<B>Procédé de fabrication d'un lait séché</B> La présente invention a trait à un procédé de fabrication de lait séché se dispersant dans l'eau facilement et rapidement pour donner un lait reconstitué stable.
La poudre de lait écrémé du commerce s'obtient en séchant par pulvérisation du lait écrémé. Sa teneur totale en humidité est de 4 % environ et la grosseur de particule de la poudre est telle que la majeure partie des parti cules passent à travers un tamis à ouverture de maille de 177 microns. Ainsi qu'il sera expli qué plus loin d'une façon plus détaillée, lors qu'on cherche à reconstituer le lait à l'aide d'une telle poudre et d'eau, la poudre résiste au mouillage et tend à donner des masses col lantes ou grumeaux.
Par une agitation prolon gée et énergique, telle qu'une action de se- couage ou de battage mécanique, il est possible de reconstituer le lait à partir de la poudre de lait écrémé et d'eau, mais cette opération est longue et peu commode. On se heurte à la même difficulté dans l'utilisation d'une telle poudre de lait écrémé ayant été séchée par pul vérisation pour d'autres produits tels que les mélanges pour la pâtisserie et la boulangerie et, d'une façon générale, tout ce qui concerne l'art culinaire et -la préparation des boissons.
La présente invention se propose d'obtenir une poudre lactée susceptible d'être redisper- sée facilement et rapidement dans de l'eau, sans avoir à subir une agitation énergique, en vue de la production d'un lait reconstitué stable.
A cet effet, on provoque l'agglomération des particules d'une poudre de lait de manière à obtenir une masse composée principalement d'agrégats poreux de particules distincts les uns des autres.
L'invention est décrite ci-après avec réfé rence au dessin annexé, dans lequel la fig. 1 est une vue en élévation latérale schématique, en partie en coupe, d'une instal lation pour la mise en oeuvre du procédé ; la fig. 2 est un diagramme illustrant les ca ractéristiques d'un produit préparé par le pré sent procédé, en ce qui concerne la capillarité et la comparaison de ce produit avec la poudre de lait écrémé ordinaire du commerce ;
la fig. 3 est un diagramme illustrant les résultats d'essais effectués sur un produit ob tenu conformément à l'invention et sur une poudre de lait écrémé du genre des poudres séchées par pulvérisation qu'on trouve ordinai rement dans le commerce, ce diagramme fai sant ressortir les différences de capillarité des deux produits ; les fig. 4 et 5 sont des diagrammes illus trant les résultats d'essais de tamisage d'un produit du présent procédé et du lait écrémé pulvérulent séché par pulvérisation du com merce.
Le présent procédé peut être exécuté comme suit : on utilise une poudre de lait écrémé obtenue par les procédés de séchage habituels. Il est désirable d'utiliser une poudre ayant un indice de solubilité relativement bas. Par indice de solubilité , on entend la valeur numérique obtenue par l'essai normal auquel on soumet les solides insolubles, tel que celui dont une spécification a été donnée par l'or ganisation American Dry Milk Institute , pour déterminer la quantité de solide insoluble qui est présente lorsqu'une poudre particulière est reconstituée avec de l'eau.
C'est ainsi qu'on peut faire usage d'une poudre dont l'indice de solubilité est de l'ordre de 0,1 ou plus bas. Les méthodes classiques de fabrication de la pou dre de lait écrémé consistent à concentrer un lait écrémé comestible par une évaporation dans le vide, suivie d'un séchage par pulvéri sation du produit de concentration.
Dans un exemple typique, la poudre peut donner à l'analyse approximativement 36 % de protéine, 52 % de lactose, 8 % de cendre et 4 % d'hu- midité totale.
Une telle poudre est principale ment composée de particules individuelles (tel les que des sphères entières ou brisées) dont la grosseur est inférieure à 60 microns.
On traite la poudre de lait écrémé d'une manière spéciale en vue de former des agrégats poreux à partir des particules de la poudre. Ce traitement s'accompagne de ce qu'on peut ap peler un gonflement de la poudre, dont le volume apparent augmente fortement.
On réalise ce stade en introduisant la pou dre par un courant d'air dans une chambre dans laquelle on provoque son mélange avec de la vapeur d'eau chaude et des gouttelettes d'humidité continuellement introduites. Le mode opératoire adopté est tel que l'humidité se distribue rapidement et effectivement sur les surfaces des particules de la poudre en pro voquant un état collant superficiel momentané, qui provoque à son tour l'adhérence au hasard des particules entre elles et, par suite, la for mation d'agrégats poreux assez gros, mais de formes très diverses, le tout étant dû à l'action combinée de l'humidité-et de certains consti tuants solubles de la poudre.
Après avoir retiré la matière humide et gonflée de la chambre de traitement, on la sèche pour en éliminer l'excès d'humidité libre. Par exemple, dans le cas typique d'une matière qui posséderait une humidité totale de 15 /o à sa sortie de la zone de traitement, le séchage serait effectué de manière à réduire cette teneur en humidité totale à environ 3 - 6 %.
Dans un mode opératoire préféré, il est fait usage d'un courant d'air à titre de véhicule de transport d'une poudre, qui peut ou non avoir été mélangée avec une petite quantité de lac tose cristallisé, jusqu'à la zone de traitement.
Conjointement avec le séchage, un certain degré de tamisage est appliqué en vue de l'éli mination des fines. On soumet la poudre à un tamisage destiné à éliminer les particules dont la grosseur est inférieure à un minimum pré déterminé. On peut ramener une portion ou la totalité de ces fines et autres particules trop petites au stade initial, où cette matière rejoint le mélange de poudre de lait écrémé et de lac tose à traiter.
La poudre et l'air utilisé comme véhicule peuvent être à la température ambiante ordi naire, par exemple de l'ordre de 15 à 26,1 C. La vapeur d'eau et l'humidité appliquées aux particules de poudre dans la zone de traitement peuvent être sous forme de vapeur d'eau satu rée pouvant contenir en suspension de fines gouttelettes d'eau pulvérisée. Il est préférable de régler le traitement en ajustant le rapport entre l'eau pulvérisée et la vapeur d'eau, ce qui constitue un moyen commode de régler la tem pérature régnant dans la zone de traitement.
Pendant que les particules de poudre se mé langent avec la vapeur et l'eau pulvérisée, l'hu midité se répartit sur les surfaces des particu les de la poudre qui se chargent d'une quantité d'eau suffisante pour que leurs surfaces devien nent collantes. La quantité d'humidité appli quée de cette manière peut être telle que la teneur en humidité totale des particules soit portée à 10 - 20 0/0, de préférence à environ 15 0/0. Le niveau de température préféré pour la zone de traitement est de l'ordre de 25 à 500 C.
A peu près en même temps que les parti cules individuelles de la poudre sont amenées à l'état collant superficiel désirable lesdites par ticules sont mélangées entre elles de telle ma nière que leur contacta pour effet de les faire adhérer les unes aux autres et de former ainsi des agrégats poreux de contours arbitraires qui sont composés d'un nombre variable de parti cules et sont, par conséquent, de grosseur va riable.
La durée totale pour la formation d'agré gats poreux peut varier de 5 à 60 secondes pour le type d'installation qui sera décrit ci-après. Indépendamment de la formation d'agrégats poreux, quelques-uns des constituants les plus solubles de la poudre se dissolvent pendant cette période pour former la couche collante.
A mesure que les agrégats poreux se for ment, ils sont mous et ne résisteraient pas à une manutention mécanique. Il est donc né cessaire de les laisser reposer, par exemple sur une courroie transporteuse mobile, jusqu'à ce que les structures soient devenues fermes. Cette période de repos peut être plus ou moins lon gue, selon la température et l'humidité, et pourra varier d'une seconde à plusieurs minu tes. A l'expiration de la période de repos, la matière est nettement moins collante et relati vement mobile, et les agrégats individuels sont suffisamment solides pour résister à la manu tention et au séchage sans se briser ou s'écra ser dans une mesure importante.
Tous les stades de traitement sont de pré férence réalisés dans des conditions de tempé rature et de durée propres à éviter toute aug mentation sensible de la teneur en matière insoluble du produit, afin d'éviter tout ac croissement sensible de l'indice de solubilité. En supposant que la température moyenne régnant dans la zone de traitement soit de l'ordre de 38 C et que la teneur en humidité totale du produit soit d'environ 15 %, on constate qu'aucun accroissement appréciable de l'in dice de solubilité ne s'effectue au cours d'une période de séjour totale atteignant presque trente minutes.
Bien qu'on puisse avoir recours à divers moyens pour éliminer l'excès d'humidité au cours de l'opération qui est réalisée après la période de repos, il est désirable d'éviter une manutention mécanique susceptible de provo quer un broyage sérieux ou un écrasement ex cessif des agrégats. De même, il est désirable d'éviter tout accroissement sensible de la te neur du produit en une matière insoluble telle que la protéine coagulée. En supposant que le séchage du produit ait lieu à l'air, la tempéra ture de l'air peut être de l'ordre de 93 à 149 C, l'échelle de température comprise entre<B>110</B> et 1210 C étant considérée comme étant la plus favorable.
Les niveaux de température et la durée du séchage peuvent varier inversement, mais ces facteurs doivent être réglés de façon à éviter la formation de quantités indésirables de matières insolubles, telles que la protéine coagulée, et la production d'odeurs ou saveurs étrangères, par suite d'une surchauffe. La te neur en humidité finale du produit peut être de l'ordre de 3 à 6 % (humidité totale).
Une méthode de séchage appropriée con siste entre autres à transporter la matière hu mide jusqu'à un tamis à petites mailles qu'on fait vibrer de manière à provoquer l'entraîne- ,ment de la matière de l'extrémité d'alimenta tion à l'extrémité de décharge du tamis, et à soumettre ledit tamis à un mouvement vertical destiné à maintenir la poudre sous forme d'une couche de travail déliée ou non tassée. Con jointement avec l'action vibratoire, on provo que le passage d'un courant ascendant d'air de séchage chaud à travers le tamis et la couché de poudre qu'il supporte.
Le nombre et la grandeur des ouvertures du tamis sont choisis, par rapport au débit du courant d'air traver sant le tamis, de façon que le produit se mou vant le long du tamis soit ventilé ou main tenu en suspension de manière à former une couche dont l'épaisseur est un multiple de celle qu'elle aurait normalement si elle était au re pos. Par ce moyen, le produit est contraint à progresser le long du tamis et est au moins en partie supporté par l'air qui le traverse et qui constitue en quelque sorte un matelas le sup portant. Il en résulte une action de séchage évi- tant une manutention mécanique brutale sus ceptible de provoquer la rupture des agrégats. Une petite quantité de poudre relativement fine est entraînée par le courant d'air de séchage sortant du sécheur.
On procède à l'enlèvement de cette matière fine, qui peut être ramenée au procédé.
La fig. 1 représente une installation pour la mise en oeuvre du procédé. La chambre 16 est disposée suivant un axe vertical et possède une forme circulaire en section horizontale. L'ex trémité inférieure de cette chambre est rétrécie coniquement, comme indiqué en 17, et pour vue d'un tuyau de décharge inférieur ouvert 18.
Deux tuyaux ou enveloppes concentriques 19 et 21 s'étendent vers le bas à travers la paroi supérieure de la chambre, l'extrémité supérieure du tuyau 19 communiquant avec un tuyau 22 et l'extrémité supérieure du tuyau 21 communi quant avec le tuyau d'alimentation 23 par le quel s'effectue l'introduction de l'eau et de la poudre à traiter à l'intérieur de la chambre 16. L'extrémité inférieure ouverte du tuyau 19 est à un niveau légèrement plus bas que l'extrémité inférieure ouverte du tuyau 21. Dans une zone située immédiatement au-dessous du tuyau 21 est disposé un organe annulaire 24 dont la pa roi intérieure présente un grand nombre de petits trous 26.
Cet organe 24 communique avec un tuyau 27 d'alimentation de vapeur d'eau par lequel de la vapeur d'eau humide s'échappant par les trous 26 établit une atmo sphère humide enveloppant la poudre descen dant par le conduit 21. A l'intérieur de l'organe annulaire 24, et également à une faible distance au-dessous de l'extrémité inférieure du conduit 21, est disposée un tuyère ou buse de pulvéri sation 28, qui est reliée aux tuyaux d'admission d'eau 29 et d'air 31. A l'aide d'air sous pres sion, on peut injecter par la buse 28 un nuage de fines gouttelettes d'eau qui se mélangent avec la vapeur d'eau.
Le dispositif représenté pour introduire la poudre par un tuyau 23 comprend un ventila teur 32 et une trémie d'alimentation 33 à l'aide de laquelle la matière peut être introduite dans la tubulure d'admission 34 du ventilateur. Une table d'alimentation à secousses 36 fournit la poudre avec un débit réglé à la trémie 33. On a représenté en 37 une trémie à partir de la quelle la poudre est transférée à la table 36. Les fines v ramenées sont aussi déchargées sur la table 36 par un tuyau 38.
Les parois latérales de la chambre 16 sont de préférence chauffées à une température su périeure au point de rosée, afin d'éviter toute condensation d'humidité sur les surfaces inté rieures de cette chambre. A cet effet, les parois latérales de la chambre sont entourées par une chemise 39 dont l'extrémité inférieure est reliée à un tuyau d'alimentation d'air chaud 41. Le tuyau 41 reçoit de l'air chaud d'une source appropriée telle que celle représentée et qui comprend un réchauffeur d'air 42, un tuyau 43 et un ventilateur 44. Dans un exemple typique, la température de cet air peut être de l'ordre de 32ô à 60o C. L'intérieur de la chemise com munique avec l'extrémité supérieure de la chambre 16 et avec la conduite 22.
L'extrémité supérieure de la chambre 16 située au-dessus d'une grille composée de barres transversales 46 communique avec le tuyau d'échappement 47. L'air arrivant par le tuyau 22 descend à l'intérieur du tuyau 19 de manière à envelopper la poudre après que celle-ci a été humidifiée. L'air s'échappant par le tuyau 47 traverse un séparateur cyclone 48 qui recueille la poudre fine que cet air est susceptible de contenir et l'évacue par un tuyau 49. Ce séparateur com munique avec un ventilateur 50 débouchant à l'air libre.
La chambre 16 est prolongée vers le bas par une portion conique 17 terminée par une tubulure 18 qui laisse tomber les agrégats sur un chargeur à table vibrante 51, lequel trans fère la matière à un dispositif transporteur ap proprié tel qu'une bande transporteuse 52. Si on le désire, on peut faire en sorte que la ma tière tombe directement de la tubulure 18 sur la bande 52. Celle-ci amène la matière au sé cheur 53, du type à tamis secoueur. Le tuyau de décharge 54 de ce sécheur fournit la matière à un tamis 56 qui désagrège les agrégats les plus gros et sépare la matière en deux fractions 57 et 58. La fraction 57 est le produit désiré et est composée de particules suffisamment gros- ses pour rester sur le tamis. Le refus 58 du ta mis est composé d'une matière fine qui traverse le tamis.
Dans un exemple typique, ce tamis peut posséder une ouverture de maille d'envi ron 177 microns. A titre de variante, la matière trop fine 58 peut être séparée du produit désiré, à savoir de la fraction 57, par un courant d'air ascendant de force modérée qui soulève les fines sans déranger les agrégats.
L'air s'échappe du sécheur à secousses 53 par l'intermédiaire d'un ventilateur 59 et d'un tuyau 61 qui est relié à un séparateur cyclone 62 dans lequel la poudre fine est séparée et ra menée par le tuyau 38 à la table à secousses 36. De cette façon, la matière transportée par l'air de séchage hors du sécheur 53 est ramenée au procédé. Le sécheur 53 reçoit l'air de sé chage chaud du réchauffeur d'air 42 par l'in termédiaire de ventilateurs 63.
Le sécheur 53 est du type précédemment décrit, qui utilise un tamis à secousses sur le quel sont déchargés les agrégats. Ce tamis est de préférence composé d'une plaque percée d'un grand nombre de petits trous et animée d'un mouvement vibratoire grâce auquel des composantes de vitesse verticales sont appli quées aux agrégats, en même temps que ceux- ci sont entraînés vers le tuyau de décharge 54. L'air de séchage est admis à l'intérieur d'une chambre constituée au-dessous du tamis, de sorte que l'air chaud est projeté de bas en haut sous forme de jets qui traversent les trous du tamis, puis la couche d'agrégats reposant sur le tamis.
La majeure partie de la poudre est composée de particules de grosseur telle qu'el les ne sont pas entraînées à travers le ventila teur 59 par les courants d'air. Par contre, la matière relativement fine est entraînée par le courant d'air qui l'amène finalement par le tuyau 38 au chargeur à table vibrante 36.
L'installation décrite ci-dessus fonctionne de la manière suivante : en temps normal, les ouvertures 26 de l'organe annulaire 24 et la buse 28 débitent une quantité suffisante de va peur d'eau, mélangée avec de l'eau à l'état pul vérisé, pour assurer une atmosphère de vapeur d'eau et de gouttelettes d'eau dans une zone située immédiatement au-dessous de l'extrémité ouverte du tuyau 21. Lorsque la poudre s'échappe de l'extrémité inférieure du tuyau 21, conjointement avec l'air qui en constitue le véhicule et qui peut être à la température am biante, l'eau se dépose sur les surfaces des particules.
L'équilibre entre le taux d'alimen tation en poudre et la quantité d'humidité fournie et l'équilibre entre l'humidité fournie par la buse 28 et la vapeur d'eau passant par les trous 28 sont réglés de telle sorte que la matière déchargée par la tubulure 18 possède une teneur en humidité totale de l'ordre de 10 à 20 %, de préférence 15 %. De plus, à sa sortie de la tubulure 18,
le volume apparent de la matière est plusieurs fois celui du courant de matière qui avait été fourni à partir de la table à secousses 36. Les équilibres entre le taux d'alimentation en poudre, le taux d'ali mentation en eau et le taux d'alimentation en vapeur d'eau sont réglés de manière que la ma tière possède son maximum de volume au mo ment où elle est déchargée par la tubulure 18. Si la quantité d'eau introduite est trop grande, il est facile de s'en rendre compte par la dimi nution du volume apparent de la matière à sa sortie de la tubulure 18.
Ainsi qu'il a été expliqué précédemment, l'humidité a pour rôle de rendre collantes les surfaces des particules et, pendant que s'effec tue le mélange des particules, qui provoque des contacts mutuels entre lesdites particules, ces particules adhèrent et se fixent les unes aux autres de façon arbitraire, en formant des agré gats poreux de grosseur considérable.
A sa sortie de la zone localisée située à l'extrémité inférieure du tuyau 19 où l'humi dité est appliquée, la matière pénètre dans la partie principale de la chambre 16, où elle est enveloppée par l'air chaud qui pénètre conti nuellement dans cette chambre par le tuyau 19 et quia pour effet de maintenir la poudre à la température désirée.
La matière humide tombe à l'intérieur de la chambre 16 et atteint finalement le cône 17. Comme l'indiquent les flèches, au moment où elle atteint l'extrémité supérieure du cône, elle se mélange avec de l'air atmosphérique, plus froid, qui pénètre entre le bord supérieur du cône et l'extrémité inférieure de la chambre 16. Dans des conditions de travail appropriées, la matière n'adhère dans une mesure appréciable ni aux parois de la chambre 16 ni à celles du cône 17. En d'autres termes, la matière conti nue à tomber librement jusqu'à ce qu'elle ait été déchargée par la tubulure 18 sur le char geur 51.
Bien que la matière, telle que dé chargée par la tubulure 18 puisse posséder dans un exemple typique une température d'environ 38 C, sa température s'abaisse progressive ment après qu'elle est tombée sur la table 51 et au cours de son entraînement par le trans porteur 52. Dans le sécheur à secousses 53, l'excès d'humidité est éliminé de la manière dé crite pour donner le produit final désiré.
La poudre de lait écrémé est introduite dans l'appareil par l'intermédiaire du chargeur à table vibrante 36, conjointement avec la pou dre de lactose cristallisé et les fines ramenées par le tuyau 38. A titre de variante, on peut alimenter l'appareil par de la poudre de lait écrémé préalablement mélangée avec de la pou dre de lactose, des fines provenant du sécheur à secousses, la matière de refus provenant du tamis 56, ou tout mélange approprié de poudre de lait écrémé avec l'un quelconque des autres produits, par l'intermédiaire du chargeur à table vibrante 36. La poudre provenant de toute source appropriée peut être introduite dans la trémie 37, la tubulure de décharge de cette trémie étant disposée de telle sorte que la table 36 alimente la trémie 33 selon un débit sensi blement constant.
Ainsi qu'il a été précédem ment indiqué, il convient de maintenir constant le débit de l'alimentation en poudre afin de fa ciliter le réglage de la vapeur d'eau et de l'eau pulvérisée. En général, l'introduction d'une trop grande quantité d'humidité a pour effet que la matière fournie au chargeur à secousses 51 possède une teneur en humidité trop élevée, de telle sorte qu'elle tend à donner une masse pâteuse plutôt qu'un courant floconneux d'agrégats, ce qui fait obstacle à son séchage et à l'obtention d'un produit satisfaisant. De même, si la quantité d'humidité introduite est insuffisante, la matière déchargée en 18 n'est pas satisfaisante.
La fourniture d'une quantité de vapeur trop élevée par rapport à la quantité d'eau pulvérisée tend par ailleurs à élever la température de la poudre à une valeur exces sive et à provoquer de ce fait un certain degré de coagulation de la protéine.
Dans le sécheur à secousses 53, la poudre est continuellement agitée pendant que s'effec tue l'élimination de l'humidité en excès, mais cette agitation est insuffisante pour provoquer dans une mesure sérieuse le broyage ou l'écra sement de la poudre. Elle suffit juste à éviter la formation d'agrégats trop gros, de telle sorte que le produit fini est coulant ou librement mo bile, c'est-à-dire à l'état voulu pour être en saché ou autrement empaqueté.
Le produit obtenu par le présent procédé et à l'aide de l'installation décrite ci-dessus possède des propriétés uniques et avantageuses. Ses particules sont sous forme d'agrégats ré sultant de l'agglomération par collage des par ticules initiales de la poudre, les agrégats étant eux-mêmes relativement poreux. D'une façon générale, la grosseur des agrégats peut varier, bien qu'une proportion (en poids) supérieure à environ 50 0/0 (mais pouvant atteindre 80 0/0 dans certains cas) soit retenue sur un tamis à ouverture de maille de 74 microns.
Au con- traire, 80 % des particules de la poudre de lait écrémé ordinaire traverse un tamis à ouverture de mailles de 74 microns. Les agrégats sont suffisamment solides pour résister aux manu tentions et à l'empaquetage sans se désagréger sérieusement. La densité du produit fini est de l'ordre de 0,27 à 0,39 (de préférence 0,32), alors que celle de la poudre de lait écrémé or dinaire est d'environ 0,6.
L'indice de solubilité est essentiellement le même que celui de la pou dre utilisée à titre de matière initiale, et le degré d'hydratation du lactose varie de 30 0/0 à 62 0/0.
La supériorité de ce produit sur la poudre de lait écrémé ordinaire peut être démontrée comme suit. Lorsqu'on laisse tomber une cuil lerée de poudre de lait écrémé ordinaire, dont le séchage a été effectué par pulvérisation, dans un gobelet contenant une certaine quantité d'eau, la poudre flotte à la surface de l'eau, et si on laisse reposer le contenu du gobelet sans l'agiter, la poudre forme une masse collante. Lorsque le même essai est appliqué au produit du présent procédé, la majeure partie du pro duit flotte à la surface de l'eau pendant un court intervalle de temps, et immédiatement après, s'enfonce progressivement. Au cours de sa chute, la matière se désagrège et se disperse.
Si l'on tentait d'agiter le contenu du gobelet, après l'introduction de la poudre de lait écrémé ordinaire, cette poudre se diviserait en masses collantes ou grumeaux et il faudrait soumettre le tout à une agitation relativement énergique pendant une période de temps im portante pour désagréger les grumeaux et obte nir une dispersion complète. Avec le produit du présent procédé, il suffit d'agiter ou secouer modérément le contenu du gobelet à l'aide d'une cuiller pour effectuer rapidement la dés agrégation et la dispersion complète de la ma tière de manière à obtenir un lait reconstitué stable et exempt de grumeaux.
Lorsqu'on dépose une petite masse de pou dre pulvérulente dans de l'eau ou qu'on la fait flotter à la surface de l'eau, la pesanteur tend à provoquer la pénétration de l'eau à travers la masse, et la capillarité tend à provoquer la pénétration de l'eau à partir de tous les côtés mouillés. La grandeur des ouvertures ou ca naux existant entre les particules à l'intérieur de la masse détermine la résistance offerte aux forces hydrostatiques et détermine aussi en par tie la nature des forces de capillarité. En géné ral, la résistance offerte à la force hydrostati que, de même que les forces capillaires, sont d'autant plus grandes que les ouvertures ou canaux sont plus petits.
Des essais effectués ont démontré que, dans le cas de la poudre de lait écrémé normale, séchée par pulvérisation, les ouvertures ou ca naux d'une telle masse de poudre sont relati vement petits, les forces de capillarité étant au contraire relativement élevées. Par contre, dans le cas du produit du présent procédé, la résis tance à la force hydrostatique est relativement faible en raison du fait que les ouvertures ou canaux sont plus grands, et les forces de capil larité sont relativement faibles. La titulaire a mesuré la capillarité par une méthode de laboratoire en utilisant des tubes en verre Pyrex de 115 cm de hauteur et de 10 mm de diamètre intérieur. Ces tubes étaient légèrement obturés, à l'une de leurs ex trémités, par un tampon d'ouate de 2 mm.
On a placé un échantillon de la matière en cours d'examen dans un tube dont on a soumis l'ex trémité inférieure à de légers chocs jusqu'à ce que la poudre se soit tassée sur une hauteur (0,77 cm) égale à 90,% de celle qu'elle pos- sédait à l'état libre. On a introduit dans un autre tube un poids égal de la matière fabri quée conformément au présent procédé et, après tassement, la colonne avait 95 cm de hauteur.
Les tubes ont été maintenus vertica lement avec leur extrémité inférieure passant à travers des bouchons de liège, qui ont eux- mêmes été insérés dans l'extrémité supérieure de flacons Erlenmeyer de 250 cm3. Les bou chons étaient rainurés pour permettre à l'air de pénétrer dans les flacons.
Les flacons étaient remplis de 175 cmB de liquide environ avant que les tubes aient été insérés, et après inser tion des tubes, ceux-ci ont été immergés de telle sorte que l'extrémité inférieure de chacun d'eux soit située à 1 cm au-dessus du fond du flacon. On a mesuré la capillarité en fonction du mouvement ascensionnel du liquide à l'in térieur du tube, par secondé.
Les essais ont été réalisés en utilisant divers types de liquide, à savoir 80, 65, 50 et 35'% en poids de ben- zine de formule 30 (95 1% d'alcool composés de <RTI
ID="0007.0038"> 86,4 % d'éthynol et de 8,6,% de méthynol, et 5 % d'eau), le reste étant de l'eau distillée. Les résultats moyens obtenus ont été portés sur les diagrammes que reproduisent les fig. 2 et 3.
La courbe 1 (fig. 2) est relative à la poudre de lait écrémé ordinaire et la courbe 2 au produit du présent procédé. On notera que la montée capillaire a été beaucoup plus rapide avec ce dernier produit qu'avec la poudre de lait écrémé et que la courbe s'élève très lentement au bout de vingt minutes environ pour donner une fonction logarithmique sur la base du temps.
Les 'courbes 3, 4 et 5 (fig. 3) relatives aux échantillons de poudre de lait écrémé font res- sortir qu'à mesure que la teneur en eau du liquide utilisé augmente, la montée qui s'ef fectue pendant la période initiale de l'essai di minue d'une manière correspondante (les résul- tats relatifs aux liquides à 50 et 35 % n'ont pas pu être représentés graphiquement en raison du fait que la montée du liquide a
été négligeable au cours de la période d'observation). Ceci a été attribué à l'action d'auto-obturation due à un gonflement des particules dans la zone mouillée localisée et qui provoquerait la fer meture à peu près complète des ouvertures ca pillaires, en faisant ainsi obstacle à une nou velle pénétration. Les courbes 6, 7, 8, 9 et 10 indiquent la pénétration afférente aux échan tillons du produit du présent procédé, en utili sant les liquides alcooliques à 95, 80, 65, 50 et 35<B>%</B>. On notera qu'une montée modérée a eu lieu immédiatement, et que par la suite le liquide restait à un niveau approximativement constant.
L'essai de capillarité décrit ci-dessus et illustré par les diagrammes des fig. 2 et 3 dé montre que le produit du présent procédé ab sorbe de l'eau par capillarité sans auto-obtura- tion sérieuse résultant du gonflement des parti cules ou d'autres causes, et que les passages ou conduits constitués à travers une masse de ce produit n'assurent pas une force de capil larité comparable avec celle afférente à la pou dre de lait écrémé. On peut conclure de ces essais que la capillarité oblige l'eau à pénétrer dans une masse du produit du présent procédé et que la pénétration d'eau n'est pas arrêtée par un gonflement des particules.
Bien que la force de capillarité soit plus grande dans le cas de la poudre de lait écrémé, ce qui est proba blement dû au fait que les intervalles séparant les particules sont relativement petits, l'action d'auto-obturation ou de barrage due au gonfle ment des particules ou à d'autres causes, qui s'accompagne d'une réduction des interstices existant entre les particules, empêche l'eau de pénétrer rapidement.
On a mentionné précédemment la nature poreuse des masses d'agrégats dont est composé le produit. Une telle masse se laisse également pénétrer par l'eau, non seulement à cause de la nature poreuse des agrégats eux-mêmes, mais aussi à cause des formes irrégulières de ces derniers, qui empêchent le tassement.
On a obturé l'extrémité inférieure d'un tube en verre Pyrex de 30 cm de longueur et de 8 mm de diamètre intérieur avec un tam pon de 1 mm de coton absorbant, puis inséré l'échantillon du produit en cours d'essai par le sommet du tube, jusqu'à ce que celui-ci ait été rempli sur une hauteur de 17 cm. Le tube a alors été soumis à de légers chocs propres à tasser la matière et à réduire sa hauteur à 15 cm. On a retiré le tampon de coton puis, à l'aide d'une pipette, on a introduit 6 cm' d'un liquide au-dessus de l'échantillon et me suré à l'aide d'un chronomètre le temps né cessaire pour que le solvant pénètre sur une distance de 10 cm. Le même essai a été réalisé sur divers échantillons de la poudre de lait écrémé ordinaire séchée par pulvérisation et sur divers échantillons du produit du présent pro cédé.
Les liquides utilisés étaient les mêmes que ceux des essais de capillarité indiqués ci- dessus, mais on a utilisé le tétrachlorure de carbone à titre d'agent non aqueux. Le temps moyen, pour les divers échantillons de poudre de lait écrémé ordinaire, en utilisant le tétra chlorure de carbone, a été d'environ 220 se condes, alors qu'il a été de 40 secondes envi ron pour les échantillons du produit ici ob tenu. Avec les agents alcooliques à 85 et 80 0/0, le temps a été d'environ 750 à 800 secondes.
Ces essais démontrent clairement qu'une masse de la matière obtenue par le présent procédé est relativement poreuse, sa porosité étant telle qu'un liquide peut facilement la traverser sans qu'elle oppose une action de barrage ou auto- obturation excessive.
Des essais de laboratoire ont permis de démontrer une autre propriété du produit du présent procédé, qui consiste en ce que ce pro duit se laisse mouiller assez rapidement. L'es sai réalisé à cet effet a consisté à utiliser un tube d'essai de 16 mm rempli d'eau distillée, à la température ambiante, jusqu'à 1 cm du sommet. On a laissé tomber sur la surface de l'eau un échantillon de 0,05 g du produit et mesuré le temps nécessaire pour le mouillage complet de la poudre. Le même essai a été réalisé sur une série d'échantillons de lait écrémé ordinaire du commerce, séché par pul vérisation.
Ces échantillons du commerce ont exigé 210 à 360 secondes pour leur mouillage complet, alors que les échantillons du produit du présent procédé n'exigeaient qu'une à cinq secondes pour leur mouillage complet. La faci lité avec laquelle ce produit se laisse mouiller semble en partie due au caractère d'agrégat du présent produit, par opposition aux particules individuelles relativement petites de la poudre de lait écrémé ordinaire.
La grosseur des agrégats dont est composé le produit du présent procédé semble être un facteur important dans la détermination des caractéristiques désirées. Lorsque ce produit est broyé de façon à passer au travers d'un ta mis à ouverture de maille de 74 microns, il n'a pas les caractéristiques désirées en ce qui con cerne, en particulier, la perméabilité et le mouillage, ainsi qu'en ce qui concerne son ap titude à se disperser rapidement et facilement dans l'eau sans agitation énergique. Ainsi, il est indiqué que la grosseur des particules de la matière soit telle qu'elles soient retenues sur un tamis à ouverture de maille de 74 microns ou, en d'autres termes, que ses particules aient plus de 74 microns.
Des. essais réels effectués en laboratoire sur des échantillons du produit ici obtenu ont montré qu'une proportion de 80 à 86'% environ dudit produit est composée de particules ayant plus de 74 microns. Les par ticules de cette grosseur sont perceptibles à l'oeil nu, alors que celles de la poudre de lait écrémé ordinaire ne le sont pas.
La titulaire a effectué des essais de tami sage en laboratoire sur des produits typiques préparés conformément au présent procédé et sur des échantillons typiques d'une poudre de <B>lait</B> écrémé du commerce, séchée par pulvéri sation. La courbe la de la fig. 4 représente le résultat d'un essai de tamisage du produit du présent procédé, et la courbe 2a représente le résultat du même essai réalisé sur la poudre de lait écrémé ordinaire du commerce. A la fig. 5, la courbe lb est relative également au produit du présent procédé, et la courbe 2b à la pou- dre du commerce.
En général, les courbes des fig. 4 et 5 illustrent la distribution des grosseurs de particules du produit du présent procédé, et l'on notera le contraste entre cette distribution et celle de la poudre de lait @ ordinaire du com merce, dont la plus grande partie des particules individuelles ont moins de 200 microns. La fig. 4 est exprimée en pourcentages des frac tions individuelles retenues, alors que la fig. 5 est exprimée en pourcentages des quantités ac cumulées retenues sur le tamis.
Il est évident que le présent procédé ac croît considérablement le champ d'utilisation de la poudre de lait écrémé. Pour les usages domestiques ordinaires, visant à préparer un lait écrémé reconstitué, le produit est de beau coup supérieur à la poudre de lait écrémé ordi naire parce qu'il n'exige pas une agitation éner gique ou prolongée pour obtenir la dispersion stable désirée. En raison de ses caractéristi ques de mobilité, il est facile à retirer d'un ré cipient et peut être versé parle bec d'un réci pient sans se former en blocs ni donner des poussières. La poudre de lait écrémé ordinaire, au contraire, ne peut pas être versée à l'aide d'un bec tel que celui prévu dans les empaque tages ordinaires du sel de cuisine.
Un autre avantage du produit obtenu est qu'il ne s'agglomère pas lorsqu'il est exposé à l'air humide, alors que la poudre de lait écrémé ordinaire s'agglomère dans de telles conditions.
Lorsqu'il est ajouté aux mélanges de pâtis serie, de boulangerie ou autres mélanges con tenant de la farine, du sucre et d'autres ingré dients, la facilité avec laquelle le produit du présent procédé se disperse ne diminue en au cune manière la facilité avec laquelle le mé lange peut être incorporé à l'eau. Au con traire, ce produit permet de préparer des mé langes homogènes du produit avec de l'eau, dans le minimum de temps, sans un battage ou un malaxage mécanique excessifs et sans qu'il se forme des masses ou blocs collants.
En raison de sa saveur et de son odeur excellentes, le lait reconstitué à partir dudit produit est un liquide qui possède essentielle ment la même couleur, la même saveur et la même odeur que le lait liquide initial.