Procédé de fabrication de produits en fibro-ciment A partir de la fin du siècle passé, la tech nique de fabrication des produits en fibro-ci- ment a considérablement gagné du terrain. Ces produits sont faits d'un mélange de mortier ou de pâte de ciment avec une matière appropriée fibreuse, généralement des fibres d'asbeste.
Les pionniers de cette industrie étaient Ludwic Hatschek, d'une part, qui prit un brevet pour la première machine à fabriquer des plaques en fibro-ciment, et ensuite Adolfo Mazza, qui prit un brevet en 1913 pour la première machine destinée à la fabrication de tubes en fibro ciment. Cette machine, bien que perfectionnée depuis, est encore en usage de nos jours dans cette industrie, ainsi que des machines d'au tres types dues au génie inventif de Magnani, Rocca et d'autres.
Afin de permettre une bonne compréhen sion de l'invention, on va indiquer brièvement le procédé de fabrication de tubes en fibro ciment selon le procédé conventionnel de Mazza, qui utilise une machine conventionnelle construite dans ce but, et l'on décrira ci-après, à titre d'exemple, une mise en oeuvre du pro cédé selon l'invention, en se référant au dessin schématique annexé dans lequel La fig. 1 représente schématiquement, en vue debout, une partie de ladite machine selon Mazza. La fig. 2 est une vue semblable d'une ma chine pour la mise en oeuvre du procédé reven diqué.
Selon la pratique usuelle, le mélange de mortier ou de pâte de ciment et de fibres telles que d'asbeste est amené d'un mélangeur (non représenté au dessin) dans au moins un réser voir disposé à une extrémité de la machine. Le mélange est ensuite enlevé de ces réservoirs au moyen d'un rouleau ou treillis cylindrique, dé nommé rouleau ramasseur (fishing roll), sous forme d'une feuille 1 de matière plutôt mince, adhérant par compression audit rouleau, et déposé ensuite sur un ruban transporteur 2, feutré, fait en bois ou en une autre matière semblable et appropriée.
Dans le but d'augmenter la production, la dite feuille de matière comprend dans la règle plusieurs couches superposées de matière lors qu'elle atteint la partie opérative proprement dite de la machine (représentée à la fig. 1), ces couches étant partiellement comprimées et ap pliquées sur le ruban transporteur 2 au moyen d'un nombre approprié de rouleaux ramasseurs semblables.
Dans la règle, l'emploi de différentes cou ches superposées est une pratique habituelle dans les machines pour la fabrication de pla- ques qui sont pour cela équipées avec deux, trois ou davantage de rouleaux ramasseurs.
Pour la production de tubes, comme re présenté à la fig. 1, le ruban transporteur 2, qui porte les couches de fibro-ciment, passe sur un tambour de pression 3, sur lequel est placé un mandrin métallique 4, qui est comprimé et maintenu en position, bien qu'en rotation, au moyen de deux petits rouleaux parallèles 5 et 5' disposés symétriquement de chaque côté du mandrin 4, mais avec interposition d'un con voyeur 6, en laine ou autre matière semblable.
Lorsque la machine est mise en mouve ment dans le sens des flèches, la couche de fibro-ciment est transférée sur le mandrin mé tallique 4, comme une série de couches super posées qui sont mutuellement comprimées par l'action des rouleaux 5 et 5', ces rouleaux étant réglables, jusqu'à ce que le tube formé ait at teint l'épaisseur désirée. Ladite feuille 1 de fibro-ciment n'adhère pas aux rouleaux 5 et 5' en métal lisse, par suite de l'interposition du convoyeur 6 en laine, quia précisément pour but d'éviter toute adhérence indésirable.
Lorsque le tube est terminé, les rouleaux 5 et 5' sont soulevés et le mandrin 4 est enlevé en même temps que le tube formé, ce tube étant ensuite facilement enlevé dudit mandrin.
Le procédé utilisant la machine convention nelle représentée en partie à la fi-. 1, permet d'obtenir des produits qui sont tout à fait sa tisfaisants au point de vue compacité et résis tance, mais ne permet pas d'obtenir une très grande production, car la vitesse du ruban transporteur 2 et l'épaisseur de la feuille 1 ne peuvent pas être très grandes pour des raisons évidentes.
En effet, une grande vitesse du ruban trans porteur 2, par exemple 70 cm à la seconde, peut avoir pour effet de provoquer un mauvais enlèvement de la masse plastique par les rou leaux ramasseurs et de plus rend la machine très compliquée, de même un trop grand nom bre de couches primaires dans la feuille 1 qui atteint le mandrin, ou une trop grande épais seur, par exemple 0,5 cm ou plus, pour ces différentes couches de ladite feuille, peuvent nuire aux qualités du produit obtenu, car les propriétés de résistance et de compacité de ce dernier demandent des applications successives sur le mandrin 4 d'un nombre appréciable de couches assez minces qui doivent être successi vement et individuellement comprimées.
Ces faits ont jusqu'à présent limité la vi tesse et la production de tubes en fibro-ciment et s'appliquent aussi à la production de pla ques en tenant compte des exigences nécessai res aux différentes propriétés du produit.
Dans la mise en oeuvre du procédé selon la fig. 2, on procède à une formation plus ra pide de l'épaisseur des parois du tube 7 sur le mandrin 4 sans recourir à une vitesse d'opéra tion plus grande ou à une plus grande épaisseur de la matière, ou même à un plus grand nom bre de couches primaires formant la feuille 1 déposée sur le mandrin 4, mais en déposant sur ce dernier, en différents points de sa périphé rie, un nombre plus grand, deux ou trois par exemple, de feuilles raisonnablement minces de matière 1, l' et 1" au moyen de tambours sup plémentaires de pression 3', 3" qui sont paral lèles au tambour principal 3.
Comme représenté schématiquement à la fig. 2, les tambours supplémentaires 3', 3" sont disposés symétriquement par rapport au tambour 3 et au mandrin 4 et sont mobiles par rapport à ce dernier pour permettre de comprimer les feuilles 1, l' et 1" qu'ils amè nent sur ledit mandrin 4, et en même temps d'exercer simultanément et successivement une compression supplémentaire des couches infé rieures, cette compression pouvant être exer cée selon une direction radiale du mandrin 4 indépendamment du nombre de rouleaux prin cipal et supplémentaires (deux, trois ou davan tage), et sans risque de provoquer un glisse ment ou déplacement périphérique de la masse, comme dans le cas du procédé conventionnel et de la machine représentée à la fig. 1,
dans lequel la force exercée par la pression des rou leaux 5 et 5' ne se fait pas selon une direction radiale.
La disposition mutuelle des différents ru bans transporteurs 2, 2' et 2" et de leurs tam bours 3, 3', 3" peut être évidemment modifiée et même être asymétrique, afin de mieux sa- tisfaire aux exigences des machines destinées à la mise en oeuvre du procédé décrit et reven diqué.
Dans l'exemple schématique représenté à la fig. 2, le ruban transporteur 2" transporte la feuille de matière sur son côté inférieur, ce qui est tout à fait possible par suite de la bonne adhérence entre la matière plastique et le ru ban pour autant que la vitesse de ce dernier ne soit pas trop grande, comme cela a déjà été dit plus haut.