédé.
La mise en #uvre du procédé de fabrica tion d'une lame de scie est illustrée d'une fa çon générale aux fig. 1 et 2. On a ainsi repré senté une lame de scie 1 comportant un corps 2 muni de dents 3 formées et usinées de la manière usuelle. Chaque pointe d'une dent 3 est traitée thermiquement en appliquant contre cette pointe une électrode 4 alimentée par un courant de forte intensité et basse tension par l'intermédiaire d'un conducteur 5. On a représenté ici la pointe de la dent 6 au con tact de l'électrode 4 et le corps 2 au contact. d'une seconde électrode 7 comportant une gorge 8 dans laquelle vient se loger la partie inférieure du corps 2 de la lame de scie 1.
Le traitement thermique de la pointe de dent 6 est obtenu en envoyant dans les électrodes 4 et 7 un courant dont l'intensité est telle que la pointe de lame 6 soit portée à la tempéra ture de 800 pour la trempe ordinaire, 200 à 250 pour un revenu ou 450 à 500 pour un recuit. La. coupure du courant peut être dé terminée automatiquement après un chauf fage d'une durée déterminée. Cette coupure du courant entraîne immédiatement le refroi dissement de la pointe de dent 6 et, par suite, la trempe de celle-ci. Ainsi, au lieu de faire subir le traitement thermique à l'ensemble de la lame de scie, on n'applique ce traitement qu'aux pointes des dents de cette lame, les autres parties de cette lame n'étant pas sou mises au traitement thermique demeurent pratiquement non modifiées.
De cette ma nière, on confère aux pointes des dents la du reté exigée, sans modifier la souplesse de la lame.
Les trois opérations du traitement thermi que (trempe, revenu, recuit) peuvent. être opérées à l'aide d'un même appareillage en utilisant un transformateur à plusieurs sor ties, tel que celui représenté sur la fig. 5. Le primaire 11 est relié à une source .de courant 10, tandis que le secondaire 12 présente une sortie 5 et trois autres sorties 9a, 9b, 9c cor- respondant aiLx trois valeurs du courant. né cessaires pour les trois opérations considérées.
Le refroidissement de la dent chauffée par le courant peut être accentué par la circula tion d'un fluide de refroidissement. dans les électrodes (fig. 3 et 4). Dans la mise en oeuvre représentée à la fig. 3, la pointe de dent. 6 est prise entre deux électrodes 13 et 14 dont la forme et la disposition sont. telles que la dent est fléchie par rapport au plan du corps 2 de la lame. Ces électrodes permettent d'ef fectuer le traitement thermique dans les mê mes conditions que celles décrites en référence aux fig. 1 et 2. Toutefois, le refroidissement des électrodes 13 et 14 est assuré par circula tion d'un fluide de refroidissement arrivant par des conduites 15 et 16 et repartant des ca naux 17 et 18.
Simultanément au traitement thermique, la pointe 6 subit le traitement mé canique d'avoyage, rendu possible par le fait que la dent 3 est malléable lorsqu'elle est portée à la température de traitement,.
L'inclinaison des dents 3, par rapport. au plan du corps 2 de la lame, devant être alter nativement dans un sens et dans l'autre, on prévoit deux paires d'électrodes 13 et 14 pro voquant chacune des inclinaisons contraires, de manière à traiter simultanément deux dents voisines thermiquemënt et mécanique ment, l'une de ces dents étant déportée dans un sens et l'autre dans l'autre sens par rap port au corps de la lame.
Un mécanisme d'avance automatique de la lame, non représenté, peut être prévu. Ce mécanisme peut déplacer la lame de scie de deux dents en deux dents. Le corps 2 de la lame de scie lui-même n'est évidemment pas affecté par le traitement thermique de la pointe 6 et conserve toute sa souplesse.
Dans la mise en #uv re du procédé, illus trée par la<B>fi-</B>. 4, la pointe 6 d'une dent est écrasée entre une électrode 19 jouant. le rôle d'enclume et une électrode 20 jouant le rôle de molette et pivotée sur un axe excentré 21.
On a représenté l'électrode 19 refroidie en 22, bien que ceci ne soit pas indispensable. Après l'opération d'écrasement. de la pointe 6 contre l'électrode 19 par rotation de la mo- lette 20, autour de l'axe 21, on rectifie par meulage les flancs de la spatule obtenue sur l'extrémité de la pointe 6.
Au lieu de soumettre chaque dent à l'ac tion d'électrodes placées de chaque côté de la pointe de cette dent, on peut soiunettre celle-ci à l'action de masses portées à la tem pérature désirée par des résistances chauf fantes et munies d'un dispositif de refroidis sement. Le résultat obtenu est analoa ze à ce lui obtenu à. l'aide d'électrodes.
Le procédé décrit est susceptible d'être appliqué à tous les types de scie, que ce soient clés scies en ruban aussi bien que des lames clé scie alternative ou circulaire.