Matériau de couverture et d'étanchéité La présente invention se rapporte<B>à</B> un matériau de couverture et d'étanchéité.
Les produits en feuille, comme feutres bi tumés, cartons goudronnés, chapes souples, uti lisés pour les applications envisagées, sont constitués par une armature ordinairement en fibre végétale ou animale, papier, carton, feu tre ou toile, imprégnée ou imprégnée et revê tue d'une base d'étanchéité telle que bitume ou goudron.
Ces feuilles sont fabriquées entièrement ou partiellement en usine et livrées en plaques ou en rouleaux, chaque feuille comportant une armature unique.
En étanchéité, il a été reconnu désirable d'en superposer plusieurs couches<B>à</B> bain<B>de</B> base d'étanchéité, de façon<B>à</B> obtenir un com plexe multicouche<B>à</B> structure feuilletée.
Il a été observé en effet que le fait de cons tituer la toiture ou le revêtement en couches superposées, séparées par les armatures, em pêche la migration des éléments légers de la base d'étanchéité dans l'épaisseur, ce qui, joint <B>à</B> la protection mutuelle que se donnent les dif férentes couches, évite un vieillissement trop rapide. De plus, les armatures, maintenant en place la base d'étanchéité, un accident peut survenir<B>à</B> une de ces armatures sans détruire l'étanchéité de l'ensemble. Enfin, la création de multiples plans de glissement permet une meilleure résistance aux efforts mécaniques.
La réalisation de ces revêtements multi couche se fait sur leur lieu d'emploi et com porte des sujétions nombreuses d'exécution, lesquelles entraffient un prix de revient élevé.
Pour remédier<B>à</B> cet inconvénient, on a songé<B>à</B> réaliser le matériau préfabriqué direc tement en un complexe multicouche. Mais, d'une part, le manque de souplesse des arma tures usuelles, d'autre part le manque d'homo généité<B>dû à</B> la structure feuilletée n'ont -pas permis d'obtenir un matériau sous la forme de rouleaux, qui est désirable pour un transport et une mise en #uvre commodes et rapides.
La présente invention a pour objet un ma tériau ayant pour but de répondre aux condi tions susindiquées, c'est-à-dire qui concilie la souplesse nécessaire<B>à</B> sa mise en rouleaux avec la structure feuilletée s'opposant<B>à</B> la migra tion de certains composants de la base d'étan chéité, ce matériau présentant en outre d'au tres avantages.
Le matériau selon l'invention est caracté risé en ce que entre deux couches consécutives de la base d'étanchéité, bitume, goudron, est intercalée une feuille de matière plastique constituant l'armature de l'ensemble du ma tériau. La matière plastique dont est constituée la feuille en matière plastique formant armature est, de préférence, de la catégorie<B>à</B> macro molécules résultant de la polymérisation ou de la condensation de résines synthétiques.
Con viennent particulièrement bien<B>à</B> l'application envisagée<B>:</B> les chlorures ou acétates de vinyle, styrène ou polystyrène, le polyéthylène, les caoutchoucs synthétiques, etc. Ces composés sont, du point de vue chimique, particulière ment stables et inertes, et, du point de vue physique, ils sont souples, tenaces et résis tants.
On conçoit que l'armature, constituée par une feuille continue et étanche, réalise par elle-même la structure feuilletée s'opposant<B>à</B> la migration des éléments légers de la base d'étanchéité.
Cette particularité constitue un avantage notable par rapport aux armatures usuelles, papier, carton, feutre, toile, qui n'ont pas par elles-mêmes d'étanchéité absolue et dont le rôle se borne<B>à</B> maintenir en place la base d'étanchéité. Alors que ces armatures usuelles ralentissent, mais n'arrêtent pas les migrations des éléments légers dans l'épaisseur de la base d'étanchéité, l'armature du matériau selon l'in vention, parfaitement étanche, constitue un barrage total pour les éléments migrateurs. Cet avantage est obtenu même dans un matériau <B>à</B> armature<B>à</B> une seule feuille de matière plas tique.
Par sa souplesse alliée aux propriétés simi laires des bases d'étanchéité, la matière plasti que en feuilles autorise la préparation d'un complexe multicouche pouvant être présenté en rouleaux, les couches successives de matière plastique emprisonnant des épaisseurs de la base d'étanchéité.
<B>Il</B> est d'ailleurs possible d'accroître la sou plesse de cette feuille par des procédés tels que gaufrage, plissage, ondulation des armatures, appliqués au cours de la fabrication. Cette sou plesse peut être facilitée par l'utilisation d'ar matures différentes d'une couche<B>à</B> l'autre.
L'adhérence de la base d'étanchéité avec la matière plastique peut être augmentée s'il<B>y</B> a lieu, par l'utilisation d'une feuille plastique composite ou traitée en surface.
De plus, l'armature en matière plastique du matériau décrit présente l'avantage d'être in sensible aux actions chimiques et aux micro bes. Elle est inoxydable et imputrescible, ce qui lui confère par rapport aux armatures usuelles, une inaltérabilité et, par suite, une du rée accrues. Ces qualités peuvent d'ailleurs être renforcées par des> traitements appropriés de la matière plastique utilisée.
<B>Il</B> est<B>à</B> noter que l'armature en matière plastique possède<B>à</B> la fois les qualités d'impu trescibilité, d'étanchéité, de souplesse et d'ho mogénéité recherchées pour le matériau consi déré, qualités dont l'une ou l'autre peut se trouver séparément dans les produits antérieu rement utilisés pour les armatures des maté riaux de couvertures du même genre, mais qui ne s'y trouvent pas réunies.
La feuille de matière plastique constituant l'armature du matériau peut être renforcée par incorporation d'une matière fibreuse brute ou tissée<B>:</B> fibre de verre, fibre plastique, amiante, etc. De la sorte, on obtient un matériau multi couche<B>à</B> structure ternaire<B>à</B> base d'étanchéité, matière plastique, texture de renforcement.
Cette matière de renforcement peut être mise en #uvre sur la feuille de matière plasti que par encollage, enduisage ou de toute autre façon. Elle peut aussi être incorporée dans la feuille de matière plastique elle-même ou dans une des couches de base d'étanchéi-té.
La matière plastique, constituant l'arma ture, pure ou<B>à</B> l'état de mélange, peut être avantageusement choisie de façon<B>à</B> se ramollir et fondre<B>à</B> des températures supérieures<B>à</B> cel les auxquelles la base d'étanchéité elle-même se ramollit et fond. L'écart de ces températu res peut aisément être obtenu par un choix ju dicieux<B>à</B> telle valeur que l'on désire, par exem ple de l'ordre de quelques dizaines de degrés centigrades.
L'épaisseur des armatures en matière plas tique peut être réduite et sensiblement plus faible que celle des armatures usuelles. On peut ainsi, pour une même épaisseur d'un com plexe multicouche, multiplier le nombre d'ar- matures en matière plastique, ce qui améliore les qualités du matériau, par exemple sa tenue au coulage<B>à</B> la chaleur sur les surfaces en pente.
<B>A</B> la mise en #uvre, comme en cours d'usage, l'armature en matière plastique garde, ainsi qu'il convient, une ténacité et une résis tance supérieures<B>à</B> celles du produit d'enro bage. Mais les propriétés physiques de l'ar mature et du produit d'enrobage restent com parables. C'est ainsi notamment qu'au chauf fage, pour l'encollage ou le soudage, si la base d'étanchéité, bitume, goudron ou autre, est ra mollie au voisinage de l'état liquide, les arma tures se trouvent elles-mêmes<B>à</B> l'état malléa ble. Cette particularité est fort avantageuse pour assurer l'étanchéité directement et sans artifices spéciaux, sur les gorges, reliefs ou accidents des toitures ou autres ouvrages.
Cette malléabilité des armatures permet donc toute conformation du matériau selon les nécessités d'emploi, sans risque de rupture.
En cours d'usage, l'homogénéité et l'élas ticité du matériau décrit permettent<B>à</B> celui-ci de subir, sans dommage, des efforts provenant des mouvements de la construction couverte ou protégée, tels que ceux résultant des tasse ments, fissurations, etc., et cela dans des limi tes notablement plus grandes que celles permi ses avec les matériaux analogues connus.
La composition du matériau décrit permet, en outre, de remédier<B>à</B> l'inconvénient des sur- épaisseurs dues au recouvrement des feuilles entre elles au droit des soudures. En raison des propriétés propres d'étanchéité de la ou des armatures en matière plastique, l'étanchéité aux soudures se trouve renforcée par la super position de deux feuilles contiguës, donc avec superposition de deux fois plus d'armatures étanches par elles-mêmes.
On peut alors, sans inconvénient, réduire en cet endroit la quantité et l'épaisseur de la base d'étanchéité, ce qui permet de supprimer les surépaisseurs généralement prévues aux soudures.
Le matériau peut être constitué au moyen de feuilles de matière plastique, préalablement préparées avec ou sans apprêt de surface, que l'on vient appliquer sur une couche de base d'étanchéité et que l'on recouvre ensuite d'une épaisseur de base d'étanchéité. Sur celle-ci on peut placer une autre feuille de matière plasti que qui est recouverte d'une nouvelle couche de base d'étanchéité, et ainsi de suite. On ob tient finalement une chape étanche souple qui peut être livrée en plaques ou, mieux, en rou leaux, facile<B>à</B> mettre en #uvre.
Il est<B>à</B> noter que l'étanchéité des arma tures facilite au besoin l'utilisation de bases d7étanchéité de compositions différentes d'une couche<B>à</B> l'autre.
On peut également préparer les feuilles de matières plastiques de telle sorte qu'elles achè vent avantageusement leur prise de consistance au contact de la base d'étanchéité et en liaison avec elle.
La confection du matériau peut même se faire en partant des éléments constitutifs de fa matière plastique elle-même en combinant sa mise en forme de feuilles avec la mise en #uvre de la base d#étanchéité, certaines parties de cette base d7étanchéité pouvant même inter venir dans la constitution des armatures plas tiques, par exemple<B>à</B> titre de plastifiant. C'est ainsi que sur la base d'étanchéité on peut épan dre ces éléments.
La polymérisation et la prise de consistance de la ou des feuilles plastiques s'effectuent alors au contact des bases d'étan chéité, les températures de travail de ces der nières étant souvent celles requises pour la po lymérisation et la condensation de la matière plastique ou pouvant être déterminées en con séquence.
On peut d'ailleurs ne réaliser au préalable que des parties des étanchéités ainsi préfabri quées, pour des raisons de chantier ou pour des combinaisons avec d7autres -matériaux ou d'autres éléments d'étanchéité. Par exemple, pour des questions de surfaçage, de protection, de joints, ou encore si ron désire faire l'en collage de deux ou plusieurs éléments sur le chantier.
Enfin, il est possible de modifier l'impor tance relative des armatures et de la base d'étanchéité pour des utilisations nouvelles. Par exemple, pour remplacer les feuilles métalli ques<B>:</B> plomb, zinc, cuivre, aluminium, dans les travaux tels que cuvettes de descentes d'eau, soufflets de joints de dilatation, habil lage de chéneaux, de reliefs, bandeaux, etc. La présence de la base d'étanchéité, tout en assu rant une meilleure liaison avec les parties cou rantes, protège les matières plastiques contre des chauffages exagérés lors de la mise en #uvre. <I>Exemple<B>1</B></I> Pour réaliser une chape d'étanchéité telle que représentée fig. <B>1</B> des dessins annexés, on opère comme suit<B>:
</B> On coule un lit de bitume<B>1</B> ayant<B>1,5</B> mm d'épaisseur et sur ce lit de bitume on pose<B>à</B> chaud une feuille 2 de chlorure de polyvinyle de 2/10 mm d'épaisseur. On coule ensuite une seconde couche de bitume<B>3</B> de<B>1,5</B> mm d'épaisseur et une nouvelle feuille 4 de chlo rure de polyvinyle de 2/10 mm d'épaisseu# On répète la même opération une fois encore avec une couche de bitume<B>5</B> et une couche # de chlorure de polyvinyle. On termine par un -lit de bitume<B>7.</B> On obtlent ainsi une chape souple<B>à</B> trois armatures de<B>6,6</B> mm d'épaisseur susceptible d'être livrée en rouleau.
On peut prévoir de la même façon une, deux, quatre armatures ou un nombre quelcon que de celles-ci.
Cette chape est directement utilisable pour la confection d'une toiture. Elle est déroulée sur la surface<B>à</B> couvrir en bandes juxtaposées se recouvrant et soudées entre elles sur place. <I>Exemple 2</I> Dans la chape établie selon l'exemple<B>1, à</B> quatre armatures par exemple, le bord est éta <B>bli,</B> lors de la fabrication, avec une épaisseur réduite, comme représenté fig. 2.<B>A</B> cet effet, les épaisseurs de bitume insérées entre les ar matures sont amincies.
Lors de la pose, deux bandes voisines<B>A</B> et B sont juxtaposées en<B>C</B> de telle façon que les bords amincis viennent en superposition, et la soudure est opérée<B>à</B> la façon usuelle.
Du fait de l'amincissement des bords, l'épaisseur totale au joint, en<B>C,</B> malgré la su perposition des épaisseurs des feuilles<B>A</B><I>et B,</I> est sensiblement égale<B>à</B> l'épaisseur normale de la feuille.
Le joint s'établit sans surépaisseur, mais avec un nombre d'armatures renforçant en<B><I>C</I></B> l'étanchéité.